Syngué Sabour - Pierre de patience
Note moyenne
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183 critiques spectateurs

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alexdelaforest
alexdelaforest

39 abonnés 206 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 avril 2013
Oh que c'est joli ce conte au milieu de la guerre. ça pourrait se dérouler partout et c'est la force et la faiblesse du film, un peu irréel. Reste de jolis visages, une grande pudeur. Une œuvre à la fois très photographique dans ses portraits et très littéraire dans son écriture. Manque peut-être un encrage plus puissant dans la réalité?
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 mai 2013
« Ceux qui ne savent pas faire l'amour font la guerre »

Syngue Sabour, Pierre de patience, ou comment réaliser un film pamphlet sur l'émancipation de la femme afghane. Tiré du roman éponyme prix Goncourt en 2008 d'Atiq Rahimi qui est aussi le réalisateur du film, Syngue Sabour raconte l'histoire d'une femme afghane qui paradoxalement, à force de s'occuper de son mari dans le coma, va briser tous les tabous de la société qui l'emprisonne.
Le film s'ouvre par un travelling sur des rideaux bleus aux motifs d'oiseaux noirs, sur un fond sonore qui nous rappelle que la guerre fait rage. Pourtant, le vent qui se faufile entre le tissu est celui de la liberté, il redonnera vie et portera « La mujer », interprétée par l'envoûtante Golshifteh Farahani, comme il l'a fait pour ces oiseaux d'étoffe. Cette œuvre franco-afghane est à considérer comme un conte initiatique dans lequel une ancienne légende sur une pierre mystérieuse va métamorphoser par sa croyance en elle, une jeune femme sur le point de céder sous le poids de l'injustice et la dureté d'une société en crise.

« Du fantôme à la Prophétesse »

La narration choisie par le cinéaste et écrivain repose sur le monologue du personnage principal qui porte littéralement le film sur ses épaules grâce à la prestation habitée et tout en nuance de l'actrice franco-afghane. Rythmée par des flashbacks récurrents, la mise en scène tout en lenteur semble vouloir offrir les clés du potentiel de l’œuvre à son actrice en sachant rester discrète et en s'effaçant face à la puissance d'évocation de cette talentueuse comédienne. On pourrait oser dire que si la caméra révèle l'actrice, l'actrice révèle aussi la caméra en lui offrant ce qu'elle a de mieux. Sa quête de liberté passe par le déversement des mots, des secrets et des révélations. Un déferlement libérateur exprimé par une voix d'abord creuse, puis de plus en plus grisante au fur et à mesure que le changement opère. De plaintes fatiguées, elle se mue en arme sensuelle et assumée, aussi tranchante qu'un poignard, mais aussi douce qu'une caresse. De femme courbée par le poids de la tradition, elle devient petit à petit sous nos yeux la prophétesse d'une nouvelle société qui fait et défait les hommes selon ce qu'ils devraient être à ses yeux. Par son courage et une certaine folie qui l'accompagne, notre héroïne devient un avatar de Khadija, première épouse du prophète Mahomet et mère de tous les musulmans. Si comme tous les films, Syngue Sabour est politique, c'est sa poésie orientale qui en fait une œuvre remarquable. Il mêle les mythes afghans à un discours contemporain qui, on peut l'espérer, auront un impact sur les générations actuelles et futures.
Maryane75
Maryane75

21 abonnés 465 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2013
La belle Golshifteh Farahani incarne à merveille cette jeune victime culturoreligieuse qui devra, comme bien d'autres d'ailleurs , user de subterfuges pour survivre dans cette dictature islamiste, terriblement hypocrite et hostile à l'épanouissement, même le plus légitime, des femmes.
Le commerce d'enfants et de toutes jeunes filles "au nom d'allah" est d'une indécence à la limite du supportable.
J'en savoure d'autant plus la chance que j'ai eu de naître ici en france de parents civilisés et respectueux de mon intégrité.
Joli film qui en dit long sur le supplice quotidien de toutes ces enfants, de toutes ces filles et de toutes ces femmes.
عار على هذه الكلاب المسعورة.
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2013
s'il n'y avait pas les cinq dernières minutes trop mélodramatiques, ce film serait parfait. L'interprète principale est fascinante à tous les pointsq de vue, et l'adaptation de ce qui semble être un monologue (? je n'ai pas lu le livre) littéraire est remarquablement réussie. Alors qu'à la lecture du sinopsis on peut craindre un huis clos un peu duraille, il nen n'est rien en réalité! C'est un très beau film.
Fbienne D
Fbienne D

