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William Friedkin né en 1935 à Chicago (Illinois) et mort à Los Angeles (Californie) en 2023 a tenu Hollywood dans le creux de sa main durant une très courte période au début des années 1970 grâce à deux films qui ont rénové le genre policier avec « French Connection » en 1971 récompensé de cinq oscars majeurs puis donné ses nouvelles lettres de noblesse au film d’horreur avec « L’exorciste » en 1973. Devenu la nouvelle coqueluche de la Mecque du cinéma, Friedkin comme il l’écrivit dans ses mémoires (Friedkin Connection les mémoires d'un cinéaste de légende) parues en 2014, perd alors rapidement le contact avec la réalité, devenant très autoritaire et irritable, sur les plateaux comme en dehors et frappé d’une mégalomanie peu appréciée des studios.
En 1977 « Sorcerer » remake actualisé du « Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot (1953) tourné à grand frais en pleine jungle dominicaine s’avère un échec financier cuisant qui sera malgré tout par la suite réhabilité comme étant un des meilleurs films de son auteur. Les projets plus modestes s’enchaînent dès lors sans grand succès jusqu’à « Police fédérale » en 1995 réussite artistique indéniable qui trouve enfin son public. Mais c’est à nouveau la poisse qui frappe Friedkin avec « Le sang du châtiment » (1987) suivi de « La nurse » (1990), puis de « Blue Chips » (1994) et surtout de « Jade » en 1995, thriller sulfureux que la Paramount confie à Friedkin le pensant capable d’égaler le niveau de tension atteint par Paul Verhoevern dans son thriller hautement érotique « Basic Instinct » (1991) et qui sera un flop retentissant.
S’ensuit un deuxième trou d’air qui éloigne pour de bon Friedkin des plateaux de cinéma, jugé définitivement hors-du-coup. Pour éviter d’être complètement à la diète, le réalisateur alors âgé de 62 ans pense à un remake de « Douze hommes en colère », film culte de Sydney Lumet qu’il entend remettre au goût du jour pour rendre compte des évolutions de l’univers judicaire depuis les 40 années qui ont suivi la sortie du film. Il contacte Reginald Rose l’écrivain à l’origine de la pièce de théâtre écrite en 1954 qui est séduit par l’idée de prendre en charge l’écriture du scénario de cette revisite de son œuvre majeure. La chaîne de télévision payante Showtime accepte de relever le défi. Le scénario du film réalisé par Lumet en 1957 sera quasiment repris dans son intégralité notamment au niveau de l’architecture de l’intrigue.
La grande nouveauté est donc à découvrir avec l’introduction de quatre jurés noirs (Ossie Davis, Courntey B. Vance, Dorian Harewood et Mykelti Williamson) parmi les douze prévus par la loi, chose difficilement concevable en 1958. spoiler: L’architecte juré n°8, premier à voter contre la culpabilité d’un jeune délinquant latino soupçonné d’avoir assassiné son père violent interprété chez Lumet par Henry Fonda, auguste figure hollywoodienne de l’homme intègre prend cette fois-ci l’allure moins emblématique de Jack Lemmon, immense acteur arrivé en fin de carrière qui est de vingt ans, plus âgé que Fonda quand celui-ci avait tenu le rôle (52 ans contre 72 ans). Ne pouvant dominer son auditoire du haut de sa prestance comme un Fonda en pleine force de l’âge, Lemmon emmène son personnage vers plus de diplomatie et aussi un peu de malice, rejoignant les jurés dans les toilettes pour mieux les convaincre de ses positions en face-à-face. Une démarche inverse de celle de Lumet qui misait sur une certaine domination intellectuelle affichée par le juré n°8.
Aux côtés de Jack Lemmon de brillants vétérans comme George C. Scott, Ossie Davis, Hume Cronyn ou Armin Muller-Stahl ayant déjà entamé leur dernier tour de piste, des jeunes pousses comme James Gandolfini, Tony Danza ou Courtney B. Vance et les acteurs confirmés que sont déjà Edward James Olmos, William Petersen ou Mykelti Williamson. Une distribution plus hétérogène choisie à dessein par Friedkin qui entend placer son téléfilm en phase avec l’évolution de la société américaine. On peut aussi penser que seul le statut de remake a retenu Friedkin de faire appel à quelques actrices parmi les jurés. Autre innovation permise par la variation du casting évoquée plus haut, la présence plus prégnante de la problématique du racisme que le réalisateur décidément inspiré évoque d’une manière peu conventionnelle, rappelant que ce fléau peut gangréner toutes les couches de la population y compris les plus inattendues.
