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RealPrime
130 abonnés
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4,5
Publiée le 6 septembre 2019
François Ozon, considéré comme l'homme qui "magnifie" les femmes, autant dire que le mot m'à percuter. Connaissant bien l'affiche et son spitch, ça m'à attirer dans une sens précis, découvrir ce portrait de jeune femme voulant aussi bien de l'argent pas très propre, se découvrir et échapper à une sorte de vie peu passionnante. Ne connaissant même pas réellement ses intention pour faire cela, on là découvre quand même dans des ébats qu'elle ne veut pas, ou qu'à moitié, LOL. Chaque scène érotique est aussi bien filmée que brève pour ne pas basculer dans le X, heureusement d'ailleurs. On se rend surtout compte de ses clients bien sûr masculin mais qui pour la plupart, son loin d'être des jeunes, très loin. Des hommes dont j'ai eu clairement pitié puisqu'ils sont tous mariés, n'ont pas franchement de respect (dont le plus jeune vu), des hommes considèrent clairement la femme pour un objet sexuel et se fichant du reste. Un film à connotation bien multiples qui pose encore question sur ce boulot étant l'un des plus vieux de l'humanité. Cacher ces faits aux proches, se cacher soi-même pour fuir ou éviter une honte profonde. Et jusqu'à ce que la police débarque chez soit, là c'est la drame assurer. Un portait intime réel qui peut toucher n'importe quelle femme de tout âge, et nous masculin pour le dégoût de ces gars qui les utilise pour leur biens, des biens vivants qui ont on peut le rappeler, une cervelle et pas que des zones érogènes. Un très bon jeu.
j'avais peur de leur le voir, pensant a un film facile, pornographique et surtout irresponsable par rapport aux jeunes filles qui pourrait être attirées par la prostitution (leur téléphone greffés a la main ça c pour le stereotype quoique), la question reste qd même d'autant plus posée que le film reste très esthétique, (pas de scène glauques, de viols ou trucs bien crade) l'actrice incarne fabuleusement une jeune fille d'une très grande maturité, les parents sont tellement désarçonnés qu'ils répondent à côté de la plaque comme répondraient 95% des parents, alors qu'il s'agit d'un destin pas commun, pas forcement honteux si il est bien géré, qu'il convient d'accompagner, plutôt que d'obliger inutilement à contrecarrer, et pour que la chute soit moins dure.
Un excellent film d'autant que l'on s'attend à un film sulfureux, très clairement erotique, limite racoleur et voyeur et en fait très rapidement on entre dans la véritable intention du cinéaste Ozon et du sujet traité. Un portrait, presque une étude psychologique d'une jeune fille de 17 ans qui va découvrir le pouvoir, le plaisir, le jeu de la prostitution avec une arme d'attirance massive, sa beauté et sa jeunesse. Aucune contrainte, aucun réseau mais une expérience qui rapidement se transforme en addiction avec ce sentiment de double personnalité, gentille fille de ses parents et beauté irrésistible et désirable. Bien sûr les scènes de nudité et de relations sexuelles sont nombreuses, par ailleurs remarquablement filmées pour un érotisme classe à l'image soignée qui magnifie le corps, la beauté de l'étonnante Marine Vacth. Un choix qui même après la révélation de son activité reprendra le dessus par le pouvoir qu'il procure, ses avantages non négligeables de grosses sommes d'argent gagnées et aussi l'adrénaline du mystère des rencontres, de leur déroulé et même de la tendresse et l'affection qui peut s'installer avec un client régulier. Un film intelligent qui ne se pose aucunement en démonstration moralisatrice et qui se veut le témoignage d'un parcours temporaire de vie sans être un marqueur et un jugement. Un très beau et intelligent film avec la découverte de l'incroyable et superbe Marine Vacth qui incarne à merveille la tentation mais aussi le fait d'assumer ses choix.
C'est du Ozon pur jus, ennuyeux au possible avec une étude psychologique des personnages superficielle. Certaines scènes sont assez déplacées. Il ya une fausse pudeur assez malsaine au final. A voir à la limite pour le visage angélique de Marine Vacth!
