On connaît le chef d'oeuvre de Kalatozov : Soy Cuba, bijou formel datant de 1964. Quelques années auparavant, il y a eu Quand passent les Cigognes, Palme d'Or au festival de Cannes 1957. Un beau film, formellement sans reproches et absolument virtuose. Deux plans se démarquent de l'ensemble : celui de l'escalier sur lequel les deux amoureux se retrouvent ( panoramique ascendant à couper le souffle ) et celui où Veronika se perd dans la foule afin de rejoindre Boris ( on admire le talent du cinéaste russe, déjà adepte des plans séquences...). A partir d'une idée très simple ( l'histoire d'un amour contrarié par la guerre ), Kalatozov parvient à créer une atmosphère, et surtout un univers que bien des cinéastes ont imité par la suite ( un certain Jean-Pierre Jeunet semble s'être inspiré de Quand passent les Cigognes pour son Long Dimanche de Fiançailles.. mais on pense également à l'Enfance d'Ivan de Tarkovski ). Mais au delà des mots il y a le film, c'est pourquoi je vous invite à vous y plonger de suite . Magnifique et novateur, c'est une claque plastique et émotionnelle ( cf : la mort de Boris ). A voir absolument.
Au début, on est comme des enfants, on s’aime et c’est le principal. Après, c’est la guerre et tout est différent. La séparation brutale nous enferme dans la tristesse. C’est sans doute l’état d’esprit de cette jeune femme que nous suivons tout au long de ce film, partagée entre le doute et l’espoir de voir un jour son amant revenir du front. Ça paraît bête énoncé comme ça, mais c’est en vérité d’une puissance incroyable. « Quand passent les cigognes » est une œuvre essentielle, esthétiquement et artistiquement irréprochable, traçant l'histoire d'un désenchantement puis d'une lente reconstruction personnelle, de laquelle finit par retentir le battement singulier de l’amour... l’amour de la vie.
C'est un mélodrame très très convenu et bourré de clichés. La photo et la scénographie sont quand même de très bonne tenue, sans être renversantes (on est loin de ce que Kalatozov a pu faire dans « Soy Cuba »). Certes, on échappe au film de propagande (en fait, l'orientation idéologique du film est moins visible car elle joue sur des thèmes communs au régime soviétique aux nations ocidentales), mais le film se retrouve sans réel contenu. Je crois quand même que je préfère un film comme « Soy Cuba », ouvertement politique mais où le réalisateur a quelque chose à dire et le dit avec talent.
C'est une histoire d'amour, assez émouvante, la fin du film est très belle. Pour autant je n'ai pas eu l'impression d'avoir vu un chef-d'oeuvre, le film souffre de quelques longueurs et la guerre est peu évoquée, cela reste tout de même un film très intéressant à voir.
Le cinéma soviétique se démarque enfin de tout l'élan patriotique de sa production précédente en montrant une très belle histoire d'amour remarquablement filmée dans un esprit neuf qui positionne cette nation comme novatrice dans l'art cinématographique.
Véronika (Tatiana Samoilova) attend le retour de son fiancé Boris (Alexeï Balatov) partit sur le front russe. Sans nouvelles elle cède aux avances du cousin de celui-ci un planqué peu glorieux égoïste et distant.
Délaissée, Véronika s'implique à sa manière dans le conflit en investissant son énergie à l'aide et au réconfort des soldats blessés rapatriés au pays. Elle prend conscience de l'horreur de la guerre.
Certaines images sont sublimes et novatrices :
Le préambule calme de l'avant guerre permettant à Véronika et Boris de positionner leur amour sur un avenir.
La scène tourbillonnante de l'escalier gravit par Boris (Une première technologique pour l'époque).
Le moment où Véronika terrorisée par les bombardements et à bout de forces cède à Mark en répétant à l'infini sa négation qu'elle ne peut plus contrôler.
La scène finale, poignante et désespérée, l'ultime espoir que Véronika place dans l'arrivée de ce train rempli de soldats de retour au bercail.
Quand passent les cigognes justement récompensé par le grand prix du festival de Cannes en 1958 nous a permis de découvrir une comédienne sublimement belle Tatiana Samoilova que beaucoup de spectateurs de l'époque ont du chérir de tout leur coeur.