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Un visiteur
2,0
Publiée le 17 juin 2015
Avi se livre intensément à la prière avant d'aller faire le coup de poing contre ceux qui contreviennent à la Thora dans son quartier. On déteste d'emblée la violence de ce fanatique.Puis Avi tombe amoureux: l'amour jette dans sa cervelle dogmatique un peu de lueur et un embryon de conscience personnelle. Prières frénétiques, interrogations angoissées de Dieu, divinations dans les Psaumes et éloignement d'avec les potes qui continuent leur "juste" combat. Sauvé par l'amour, "notre héros" qui avait semé la violence y échappe mais pas son copain. On s'attend à ce que le gars Avi poursuive sa réflexion, remette ses pratiques en question, s'interroge sur ce qui est juste...que nenni! on le retrouve comme au début, en pleine prière du Shabbat, sauf que maintenant se tient à ses côtés celle qu'il a plus ou moins ramenée dans le droit chemin (une fille d'abord chichement vêtue, mais qui finalement se révèle "décente et respectueuse", ayant cessé de se dépoiler et s'étant montrée peu rancunière avec celui qui l'a privée de sa liberté vestimentaire- on se demande d'ailleurs ce qui a joué dans la conversion de Miri : le petit chat ou les muscles sexy de son voisin de Dieu?). Que nous dit ce film? Que la religion qui cogne mais sait expier opportunément c'est bien? Que cette pauvre brebis court vêtue a trouvé son berger? Que la religion rassemble? (il y a tout ce laïus sur l'étymologie d'"injonction" et ce cercle final si harmonieux...) Bref un film qui semble vouloir mettre en question le fanatisme mais qui finalement s'y complaît ou du moins ne lui donne pas vraiment tort. Par ailleurs, on ne peut pas dire que l'intrigue soit très originale puisqu'on retrouve une pincée de West Side Story (oui oui mais à la sauce techno-psaume), un soupçon d'Outsiders (sauf qu'on pleure pas quand le pote se fait larder) et un condensé de ces films actuels qui adorent montrer la violence en détail. Un seul intérêt: le film illustre (involontairement?) que le dogmatisme religieux c'est ni plus ni moins que de l'idéologie: slogans et citations religieuses, que du prêt-à-penser! C'est quand même terrifiant de penser que ce pauvre garçon, au XXI°siècle, a besoin de s'entendre constamment dire ce qu'il doit faire. Misère! et Kant qui croyait que Les Lumières avaient sorti son siècle de sa minorité! Des voisins de Dieu, il n'en faut pas! Vive les voisins de la raison!
Si Les Voisins de Dieu possède un grand cœur, le tout est gâché par un cadrage amateur, un montage fait à la va vite et un casting prétentieux. Roy Assaf joue en effet trop de sa belle gueule et ses mimiques finissent largement par agacer. Heureusement cette collaboration franco-israélienne aborde un thème trop rare dans le paysage français. Ainsi, Les Voisins de Dieu présente sans ennui la dévotion de Juifs pour leur Dieu et la difficulté de ne plus correspondre aux codes interprétés du Livre. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Pour sa première en salle, Meni Yaesh réussit parfaitement son entrée en nous offrant un film frisant l'exellence. Tout d'abord , un humour propre à la société israelienne présent tout le film réjouira le spectateur et le mettra en haleine pour plusieurs scènes d'actions parfaitement maîtrisés. Les sujets sensibles de la société israélienne sont parfaitement mis en relief sans exagération et chose rare sans prendre partie. Enfin, on notera une BO parfaitement maîtrisée et qui correspond à chaque fois aux évènements du film. Bref, un régal pour les yeux.
Le cinéma israëlien s'avère un des plus intéressants de ces dernières années avec des films comme "Beaufort", "Lebanon", "Rock The Casbah", "Sümo", "Valse avec Bachir", .... "Les Voisins de Dieu" ne déroge pas à la règle avec ce drame social exposant les difficultés d'une jeunesse hétérogène tiraillée entre la tradition, la religion et leurs origines diverses. Avec un jeu d'acteurs solide et une réalisation qui l'est tout autant, Meni Yaesh signe ici une oeuvre poignante et intelligente.
Film déroutant...les trois caïds de banlieue, défenseurs autoproclamés d’un respect hardcore des principes religieux. Tu laisses ton salon de coiffure allumé pendant shabbat ? On te bastonne. Tu es une fille et tu te promènes en jupe ? Pas bien du tout, ça. Avec un réalisme cauchemardesque et une intelligence glaçante, le film balance une telle charge dénonciatrice qu’il en semble lui-même terrifié. Que veut démontrer le réalisateur ? ces jeunes hommes tout religieux qu'ils soient sont des petites frappes qui ne recueillent que ce qu'ils sèment...la haine. Le film devient insupportable...et ce n'est pas le rétropédalage de dernière minute, dont le happy end semble peu crédible qui modifie notre impression.... On est pas du tout emballé par la rédemption finale d'Avi, très convenue. Et franchement embarrassé par la « morale » de la dernière scène, qui semble donner raison au machisme religieux du héros face à la seule figure féminine du film, Miri, qui va y perdre sa liberté et sa fraicheur.