Un téléfilm de bonne qualité qui donne l’occasion de voir à l’œuvre de grands comédiens à leur meilleur, visiblement heureux d’être ensemble pour faire revivre ce grand moment du cinéma de Sydney Lumet. On peut certes discuter de l’utilité des remakes mais il est sûr qu’ils permettent le plus souvent de remettre en lumière l’œuvre originale quelquefois un peu oubliée. Le téléfilm ayant déclenché de fortes audiences, William Friedkin timidement remis en selle pourra relancer sa carrière pour délivrer encore quelques bons films avant de conclure celle-ci avec, toujours pour la chaîne Showtime, un autre remake lui aussi réussi d’« Ouragan sur le Caine » d’Edward Dmytryk (1954) réalisé en 2023 et diffusé juste avant que le grand réalisateur incorruptible et frondeur parte rejoindre les étoiles.
En 1977 « Sorcerer » remake actualisé du « Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot (1953) tourné à grand frais en pleine jungle dominicaine s’avère un échec financier cuisant qui sera malgré tout par la suite réhabilité comme étant un des meilleurs films de son auteur. Les projets plus modestes s’enchaînent dès lors sans grand succès jusqu’à « Police fédérale » en 1995 réussite artistique indéniable qui trouve enfin son public. Mais c’est à nouveau la poisse qui frappe Friedkin avec « Le sang du châtiment » (1987) suivi de « La nurse » (1990), puis de « Blue Chips » (1994) et surtout de « Jade » en 1995, thriller sulfureux que la Paramount confie à Friedkin le pensant capable d’égaler le niveau de tension atteint par Paul Verhoevern dans son thriller hautement érotique « Basic Instinct » (1991) et qui sera un flop retentissant.
S’ensuit un deuxième trou d’air qui éloigne pour de bon Friedkin des plateaux de cinéma, jugé définitivement hors-du-coup. Pour éviter d’être complètement à la diète, le réalisateur alors âgé de 62 ans pense à un remake de « Douze hommes en colère », film culte de Sydney Lumet qu’il entend remettre au goût du jour pour rendre compte des évolutions de l’univers judicaire depuis les 40 années qui ont suivi la sortie du film. Il contacte Reginald Rose l’écrivain à l’origine de la pièce de théâtre écrite en 1954 qui est séduit par l’idée de prendre en charge l’écriture du scénario de cette revisite de son œuvre majeure. La chaîne de télévision payante Showtime accepte de relever le défi. Le scénario du film réalisé par Lumet en 1957 sera quasiment repris dans son intégralité notamment au niveau de l’architecture de l’intrigue.
La grande nouveauté est donc à découvrir avec l’introduction de quatre jurés noirs (Ossie Davis, Courntey B. Vance, Dorian Harewood et Mykelti Williamson) parmi les douze prévus par la loi, chose difficilement concevable en 1958. spoiler: L’architecte juré n°8, premier à voter contre la culpabilité d’un jeune délinquant latino soupçonné d’avoir assassiné son père violent interprété chez Lumet par Henry Fonda, auguste figure hollywoodienne de l’homme intègre prend cette fois-ci l’allure moins emblématique de Jack Lemmon, immense acteur arrivé en fin de carrière qui est de vingt ans, plus âgé que Fonda quand celui-ci avait tenu le rôle (52 ans contre 72 ans). Ne pouvant dominer son auditoire du haut de sa prestance comme un Fonda en pleine force de l’âge, Lemmon emmène son personnage vers plus de diplomatie et aussi un peu de malice, rejoignant les jurés dans les toilettes pour mieux les convaincre de ses positions en face-à-face. Une démarche inverse de celle de Lumet qui misait sur une certaine domination intellectuelle affichée par le juré n°8.
