A Prize of Gold intéresse par sa façon de rapprocher les préoccupations adultes des jeux d’enfants : l’entrée du sergent-chef Joe Lawrence dans la vie de Maria s’effectue spoiler: suite au vol d’une jeep militaire par un orphelin espiègle, associe d’emblée la guerre à une activité de gosses imitant les grands, jouant aux gendarmes et aux voleurs ; en réponse se dessine le prototype curieux de Messerschmidt, voiture tricycle à deux places qui transforme le gradé en gamin curieux de la vie allemande et soucieux d’attirer l’attention. Le film ne cesse de confondre les générations, place ses protagonistes sous le patronage de deux images scolaires représentant un lapin et un chasseur – métaphore de la course à l’or rapidement engagée. En qualité de faux documentaire, il livre des plans importants sur une capitale en ruines dont le traumatisme et la misère menacent directement Maria. La conquête amoureuse devient ainsi l’occasion d’un sauvetage : celui d’un orphelinat mais aussi d’une dignité que seules permettent le recours aux cultures étrangères, l’illégalité et l’exil – puisque Berlin n’est plus habitable en l’état et doit être reconstruite. Une production non négligeable, dynamisée par l’interprétation du charismatique Richard Widmark.