Room 237
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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 août 2013
Lorsqu'on triturait, au lycée, un sonnet de Ronsard, y débusquant à chaque vers mille et une idées cachées, le scepticisme me gagnait toujours. Je n'arrivais pas à croire que l'auteur, aussi génial fût-il, avait glissé tant de choses dans si peu de mots. Je soupçonnais les exégètes d'être plus savants que lui et d'avoir inventé des notions ou des symboles dont il n'avait pas eu l'idée.

C'est cette ébauche cancéreuse d'analyse qu'interroge le fascinant documentaire "Room 237" consacré au film "Shining" de Kubrick.
Cinq critiques y présentent leurs thèses. L'un y voit une référence à l'Holocauste, l'autre au génocide des indiens, le troisième soupçonne Kubrick d'avoir reconstitué dans le studio 237 l'alunissage d'Apollo 11 sur la lune, le quatrième voit des érections partout ....
On soupçonnerait le canular si ces théories loufoques n'étaient pas exposées avec le plus grand sérieux.
Connaissant l'intelligence hors du commun de Kubrick, son génie du cinéma, on s'en vient à douter : ces faux raccords sont-ils de bêtes erreurs techniques ou portent-ils un sens caché ? faut-il chercher une signification au motif de la moquette ? au nombre de voitures stationnées sur le parking de l'hôtel ?

Si bien que ce documentaire fascinant peut se lire à deux niveaux.
Le premier est la redécouverte des images familières et glaçantes du chef d'œuvre de Kubrick - qui reçut à sa sortie en 1980 un accueil mitigé avant d'accéder au statut de "film-culte".
Le second est une réflexion sur la cinéphilie, fascination d'une œuvre, triturage et retriturage d'images conduisant parfois à leur donner une portée bien différente de celle qu'elles avaient et à bouleverser la vie des cinéphiles jusqu'à l'obsession voire à la folie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 juillet 2013
Kubrick était connu pour tout contrôler, l'infime détail, du considérable travail de documentation en amont aux affiches internationales, en passant par la qualité de projection de chaque salle et le respect du ratio du film. Aussi, pour les fans essayer de voir un sens à tout est une tentation irrésistible. Chaque chose en ce monde à un sens. Sinon c'est le chaos. Mais, essayer de voir du sens partout rend fou. C'est que nous montre de façon passionnante ce documentaire sur des cinéphiles fous de Kubrick. C'est un formidable hommage à la cinéphilie et à l'impact intime que peut avoir des oeuvres issues de créateurs démiurges géniaux. Forcément, un metteur en scène digne de ce nom s'efforce de ne rien laisser au hasard, de rendre cohérent son travail en bannissant tout signe gratuit. Etre metteur en scène c'est manipuler les symboles. Chaque spectateur témoigne de son état psychologique et de son histoire intellectuelle et familiale lorsque qu'il reçoit une oeuvre d'art. L'ivresse de la synchronicité et de la numérologie est alors souvent un piège. C'est ce que démontre, avec habilité et malice, ce documentaire joliment monté. Les théories avancées sont parfois troublantes spoiler: (le génocide indien)
et aussi farfelues spoiler: (le visage de Kubrick dans les nuages, le faux doc Appolo 13)
. La grande trouvaille du film est de ne jamais montrer le visage des interviewés. Libre à nous de délirer sur leur folie supposée car certains propos délirants sont plutôt inquiétants.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2013
"Variation" cinématographique à 5 voix, amusante, mais totalement fantaisiste, voire carrément vaine. Où l'on apprend que c'est finalement "42" qui est important, plus que "237". On progresse de théorie en théorie, de sous-texte en sous-texte, le tout appuyé et/ou illustré par une sorte de "master class" non autorisée, hommage posthume par fans farfelus et "kubrickolâtres" limite maniaques, décortiquant qui les fondus-enchaînés, qui les décors riches en symbolique, ou mettant en "évidence" des partis pris subliminaux (frisant eux le ridicule). Si on ne veut voir dans ce documentaire atypique qu'un simple exercice de style (brillant à certains moments, séduisant souvent), on l'apprécie je pense à sa juste valeur. Mais rien n'interdit de trouver dans "The Shining", d'ailleurs placé en perspective dans l'oeuvre complet de Kubrick, et abondamment illustré en ce sens, un message ésotérique, à décoder historiquement, en suivant les hypothèses soulevées, du génocide amérindien à la Shoah, avec même la confirmation des prises de vues truquées d'Apollo 11 alunissant..... même si on a l'impression d'un décryptage façon "Centuries" de Nostradamus (sachant ce que l'on veut trouver, il est plus facile de "chercher"). Un détour par l'hôtel Overlook est de toute façon recommandable.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2013
Et si Stanley Kubrick s'était servi de Shining non pas pour adapter un roman horrifique, mais pour parler de l'Holocauste ? Et si le but de ce film n'était pas d'effrayer, mais de faire parler notre inconscient ? Et si le cinéaste américain voulait faire son mea-culpa en ayant filmé de fausses images de l'alunissage d'Apollo 11, en se fichant totalement des thèmes de Stephen King ? Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. C'est ce qu'a fait Rodney Ascher pour son premier film, Room 237, documentaire sur les théories de cinq individus inconditionnels de Shining.