Aux côtés de Jack Lemmon de brillants vétérans comme George C. Scott, Ossie Davis, Hume Cronyn ou Armin Muller-Stahl ayant déjà entamé leur dernier tour de piste, des jeunes pousses comme James Gandolfini, Tony Danza ou Courtney B. Vance et les acteurs confirmés que sont déjà Edward James Olmos, William Petersen ou Mykelti Williamson. Une distribution plus hétérogène choisie à dessein par Friedkin qui entend placer son téléfilm en phase avec l’évolution de la société américaine. On peut aussi penser que seul le statut de remake a retenu Friedkin de faire appel à quelques actrices parmi les jurés. Autre innovation permise par la variation du casting évoquée plus haut, la présence plus prégnante de la problématique du racisme que le réalisateur décidément inspiré évoque d’une manière peu conventionnelle, rappelant que ce fléau peut gangréner toutes les couches de la population y compris les plus inattendues.
Un téléfilm de bonne qualité qui donne l’occasion de voir à l’œuvre de grands comédiens à leur meilleur, visiblement heureux d’être ensemble pour faire revivre ce grand moment du cinéma de Sydney Lumet. On peut certes discuter de l’utilité des remakes mais il est sûr qu’ils permettent le plus souvent de remettre en lumière l’œuvre originale quelquefois un peu oubliée. Le téléfilm ayant déclenché de fortes audiences, William Friedkin timidement remis en selle pourra relancer sa carrière pour délivrer encore quelques bons films avant de conclure celle-ci avec, toujours pour la chaîne Showtime, un autre remake lui aussi réussi d’« Ouragan sur le Caine » d’Edward Dmytryk (1954) réalisé en 2023 et diffusé juste avant que le grand réalisateur incorruptible et frondeur parte rejoindre les étoiles.
Remake honnête, bien qu'un peu académique, du film de 1957. Le jeu des acteurs de bon calibre est solide, Lemon et Scott en tête.
Un film déroutant qui, par sa simplicité, fait travailler l'imagination du spectateur et l'emmene dans un polar aussi solide que finement joué par des acteurs incroyables.
Excellent ! Je connaissais la version de Sidney Lumet, que j'ai vue 3 ou 4 fois. Cette nouvelle version n'est pas moins intéressante, les acteurs sont remarquables. Je n'ai vraiment pas eu l'impression de perdre mon temps en regardant cette nouvelle version de Friedkin.
Version de Friedkin réalisé pour la TV Américaine en 1997, ce remake n'avait à priori pas grand intérêt tant la version originale de Lumet était parfaite.
Rien de bien nouveau coté scenario c'est du pompage mais rien que pour le casting 4 étoiles excellent de cette version le film vaut clairement le coup d'œil.
Rien de bien nouveau coté scenario c'est du pompage mais rien que pour le casting 4 étoiles excellent de cette version le film vaut clairement le coup d'œil.
Remake complètement inutile, car il est une copie trop fidèle à l'original. Quel est l'intérêt de ce film qui n'amène rien de plus à cette histoire. Un film américain qui copie un autre film américain ... parfait. Les protagonistes sont assis au même endroit pour le même rôle que l'original. C'est une perte de temps à regarder ce film, si on a vu le merveilleux film avec Henry Fonda.
Aucune surprise au niveau histoire, mais c'est bien réalisé et bien joué. A voir absolument. Le remake n'était pas réellement nécessaire, la version avec Fonda était déjà parfaite
On se prend au jeu et surtout aux émotions... Chaque ressenti des acteurs est ressenti par le spectateur. Ils ont chaud on a chaud, ils ont faim on a faim, ils sont pressés on est pressé, et bien sur ils sont en colère et nous aussi on le devient. Un huit clos est toujours un risque. Je n'ai pas vu l'original. Mais celui là est parfait. Bravo.
Pas de réelle plus-value par rapport au film de Lumet mais ce remake (télévisuel) n'en demeure pas moins fidèle, très appliqué et tout aussi captivant, avec un casting royal dirigé de main de maître par Friedkin. On replonge dans ces délibérations discordantes sans le moindre soucis.
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