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thucy
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4,5
Publiée le 31 janvier 2016
La réalisation est extrêmement soignée, reconstituant parfaitement l'ambiance et les décors de l'Amérique des années 50. La photographie est superbe, chaque plan est travaillé méticuleusement, avec des trouvailles visuelles. Esthétiquement, ce film est vraiment impeccable, magnifique. Cela fait penser au perfectionnisme de David Lynch. L'histoire entre les deux héroïnes du film est filmée avec une remarquable pudeur des sentiments, où souvent les regards disent bien plus que les mots qui se font rares. Et les actrices Cate Blanchett et Mara Rooney interprètent remarquablement ce jeu sobre, où le feu de la passion couve sous une apparence bien policée et corsetée dans les conventions sociales de l'époque. C'est une des plus belles histoires d'amour entre femmes que j'ai pu voir au cinéma, même s'il y en a eu plusieurs ces derniers temps au cinéma (Mulholland Drive, et plus récemment La vie d'Adèle, La belle saison); celui-ci est tout en pudeur, sobriété et retenue, ce qui le rend d'autant plus remarquable car la passion est palpable mais est suggérée plus que montrée, ce qui dénote à la fois la très grande qualité de la mise en scène, et le brio du jeu des deux actrices. Un pur moment de cinéma, comme n'en goûte pas très souvent.
Une relation lesbienne entre deux femmes dans les années 1950 à New-York, Carol la quarantaine, d'un milieu social favorisé et l'autre Therese jeune étudiante de 18 ans de condition sociale modeste. L'histoire, relativement à notre époque, est banale. Elle l'était moins à cette époque et aux states. Les deux femmes sont très jolies et jouent à merveille. Le film a été récompensé au festival de Cannes 2015 par le prix d'interprétation féminine à Rooney Mara dans le rôle de Therese. Ce film est tiré d'un roman, je pense que la lecture de celui-ci devrait davantage procurer du plaisir et nous pénétrer dans la dimension psychologique et la vie intérieure de ces femmes, là où le film est limité.
C'est un comble, pour un film prétendument d'amour passionnel (lesbien), qu'on ne montre qu'un bout de tétons (possible doublure) et deux-trois baisers obligés pour-montrer-qu'elles-s'aiment-vraiment: certes on est dans les années 1950, et on y croit (décors, ambiance, maquillage, dialogues -quoique fort retenus), mais cette pudeur confine à l'arnaque et cette introversion maladive finit par décrédibiliser l'histoire, car on n'imagine guère une telle prise de risques (du côté du personnage de Carol, mère en conflit avec son époux) pour un amour qui paraît globalement chaste (platonique dirait-on)! Non qu'il faille montrer crûment l'amour, mais au moins qu'il existe en chair et en chaleur! Ici on enchaîne sans grand rythme, dans un effet assez lassant, les atermoiements, les minauderies, les esquives, l'attente, les espoirs contrariés, l'admiration froide, les yeux-brillants-qui-désirent-sans-consommer, sans pouvoir dépasser l'impact d'un romantisme envoûtant, lacrymal et qui, rétrospectivement, semble factice, malgré son efficacité première (Todd Haynes oblige). Bref, CAROL est un film esthétiquement sublime, porté par une Cate Blanchette magistrale et une belle musique, mais gâché par un traitement trop désincarné et un scénario lent et ronflant. En tablant sur trop d'incertitudes et de distance, Todd Haynes s'est sans doute planté dans son portrait.
D'aucuns pourraient voir Carol comme une version Hollywoodienne dans les années 50 de "La Vie d'Adèle", et ces personnes n'auraient pas forcément tord. Je m'explique. Plusieurs points communs peuvent lier ces deux oeuvres, déjà au niveau de la caractérisation des personnages. La jeune fille timide troublée par une "femme" sure de sa sexualité ; la différence culturelle qui sépare les deux mondes auxquels ces deux femmes appartiennent à la base. Au niveau des personnages satellites et des ressors scénaristiques également. """ spoiler: Le petit copain de Thérèse qui ne comprend pas son comportement et se retrouve petit à petit rejeté. La séparation obligatoire aux trois quarts du film.
""" Etc...
