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Kouto
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4,0
Publiée le 10 août 2025
Au travers le portrait d’un homme injustement accusé d’abus sexuel sur une enfant, le réalisateur danois Thomas Vinterberg évoque l’engrenage infernal qui peut partir d’un simple mensonge, de la facilité avec laquelle certaines personnes entrent dans un cycle de rancœur et de colère. Dans un climat sourd et oppressant il suscite malaise et interrogation sur le propre de la nature humaine au cœur d’un récit où la psychologie des personnages est particulièrement travaillé et où émerge la prestation énorme de Mads Mikkelsen épatant dans la peau de ce personnage qui voit sa vie vacillé sans comprendre pourquoi personne ne veut croire en son innocence.
Un des films évènements du dernier festival de Cannes, on ne peut que confirmer une chose, Mads Mikkelsen mérite très amplement son prix d'interprétation. L'acteur confirme un talent énorme dans un rôle particulièrement difficile et ingrat. Le film part d'un travail d'étude d'un psychologue ayant joint le réalisateur ; on ressent tout le travail en amont tant les personnages sont tous parfaitement écrit et, malgré notre révolte devant tant d'injustice, permet également d'accepter et de comprendre une telle tragédie. Thomas Vinterberg signe un drame psychologique plus qu'un thriller, pointant du doigt la terrible machine à rumeur... D'ailleurs on pense beaucoup au film "La rumeur" (1961) de Wylliam Wyller... La parole de l'enfant est érigée en parole d'évangile, simple suite logique de l'enfant-roi. La mise en scène colle parfaitement au sujet traité, classe et discrète mais qui s'attarde toujours sur les regards qui en disent souvent plus long. Vinterberg évite certains écueils du genre, comme de trop montrer la machine judiciaire, en restant toujours proche de son propos. Un film dur mais intègre et légitime.
Un film dérangeant sur la culpabilité, la reconstruction impossible et la confiance perdue à jamais mais aussi sur l'injustice. Je ferai le parallèle avec le film poignant de Duvivier "panique ". Terrible épreuve du doute.
Le meilleur plaidoyer pour la présomption d'innocence! Vintenberg filme avec une subtile force le passage du doute à la haine qui révèle les plus vils instincts humains tandis que Mads Mikkelsen incarne avec brio un homme pris entre désarroi et incrédulité qui tente de sauvegarder son honneur et ses droits au sein d'une communauté dont il est devenu une proie facile. L'on pourra regretter spoiler: qu'aucun personnage ne cherche à comprendre les motivations de la fillette - même si plusieurs indices laissent penser qu'elle a réalisé un transfert d'accusation. Face à ce drame relationnel qui vire au thriller psychologique, un terme s'impose: éprouvant.
La chasse traite d un sujet délicat, la pédophilie. Cependant, contrairement à d habitude nous ne sommes pas dans une enquête pour débusquer le coupable mais bien dans son opposé, la défense d un innocent. Le réalisateur cherche à démontrer la puissance de la rumeur et l effet de masse qui pousse les gens à occulter la réalité pour suivre le collectif. Ce film est puissant emotionnellement, on souffre avec le personnage, beaucoup de scènes sont dures et Mads Mikkelsen nous montre l étendu de son talent dans ce rôle d homme à la fois fort et fragile qui cherche à fuir cette hystérie nauséabonde. Le prix d interprétation au festival de Cannes est loin d être immérité pour lui ! Malheureusement, on ne peut que déplorer ce dernier quart d heure ou le réalisateur se perd en voulant faire un happy end avec une part de mystère... Le film ne s y prêtait pas et une fin plus tragique aurait été plus justifié.
