8438 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
866 critiques spectateurs
5
63 critiques
4
311 critiques
3
283 critiques
2
135 critiques
1
44 critiques
0
30 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
1,0
Publiée le 17 novembre 2013
Mais qu'est-ce qui fait encore courir Woody Allen? Depuis Celebrities, je ne cesse de me poser cette question. Il a tout filmé, trop filmé peut-être. Ne s'est jamais vraiment renouvelé, a beaucoup radoté, mais arrivait malgré tout à retomber sur ses pattes jusqu'à ce film donc, réalisé en 98. Le dernier vestige d'un ex-grand réalisateur. Tenir un rythme d'un film par an relève de l'exploit, mais à quel prix? Est-ce que le ressort ne serait pas un peu cassé, ou du moins sacrément usé. Quand d'autres passent plusieurs années à écrire/concocter un projet, lui nous livre sa fournée annuelle sans sourciller. D'ailleurs je suis toujours effaré de lire les même noms de collaborateurs aux génériques de ses films. Assez effrayant comme le temps semble figé. Rien ne bouge donc dans le cinéma d'Allen. Et ce n'est pas ces répétitifs ouvertures de scènes sur panoramique académique qui nous contredirons. J'avais juré ne plus voir un de ses films. Cette fois-ci j'ai cédé après avoir lu des critiques très positives. J'ai cherché, je vous jure. J'y ai même regardé à deux fois. Je n'ai toujours pas compris ce qui a bien pu enthousiasmer ces journalistes. D'ailleurs je me demande si même Woody Allen a encore de l'enthousiasme lorsqu'il filme tant les plans s'enchaînent avec platitude. Alors oui quand il a Darius khondji à la lumière on a l'illusion de voir du Cinéma, mais dans Blue Jasmine l'image y est très laide. On pourrait croire qu'il s'agit d'une image numérique. Les hautes lumières y sont cramées, enlevant toutes matières à la pellicule, aux surfaces, aux visages. Pour certains, ce sont des détails techniques, mais c'est dommage de ce prétendre cinéphile et d'avoir si peu d'exigence et d'attente pour l'esthétisme. Et en ce qui concerne l'histoire, on est guère mieux loti. D'abord le montage mécanique de "j'énonce/j'expose" devient vite insupportable. Un personnage parle d'un événement et tac, on a le droit à son flashback pour mieux nous montrer de quoi il s'agit. La forme douteuse donc, puis le fond. On l'aperçoit assez vite tellement il manque de profondeur. Woody nous rejoue encore une fois les affres amoureuses des bourgeois et leurs chutent sociales. On connaît la rengaine. Les riches chez les pauvres et inversement ça fait désordre, ça fait rire tellement ça fait tache. Les riches sont méprisants, les pauvres sont maladroits et chacun finit par se haïr et s'enferme dans sa caste. La frontière vers l'autre semble bien difficile à franchir malgré les liens du sang. Les situations sont prévisibles et amènent évidemment sont lots d'hystérie, sorte de parole universelle où les masques tombent et les différents protagonistes, en soliste, vident leur sac. Franchement Woody, toi qui ne cesse de nous parler de Dostoievski, de Joyce, de Strindberg, t'as pas mieux à nous montrer. Ou alors va-t-on un jour découvrir que Woody est un fervant lecteur de la collection Harlequin. Du haut de ses 80 ans, il regarde le monde avec sagesse, un peu moqueur, mais reste humaniste. Ô comme c'est touchant. Quid de la passion, pas celle de Vicky Barcelona, non la PASSION. Quid de la folie, pas celle jouée par Cate Blanchett, qui agace par moment avec ses migraines à répétition. Quid de la réflexion, pas celle de Match Point où Woody se prend pour Pascal. Ce qui fait courir Woody: un scénario sous perf, une exigence revue à la baisse, une absence totale de remise en question bien aidée par le lobby qu'il a créé et les recettes de ses films. Voir un film de W. Allen, c'est consommer W. Allen, c'est adhéré à une marque. Pour finir juste un mot sur Cate Blanchett. A-ton attendu ce film pour s'apercevoir de son talent d'actrice? Et qui a pu douter qu'elle n'était pas capable de jouer des rôles de composition? Oui Cate Blanchett est une bonne actrice et elle l'a démontré à mainte reprise. Oui elle est capable de jouer des rôles excentriques. Alors pourquoi s'extasie-on tellement de sa performance dans Blue Jasmine? Elle confirme simplement son talent. Ou, est-ce la médiocrité de ses partenaires qui la font tellement briller dans ce rôle-ci ? Bref, sa performance n'est pas un coup d'éclat, ni un tour de force comme la critique essaie de nous le faire croire; elle est même entachée par la lourdeur du personnage et des situations où le crie se mue en langage. Woody, il serait temps d'arrêter le massacre.
