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William Spindler
15 abonnés
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0,5
Publiée le 8 avril 2015
"Pas son genre" est une succession de clichés et de banalités sur fond de mise en scène scolaire et poussiéreuse : exactement le genre de film qui éloigne le spectateur du cinéma français. Tout est surligné, dialogué à l'excès. Pas d'enjeu dramatique, pas de réel conflit, une exposition sans fin d'une histoire d'amour frigide et sans intérêt.
C'est touchant et fin. On commence par trouver Jennifer nunuche et puis Emilie Dequenne est tellement rayonnante (elle court, elle rit, elle chante, ses yeux brillent), que, finalement, on en vient à reprocher à Clément de ternir son existence. C'est l'anti-Dentellière.
Sans nier la sensibilité d'une comédie mal classifiée -car on ne rit pas du tout-, le film est plutôt convenu et sans réelles surprises, la fin ne justifiant pas le moyen. Le genre de film où dès le début on sent que cela va mal finir mais qui prépare sa chute avec trop de longueurs.
Du très bon cinéma, et pour moi la révélation d'une actrice (Emilie Dequesne). Une rencontre entre deux personnes d'origines culturelles aux antipodes l'une de l'autre... Il en existe parfois, même avec ces proportions de clichés (témoignage personnel!!)... Rarement les antagonistes s'engagent autant dans la tentative d'aller vers l'autre, et c'est ça qui rend intéressant l'histoire de ce couple. J'aurais aimé néanmoins que lui aille plus loin dans l'expression de ses sentiments, de ses questionnements...surtout aux moments clé du filmspoiler: (en particulier sa douleur, quand il la perd) .
« Pas son genre » tiré du roman éponyme de Philippe Vilain (2011) peut se voir comme une relecture de «La dentellière » de Claude Goretta (1977). Comme si Lucas Belvaux cinéaste social par nature avait voulu rétablir dans ses droits Pomme l’apprentie coiffeuse jouée par Isabelle Huppert dont la fin de son amour avec un jeune étudiant de bonne famille l’avait menée jusqu’en hôpital psychiatrique. L’amour peut-il braver la barrière des classes sociales et culturelle ? Telle est la question posée par Goretta et Belvaux à quarante ans d’intervalle. Le problème ne se pose pas si souvent, les différentes strates de la société n’étant pas appelées à fréquenter les mêmes endroits ni à obéir aux mêmes rites. La comparaison des deux films dans leur déroulement comme dans leur conclusion montre l’évolution de nos sociétés. Comme Pomme, Jennifer (Emilie Dequenne) est coiffeuse mais depuis 1977 la libération des mœurs est devenue une réalité et c’est en mère célibataire assumée qu’elle entame sa liaison avec Clément (Loïc Corbery) jeune professeur spécialiste de philosophie allemande, écrivain en devenir débarquant à Arras pour fuir un amour parisien devenu impossible. Si comme dans « La dentellière » le décalage culturel est évident entre les deux amoureux, le substrat sur lequel celui-ci s’établit est complètement différent. Depuis quarante ans la déculturation est en marche relayée par les médias notamment la télévision dans un premier temps avec sa cohorte de jeux promettant la gloire sans beaucoup d’efforts, suivie par le net qui par son immédiateté a fait reine la novlangue de Georges Orwell destinée à asservir les masses. Il ne faut donc pas compter sur Jennifer pour nourrir un quelconque complexe face à Clément qui hors de son microcosme parisien ne semble plus avoir aucune influence (Belvaux en établit clairement la démonstration par une collègue de Clément qui lui conseille de se consacrer pleinement à la littérature plutôt qu’à ses élèves par avance condamnés à l’ignorance des mots). Fini le temps où celui qui sait et manie la langue était déifié et craint par les « moins sachant ». C’est à lui d’apprendre le karaoké, l’acculturation se faisant plutôt désormais dans ce sens. Bientôt Clément ne sera plus qu’un dinosaure, les élites étant à leur tour emportées par ce mouvement par elles cyniquement crée pour asseoir leur domination. On peut certes se réjouir que cet écart de culture n’entraine pas Jennifer par le fond mais on peut aussi regretter que cela soit à ce prix. Par-delà les considérations sociologiques qui sous-tendent le film, reste une très belle histoire d’amour portée par deux acteurs complètement en phase que leur opposition de style initiale finit doucement par rapprocher en une osmose qui fait plaisir à voir. Mais la force et la détermination d’Emilie Dequenne emporte tout sur son passage et le spectateur en même temps que Clément qui ne pourra que constater l’instinct de préservation de la jeune femme resté plus fort que tout. Ne voulant pas conclure par une note de désespoir comme l’avait fait Goretta en son temps, Belvaux quand même un peu romantique nous laisse un espoir de retrouvailles possibles si l’amour de Clément se vérifie assez fort. Pour son neuvième long métrage Lucas Belvaux ne cède rien quant à son exigence artistique montrant avec ce film émouvant que ses préoccupations sociales se fondent sans problème dans un éclectisme garant d’une volonté de ne jamais se laisser aller à la facilité.