« Room 237 » n'est pas un titre choisi par hasard. On nous explique que cette chambre révèle les fantasmes du personnage principal incarné par Jack Nicholson. Ce film quant à lui révèle les fantasmes analytiques et idéologiques des nombreux fans de ce chef-d'œuvre. En ce sens, le réalisateur a conscience que ce qu'il enregistre n'est pas une science exacte. Il renvoie à certains moments dos à dos les intervenants (notamment pour la vision du personnage de Bill Watson). Le mixage sonore n'est d'ailleurs volontairement pas très bon, pour bien nous faire comprendre que ces gens sont des amateurs et non des théoriciens du cinéma ayant un quelconque poids dans ces analyses filmiques.

Tout est question d'hypothèses, à partir de ce postulat, tout est possible. Certains avis sont plus intéressants que d'autres, et nous nous souviendrons certainement plus de sujets comme l'inconscience, le passé ou la théorie sur la Lune, plutôt que l'Holocauste ou la persécution des Indiens. Room 237 réussit à ne pas être trop didactique alors que la forme aurait pu s'y prêter facilement. Au contraire, Ascher a l'idée géniale d'inclure dans son film des œuvres réalisées par Kubrick lui-même (Eyes Wide Shut, Barry Lindon, Lolita, Spartacus) pour ses reconstitutions. Tous ses films construisent ce documentaire, et nous offre une très belle mise en abîme.

Cette première création est un hymne à Kubrick et son Shining, mais plus généralement au septième art. Notre rapport à ce dernier est remis en question (qu'est ce que nous voyons réellement dans un film ?). Grâce aux multiples interprétations que nous offre ce film, les images que nous avons vues tant de fois prennent une nouvelle signification, un nouveau visage, preuve que le cinéma est magique et recèle de pouvoirs illimités, puisqu'il bouscule notre interprétation du monde.