On nous l'annonçait comme LE grand retour de Woody Allen et sa plus belle réussite depuis « Vicky Cristina Barcelona » : autant vous dire tout de suite que c'est faux. Alors je ne dis pas : c'est magnifiquement éclairé, Allen reste un auteur parfois étonnant et celui-ci sait s'y prendre pour dessiner des personnages peu conventionnels. Mais quand même : l'auteur de « Manhattan » et « Annie Hall » qui en vient à pleurer sur le sort des pauvres riches ! Franchement, voir le génial esprit new-yorkais se compromettre là-dedans m'a juste fait halluciner, son héroïne étant probablement le personnage le plus désagréable et le plus irritant que j'ai eu l'occasion de voir ces dernières années. Egocentrique, hautaine, cassante : moi, moi, moi, moi... Je ne sais pas vous, mais perso je ne vais pas au cinéma pour me taper pareils engins, les états d'âmes des multimillionnaires ne me faisant ni chaud ni froid. Ah mais c'est justement parce que celle-ci se retrouve dans le monde réel, auprès des « vrais » gens que le film est passionnant! Mais dans ce cas, il faudrait une vraie prise de conscience, une vraie évolution qui puisse illustrer ce changement : et bien pas du tout! Alors c'est vrai : cela a au moins le mérite de ne pas être consensuel, nous offrant ainsi le portrait d'une vraie grosse sal... pardon, garce ne pensant qu'à elle et retrouver une situation digne de ce nom, avec les quelques millions de dollars qui vont avec, cela va sans dire. C'est d'autant plus regrettable qu'il y avait vraiment quelque chose à faire avec ces sympathiques seconds rôles, à commencer par Sally Hawkins, très en verve. Cela dit, ce qui aurait pu devenir un spectacle vite insupportable ne l'est pas par le talent d'une seule et unique personne : Cate Blanchett. Cette actrice, en plus d'être absolument sublime, a une élégance, une grâce absolument unique permettant, ne serait-ce que quelques secondes parfois, d'entrevoir une lueur d'humanité chez cette héroïne qu'elle nous évite ainsi de haïr totalement. Rien que pour son interprétation, le film mérite d'être vu. Mais c'est malheureusement aussi presque l'unique raison, tant ce dernier Woody Allen ne m'a par ailleurs ni convaincu, ni séduit, et ce pour la deuxième fois consécutive après « To Rome with Love »...
Dans la filmographie de il y a les ténébreux et les lumineux(on pourrait aussi dire les bons et les moins bons)celui-ci fait partie de la première catégorie,mais surtout comment ne pas cacher sa déception après avoir lu les dithyrambes d'une certaine presse(nouvelle preuve s'il en est qu'il faut vraiment se résoudre à la boycotter):le jeu souvent hystérique de C. Blanchett et un scénario qui tourne vite à vide l'emportent malheureusement sur l'intention de départ de faire un procès en règle des petits(et grands)escrocs en col blanc à la Madoff.
Même si "Match Point" restera sans doute indétrônable au sommet de la filmographie pléthorique de Woody Allen, "Blue Jasmine" est un sérieux prétendant à la couronne : c'est que le sujet, une sorte de rencontre improbable entre "La Chatte Sur le Toit Brûlant" et les scandales modernes de la récente crise financière, nous touche plus que la plupart des sujets jamais traités par ce vieux Woody, et ce d'autant qu'il y injecte une dose de misanthropie réellement effrayante, clairement basée sur ses propres expériences de la turpide humaine. L'arrogance des nantis, représentés magistralement par trois personnages merveilleusement croqués, Jasmine (Cate Blanchett en concurrente sérieuse pour l'Oscar), Hal son mari (Alec Baldwin en état de grâce depuis son retour avec "30Rock") et Dwight (l'éternellement répugnant Peter Sarsgaard, visqueux comme toujours), donne évidemment lieu aux scènes les plus réjouissantes, parce que les plus cruelles. C'est peut-être cependant la médiocrité des autres personnages - la soeur Ginger, fantastiquement incarnée par Sally Hawkins, son ex-mari et ses nouveaux boyfriends sont tous plus vils les uns que les autres, répétant finalement les mêmes schémas que la classe "dominante" - qui frappe le plus. Alors, "Blue Jasmine" nous met peu à peu mal à l'aise, et nos rires se font de plus en plus rares, de plus en plus nerveux, et c'est sans doute là, à condition qu'on accepte bien sûr la haine que Allen semble déverser sur ses personnages, que "Blue Jasmine" devient un film vraiment impressionnant. Et ceci, malgré l'habitude légèreté, pour ne pas parler de laxisme, avec laquelle Allen aborde sa responsabilité de réalisateur... En sortant, secoués, de "Blue Jasmine", on est prêt à convenir que c'est là aussi une forme de génie.
