60 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
7 critiques spectateurs
5
0 critique
4
1 critique
3
5 critiques
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Pascal
254 abonnés
2 405 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 21 juin 2024
Si WKW est le cinéaste issu de la nouvelle vague Hong Konguaise ( née au début des années 80) le plus renommé dans l'Hexagone, il fût loin d'être l'unique.
Après la ressortie en salles ces derniers mois de quatre titres de Stanley Kwan, est projeté le troisième des neuf titres de Patrick Tam :" Nomad" (1982).
Patrick Tam ( né en 1948) est considéré comme le mentor artistique de WKW et cette réputation est largement suffisante pour ne pas négliger une réédition aussi alléchante.
" Nomad" du nom du yacht ou est réfugié un des personnages clé de la seconde partie du titre, repose sur un scénario prétexte à un traitement esthétique dont il est patent que WKW s'inspirera.
Un frère et une sœur ( on ne sait pas grand chose d'eux, si ce n'est qu'ils sont issus d'une famille fortunée et ont une belle-mère) tombent chacun de leur côté, amoureux de deux partenaires de conditions plus modestes.
Mais, la jeune fille a eu dans le passé un fiancé japonais membre de l'armée rouge ( groupe politique terroriste).
Au plan formel, on reconnaîtra les jeux de couleurs entre vêtements, maquillages et décors dont WKW explorera avec talent les possibilités (l'espagnol Almodovar sera lui aussi dans une perspective voisine).
Le scénario donne aussi l'occasion de peindre le début d'une relation amoureuse, la naissance du désir, la joie de vivre, le doux sentiment d'être hors du monde lorsque l'éclair de l'amour foudroie. Puis la tragédie qui balaie tout d'un revers de main.
La traduction en image bénéficie d'un casting féminin formidable. Pat Ha ( sa fraîcheur et son charme sont bouleversants) qui arrêtera sa carrière seulement sept ans plus tard et Cécilia Yip ( elle sera connue pour ses rôles dans le registre de films d'action), toutes deux dans ce qui fût leur premier rôle, où de surcroît, elles excellent.
Du côté masculin on retiendra la présence de Leslie Cheung, star du cinéma de son pays qui finira sa vie (2003) de façon tragique.
" Nomad" mélange deux genres, habituellement distincts : le romantisme puis presque de façon étanche, imprévisible, le film d'action.
La thématique historique au sein du continent asiatique, n'est pas non plus absente, avec des allusions au ressentiment des chinois à l'égard des japonais ( massacres de Nankin).
On notera que le cinéma de Hong Kong se différencie de celui de la chine continentale, par les sources d'inspiration occidentale qu'il comporte. Ces particularités ont aujourd'hui disparues, avec la rétrocession du territoire par le Royaume Uni au gouvernement de Pékin.
Réalisé par Patrick Tam, l’un des maîtres méconnu de la Nouvelle vague hongkongaise, Nomad est un magnifique film qui dépeint la jeunesse des années 80 de cette cité-État à l’atmosphère si particulière, avec une liberté de ton incroyable et une influence évidente du cinéma occidental. Superbement mis en scène, affectionnant les ruptures de ton, Nomad oscille avec une foi salutaire en le cinéma entre la comédie burlesque, la romance, le thriller politique et même le film érotique, à travers des séquences somptueuses qui encensent la beauté des corps – la plus fameuse se déroule dans les transports publics – et conduisirent le long-métrage à la censure.
" Nomad" du nom du yacht ou est réfugié un des personnages clé de la seconde partie du titre, repose sur un scénario prétexte à un traitement esthétique dont il est patent que WKW s'inspirera.
Un frère et une sœur ( on ne sait pas grand chose d'eux, si ce n'est qu'ils sont issus d'une famille fortunée et ont une belle-mère) tombent chacun de leur côté, amoureux de deux partenaires de conditions plus modestes.
Mais, la jeune fille a eu dans le passé un fiancé japonais membre de l'armée rouge ( groupe politique terroriste).
C'est super bien réalisé mais je ne mets que 3 parce qu'il n'y a pas vraiment de fil narratif et même si les scènes sont originales, marrantes et intéressantes, on s'ennuie un peu vu qu'il n'y a pas vraiment d'enjeu
Un film formellement magnifique : la photographie est merveilleuse ! L’attention portée aux couleurs est magistrale. Là où le bas blesse c’est dans la narration : il y a un certain manque de clarté. On ne comprend pas comment les personnages se connaissent. Dommage, ce film aurait clairement pu être un chef-d’œuvre avec un meilleur scénario.
Film explicitement inscrit dans le style de la Nouvelle Vague, engagé dans une réécriture hongkongaise de Pierrot le Fou (Jean-Luc Godard, 1965) dont l’affiche habille le mur d’un logement, Nomad s’attache à deux duos de personnages qu’il ne cesse d’associer et de dissocier suivant la nécessité d’une scène, d’un décor, d’un groupe social appelant certains comportements, spoiler: allant jusqu’à les entremêler dans un lit improvisé à l’extérieur. Ils constituent, compte tenu de leur origine sociale respective et de leurs singularités de caractères, les modèles d’un portrait de la jeunesse chinoise du début des années 80, moment d’ouverture sur la culture étrangère, notamment japonaise, avec la médiatisation de traditions ancestrales – les samouraïs, se faire harakiri… – et de chansons à la mode diffusées par vinyles. Le réalisateur s’amuse avec cette « vague rouge » qui déferle sur la Chine ; il la traite par le biais de deux genres, à savoir le polar et le film de sabres, qui se heurtent à la comédie de mœurs jusque-là adoptée, quoique perturbée par d’autres tonalités. La liberté de ses quatre individus, leur énergie juvénile, Nomad les adopte en parti pris esthétique, s’affranchit des normes établies en captant les corps dans des mouvements imprévisibles, dénudés et éloignés de la répartition genrée ; la seule dépendance, pourtant, demeure perceptible dans l’assujettissement aux références de ladite Nouvelle Vague, tel l’entrelacs de la pensée philosophique et politique avec un ouvrage de Nietzche consulté sur un lit et une réflexion esquissée autour de la notion de société, ou de cinéastes japonais réputés pour leur transgression visuelle et morale (Nagisa Ōshima par exemple).