Avec toutes ces idées que Room 237 a pu évoquer, nous sommes en droit de nous demander si tout cela n'est pas farfelu. Pourtant, certaines pensées tiennent debout et reconsidèrent totalement l'image que nous nous faisons de Stanley Kubrick. Celui-ci n'est pas le génie cinématographique que tout le monde connait, c'est un génie au sens propre du terme, une personne dotée d'une intelligence hors du commun. A vous de faire votre choix, et de croire, ou non, à l'être supérieur.
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juillet 2013
Souvent déconcertants à la première vision, certains films de Stanley Kubrick, en les revoyant encore et encore ultérieurement, ont souvent gagné en reconnaissance et en notoriété avec le temps. « Shining » en est peut-être l’exemple le plus flagrant. Les élucubrations avancées par les intervenants de ce documentaire consacré à ce film quant aux motivations réelles et intentions du metteur en scène provoquent parfois le sourire, parfois une vraie réflexion. Il est à noter que bon nombre de scènes et arguments qui sont commentés correspondent à des plans et des séquences qui ont été coupés lors du montage destiné à l’exploitation européenne de « Shining ». « Room 237 », sans prétendre révéler La vérité sur ce film, accomplit toutefois sa mission en donnant l’envie de visionner sans modération ce chef-d’œuvre, de se l’approprier et d’apprécier ses stupéfiantes qualités et richesses cinématographiques.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juillet 2013
Bon, je le concède, pour apprécier ce film, être un fan de Shining peut-être un très grand avantage. Peut-être que me taper 1h30 de théories plus ou moins convaincantes sur un film que je n'aurais pas aimé m'aurait vaguement gonflé. Mais Shining est un film que j'adore, et Room 237 est en ce sens, juste passionnant pour un fan du film. Les théories s'enchaînent. L'une ne vient pas contredire l'autre. Alors, certes, parfois le film frôle le ridicule avec certaines théories qui se raccrochent à rien du tout, mais à la fois, le film montre que certains ont essayé des trucs complètement dingues avec Shining (le projeter à l'endroit et à l'envers sur le même écran) et se dire que Kubrick avait peut-être prévu tout ça. C'est un truc complètement dingue mais c'est intéressant que des gens puissent penser à ça. Et puis certaines théories sont vraiment intéressantes. Donc Room 237 est un film qui fera plaisir aux fans de Shining dont je fais parti.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 juillet 2013
Faire un documentaire expliquant un film aussi complexe que Shining semble à priori un sujet très intéressant. En 2003, Canal + avait diffusé, pour accompagner Mulholland drive, un court-métrage de Jean-Pierre Devillers décryptant le film de David Lynch selon son point de vue et nous offrait une lecture assez cohérente de cette oeuvre tout aussi complexe que le film de Kubrick.
Pour Room 237, Rodney Ascher choisi de présenter de très nombreuses interprétations de l'adaptation du roman de Stephen King. On se trouve partagé entre des analyses parfois très intéressantes (l'étude de l'incohérence des lieux) et d'autres totalement absurdes (le visage de Kubrick qui apparaitrait soi-disant dans les nuages, l'hypothèse selon laquelle les images de Neil Armstrong marchant sur la Lune serait en réalité une réalisation de Kubrick...). Hélas, ces dernières tendent à décrédibiliser les premières. A cela, s'ajoute le fait que, dès le premier plan, Ascher trafique des images d'autres films de Kubrick pour les intégrer à la narration de son documentaire. Ce choix esthétique nous amène à douter de la véracité des images de Shining illustrant les commentaires.
Il aurait été sûrement plus intéressant et plus convaincant de suivre l'exemple de Jean-Pierre Devillers en réalisant un film certes plus académique mais qui arrive à convaincre le spectateur de son interprétation.
Reste quelques pistes qui peuvent nous amener à revoir Shining pour essayer de s'en créer une nouvelle vision.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 2 juillet 2013
Le film m'a mis une claque tant ses arguments pour défendre telle ou telle théorie tiennent la route voire se complètent. Fonctionnant comme un film à suspence, R. Ascher montre le génie d'un réalisateur hors-pair. Il démontre aussi à quel point un film peut nous marquer, nous obséder et présenter plusieurs couches de compréhension et de théories qui se tiennent tout entière dans une œuvre, ce qui la fait rentrer dans le rang d’œuvre d'art. Le film montre aussi la complexité du film de S. Kubrick et a quel point il s'est approprié le livre de S. King pour en faire un film à son image. Au final, on assiste aussi à une analyse filmique de 1h40 de haut vol et nous permet de regarder le chef d’œuvre du maître avec un regard nouveau.
Manuel L.
Manuel L.