Pas nécessaire d'en écrire des tartines pour inviter à voir ce film. Et pas besoin d'être un super inconditionnel de Woody Allen et de se pâmer sur le talent du génie pour lui reconnaître un grand mérite dans Blue Jasmine : il fait du Woody Allen un peu plus que de base, plutôt sérieux et appliqué même, à travers une série de personnages complètement explosés. Ce un peu pourquoi on va parfois avec plaisir au cinéma non ?
Blue Jasmine est le dernier Woody Allen, dont la patte est une fois encore facilement reconnaissable.
Ici, nous suivons Jasmine (Cate Blanchett) qui, contrainte de devoir aller vivre chez sa soeur, doit réapprendre à vivre dans des conditions plus vétustes que celles auxquelles elle avait été habitué, ayant toujours baigné dans l'argent, les mondanités, mais aussi les faux-semblants et l'hypocrisie.
Même si l'ensemble du casting interprète avec justesse des rôles atypiques qui trahissent une dextérité d'écriture redoutable, c'est clairement Cate Blanchett qui crève l'écran, et pas seulement à cause de son rôle central, mais aussi grâce à des talents d'actrice qui ont su composer avec les exigences d'Allen de façon brillante.
Excellent sur le plan de la mise en scène, Blue Jasmine est un film dans la droite lignée des oeuvres précédentes de son réalisateur, ni plus ni moins. A recommander donc aux fans de Woody Allen, mais aussi aux autres qui sauront ici apprécier un film qui possède de réelles qualités sur le plan narratif et de la mise en scène.
Woody Allen offre à Cathe Blanchet un de ses meilleurs rôle, élevant son jeu au niveau des grandes tragédiennes modernes. Et puis c'est un film sur la déchéance d'une grande bourgeoise ruinée et seule subitement reléguée au rang d'une simple anonyme. C'est grandiose, pathétique et tellement d'actualité.
Un bon Woody, auquel San Francisco offre un décor (un peu) moins glauque que certains films new-yorkais. De très bon numéros d'acteurs, pas seulement Cate Blanchett, même si elle est à son meilleur niveau, mais nous avons bien aimé Sally Hawkins en sœur "décalée". A conseiller à tous les fans de WA (mais il l'ont déjà vu, of course ;-) mais aussi à ceux qui - après les cartes postales de Barcelone, Paris ou Rome - veulent (re)découvrir le Woody de la grande époque.
Pour l'américain au quarante-cinq films, il est temps de faire un retour aux sources. Bye bye Paris, Rome, ou autre Barcelone, et bonjour San Francisco ! On quitte également les milieux mondains pour se rapprocher des Monsieur-tout-le-monde. Jasmine est belle, riche et a une vie merveilleuse. Mais lorsque son mari file en prison pour escroqueries, c'est toute son existence qui s'écroule. Décidant de retourner vivre chez sa sœur pour y voir plus clair, elle va s'apercevoir que le monde est loin d'être tout rose.
Très bien écrit, Blue Jasmine a un rapport au passé important. L'incapacité de surmonter des évènements difficiles est le plus grand défaut de Jasmine car elle n'accepte sa situation à aucun moment. Son existence étant construite par des mensonges, cette femme arrive encore à vivre grâce à ses multiples tromperies et un monde factice qu'elle a elle-même façonné. Le superbe montage de Lepselter est en rapport direct avec le thème du passé, nous faisant comprendre la vie de Jasmine et ses artifices. Habituée au confort pendant trop longtemps, celle-ci a perdu le sens des réalités.
