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Un visiteur
2,5
Publiée le 4 septembre 2013
C'est sûr, l'héroïne est ravissante mais avec ce film, beaucoup de questions demeurent en suspens. Après l'amourette de vacances et la première relation sexuelle, qu'est-ce qui anime "Isabelle" (Marine Vacht), une fois rentrée à Paris? Qu'est-ce qui la fait tomber dans l'univers de la prostitution? Ce n'est pas l'argent: elle en a. Ce n'est pas un manque d'amour, d'attention ou une quelconque défaillance parentale: elle a tout ça aussi. Un milieu social peu reluisant? Non plus. Alors quoi? Comment une adolescente de 17 ans, scolarisée dans un lycée prestigieux de surcroît, peut-elle basculer dans ce monde-là? Un besoin de séduction plus fort que les rêves les plus fous des jeunes filles de son âge? Et ce n'est pas la mort de "Georges" qui va apporter une réponse ou un dénouement. Le cinéma d' Ozon me laisse assez perplexe avec, chaque fois, une ouverture sur tous les possibles. J'avoue être restée "sur ma faim" en sortant de cette projection.
François Ozone à du style, le sien. Dans la veine de Sous le sable avec le clin d'œil Rampling, le film suit l'adolescente de bout en bout, à son propre rythme sans se perdre dans des explications documentaires. Marine Vacth est parfaite, mystérieuse, trouble, fraîche, sensuelle, dangereuse... Les chansons de Françoise Hardy ponctuent le film admirablement. Les autres acteurs dont Géraldine Pailhas sont impeccables. François Ozon construit une œuvre admirable.
"Jeune et Jolie" a dans un sens une grande similitude avec le dernier opus de François Ozon "Dans la maison"... Cependant, même s'il s'agit cette fois encore d'une histoire de manipulation où le voyeurisme, la séduction ont leur importance et même si les questions soulevées par la prostitution de cette adolescente sont bien là, il n'en reste pas moins que le film précédent semblait bien plus pertinent et original ! Car cette fois, bien que le fond de l'histoire reste un sujet intéressant et par ailleurs fort bien traité, il manque un "je ne sais quoi" à l'ensemble pour le rendre réellement passionnant... Cependant, la fascination que semble éprouver Isabelle pour la prostitution avec des hommes beaucoup plus âgés qu'elle, fascine du même coup le spectateur quand il mesure l'engrenage qui s'en suit sans en avoir les réelles explications pour autant ! Car les motivations de cette lycéenne bourgeoise sont pour le coup complètement mystérieuses si ce n'est un goût pour l'approche et la découverte de l'étranger, puis la manipulation et enfin le besoin de séduire et de se faire valoir... Les différences de valeur des uns et des autres sont extrêmement bien montrées entre Isabelle elle-même, plongée dans des relations crues sans amour et ses amis et camarades de classe récitant Rimbaud et... la découverte de l'amour !! C'est ensuite la transformation de l'héroïne qui prend toute sa dimension avec ce regard qui perd l'innocence et la timidité du début pour faire place progressivement à une assurance dérangeante et bien contrôlée... Puis, on se prend à observer les réactions des adultes qui l'entourent quand éclate la vérité avec toute cette méfiance qui s'installe envers la provocatrice presque démoniaque synonyme de tous les dangers ! Marina Vacth interprète fort bien cette adolescente sur le fil du rasoir et les seconds rôles ne déméritent pas non plus pour donner un film étonnant mais un peu en deçà du précédent où Fabrice Lucchini menait une relation ambigüe et troublante avec un de ses élèves...
Ozon filme d'une manière limpide, sur une structure narrative quasi parfaite. Le casting est adéquat et l'actrice principale joue impeccablement son rôle. Cette limpidité laisse peu de place à la découverte ou à l'interprétation, peu de place à l'imagination du spectateur. Le réalisateur nous livre toutes les clés sur un plateau. On ressort du film content, mais sans imprégnation particulière. Un bon film. Pas un chef d’œuvre.
