Ce western contemporain signé David Mackenzie est une réussite grâce à Chris Pine et Ben Foster, braqueurs de banques pour éviter la saisie de leur ranch. Ce film, plus complexe qu'il n'y parait, s'apparente à un constat de la société américaine où lorsque l'on est pauvre, c'est de génération en génération. On se prend d'empathie pour ces deux hors-la-loi, l'un calculateur et intelligent (Chris Pine) et l'autre, complétement givré (Ben Foster) après une dizaine d'années de prison. Derrière cela, on a un Jeff Bridges, à quelques mois de sa retraite de shérif, qui passe son temps à vanner son coéquipier (le film est truffé de bonnes répliques) et qui va poursuivre sa quête de vérité jusqu'à la fin du film. Ajoutez y la musique de Nick Cave et vous voilà propulsé dans un Texas version Ken Loach.
Ne vous y trompez pas (comme moi): comme déjà dit, ce film est plus un "road movie" sur fond d'Amérique désabusée qu'un polar! D'ailleurs, si vous cherchez l'action à tout prix, vous risquez d'être déçu... Certes, les acteurs sont bons mais on comprend très vite comment tout cela va finir. Si le figaro a élu ce film "le polar de l'année", comment ont-ils donc bien pu noter un film comme "Heat" (qui relègue Comancheria au rang de simple divertissement) ?
Une vraie claque, tel est mon résumé. C'est une véritable plongée dans un monde oscillant entre modernité et histoire passée d'une Amérique se cherchant sans réellement se trouver. La qualité de la mise en scène couplé à la sobriété du jeu d'acteurs (toujours dans la justesse) est tout simplement bluffante, à tel point que le scénario n'est au final que secondaire. Un vrai moment de cinéma, dans la droite inspiration d'un film des frères Cohen ou de Clint Eastwood, c'est peu dire.
David Mackenzie, réalisateur britannique (« Perfect Sense », « Les poings contre les murs ») renouvelle le western avec Comancheria (Hell or High Water en VO), en y mêlant thriller et road movie. L’histoire est rapidement posée : deux frères, interprétés par Chris Pine et Ben Foster, braquent les banques qui ont hypothéqué leur maison familiale, tandis que deux Texas Rangers, aussi différents que complémentaires (Jeff Bridges, en vétéran désabusé, et Gil Birmingham, de sang amérindien) suivent petit à petit leur trace. Deux binômes, confrontés à suivre leur propre quête, entre légitimité de leurs actes, et volonté d’accomplir leur devoir. Car, au-delà de la croisée des chemins de leur destin respectif, c’est tout un portrait de l’Amérique actuelle qui est dépeint, entre les conséquences d’un système économique, et la réalité sociale qui en découle. Le Texas, merveilleusement filmé dans ses paysages et sa sonorité, y figure comme un terreau représentatif de cette réalité socio-économique. Et ce n’est pas un hasard que certaines scènes soient tournées dans la zone Comanche, aux confins de l’Etat voisin, le Nouveau-Mexique. Autrefois, la résistance des amérindiens face à l’occupation de leurs terres, aujourd’hui la résistance des habitants face aux banques. Ainsi à travers une réalisation maîtrisée, et un scénario habile signé Taylor Sheridan (« Sicario »), Comancheria s’impose aussi subtilement avec une résonance politique et sociologique. Le tout porté par une interprétation parfaite de ses quatre principaux protagonistes, élevés par leur dimension psychologique et leur caractère bien dessiné. Avec, en prime, une morale finale qui laisse à chaque spectateur d’en juger selon son propre libre-arbitre.
Rattrapage pour ce film sorti en septembre 2016 et nommé à l’Oscar du meilleur film à la fin du mois. David Mackenzie qui nous avait proposé, entre autres, les très bons My name is Hallam Foe, Perfect sense ou Les poings contre les murs traverse l’Atlantique pour nous offrir un thriller d’excellente facture. Mise en scène et scénario soignés pour un drame familial teinté de polar crépusculaire. Un beau suspens et une ambiance étouffante qui en font un implacable western moderne. Chris Pine et Ben Foster sont formidables et Jeff Bridges va briguer un nouvel Oscar (cette fois du second rôle). Comancheria (Hell or high water en V.O.) est donc une très belle surprise.