Allen continue d'explorer les caricatures (ici, la femme inactive et superficielle d'un riche homme d'affaire) mais d'un œil triste, mélancolique, en jouant avec la notion de vérité. Qu'est ce qui est vrai et qu'est ce qui ne l'est pas ? Le passé accompagné de ces flash-back sont là pour nous le dire tandis que le présent continue de nous emmener sur la voie de l'artifice. Jasmine est une femme arrogante et le public aurait cent raisons de la détester. Mais par une interprétation fabuleuse, la formidable Cate Blanchett arrive à lui donner de l'empathie et une complexité insoupçonnée. Tantôt folle, fière, triste, méchante, mythomane ou alcoolique, cette femme est profondément humaine.
Une caméra qui se ballade de pièce en pièce sans s'arrêter de tourner. Une musique jazzy qui accompagne le quotidien de gens souvent émouvants, parfois décadents. Un humour flirtant souvent avec le tragique pour laisser le réalisme prendre le dessus. Pas de doute possible, nous sommes dans un pur Allen. Et si ce dernier ne nous avait pas gâté ces dernières années, il montre aujourd'hui qu'il est loin d'être rouillé.
Edouard, dans son excellent blog Nightswimming, évoque l'abondance dans ce film des "coupes" qui mettent le récit sens dessus-dessous, et pas seulement le récit mais aussi les relations humaines et l'état psychologique de l'héroïne. Ces coupes témoignent d'une dureté singulière. "Sans ménagement mais sans mépris" écrit Edouard. Cette absence de mépris (alors que j'en sens dans d'autres films de WA, en particulier dans Match Point) est indéniable, mais si le bloggeur la souligne, c'est parce que l'absence de ménagement ressemble beaucoup à de la cruauté. La coupe est en soi une violence faite aux scènes, aux histoires vécues. Par exemple dans la séquence où spoiler: la soeur de Jasmine se fait plaquer au téléphone par Louie CK : la brutalité de l'annonce est redoublée par la vitesse avec laquelle WA passe à autre chose. Cette cruauté - atténuée par des personnages secondaires hauts en couleurs - a quelque chose de hautain et de froid, de sorte qu'on a dès le début le sentiment d'avoir affaire à des spectres, avec cette façon qu'a WA d'isoler chaque personnage, en refusant de construire entre eux des échanges autres que trompeurs, hystériques ou infantiles. Au premier plan de cette galerie de monstres faibles, il fallait une sorte d'alter-ego de Woody Allen, un personnage comme lui froid et hautain, qui choisit de ne voir que les aspects de la réalité servant à entretenir son délire créateur (WA n'a pas choisi par hasard une hyper-active, et qui a du goût). A quoi mène ce délire ? Il n'est pas indifférent qu'on ne le sache pas à la fin du film qui se termine en suspens. Mais il est clair, par ce qu'on a vu auparavant, que Jasmine ne cessera pas d'y croire, de se débattre, et de mépriser le monde entier. "L'attachement aux personnages" dont parle Edouard n'est pas un attachement aux personnes mais à leurs maladies.
Une performance d'actrice, sans scénario, ne fait pas un film! Décevant!! D'autant plus que les louanges de la critique avaient survendu le film. La folie douce de Woody est meilleure quand elle est épicée d'un poil d'humour.
Ca faisait quelque temps que Woody Allen ne nous avait plus réalisé de film à la hauteur de son talent... et c'est chose faite enfin ! Ce film se regarde sans ennui, on ne voit pas le temps passé au point de vouloir que ça continue encore lorsque la fin arrive. Drôle et un peu triste à la fois, on s'attache et se détache de Jasmine. Note : 4,5/5
Un grand film de Woddy Allen et une interprétation exceptionnelle de Cate Blanchett c'est désenchanté, parfois acide mais quel régal beaucoup d'émotion passe à l'écran
Très joli millésime que ce Woody Allen là ! Après le catastrophique "From Rome with Love", Woody retrouve l'(im)pertinence de Minuit à Paris, versus drame... Kate Blanchett est époustouflante et une fois de plus, rien que pour elle, le film vaut la peine d'être vu. Quand, en plus, le film en question est porté par un scénario extrêmement bien écrit.... Reste ce petit côté bâclé dans la réalisation qui persiste toujours chez Woody Allen, mais qui ne doit pas nous faire bouder notre plaisir cinématographique.