Un Roméo et Juliette moderne, éclairé par une Émilie Dequenne solaire et rayonnante. Impossible d'oublier son sourire dans le bus. On la regrettera tellement.
J'aime, lorsqu'une histoire me prend au dépourvu, sort des clichés. "Pas son genre" implique un homme et une femme, qu'à priori tout oppose. On dit toujours, les contraires s'attirent. Clément, professeur de philosophie, auteur à succès, adepte des soirées mondaines, additionne les conquêtes sans véritablement s'attacher. Muté pour un an, loin de la capitale suite à sa titularisation, il s'installe à Arras dans un hôtel, son nouveau pied à terre, du moins, provisoirement. Il rencontre alors Jennifer, coiffeuse, maman d'un petit garçon, extravertie. Emile Dequenne en "Diva" des années 80, prête sa voix aux tubes de notre enfance. SUBLIME ! Loïc Corbery incarne à merveille, l'élite parisienne guidée par une philosophie feutrée. Très belle distribution ! A voir absolument !
Je ne suis pas adepte des hommages "publiques" sur les réseaux sociaux par pudeur et par manque de légitimité (je n'ai pas pu écrire au sujet du grand David Lynch par exemple) mais je déroge aujourd'hui à la règle pour mettre à l'honneur Émilie Dequenne dont la mort m'a profondément touchée en début de semaine dernière. Je choisis ce soir de faire la critique de ce magnifique film (méconnu) que j'avais découvert dans un petit cinéma à Montparnasse en 2013 et où elle m'avait bouleversée ❤️ C'est l'histoire d'une femme solaire, naïve qui se heurte à l'amour et à ses affres quand la différence sociale et l'égoïsme s'en mêlent. Une histoire douce et amère à l'image de la vie si fragile et si précieuse qu'il faut savourer à chaque instant ! Vive le cinéma et vive les acteurs qui mettent en vie des moments poétiques qui restent gravés en nous à jamais. Merci et bon vent Émilie
peut être le meilleur film de lucas belvaux .scénario d une subtilité rare. Émilie dequenne est magnifique. un de ses plus beaux rôles. elle va nous manquer énormément.
J'ai rarement visionné un film d'une telle platitude, il ne se passe rien, c'est soporifique, surjoué, et le style téléfilm n'apporte aucun relief. Dommage, même le beau sourire de la regrettée Emilie Dequenne ne parvient pas à sauver le naufrage.
Quel beau film j'adore Emilie Dequenne et Loïc Corbery des acteurs magnifique, et j'ai longtemps recherché ce film dont je ne me rappelais plus le titre, je l'avais vu à la télévision il y a plusieurs années et de l'avoir retrouvé est un grand plaisir, il fait partie des films à voir et revoir ... il est classé dans mes favoris
On passe un moment au calme, pas de vague, pas de stress, y a point S, point S uspense... On sait que rien ne va arriver ou presque, on hallucine devant ce prof de type zombie, lunaire ont dit certains spectateurs à juste titre. En voulant marier la carpe et le lapin, on échoue à coup sûr et la seule vibration relève du traitement subi par la coiffeuse dans ce cliché hypocrite de son mec qui n'assume pas leur relation au point de ne même pas la présenter à ses amis, un cliché que l'on retrouve fréquemment dans notre société. Je regrette aussi la fin en queue de poisson. Personnellement, je veux juste souligner l'énigmatique travail de l'ingé son car on alterne les moments où les dialogues sont inaudibles où on monte à fond le volume nos appareils auditifs et ceux où on se bouche les oreilles tellement c'est fort. Très désagréable et inconfortable.
À mes yeux c'est l'actrice, à elle seule, qui fait de ce film un film de cinéma d'auteur. Un autre choix , avec une autre façon de la filmer aurait produit un simple téléfilm du service public audiovisuel. Mais il y a dans le personnage de la coiffeuse une sorte de miracle qui ne peut avoir lieu qu'au cinéma. Une révélation comme on dit à lourdes ou au mont saint Michel
Émilie Dequenne est incroyable d'intelligence émotionnelle et rayonne. Les sentiments et les écueils de cette relation empêchée sont traités avec beaucoup de finesse. Le final hmontre que c'est Jennifer qui aura fété à la hauteur de cette histoire d'amour: forte, généreuse, espérante et lucide.
Pas son genre investit la difficile conciliation entre les milieux sociaux par le prisme d’une fracture culturelle qui tend à se creuser à mesure que les deux amants essaient de se rapprocher. Lucas Belvaux sait filmer les non-dits et les implicites, il saisit la gêne profonde de Clément lorsque ce dernier est contraint de se déhancher sur des chansons populaires qu’il méconnaît, il capte à merveille cet ailleurs dans lequel est plongé le personnage, incapable de s’extraire des ouvrages accumulés et synthétisés en une existence de papier. À l’opposé, Jennifer pétille de vie : sa vitalité l’amène à danser, à chanter et à aimer comme s’il n’y avait plus de lendemains et qu’il fallait tout donner là tout de suite. La séquence à la plage exprime fort bien le clivage entre ces deux individus qui ne s’aiment pas de la même manière en ce qu’ils aiment différemment : Jennifer aimerait mourir sur-le-champ afin de rester toujours à ce point de plénitude sentimentale, Clément lui ne parle pas et ne pense pas. Sa retenue traduit une incapacité à s’engager et à se penser sur le long terme ; il vole au vent, multiplie les allers-retours entre Arras et Paris ; sa présence dans des lieux clos demeure volatile, fantomatique, à l’exception de la salle de classe dans laquelle il communique avec ses élèves sa passion pour la philosophie et, ce faisant, communie avec son mode de fonctionnement propre. S’il est bon pédagogue, Clément redevient aussi opaque que les œuvres qu’il lit quand il doit aimer : son drame réside certainement dans la conscience de tout, dans la théorisation du monde, des choses et des êtres, sa peur d’être utilisé à des fins qui le déposséderaient de son libre-arbitre, dans la mesure où « philosopher est le meilleur moyen de ne pas se faire manipuler ». Lucas Belvaux oppose dans l’amour deux types de savoir, l’un intellectuel, l’autre manuel, pour mieux condamner le premier et célébrer le second au nom de son engagement complet dans la vie. Être coiffeuse, profession souvent décriée ou dégradée, mute en fierté et en expérience humaine véritable ; aimer les histoires nous pousse à en rechercher et à en vivre comme s’il s’agissait de la dernière, la plus grande, la plus belle, la plus pure des aventures. Un grand film qui se joue des clichés qu’il convoque initialement pour brosser, derrière le portrait magnifique de deux personnages, celui de deux milieux sociaux séparés par la culture.