Une jeune femme au regard glacial, presque vide, insondable... Et en même temps une hypersensibilité dans l'âme, quelque chose de profondément triste, une quête sensible au travers d'une vie dissolue. J'ai aimé l'approche de François Ozon, qui nous dépeint un personnage un peu égaré, qui affiche cependant son audace. J'ai vraiment ressenti ce besoin de dépeindre une héroïne équivoque, presque robotique parfois, mais tellement sensible au demeurant. Un film original qui pour moi ne parle pas vraiment de sexualité ! Mais de rapports et de quêtes, émouvantes et indicibles...
Un film pas mal avec le côté intéressant de l'adolescence et son rapport au désir et la sexualité. L'histoire est satisfaisante et Marine Vacth est convaincante et très charmante ! Tous les autres acteurs sont corrects et l'ambiance est spéciale mais efficace, les musiques sont en plus bien composées. Un drame donc pas mauvais même si particulier avec une jeune actrice qui dégage un vrai quelque chose et du charisme dans le sujet brûlant mais bien maîtrisé de la prostitution.
Il y a d’abord les cordes maintenues du compositeur Philippe Rombi annonçant un cadre chaud et rugueux, pourvu d’une tension qui ne lâchera Jeune et Jolie que dans son générique de fin ; puis vient la plage au corps épié par un jeune frère ; enfin l’ombre sur le corps ensoleillé, ombre prédatrice aux échos superbement expressionnistes. Tout le film se tient là, dans ce seul plan d’une ombre masculine sur un corps de femme magnifique, gorgé de soleil à la manière d’un fruit dont la maturité annonce sa chute de l’arbre qui jusqu’alors le portait. Cette ombre s’avère d’ailleurs incestueuse et perverse, elle atteste la fascination qu’exerce le féminin sur le masculin ainsi que la propension de ce dernier à triompher du premier. Car derrière l’outrance de situations captées avec froideur – la chair a rarement été aussi triste au cinéma – se cache une dénonciation virulente de la femme transformée par son image médiatique en objet de consommation, dont la féminité aussitôt éclose est aussitôt consommée, violée, ravie à sa personne avec un consentement qui n’est autre que l’application de pratiques sociétales en usage dans nos sociétés contemporaines. En creux, c’est toute une industrie médiatique de la femme instrumentalisée qui prend vie sous nos yeux. Pensé à la manière d’un récit d’apprentissage, Jeune et Jolie repose sur une savante harmonie entre le drame, une peinture de l’adolescence et des tentations qu’elle inspire, de magnifiques portraits de personnages pourtant tirés de l’insanité. Ozon parvient à restaurer du sublime dans un monde obscène, où l’humanité semble plus que jamais réduite à sa valeur monétaire. À titre d’exemple, la scène de transmission qu’il nous offre non loin du dénouement place côte à côte deux âges et deux conceptions de la féminité unies par le deuil d’une personne aimée dans un cas, appréciée dans l’autre ; la relation entre Isabelle et Alice, d’ailleurs envisagée de prime abord sous l’angle sexuel, rétablit un semblant d’ordre intergénérationnel et agit en véritable point de non-retour qui mettra un terme aux pratiques de la jeune femme. Il aura fallu causer la mort. Jeune et Jolie est une tragédie du désir adolescent, ce désir qui pousse l’être à accélérer son rythme naturel, à brimer son corps pour le faire correspondre aux images véhiculées dans les publicités ou par la gent masculine dans son ensemble (cf. personnage du beau-père). Sous ses aspects de scandale qui puise dans la provocation une énergie pouvant paraître factice et creuse, le film déconstruit la vision fantasmée de l’homme sur la femme – qui règne cependant en maître aujourd’hui – et accorde au consentement de cette femme à sa condition l’étiquette « prostitution » : c’est rappeler que la sexualité féminine tend à s’exhiber et à se déformer dangereusement dès le plus jeune âge (lire à ce titre À un Clic du pire, signé Ovidie), et qu’il n’y a rien de plus cinématographique que de renoncer au discours pour faire parler les images, les postures, les non-dits. C’est rappeler également que l’adolescence est un temps où priment l’excès et l’expérience, temps dont les erreurs doivent être comprises et pardonnées, temps sauvé par la sagesse – bien que très relative dans le film – transmise d’une femme ayant vécu à une autre qui a causé la mort en se perdant dans la simulation.