Cependant, sur la forme, le film diverge et s'oriente vers quelque chose de plus propre, plus symbolique, mais bien plus académique. En effet, Carol est un film visuellement magnifique. Là où le film de Kechiche optait pour un visuel brut, numérique, en caméra épaule, Carol s'oriente vers une mise en scène léchée, esthétisée et posée. C'est justement cette différence de traitement qui m'a plu et qui donne au film sa valeur. Sur le fond, le sujet traité reste le même, seules les problématiques spécifiques divergent mais la thématique reste similaire. Les deux films étudient leur sujet d'un point de vue sociologique et psychologique, mais Carol, de part son encrage historique, propose une dominance du sociologique alors que la vie d'Adèle se concentrait surtout sur le psychologique. De plus, Carol ne couvre que quelques mois de la vie de Thérèse alors que La Vie d'Adèle s'étirait sur une dizaine d'années si mes souvenirs sont bons.
En bref, même si les deux films présentent des similitudes, Carol propose un traitement suffisament différent pour intéresser. Seulement, selon moi, le film n'atteint jamais la puissance de La Vie d'Adèle, ceci étant du à une mise en scène trop académique et à un scénario beaucoup plus convenu.
Néanmoins, Carol reste un bon film, intéressant sur la forme et sur le fond mais peut-être un peu trop sage.
je ne suis jamais rentre dans le film. On s'ennuie. Le même film avec une relation adultère hétérosexuelle n'aurait eu aucun succès. Les images sont belles mais aucun intérêt.
Je suis totalement tombée sous le charme de Carol, le film et le personnage joué par Cate Blanchett ! Je n'avais pas été parcouru de frissons depuis longtemps au cinéma. Les deux actrices sont magnifiques d'expressions, de regards, de gestes, qui trahissent le désir, l'envie et l'amour de leurs personnages respectifs. Le film, tout comme le livre d'ailleurs, ne tombe jamais dans la caricature lesbienne, telle qu'on peut en voir trop souvent. spoiler: C'est une très belle histoire d'amour entre deux femmes, une histoire retenue et contenue jusque dans la scène de fin . La douceur apparente de Thérèse et Carol (les protagonistes) qui cache l'existence d'un amour très profond et très passionnel l'une pour l'autre, est ce qui m'a le plus touché. C'est aussi l'histoire de découverte de soi, pour Thérèse, qui de chrysalide se transformera en papillon.
Quelle magnifique partition en mode mineur (symbole en musique de mélancolie et de subtilité)......C'est un film à la fois d'amour et d'atmosphère.....C'est aussi un voyage dans le temps (les années 50 sont ici étourdissantes) où l'humanité n'était pas confrontée à des enjeux majeurs comme aujourd'hui, ou en tout cas ils étaient différents...... écrit aussi en mode bourgeois (peinture sociale), le film nous glisse dans les hauteurs subtiles de l'émotion, de la liberté de mœurs à une époque où rien n'était gagné en matière de sexe.... C'est une histoire d'amour avant d'être une histoire de femmes, de courage. La technique du film est irréprochable et les tons jaunes ajoutent beaucoup de chaleurs à la discrétion des dialogues et de leur sincérité....... Que dire des deux actrices (très peu de seconds rôles) elles sont belles et géniales....Le film est feutré par leur charme et leur présence, par une musique discrète et les couleurs du passé.....Le film est comme ses actrices, attirant et mystérieux, voilé..... S'en dégage une fascination simple à laquelle ont même succombé de "turbulents" adolescents dans la petite salle où j'étais.... Un film d'une grande maitrise technique et émotionnelle, que je recommande.....
Bien aimé ce double et tendre regard de femmes sur elles-mêmes. L'image est somptueuse, la musique aussi, c'est délicat et progressif à la façon des meilleures histoires américaines des "grands maîtres" (Noël, les jouets), une certaine euphorie qui change des exhibitions très frontales avec le fracas qui s'ensuit auxquels le cinéma a donné ces derniers temps. Un film pour les penchants naturels assumés avec élégance,, un long chemin pour se débarrasser de la culpabilité d'être ce que la société réprouve tacitement. Le récit, les dialogues, les intérieurs, les déplacements réguliers, la tension monte et ce qui frappe est l'absence de rejet de "la faute" sur l'autre dans ce couple vertigineux.. Y règne, en plus des seconds rôles (dont celui, hilarant de la duègne ou du mari propriétaire !) et malgré les secousses venues de l'extérieur, le climat serein des amies d'enfance, cet espace intime imperméable au double jeu dès qu'il y a un tiers. Les scènes de crises font sourire, trop proches de ce que la réalité apporte dans les foyers ! Une jolie histoire qui semble confier que la vie fait aussi quelques cadeaux et que pour les garder il faut faire preuve d'imagination.