Le buzz autour de ce film avait commencé à Cannes, il y a quelques mois, lorsque François Ozon avait déclaré lors de la conférence de presse de présentation du film que "toutes les femmes avaient comme fantasme ultime de se prostituer et de se faire violer par un beau mâle". L’œuvre du cinéaste portait déjà à débat, et désormais l'homme lui-même divergeait les opinions. J'ai personnellement un peu de mal avec son travail, mais j'étais resté sur la très bonne note qu'était Dans la Maison, sorti il y a tout juste quelques mois. L'intrigue de Jeune & Jolie tourne autour d'Isabelle, jeune adolescente qui fête ses 17 ans au tout début du film, et qui perd son pucelage pour marquer le coup. La jeune fille est absolument ravissante, sous les traits de la délicieuse Marine Vacth. Or, à son retour dans la capitale une fois l'été passé, Isa décide de mettre à profit sa popularité auprès des hommes en se prostituant via un site internet passerelle. On sait tout juste que l'élément déclencheur est un homme qui l'a accostée avec son amie à la sortie du lycée. L'heure suivante se compose d'ébats sexuels dans des hôtels luxueux ou de quartier, à l'arrière de Mercedes, avec des hommes plus ou moins âgés, bedonnant, la plupart mariés et tout à fait courtois. Le film contraste en ce point avec Elles, qui se voulait sans doute plus dramatique et qui était moins naturel, plus orienté dans son propos. Après la découverte de ses actes par sa famille, le dernier tiers du film s'attache à recoller la vie d'Isabelle dans un contexte sociétal plus sain et "normal" pour son âge et sa classe sociale. On notera la prestation de Frédéric Pierrot, toujours magistral, en beau-père mesuré, et de Fantin Ravat, saisissant en petit frère concerné et fasciné.
Long et plat. Marine Vacth a été comparée à Isabelle Adjani... Pourquoi est il utile de comparer ? Ces deux actrices n'ont absolument rien à voir. Marine Vacth n'arrive pas à la cheville d'Adjani.
Jeune et jolie. (ou ma maigre lettre à François Ozon
Mon cher François,
Sachez tout d'abord qu'immense friande de votre travail je n'étais pas. C'est votre humanité, votre humilité et votre simplicité devant laquelle je m'inclinais après vous avoir longuement écouté. A la hauteur de votre travail vous saviez rester. Linéaire, sans excès, ni prétention. En ce Jeune et Jolie raisonne un tout autre écho. Une certaine maturité semble avoir touché votre âme et creusé la dent qui avait trop peur d'être souillée. Elle ne se manifeste non pas par la « gravité » du sujet ici traité mais pour ce que vous avez su y placer. Sans grande théâtralité vous avez tendu la main au silencieux, au mystère, au calme. Vous avez alors compris. Le tout avec une très grande élégance. Le classicisme et la brutalité de votre mise en scène ci présentes, font de votre nouvelle réalisation, la plus émotionnellement aboutie. De ce Jeune et Jolie se dégage une puissante aura de tristesse. Oh profondes effluves d'un parfum de mélancolie ! Vous flottez au dessus d'une grande majorité de ces instances cinématographiques. Vous détachez, François, ces grands concepts du cœur de ce qui les génère couramment. A savoir l'amour. La chaleur d'une quelconque explication s'efface alors. Et le mystère se poursuit. Le film se regarde donc sans le moindre ennui malgré de rares soupçons d’agacement. Nous avons devant nous une œuvre donc bien loin de toute perfection mais à l'image si forte que trop critiquer serait la souiller. Humour aux situations surprenantes et pathos peu appuyé, c'est si bien dosé. Puis à l'instant où l'image se tait, que la salle se vide et que l'heure est venue, le grand ressenti s'installe. Monsieur Ozon, vous avez réussi. On oublie ce que l'on vit, nous ne sommes plus que tristes émotions inscrites là où nous ne les aurions pas attendues. C'est alors pour cette raison qu'il s'agit de votre meilleur film. Merci et bien à vous surtout.
