Pieta
Note moyenne
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anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 20 septembre 2013
Autodidacte, Kim Ki-Duk dresse depuis 1996 – avec son premier film The Crocodile – le portrait d’une société coréenne délaissée où le pire reste possible et l’horreur permanente. Cinéaste torturé, il renvoie l’image d’un artiste maudit, adepte d’une violence crue, totale et excessive. Avec Pieta, Lion d’or à Venise l’année dernière, le réalisateur revient à sa symptomatique fascination pour le thème de la rédemption et soumet à son spectateur le chemin de croix obscur d’un monstre déshumanisé dont le recours à l’amour est synonyme de vengeance trouble et intérieur. Abandonné à sa naissance, Kang-do mutile sans la moindre compassion des personnes endettées dans un quartier miséreux au bord de la disparition. Un jour, une femme le suit et prétend être sa mère.

Le long-métrage ressemble à une plongée sans fin dans un monde malade et extrêmement passif. Constamment affublée d’une insupportable esthétique de la douleur, l’histoire tombe piteusement dans un marasme indéfinissable. Ainsi, des personnages aux traits grossis errent sans véritable but dans une ville en ruine et semblent uniquement rechercher une destruction gratuite et sans fondement. La dimension religieuse n’est qu’un prétexte boiteux à un scénario plus proche du commun que du transcendantal. Si quelques effets de lumières rehaussent un bilan calamiteux, tout comme divers mouvements de caméra intéressants, l’ensemble sombre littéralement dans une lourdeur invivable et atroce. D’une complexité minime, les péripéties d’un antihéros grotesque, surnommé "Le Boucher", se heurtent à une imagination grossière et bien trop faible pour susciter l’enthousiasme. En effet, les traitements très asiatiques du corps, du sexe, de la famille et des relations humaines sont poussés à un paroxysme tellement usité que le public se retrouve affreusement coincé devant une splendide caricature. Censé dénoncer la prédominance de l’argent sur nos vies, Ki-Duk ne transmet qu’une dérangeante complaisance teintée d’une sauvagerie devenue caduque face à ses démonstrations vaguement symbolistes. Faussement malsain, son oeuvre s’écrase fatalement au contact de ces explosions souffreteuses et non-maîtrisées de sang et de larmes.

Pieta et son rythme académique ne parviennent pas à nourrir autre chose qu’un sentiment pénible aux limites de l’épouvantable. Entre nervosité maigrelette et supplice constant, l’auteur signe un travail sérieusement hasardeux semblable à une hystérie pompeuse.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 avril 2013
Je ne connaissais Kim Ki-duk que de nom, j'étais passé à côté de ses films, et je faisais bien de ne pas m'y intéresser. Un des pires films vus ces derniers temps. Filmé n'importe comment, aucun plan n'est intéressant, c'est mal joué, poseur, prétentieux. Et surtout totalement complaisant par rapport à la violence, à l'humiliation, Kim Ki-duk a un regard qui écrase ceux qu'il filme, qui les humilie comme le fait le héros du film. Faire un film provocateur, "choc" comme c'est écrit partout, c'est facile, c'est à la portée de n'importe quel petit malin, encore faut-il en faire quelque chose, construire un film... Avoir une vision sur le monde et son humanité. Là le réalisateur se vautre dans la boue et nous emmène avec lui.
Je ne comprends pas comment le festival de Venise a pu lui donner son Lion d'or.
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