Alors voilà : "avant", les jeunes filles en fleur gâtées et plus ou moins en crise, fantasmaient sur les acteurs de cinéma et se contentaient de se livrer à l'onanisme pour se calmer. Maintenant, elles pratiquent l'amour tarifé sans aucune peur ni complexe, comme de vielles prostituées aguerries. Point barre : ce film n'explique rien de plus du comportement de son héroïne, ni sur les dérives de l'adolescence. La scène de la fin sur la relation entre la femme du client décédé et l'héroïne est complètement nébuleuse... voire glauque. On en sait peut-être plus sur les fantasmes d'un cinéaste.
Sans tomber dans le film d'ados typique d'une génération ni même dans les clichés glauques de la prostitution, le film étonne, dérange et questionne. On attend l'apaisement de cette jeune fille perturbée au sein de sa famille et c'est pourtant différemment qu'elle tournera la page. Une esthétique soignée et une interprétation profonde et juste.
Film creux à vrai dire car Marine Vacth est bien, mais le scénario semble incomplet et on n'a pas les réponses qu'on souhaite. Pas le meilleur Ozon selon moi. La bande originale est sympa cela dit.
Un drame léger et vide sur les transgressions d'une jeune fille de 16 ans qui se prostitue sans raison apparente avec une histoire nullissime et une Marine Vacth convaincante.
J'ai plutôt bien aimé "Jeune et Jolie". D'abord (et ce n'est pas dans l'ordre d'importance) parce que Marine Vacht est vraiment sublime. Quel plaisir pour les yeux! Et son jeu n'est pas moins bon. Elle a cet air nonchalant qui nous donne envie tant de lui donner des baffes que de l'embrasser! Sans compter l'évolution de son personnage qu'elle amène brillamment, subtilement, par une attitude, un regard, une froideur qui s'intensifie... Chapeau. Ensuite, et c'est là, pour moi, l'intérêt de ce film, parce Mr Ozon ne cherche pas à expliquer les choix d'Isabelle par une pseudo-psychologie de bas étage. On ne sait d'ailleurs pas très bien pourquoi elle en vient là et c'est ce qui fait mouche. Il y a un plaisir dans la prise de pouvoir, je pense, mais en dehors de ça? Toutefois, ce film ne marquera pas l'histoire du cinéma, mais j'ai apprécié le visionnage.
Le début de Jeune et Jolie à la plage l'été est une référence avouée à La Collectionneuse (Rohmer 67) où Haydée Politoff joue l'air de ne pas y toucher la séductrice balnéaire. C'est donc un "Conte Moral" et la construction de Ozon en 4 parties (été, automne, hiver, printemps) correspond aussi au cycle des Contes des quatre saisons de Rohmer. Il ne s'agit donc pas de "traiter du problème de la prostitution étudiante" comme certains critiques l'ont cru lourdement, mais bien de poser le plus simplement possible une question morale, c'est-à-dire une question du point de vue du jugement que chacun porte sur son propre comportement. Isabelle, simplement, clairement, se pose une question morale. C'est simple et pur comme une comédie de Marivaux ou une tragédie de Racine. Le langage et le jeu des deux actrices principales font aussi écho à cet idéal classique, que n'ont pas vu beaucoup de critiques. La mère de l'héroïne incarnée par Géraldine Pailhas exprime ses sentiments d'amour puis de terreur avec une parfaite clarté. Et c'est devenu une banalité depuis 2013 de souligner que la beauté limpide de Marine Vacth (Isabelle) n'est en rien froide mais transparente comme de l'eau. On y sent d'ailleurs son "caractère introverti", comme elle dit elle-même. Ozon a le courage de ne rien faire de plus, de ne pas juger, de ne pas "faire artistique". On aime ou pas, le style qu'adopte Ozon pour son histoire mais on ne peut pas nier l'ambition classqiue. Sincérité, simplicité, une sorte de modestie (qu'on n'a pas vu en 2013 en écrasant le film sous la référence à Bunuel) : c'est un grand film d'Ozon et le public l'a confirmé immédiatement. Ozon, très prolifique, peut-être trop, comme Rohmer, demandera du recul pour qu'on trie ses meilleures productions.