« Comancheria » est un très bon thriller dramatique. Le scénario est habilement écrit et la mise en scène trouve le juste équilibre entre le développement des personnages et les scènes d’action. L’intrigue est cohérente et profondément dramatique en mettant en lumière la profonde difficulté que rencontre de nombreux américains dans leur quotidien. La photographie est somptueuse et la bande originale, bien que n’étant pas des passionnés de country musique, est très sympathique. L’ensemble offrant un divertissement harmonieux et équilibré. À voir, sans hésiter !
L'Amérique reste un beau sujet, un sujet que le cinéma n'a toujours pas épuisé, après toutes ces années de westerns ou de thrillers, plus ou moins réussis, interrogeant à travers les codes du genre les "racines du mal". "Comancheria", en prenant tout son temps pour peindre à petites touches le désespoir profond d'une Amérique ruinée par la crise des subprimes, livrée aux mains des banques qui se livrent à un nouveau pillage en règle (ici mis audacieusement en parallèle avec l'expropriation des terres indiennes par les blancs... pourquoi pas ?), touche juste : en plein coeur. Mais la grande habileté de David McKenzie, c'est de jouer en toute sincérité l'empathie avec "les deux côtés" - truands et marshalls sont aussi émouvants les uns que les autres, et le film ne nous sommes jamais de choisir notre bord... Jusqu'à la dernière ligne droite du film quand une balle bien placée met fin à nos illusions : "Comancheria" n'était pas (que) une sympathique comédie "sociale" recyclant les clichés habituels sur l'Amérique profonde (sexisme, racisme, bibine et big guns...), et la tragédie s'est invitée sans crier gare. On ne sort donc pas de la mouise, de la crise, sans verser de sang, sans courir le risque de voir son âme devenir "noire". La conclusion du film, intelligemment suspendue mais implacablement pessimiste, achève de classer "Comancheria" dans les grands films, politiques ou non... Sinon, on peut célébrer la perfection de la mise en scène, de la photographie, de la direction d'acteurs (Ben Foster est particulièrement éblouissant), de la musique (Cave et Ellis ont encore frappé !), mais ce n'est guère nécessaire par rapport à la pertinence et la force du sujet de "Comancheria".
Une atmosphère pesante, aux longues lignes droites, au désert brûlant de poussière et un frère qui vas tout mettre en oeuvre pour sortir son petit frère d'une impasse financière, un vieux flic en pleine interrogation sur leur état de fait. bref , deux heures qui passe trop vite !
Scénario excellent, acteurs immenses, message profond, décors sur fond de Texas magnifique et fin tragique mais parfaite, un peu trop parfaite...
"J'ai été pauvre toute ma vie, comme mes parents et leurs parents avant eux. C'est comme un virus qui passe de génération en génération et devient une maladie."
Pour 100 briques t'as plus rien, ou bien juste assez pour régler ton héritage. Western moderne, où deux frères pas vraiment expert à la matière se mesure au pillage. Une bonne cause en jeu, le syndrome de Stockholm bat son plein. Comancheria ne tape ni dans l'originalité, ni dans la nouveauté. Cette rédemption du mec qui braque des banques pour donner un quotidien descend à ses enfants, fait écho d'une réalité actuel, mais ne trouve pas sa place dans ce récit. J'y crois à peine, et le film semble complètement être à l'ouest du propos qu'il défend.
Ce film nous transporte au Texas: désertique, pauvre, des Rangers, habitants armés, les puits de pétrole, les Diners, des motels... Accompagnés de superbes images et musique. Le scénario tient bien la route, on s'attache aux personnages. Assez lent mais pas grave, on apprécie l'ambiance.
Poignant et profond, voilà ce qu'on peut retenir du film. Les dialogues sont soignés, la réalisation l'est tout autant et permet de masquer les lenteurs du film. Un joli drame avec des acteurs au top dan leurs rôles.
Visiblement sous influence des Frères coen, Comancheria manque peut être d'incarnation au niveaux des personnages et de roublardise au niveaux du scénario mais reste néanmoins plutôt sympathique car respectant les codes du genre western contemporain.