16 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mars 2013
Magnifique ! Chacun des plans est une merveille. Des couleurs et une lumière somptueuses. L'actrice est superbe, sa beauté est bouleversante. Le récit est poignant et raconte encore une fois les violences faites aux femmes dans le monde d'aujourd'hui. Il faut aller le voir .. vraiment !
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 février 2013
Toute la puissance émotionnelle de ce mélodrame vient en grande partie de son universalité car, si ce conte s’inscrit dans un contexte islamique, le fait de ne pouvoir le situer ni de connaitre les noms des personnages en font une peinture particulièrement humaniste sur le sort tragique de cette pauvre femme. La mise en scène très minimaliste d’Atiq Rahimi contribue à la beauté visuelle et à la sensualité sous-jacente de son adaptation, au risque de rendre sa construction austère et, parfois même, monotone, la dénonciation antimilitariste disparaissant trop vite au profit du drame psychologique de son héroïne.
Christoblog

920 abonnés 1 801 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2013
yngué sabour est un bon film, le tout est de savoir à quel point.



D'abord, je craignais qu'Atiq Rahimi, écrivain adaptant son propre roman Prix Goncourt 2008, soit réalisateur comme moi je suis blogueur. Mais non, il est vraiment doué, et le film propose une mise en scène soignée, bien qu'un peu trop sage.



Ensuite j'attendais beaucoup de l'actrice Golshifteh Farahani, qui crevait l'écran dans le très bon film de Farhadi, A propos d'Elly, et là, je dois le dire, le film est un enchantement. Il repose entièrement sur elle, et elle arrive à être sublime tout du long, en tant qu'actrice bien sûr, mais aussi en tant que tableau vivant. Belle comme une Madonne.



Rappelons brièvement le propos : une femme parle à son mari qui est totalement paralysé avec une balle dans la nuque, sur fond de guerre, en Afghanistan. Progressivement elle arrive à lui dire de bien lourds secrets, notamment d'ordre sexuel. Quelques micros évènements viennent interrompre le monologue (ou plutôt le dialogue avec le silence comme aide à le dire Rahimi). Des allers-retours entre le domicile de l'héroïne, austère et dévasté, et celui de sa tante, chaleureux et sensuel, rythment le récit.... la suite ici : http://0z.fr/b6AMh
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2013
Le film est beau, intense, la photographie est magnifique. Mais il y a quelque chose de trop lent, de suranné qui nuit à ce qui aurait pu être un chef d'œuvre.
Thierry M
Thierry M

191 abonnés 2 435 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 février 2013
Voila une actrice que j'aime beaucoup depuis plusieurs années et qui me donne toujours beaucoup d'emotion chaque fois que je la voit. La dans ce film assez surprenant , elle tient le film a bout de bras , et nous entraine avec crainte pour ce personage ou l'on se demande ou cela nous entraine
Par contre la fin est toalement decalée spoiler:
spoiler:
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 février 2013
Je dois l'avouer, en voyant que c'était Atiq Rahimi lui-même qui s'était attelé à la réalisation de l'adaptation de son roman lauréat du Prix Goncourt, j'ai eu très peur. Il faut dire que les précédents d'écrivains auto-proclamés metteurs en scène n'étaient pas là pour me rassurer : Houellebecq, Alexandre Jardin, Eric-Emmanuel Schmitt pour ne citer qu'eux avaient démontré a contrario que réalisateur, c'est un métier. La lecture de sa biographie a commencé à me rassurer : il a suivi des études d'audiovisuel, et celle de l'équipe du film a achevé de me tranquilliser : avec Jean-Claude Carrière à l'écriture, Thierry Arbogast à la photographie et Hervé De Luze au montage, il serait bien accompagné.

Je n'avais pas lu le roman, mais la lecture du synopsis m'a interrogé : comment tenir la distance d'un long métrage avec quasiment pour seule trame le monologue d'une femme face à son mari à l'état de légume ? Comment maintenir de l'intérêt à cette suite de séquences d'analyse lacanienne ? La réponse tient en un nom : Golshifteh Faharani. Découverte dans " A propos d'Elly", confirmée dans "Mensonge d'Etat" et "Si tu meurs je te tue" du réalisateur kurde Hiner Saleem, l'actrice iranienne constate "Je suis française aujourd'hui, c'est mon seul passeport", bannie de sa patrie d'origine pour avoir dévoilé un sein dans le clip de Mondino pour les Césars 2012. Dans "Syngué Sabour", elle est présente à l'écran dans presque toutes les scènes, et ô combien présente. Par la seule force de sa voix rauque et de sa langueur tourmentée, elle parvient à maintenir la tension de cet exercice si difficile et si artificiellement littéraire du monologue intérieur déclamé à voix haute.

