Voici donc le quatrième film de Ben Affleck. Cette fois-ci, il s'attaque à une grande épopée style "Le Parrain" autour du parcours heurté d'un jeune gangster handicapé par un bon fond et une pulsion romantique qui lui fait perdre quelque peu ses moyens lorsqu'il se retrouve face à une femme.
Aucun doute, Ben Affleck est un remarquable metteur en scène, sa maîtrise des deux grandes scènes d'action au début du film, une poursuite en voiture épique, et à la fin pour le grand règlement de compte presque final, est véritablement impressionnante. Si l'on y ajoute un travail sur l'image véritablement soigné, une reconstitution de l'époque quasi parfaite et des acteurs impeccables, tout cela concourt à un résultat enthousiasmant. Et pourtant… il y a quelque chose qui cloche. Durant un long moment pendant la projection je me suis demandé qu'est ce qui n'allait pas, qu'est qui faisait qu'on était un cran en dessous des chefs d'œuvre du genre (style Le Parrain, justement). Et puis ça m'a paru évident. Le dernier film que j'avais vu avant Live By Night, c'était Manchester By The Sea, avec le petit frère de Ben : Casey Affleck, absolument renversant d'humanité et d'émotion, dans un rôle tout en retenue. Le problème principal de Live By Night, (avec également une durée un peu trop longue) c'est Ben Affleck lui même ! Entouré d'acteurs capables de transmettre les moindres nuances de leurs personnages (la scène d'Elle Fanning, éblouissante,face à Ben Affleck, dans la cafeteria) et, il faut le dire, parfaitement dirigés, Ben Affleck, lui, reste totalement en dehors de son personnage, incapable de provoquer une véritable émotion, parfois même totalement absent. Décidément, un très grand metteur en scène mais un acteur vraiment moyen. Et c'est bien dommage, car au final c'est ce qui empêche son film de s'élever au dessus du lot. Là où l'on souhaiterait être emporté par l'histoire, ému par les conflits des personnages, troublé par leurs angoisses, touché par leurs erreurs, Ben Affleck, omniprésent à l'écran finit par plomber son film. En fait, le metteur en scène, n'a pas su diriger son acteur principal. Dommage. On aurait pu avoir un chef d'œuvre, on doit se contenter d'un bon film. C'est peut-être déjà pas mal.