"Jeune & Jolie" raconte comment une jeune fille de 17 ans, pourtant issue d'un milieu bourgeois, va tomber dans le vice de la prostitution et de l'argent facile. Loin d'un documentaire sur la prostitution étudiante, ce nouveau film de François Ozon explore une mise en scène intimiste qui s'approche davantage du drame familial que d'une critique sociale.
Le cinéaste dresse le portrait d'une jeune fille qui se cherche en plein passage à l'âge adulte, l'occasion de traiter des sujets de l'adolescence, de la sexualité et de la prostitution sans vulgarité. La construction du récit selon les quatre saisons permet de faire évoluer l'histoire sans effet répétitif, tout en gérant la manière d'intégrer les scènes plus érotiques.
Malheureusement, l'enjeu du pitch a tendance à se suffire à lui même : si le récit évolue proprement sur l'espace d'une année, les intentions du réalisateur ne progressent pas vraiment. Le synopsis s'étend sur l'heure et demi du film, sans autre forme d'intrigue ou d'analyse. La mise en scène reste maîtrisée mais ne se fait jamais violence pour sortir du cadre descriptif. Le mal être de la jeune fille n'est expliqué qu'à travers un vide d'expression et une toute petite voix à la limite du surjeu, on aime ou on aime pas.
Le rôle principal est tenu par l'actrice Marine Vacth incarnant très bien la jeunesse et la beauté. Il n'y a rien à redire, excepté qu'elle fait quand même bien plus âgée que 17 ans ce qui fausse dans un sens la démonstration. La caméra s'attache à ce corps parfait en venant presque sublimer une situation pourtant pathétique.
Le bouleversement de l'équilibre familial est donc sensiblement le propos le plus touchant du film, quand le lien de confiance entre une mère et une fille devient aussi fort que le rapport conflictuel. Les dangers et les enjeux de la prostitution sont en effet reléguer à un aspect plus anecdotique et même très léger.
Un regard sans jugement sur le portrait fragile d'une jeune fille qui se prostitue: juste mais pas toujours très saisissable.
Ce n'est certes pas le meilleur film de François Ozon, mais ça reste un bon film .Il est, avec Pedro Almodovar, un cinéaste à créer des rôle féminins puissants ou attachants. Avec un sujet scabreux, il nous crédite d'un film d'une certaine retenue, avec des comédiens de talent, un mélodrame au sens noble du terme au centre duquel il y a les relations parfois difficiles entre parents et adolescents, une merveilleuse actrice( Marine Vacht) fort bien entourée et une participation fort remarquée et remarquable de Charlotte Rempling, unes des actrices fétiches d'Ozon.
Encore un très bon cru signé François Ozon. Tout est montré avec justesse et délicatesse. On ne tombe ni dans le vulgaire ni dans la banalité. La jeune et jolie actrice principale est époustouflante. A voir absolument.
un beau film,bien écrit,bien interprété,sur la vie d'une jeune fille qui fait l'amour et se fait payer,un choix de vie en quelque sorte. elle est jeune et jolie c'est une évidence et personne ne la pousse a faire ces choses là. j'ai beaucoup aimé.
Voilà un film qu'il est bon ! Excusez moi cette mise en bouche quelque peu grivoise! en pleine lecture d'Herbert Marcuse, penseur repris par la "cause" de 1968, ce film parle bougrement! Si l'on part du postulat qu'une société progresse dés lors que les instincts sont mis de côté, on a un film qui critique mai 68 et notamment son échec. la libération sexuelle n'est pas allée au bout et n'a pas renversée la société bourgeoise, à tel point que cette dernière vit à la fois avec ses instincts (tous les personnages essaie d'enfuir leurs instincts sans les assumer, le plan savoureux de Victor jeune ado surprit pendant une séance d'onanisme) et les cadres bourgeois qui permettent de tenir (une petite famille, un psy, un rythme de vie...). Comme tout bon Ozon, nous sommes en position de critique de cette jeune fille, alors que nous sommes tous traversés par ces contradictions. Un bon film d'Ozon peut-être légèrement moins puissants et troublants que ses précédents avec peut être une critique plus acerbe et directe.