Dans les exercices d'improvisation théâtrale, celui qui consiste à s'adresser à un autre qui reste impassible en déclinant toute la gamme des émotions est incontestablement un des plus durs. C'est pourtant à cet exercice que se livre Golshifteh Farahani pendant une heure et demie : "J'y vais, d'accord ?... Mais pourquoi je demande la permission ?", "C'est toi qui es blessé, et c'est moi qui souffre..." La linéarité de ce face à face à sens unique est rompue par le recours aux flashbacks qui apparaissent au cours du récit de la jeune femme, comme celui sur son père qui élevait des cailles de combat et qui vendit sa fille de 12 ans pour éponger une dette suite à un pari perdu, ou celui de son mariage où l'époux parti au front est remplacé par son poignard, mais aussi par l'intrusion de la guerre dans l'espace clos de la maison, où chaque bruit venant de l'extérieur annonce une menace.

La suite sur les Critiques Clunysiennes
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

90 abonnés 1 726 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2013
Un film poignant et touchant.
Le genre de films que je n'aurais sans doute pas été voir si on ne m'avait pas offert une place.
Pourtant, cette histoire d'une femme afghane qui reste au chevet de son mari plongé dans un profond coma, et qui lui raconte au fur et à mesure ses péchés les plus profond, nous donne à réfléchir.
Non seulement on se pose des questions sur la condition de la femme dans ces contrées lointaines, mais on est également un peu choqué de la rudesse de leurs moeurs qui, pour un occidental, sont totalement absurdes, et pourtant si courantes à travers le monde.
Oui c'est un très beau film. On ne s'ennuie pas un instant et l'actrice principale est resplendissante!
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mars 2013
Quand vous sortez du film d'Atiq Rahimi, vous avez la rage.

Ça se passe à Kaboul, sous les bombes. Plus précisément, sur la ligne de front entre insurgés et forces gouvernementales. Tous ont fuit: enfin, tous ceux qui le pouvaient. Mais Elle, elle ne peut pas. Elle a deux petites filles, et un mari (Hamidreza Javdan) dans le coma. Un coma lié à une balle dans la nuque, même pas un glorieux fait d'armes, non: une querelle d"honneur" (L'onore! comme le chante Falstaff, qui avait un avis malpensant sur la question). Ce que, sous d'autres cieux, on appellerait une dispute de pochetrons.... et qui, pour un ancien héros de la résistance, n'est pas brillant.... Bref, s'Il était mort, un de ses frères aurait épousé la Femme, et elle aurait été embarquée dans la fuite de la famille. Mais Il est vivant, et Elle reste à veiller son légume. Elle n'a pas d'argent, personne pour l'aider. Enfin si: une tante (Hassina Burqan), qui a déménagé mais qu'elle arrive à retrouver, et qui est.... en maison! Surprise, les Combattants de Dieu ont donc besoin, comme tout le monde, de se dégorger le poireau! Cette tante est la seule personne compatissante, qui va d'ailleurs prendre les petites filles en charge.

Elle va donc passer ses journées à veiller le légume, rejoignant la nuit la sécurité du bordel. Pourquoi donc a t-elle tant d'obstination à sauver cet homme? Cela nous reste en partie mystérieux. Par sens du devoir, certainement: Allah a voulu qu'elle soit lié à lui et lui soit dévouée; par un reste d'amour, peut-être, parce qu'il n'est pas impossible qu'elle l'ait aimé, en tous cas, elle était fière, jeune fille, d'être fiancée à un héros! Et puis, parce que si il meurt, elle n'a plus rien, plus aucun statut. Femme seule, elle est condamnée à mendier pour survivre -ou devenir pute sans doute.