Enfin un beau film sur les excès de la religion. Très touchant !! En tant que catholique, j'étais interessé à en apprendre plus sur la plus ancienne des religions monotheistes, la religion hébraïque. Je ne peux pas me permettre de donner un jugement sur la religion cependant, car je ne la connais pas...
Excellents comediens. Film magistral a beaucoup d'égards. T res emouvant, mais quelle angoisse sur l'avenir de ce pays. Ravi apporte un tout peu d'espoir.
Le prêche du rabbin qui se termine par une danse collective, un rien fofolle, c’est drôle mais ça ne fait pas un film qui est à l’image de cette séquence, mi-sérieuse, mi-bouffonne. Les intentions du cinéastes se diluent dans une mise en scène assez conformiste, qui a beau échapper au traditionnel affrontement entre israéliens et palestiniens, sans offrir une alternative nouvelle au courant cinématographique.Ç’est un film qui se répète beaucoup, qui peine à avancer : au milieu du film on n’en sait guère plus que dans les dix premières minutes Pour en savoir plus
Un film sincère, étonnant et émouvant qui raconte le parcours d'un jeune homme qui s'autoproclame gardien de sa religion avant de décourvir l'amour et le doute.
Ce long métrage nous plonge à Bat Yam, Israël, dans le quotidien d'Avi, Kobi et Yaniv. La vingtaine belliqueuse, ils se sont autoproclamés gardiens de leur quartier et se conduisent à ce titre comme les garants de leur vision du Talmud. Ils font respecter de façon musclée le shabbat, surveillent les tenues des filles et s’assurent que les jeunes de Jaffa, la voisine arabe, n’entrent pas dans le quartier avec leurs voitures, toute musique hurlante. L’équilibre de la bande vacille le jour où Avi, le chef du groupe, rencontre Miri, une jeune israélienne non pratiquante. Réalisé par Meni Yaesh, compagnon de Keren Yedaya (dont j’ai beaucoup aimé « Mon trésor » et « Jaffa »), ce long-métrage est filmé de manière masculine, nerveuse et m’a rappelé l’univers de jeux-vidéo dans certains raccords brusques en musique.
J’ai apprécié la performance des deux acteurs principaux, Roy Assaf et Rotem Ziesman-Cohen.
Ce film n’échappe pas à l’écueil d’un certain manichéisme, mais j’ai été sensible à sa visible bonne volonté de réconcilier par la rencontre de deux jeunes deux visions des choses, en l’occurrence celle d’une jeune femme ouverte à la foi, respectueuse de certaines traditions religieuses, mais ne souhaitant pas être enfermée de manière arbitraire dans un carcan bien trop étroit pour elle, et celle d’un jeune homme portant un passé difficile et rassuré par des propos et pratiques religieuses donnant une direction à sa vie, même s’ils entraînent une violence injustifiable.
Encore une fois, comme dans ‘Inch’Allah’, nous sont montrées les limites d’un mode de pensée avec ‘œillères’, où la loi du talion apparaît comme l’unique possibilité de ne pas subir son sort, même si elle se retourne sans fin contre soi.
Trois jeunes hommes s'érigent en gardiens de la bonne moralité dans leur quartier. La pratique de la religion leur recommande un comportement irréprochable. Les "autres" doivent avoir une attitude exemplaire alors qu'eux-mêmes n' appliquent pas les règles dictées par leur foi (violence, haine, intolérance, shit,...). Ils poursuivent Miri dont l'aspect vestimentaire ne leur convient pas. Sauf qu' Avi, un des trois "cerbères", tombe amoureux de Miri. Tout prend alors une autre proportion pour lui, à la grande déception de ses deux camarades. Heureusement, le rabbin est là pour proférer la bonne et sage parole qui évitera à Avi, un funeste soir, de tout perdre au nom de la religion. Quelques maladresses pour ce film mais une réflexion certaine digne d'intérêt.
En partant d'un sujet peu original dans le paysage cinématographique israélien, sur la place de la religion dans le quotidien d'une jeunesse passablement décervelée, le réalisateur nous propose un film percutant et dérangeant. Il nous fait partager l'ambivalence de son sentiment, entre tendresse et compréhension d'un côté, pour ces bons copains toujours prêts à s'entraider, et la dénonciation de la haine, du racisme et de la bêtise permanents qui les animent. Les scènes d'action sont assez mal filmées et brouillonnes à la différence des moments d'intimité. Casting de grande qualité. Réalisateur à suivre.