3 abonnés 76 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 juin 2013
Recherche de sens cachés même inconsciemment de la part du réalisateur; à partir de là, on peut interprêter comme on le souhaite; l'analogie avec le génocide des indiens ne me paraît pas convainquant.
Je n'ai pas mieux compris la dernière image du film: pourquoi voit-on le personnage joué mais Jack Nickholson en 1921 sur une photo encadrée?
Flore A.
Flore A.

36 abonnés 518 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juin 2013
Un documentaire extrêmement original qui montre comment une œuvre d'art peut être décortiquée et interprétée une fois livrée par son auteur au public, et jusqu'où la passion peut mener chez certaines personnes. Tandis que le film égraine des interprétations plus ou moins farfelues, une furieuse envie de revoir Shining (d'un autre œil sans aucun doute) nous prend !!
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 juin 2013
Un film assommant. J'aurais peut-être pu aimer ça, dans ma solitude adolescente, prêt à bâtir des théories sur tout, à traquer le moindre signe d'un monde parallèle, invisible, pour noyer dans le divertissement autiste mes incompétence sociales. De là à en faire un film... On nous sert ici un brouet d'élucubrations fantaisistes qui font souvent douter de la santé mentale des locuteurs : une-telle voit dans un poster de skieur l'image d'un minautore, un autre voit le visage (introuvable) de Kubrick dans le ciel, ou une érection dans la tranche d'une corbeille à courrier. C'est n'importe quoi d'un bout à l'autre, sans le moindre contrepoint critique, sans vraiment d'humour ou de distance. En plus c'est moche, les images numériques sont souvent affligées de défauts de compression, c'est interminable comme le sermon d'un curé illuminé pendant la messe, qui voit des signes partout, enfile des perles sans que personne ne puisse lui demander des comptes ou contredire ses douteuses divagations. "Shining" mérite beaucoup mieux qu'une exégèse aussi gratuite : qu'on aille le voir ou le revoir, tout simplement, pour sa valeur cinématographique pure et simple.
Miltiade
Miltiade

50 abonnés 178 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juin 2013
Des interprétations incroyables qui dévoilent toute la fascination que peut exercer un film et une œuvre d’art sur ses spectateurs. Des interprétations qui, farfelues ou non, ne font que grandir le génie de Stanley Kubrick.
NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juin 2013
Un documentaire assez angoissant dans l'ensemble, démontrant que Shining est bien plus qu'une oeuvre d'épouvante. On l'avait compris, et c'est un réel plaisir de pouvoir juger le vrai du faux parmi toutes ces théories. Une chose est sûre, je n'en suis que plus fan du réalisateur ! Au final, c'est presque ce dernier le plus flippant...
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2013
Documentaire entièrement réalisé par et pour les fans de "Shining", "Room 237" est un véritable hommage à Stanley Kubrick et à son talent. Interrogeant cinq personnes différentes qui ont toutes une théorie sur le film (l'un pense qu'il parle du génocide indien, l'autre de l'Holocauste et encore un autre va jusqu'à affirmer que le sous-texte présent est celui qui prouve que Kubrick a filmé les images soi-disant tournées sur la Lune), Rodney Ascher livre une œuvre intéressante aux parti pris discutables mais audacieux. Et si certaines théories vont un peu loin, force est de reconnaître que le génie de Stanley Kubrick est décidément surprenant, que ce soit dû à sa méticulosité ou peut-être tout simplement au hasard. En tout cas la démonstration la plus intéressante du film est celle faite quand on superpose "Shining" alors qu'il est projeté depuis son début mais aussi à l'envers depuis sa fin. On y découvre des tas de choses incroyables et le résultat est à la hauteur : on meurt d'envie de revoir ce film mais aussi la filmographie entière de Kubrick.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juin 2013
Très bon film, une analyse approfondie et bien structurée. Qu'une seule phrase en tête à la sortie du cinéma : "Comment Kubrick a-t-il pu penser à tout cela ?!"
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