Les voisins sont massacrés par l'un des deux camps. On signale la présence d'un insurgé dans la maison, qui reçoit des tirs de mortiers. Puis viennent les forces gouvernementales; Elle arrive à cacher son Homme, mais le Commandant veut savoir si elle est seule, et pourquoi. Sa survie, c'est de faire croire qu'elle est pute.... car ces hommes pieux répugnent à introduire le dit poireau dans un orifice déjà fréquenté: leur grand plaisir, c'est de forcer une vierge! Mais il y a un jeune soldat, aussi bègue que puceau (Massi Mrowat), lui aussi, à sa façon, une victime de la barbarie du Commandant, qui revient, avec de l'argent.... et avec qui s'établit une relation particulière, on n'ose pas parler de tendresse, tellement ce mot est déplacé dans cet univers de violence et de soumission, mais quand même.

La tendresse, voila quelque chose qu'elle ignore; Il ne l'a jamais déshabillée, jamais caressée, jamais embrassée. Absent pour fait d'armes le jour de ses fiançailles, absent le jour de son mariage, quand ils se sont enfin retrouvés ensemble, Il ne l'a même pas regardée. Il l'a baisée comme un animal, et encore: quand on voit un lion mordiller la nuque de sa lionne, il y a une forme de tendresse animale dont cet Homme là est bien incapable.

Elle le lave, donc elle le voit. Elle touche, le manipule, l'embrasse comme une insulte. Il est muet et immobile comme un psy: sans savoir que ça existe, elle fait sa psychanalyse. C'est sa Pierre de patience, dont sa tante lui a expliqué la légende: c'est une pierre, on lui parle, on lui dit tous ses secrets, on se décharge de ses secrets, et un jour, elle explose: et on est délivré. Bon, nous on n'a pas besoin de faire exploser nos psys pour que ça marche (à ce qu'on dit). Elle dit qu'Il ne l'a jamais fait jouir (iI ne s'est d'ailleurs jamais posé la question), et qu'elle se masturbait, et bien d'autres choses, plus scandaleuses encore, et parfois elle se rend compte de ce qu'elle dit et elle a honte, alors elle cherche le seul livre de la maison, le Coran, le serre dans ses bras pour se protéger...

Golshifteh Farahani est trop belle. Sa beauté, dans ce monde opaque et désespérant a quelque chose de déplacé -mais elle permet, peut être, de soutenir une histoire insoutenable qu'elle porte avec la force qu'on lui connaît.

Après Wajda, Syngue Sabour. Mais Wajda se passait dans la bourgeoisie très aisée. La malédiction d'être femme était adoucie par le confort.... Ici, c'est la condition de la femme pauvre, et même misérable -il n'y a pas d'horizon. Il n'y a rien que du malheur.

Film magnifique et ravageur. A voir absolument.
JoRod
JoRod

77 abonnés 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2013
Atiq Rahimi dont c’est la première réalisation, adapte son propre roman du même titre, nous raconte avec émotion et sensibilité l’histoire de cette femme racontant ses souvenirs, ses désirs et ses envies à son mari dans le coma.
Ce Syngué Sabour est une œuvre singulière, montrant et dénonçant la détresse d’une femme afghane, qui mêle des sentiments de doutes, de remords, de désirs…
Le film doit entièrement, ou du moins énormément à sa jeune, mais néanmoins époustouflante actrice, Golshifteh Farahani qui signe une performance excellente et qui confirme tout le bien que l’on pensait déjà d’elle. Elle insuffle au film à elle seule cette touche d’émotion et de justesse. Elle le sublime considérablement.
L’œuvre constitue une auto-adaptation belle et réussie. Ce qui marque le plus dans cette « pierre de patience » sont ces longues scènes de confessions. C’est par là que Rahimi tire l’essentiel de son film, de sa beauté et de son émotion. Il parle d’amour, du désir, du plaisir, du mensonge, de sexe. C’est osé lorsqu’on connait les tabous qui habitent ce pays.

Malgré la beauté froide et saisissante de l’œuvre de Rahimi, la justesse est présente, mais l’émotion n’est pas totale. Il manque à ce Syngué Sabour, l’étincelle, ce petit truc en plus qui ferait son immense force et son authenticité et qui le consacrerait au rang des grands films.
amour13
amour13

59 abonnés 181 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 mars 2013
Un film pour dormir ! certes sur le fond c'est une histoire personnelle et touchante mais sur la forme malheureusement c'est d'un ennui qu'on lutte contre le sommeil.
Marc  Régis
Marc Régis

52 abonnés 244 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2013
Elle fait une sorte (sans le savoir) de psychanalyse, avec comme thérapeute son mari dans le coma. Et la découverte de l’effet réparateur de la parole. Très beau film raffiné, élégant…
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