Vous avez dit giallo ? Eh bien non puisqu'il s'agit bien plus d'un poliziottesco, un genre de film policier italien appartenant au bis, comme le giallo quoi. Ce qui le différencie du polar classique donc avec sa violence souvent exacerbée et son action très présente. Pour tout vous dire, je ne connaissais pas du tout le genre et ne savait même pas que ce film réalisé par Massimo Dallamano y appartenait. Et je dois dire que j'ai plutôt apprécié ! Il est également important de préciser que le genre reflète un contexte particulièrement difficile en Italie où le pays était confronté à beaucoup de violences et un esprit contestataire grandissant. Ce qui explique, entre autres, le carton d'ouverture précisant que le film met en scène des évènements existants bel et bien et a principalement pour but d'y sensibiliser les spectateurs. Car si tout commence comme une intrigue policière classique avec un meurtre à résoudre, les protagonistes vont vite découvrir une réalité beaucoup plus sombre. La victime appartient en effet à un réseau de prostitution de mineures organisée par de vieux pédophiles. Alors certes, ce n'est pas un sujet très fun ! D'autant plus que je n'avais pas tellement apprécié un des précédents films du réalisateur, "Mais... qu'avez-vous fait à Solange ?", mais qui tenait davantage du krimi, encore un autre sous-genre policier mais cette fois-ci allemand et surtout un peu plus posé. Ici, ce n'est donc pas le cas, nous avons des scènes d'action à foison, du sang un peu partout mais surtout l'ambiance du film qui m'a beaucoup plu, qui plus est accompagnée de l'excellente . de Selvio Capriani, d'ailleurs recyclée de "La polizia sta a guardare" et dont il reprendra la trame pour "La Polizia ha le mani legate". Dans le bis italien, rien ne se perd, tout se transforme ! Mais bref, hormis son ambiance, nous avons également l'intrigue qui n'est pas spécialement passionnante car elle manque surtout de rythme mais qui a au moins le mérite développer des thèmes intéressants et surtout pas de manière racoleuses car avec des prostituées mineures, on aurait très vite fait de tomber dans un espèce de voyeurisme dérangeant propre au bis. Mais au lieu de ça, on entend surtout les actes répugnants des pédophiles, laissant notre imagination faire le reste. Pour les scènes beaucoup plus frontales, c'est là que le giallo intervient par petites touches, notamment avec les scènes de meurtre au hachoir par le tueur au casque de moto. En résumé, "La Lame infernale" est donc bien plus un film policier bis qu'un véritable giallo mais séduit de par son ambiance très 70's.