"La Chasse" est un film coup de poing qui donne envie de se soulever contre la misanthropie et la partialité de l'espèce humaine,qui ne prend même pas soin de donner une seconde chance aux gens,ou au moins de leur laisser le bénéfice du doute. Sur un sujet voisin de l'affaire Outreau,Thomas Vinterberg interroge notre regard malaisé devant un professeur accusé d'attouchements sur une gamine de 4 ans,après une phrase innocente mais ambiguë de celle-ci. La rumeur se répand comme une traînée de poudre,et dès lors,le vers est dans le fruit... Vinterberg décorque cette descente aux enfers dans une forme certes démonstrative,mais puissante et révoltante. Ceci étant,ce drame aux accents de thriller ne serait pas grand chose,sans l'apport considérable du magnétique,charismatique et impénétrable Mads Mikkelsen. Le meilleur acteur danois,et même au-delà est sensationnel en homme passif,qui a du mal à se soulever contre cette aberration. Il est broyé par le rejet de la communauté,et par cette absurdité qui veut que chaque enfant dit toujours la vérité... Le film se termine de façon éreintante,dans des sentiments mêlés d'écoeurement et de fascination. Un petit choc,imparfait.
Nous voici devant un film plutôt noir qui ne vient pas des Etats Unis, mais qui se veut Danois. NE connaissant aucun des acteurs, ni le réalisateur ; mais au vue d'une BA et une histoire pourquoi pas interessante et original même si on reste dans le registre du dramatique. Partant d'une rumeur qui nous amène à réfléchir, mais qui est saisissante et prenante ; puisqu'elle nous interroge sur un phénomène qui touche toute la société et toute les classes sociales (sans trop en dire^^). LA mise en scène, et la réalisation se veulent parfaitement bien maitrisé. Tout comme la photographie qui est également superbe. LE jeu des acteurs est lui aussi parfaitement bien joué. Mads Mikkelsen, que je ne connaissais absolument pas (N'ayant que très rarement de voir des réalisations Danoises, celle-ci ; montre qu'eux aussi ont une réel maitrise ; mais qui malheureusement ne dépasse que rarement leur frontière) ; interprète avec brio son rôle. Un film choc, qui met le spectateur constament sous tension et dont on ne sort pas indemne (avec une mise en route de la trame qui se pose assez rapidement). Je ressort de la séance complèment bluffé, et moi qui n'attendais pas grand chose de cette réalisation, le recommande vivement. Même si le sujet n'est pas à la porté de tout de le monde. Une bonne petite claque, auquel je ne mis attendais pas!
Où comment un petit mensonge donne naissance à une sale rumeur et un engrenage quasi inarrêtable... La démonstration offerte par ce film est pour ainsi dire implacable: le grain de sable qui fait tout dérailler; l'incompétence de gens non préparés à gérer une telle situation et qui, croyant bien faire, déclencheront la tempête; les incompréhensions qui demeurent du fait des préjugés de chacun. La Chasse offre un panorama complet dans et autour de ce drame, avec une caractérisation et un équilibre remarquables des personnages tous très bien campés, avec Mads Mikkelsen en mode majuscule plus le film avance. Le film fini, le malaise demeurera clairement ancré dans l'esprit du spectateur.
Là où le film est intéressant est qu'il reprend un thème sociétal qui caractérise notre époque en le confrontant à une pratique ancestrale, celle de comment un groupe se constitue en ayant continuellement un ennemi commun. Nous ne sommes plus en guerre, il n y a plus d'ennemis direct et c'est donc un ennemi interne que la communauté doit se trouver pour se constituer en tant que tel. Avec ici la figure du pédophile comme ennemi commun. Le film prend le parti pris de répondre directement à la question est-il coupable ou non. Si cela peut en déconcerter certains, je pense au contraire que c'est une idée qui se défend car le film n'est pas sur une ambiguïté quant à la culpabilité du personnage de Mads Mikkelsen mais sur l'enchainement de situations provoquées par l'acte dont il est soupçonné. Le problème vient peut-être justement de ces situations. On sait bien que Vinterberg n'est pas homme de la demi-mesure, son Festen plaisait aussi par cette surenchère, accentuée par sa caméra à l'épaule,toujours sur le qui-vive, symptomatique du dogme. Mais l'accumulation de situations, qui tournent en rond car sans surprise, nuisent à un film qui finalement choque beaucoup moins que ce qu'il n'escomptait.
