Suzanne de Katell Quillévéré aurait figuré dans mon top ten si j’avais vu ce film en 2013. C’est donc une séance de rattrapage, mais Suzanne est toujours à l’affiche, donc courez voir ce film. L’histoire de Suzanne est triste, et je n’en dévoilerai rien tant les surprises sont nombreuses, tant le non-dit est important, et je ne veux rien gâcher. C’est une histoire remarquablement racontée, très bien construite, dans laquelle on sent le temps passer pendant deux décennies, presque trois d’ailleurs, sans le moindre carton qui l’indiquerait. Katell Quillévéré entre dans l’univers de Kechiche, de Pialat, de Garrel, et livre ici un film simple, réaliste, plein d’émotion et de sincérité.
Sara Forestier est formidable dans le rôle titre, François Damiens, dont il semblerait que le cinéma gomme systématiquement son tempérament comique, campe ici le rôle du père de famille, qui n’est pas le personnage le plus facile, est bluffant de vérité. Mais pour moi, LA révélation du film est Adèle Haenel, qui incarne la petite soeur de Suzanne qui crève littéralement l’écran. Elle jouait dans l’Apollonide de Bertrand Bonnello, film dans lequel je l’avais déjà repérée. A quand un rôle principal ?
Pour finir, ce film m’a bouleversé, tant par la forme que le fond, la mise en scène est parfaite, les comédiens formidables et l’émotion au rendez-vous. Que demander de plus ? Je recommande.