En sortant de la salle, j'avais apprécié le film, sans être transcendé. Et puis, plus les jours et les semaines passent, plus je me rends compte l'effet qu'à pu me faire « Pas son genre ». Lucas Belvaux a beau changer de registre, il n'a rien perdu de son talent pour nous offrir des personnages marquants, des situations fortes, et surtout une très belle et émouvante histoire d'amour, où tout sonne juste quasiment à chaque instant. C'est profond, subtil, délicat, et il me revient encore aujourd'hui régulièrement de nombreuses scènes de l'œuvre, démontrant à quel point celle-ci a su trouver des résonances en moi, et ce pratiquement à chaque question abordée. Il faut dire que si Clément est un joli héros joué avec talent par Loïc Corbery, l'une des très grandes réussites du film s'appelle Emilie Dequenne. Splendide, radieuse voire bouleversante : elle est le soleil de ce film déjà remarquable, aucun homme ne pouvant résister devant autant de charme et de sensibilité spoiler: (il faut la voir chanter « I Will Survive » dans uns scène-clé pour comprendre les ravages causés sur la gente masculine ). C'est assurément l'une des plus belles œuvres de 2014, de celles qui vous marquent durablement : j'adore, tout simplement.
Je m'attendais à une comédie romantique. Or il s'agit là d'un film déprimant et triste. Point de romance ici mais le portrait très réaliste d'une aventure amoureuse vouée à l'échec et que rien ne peut sauver. Il n'y a pas d'espoir. Côté facture, bien malgré quelques longueurs. Côté acteurs : parfaits. Ils incarnent parfaitement leur rôle, surtout le rôle masculin, dont les moindres mimiques sont criantes de vérité. Côté scénario, une histoire très réaliste (sauf peut-être à la toute fin), mais sans joie aucune. On pourrait rétorquer que c'est mon interprétation, mais les quelques touches de musique installent très clairement une ambiance de malaise tout au long du film. En face à face ici : un homme égoïste et condescendant, voguant de femme en femme et se réfugiant dans son "soi", n'ayant pas une once de curiosité pour les sentiments et les souffrances de ses partenaires, et un mère célibataire au cœur fatigué mais toujours ouvert, qui se laisse piéger mais qui finit par se défaire de sa cage. Destruction, donc. Et tristesse. Le film s'ouvre sur des larmes et finit sur d'autres larmes. Aucun message d'espoir.
C’est une belle surprise que ce film qui, bien que « sentimental », ne sombre pas dans la guimauve comme je le craignais. Assez réaliste, il n’en demeure pas moins très émouvant. Clément est un jeune et brillant écrivain, professeur de philosophie. Il est issu d’un milieu extrêmement cultivé. Muté provisoirement dans un lycée d’Arras, il va rencontrer Jennifer. Jennifer est une très sympathique jeune maman divorcée, sérieuse, gentille qui exerce le métier de coiffeuse. Elle est loin d’être sotte mais elle n’a bien sûr pas le même niveau culturel ni les mêmes goûts que Clément. Très vite, elle va tomber amoureuse de ce dernier sans arriver à savoir si cet amour est réciproque. Ce doute va la faire souffrir. Clément est un cérébral, un « intello parisien » et chez lui l’intellect prend le pas sur tout le reste, y compris l’affectif. Il considère les êtres, la vie et les sentiments avec la froideur et le détachement d’un entomologiste observant les insectes. Tout, chez lui, est sous contrôle. Il ignore la passion, la spontanéité. Jennifer, au contraire, est tout amour, tout feu, toute flamme, elle est gaie, vivante, primesautière. Elle est en vérité un personnage très attachant. On suit avec intérêt l’évolution de la relation entre ces deux êtres si différents. C’est un beau film, intéressant, parfois très émouvant (le moment où Jennifer chante cette chanson où elle exprime tous ses sentiments avec tant de cœur, tant d'émotion et de sincérité ne peut laisser personne indifférent) que j’ai apprécié et que je recommande.
Un très bon film ou Emilie DEQUENNE nous joue son rôle à la merveille et nous ensorcèle comme elle ensorcelle son amant Loïc CORBERY. Un jeu de rôle à multiples facettes qui nous fait virevolter dans tous les sens ; "Où est la sortie du tourniqué". Voici une bonne réussite à ne pas louper pou l'ensemble romanesques éperdues dans leur rêve ...
Clairement le film est peu crédible tant par le postulat que par les détails narratifs. Loïc Corbery est un peu coincé dans son personnage. Emilie Dequenne assure comme d'hab. Reste une belle élégance dans le déroulement de l'intrigue ainsi qu'une justesse dans la conclusion.
Beau petit film. Grâce à la finesse de jeu des acteurs, en particulier la prestation époustouflante d'Emilie Duquenne, il s'en dégage une importante intensité émotionnelle.
Un film plaisant par la vivacité et joie de vivre du personnage interprété par Emilie Duquenne mais qui manque clairement de dynamisme, on s'ennuye assez vite. PLV : plongée dans une réalité très proche, un vraie réussite sur ce point