Pour moi ce film est assez difficile a noter car bien que son film dure près de deux heures, le réalisateur de "Festen" réussit à le rendre assez captivant de la première à la dernière minute, sans la moindre trace d'ennui à l'horizon. Les interprètes, tous excellents, méritent également des lauriers. Seulement voilà! La crédibilité de cette histoire, aisément gagnée durant la première heure, disparaît très rapidement par la suite. spoiler: Comment ce père de famille peut-il laisser enfler la rumeur de la sorte et se montrer aussi passif? Comment le mensonge d'une (sale) gamine peut-il véhiculer une telle rumeur et faire de ce père de famille un paria? Comment accorder la moindre crédibilité à tous ces villageois qui refusent de parler à l'accusé et le mettent au ban de leur société? Depuis quand une enfant qui invente des histoires graves peut-elle s'en sortir aussi facilement à la fin sans la moindre punition? Comment croire au fait que le père de famille retrouve, comme si de rien n'était, les gens du village... et qu'il recommence à s'occuper de la gamine qui l'a accusé injustement, comme si rien ne s'était passé?! Dommage que le réalisateur multiplie les incohérences et les facilités pour mieux se dédouaner de toute condamnation. Il préfère invoquer un pardon surréaliste et moralisateur.spoiler:
Vinterberg n'est pas Cayatte mais, assez clairement, l'on reproche à La chasse les mêmes défauts qu'aux Risques du métier (1967) : une certaine lourdeur dans la démonstration et une prévisibilité de thèse dans la descente aux enfers d'un homme accusé à tort. Soit dit en passant, Mads Mikkelsen est aussi impressionnant que Jacques Brel l'était à l'époque. La chasse est un film qui se vit au premier degré, pourquoi serait-ce un défaut ?, dans l'intensité et l'identification à cet homme dont la passivité a parfois de quoi surprendre. Avec ce lien très fort avec son fils, qui assume la colère du père et en crache la révolte. Il aurait été facile à Vinterberg de jouer sur l'ambigüité de son personnage principal : et s'il était coupable, finalement ? Il ne le fait pas. Même chose pour la communauté qui le rejette illico, Fritz Lang opérait d'une façon identique sans que personne n'y trouve à redire, avec les mêmes ficelles et la même soi-disant absence de subtilité. Beaucoup de détails, en filigrane, ajoutent pourtant à l'intérêt du film, on ne peut plus scandinave dans son atmosphère : l'ironie, la symbolique de la chasse, l'ambiance de Noël, l'absence d'angélisme vis à vis de la parole de l'enfant roi. Bref, il y a du grain à moudre dans La chasse, qui, sans atteindre les sommets de Festen, ramène le cinéaste danois sur le devant de la scène.
Ce film est très angoissant car les événements qu’il expose pourraient arriver à n’importe qui ! Il narre de façon simple mais efficace la descente aux enfers de Lukas, un auxiliaire de crèche que tout le monde trouve sympathique et qui se retrouve tout à coup accusé d’attouchements envers les enfants qu’il est censé encadrer ! De fait, plus personne ne lui fait confiance et même ses proches doutent de lui ! Et tout ça à cause d’une rumeur ayant été amplifiée, mais était-ce bien une rumeur ? On en vient même à en douter tellement la force de persuasion de certains est grande ! Le décor danois est magnifique, les acteurs également (aussi bien Mads Mikkelsen que la petite incarnant Klara) mais certains détails, comme le rôle de la directrice dans cette affaire viennent un peu ternir l’ensemble quant à sa réelle cohérence. Toutefois, la fin grandiose à la Chabrol et certaines scènes tendues comme Vinterberg sait si bien le faire (cf. celle dans l’église) rehaussent l’entreprise pour en faire un métrage glauque mais très recommandable !
Thomas Vintenberg capte ici avec intensité l'histoire de Lucas, homme innocent accusé du viol de la fille de ses amis. La puissance du film réside notamment dans sa morale intelligente, qui montre que les enfants ne disent pas toujours la vérité, ou que les idioties d'une personne peuvent avoir de lourdes conséquences. Mads Mikkelsen est incroyable dans ce rôle, montrant une nouvelle fois qu'il est l'un des meilleurs acteurs scandinaves au monde (regarder sa carrière hollywoodienne). Certaines scènes restent bouleversantes, tant elles montrent un réalisme incroyable. Un petit chef d'oeuvre danois.