Un film magnifique offrant une image très stylisée qui traite de problématiques très actuelles et qui font échos à ma propre histoire. La société patriarcale, sa morale binaire, les non-dits familiaux, les tabous et les traditions passéistes empoisonnent les rapports sociaux, les relations humaines et mettent un frein à l'épanouissement des individus. Parfois ils tuent aussi efficacement que les armes. Aujourd'hui les priorités sont ailleurs. Pourtant il est tout aussi urgent de combattre les discriminations, les atteintes à l'égalité des droits pour toutes et tous que nous soyons lesbiennes, homo, bisexuels et/ou T et/ou intersexués. Car l'égalité des droits fonde notre liberté et enrichie la fraternité. Ce film remarquablement juste me donne à penser que la lutte incessante pour l'égalité, pour être féconde, doit sans cesse s'actualiser, se renouveler et se nourrir de tout ce qui peut l'enrichir. Ce film indispensable contribue à ce mouvement que j'espère irréversible.
"Carol" partage avec "In the Mood for love" l'esthétisme et la description très distanciée des sentiments. Cate Blanchett, blonde Ava Gardner, prête sa beauté à cette évocation esthétique des années cinquante aux USA. Un film de photographe ou de peintre, dont chaque plan pourrait être un tableau d'Edouard Hooper. Rien n'y manque : les vitrines, les couleurs chaudes, les silhouettes, les voitures etc. Dans ce monde évoluent deux femmes censées vivre une histoire d'amour. Et c'est là que les problèmes commencent. Autant le metteur en scène est virtuose à filmer les choses, autant sa façon de montrer l'amour est froide et sans émotion. Ayant vu à peu près tous les films petits et grands d'amour entre femmes, j'ai trouvé que le couple Blanchett/Mara ne fonctionnait absolument pas. Pour ceux qui veulent voir l'émotion dans les yeux de deux femmes amoureuses, ne ratez pas "La Belle Saison" de Catherine Corsini. Ou regardez quelques épisodes de Orange is the New Black avec Piper et Laura...
Après son sublime « Loin du paradis », Todd Haynes revient au mélodrame flamboyant, à nouveau situé dans les années 50, mais cette fois-ci entre deux femmes, toujours de classes (très) différentes. A ce titre, j'ai été pendant de très longues minutes totalement sous le charme, enivré par autant de beauté, de délicatesse, de douceur : cela a beau rester classique, difficile de résister à autant de splendeur, nous faisant passer par un tout un tas d'émotions très sensoriels jusqu'à en être étourdi. Dommage que « Carol » connaisse alors un sérieux coup de mou aux environs d'une heure, l'intrigue devenant un peu figée, les personnages perdant quelque peu de leur charme et de leur mystère, sans pour autant qu'une quelconque faute majeure soit à souligner. D'ailleurs, la nuance à laquelle est apportée chaque personnage est souvent un vrai délice, le film livrant une peinture très réaliste des mœurs de l'époque, beaucoup moins tolérante qu'elle ne le prétend. Enfin, si les seconds rôles sont impeccables et Rooney Mara des plus touchantes dans un rôle volontairement (un peu) en retrait, que dire de Cate Blanchett ? Le mot « élégance » semble avoir été inventé pour elle, celle-ci banalisant l'exceptionnel de façon déconcertante : elle est sublime. Il suffit de voir l'éblouissante scène finale, d'une précision et d'une délicatesse sans égal, pour comprendre tout le raffinement et la sensibilité d'une œuvre où chaque mot, chaque geste, chaque regard semble avoir été réfléchi, et ce pour notre plus grand bonheur. Bref, Haynes se pose une fois encore comme le seul réalisateur capable aujourd'hui de ressusciter l'esprit de Douglas Sirk : malgré quelques réserves, on a déjà trouvé un incontournable de 2016.