Difficile de reconnaître la patte du grand réalisateur que sera Christian-Jaque dans ce premier film dans lequel rien ne va: l'histoire est inintéressante et poussive, Raymond Cordy énerve son monde et comme si ça ne suffisait pas la course de la seconde partie est quasiment illisible. A sauver éventuellement de ce ratage, Pierre Dac et la jeune dame à l'accent étranger
La comédie de Christian-Jaque est consacrée à Raymond Cordy, lequel mérite bien un premier rôle parce qu'il a un personnalité comique attachante. Il fait équipe avec Pierre Dac, moins bon acteur sans doute, malgré (ou à cause de) ses airs éberlués, mais utilisé dans ce film en tant que comédien (avec cheveux) et pas en "Pierre Dac" comme pour beaucoup de ses présences futures au cinéma. La principale faiblesse du film est son scénario, fait de bric et de broc, destiné à Raymond Cordy qui fait son numéro de rigolo, joue le populo pas très malin dans des séquences souvent burlesques. Il s'improvise mécano dans un garage, tire au flanc, fait le joli cœur avec une cliente ou favorise la bluette insignifiante des deux rejetons de garagistes en bisbille. Ces frasques, ce caractère primesautier du personnage et de la comédie ne sont pas, à ce moment, désagréables à défaut d'être emballants. D''autant que Christian-Jaque tourne des plans dans Paris et parmi les parisiens, ce qui n'est pas sans produire son petit effet joliment vintage. Plus tard, pour faire rebondir une comédie qui s'essouffle, il emmène les deux copains sur un circuit automobile où se court le "Bidon d'or". Le réalisateur y filme, franchement mal, une course automobile bouffonne. Sans intérêt. Le cinéaste est lui-même en roue libre.
Premier film du cinéaste en devenir Christian-Jaque, Le Bidon d’or mobilise le cinéma parlant et les ressources nouvelles qu’il apportait alors de façon inégale : s’il retranscrit à merveille l’effervescence de la course automobile avec son public querelleur, ses vrombissements de moteurs et la diffusion par hauts parleurs de la voix de l’animateur, il cède trop souvent à la surenchère de dialogues pompeux et verbeux dans lesquels sont énumérés les jeux de bons mots, les boutades et les synonymes – « vedette », « sacré farceur », « boute-en-train »… – dans l’espoir de susciter un sentiment tenace de bonhomie et de truculence qui malheureusement d’advient jamais. Les personnages, peut-être en raison de l’écart important qui nous sépare d’eux, demeurent à l’état de fantoches engagés dans des numéros plus ou moins drôles, avec des chutes et des gags tout droit sortis du muet – pour n’en citer qu’un exemple, et pas des moindres, le recours gratuit à une personne de petite taille pour faire rire le spectateur s’avère aujourd’hui difficilement appréciable. Le protagoniste principal, camelot jeté sous le feu des projecteurs par quiproquo, a beau avoir « la langue qui démarre au quart de tour », ses excentricités fonctionnent en système fermé, dynamisé avec excès par la musique originale et par une mise en scène en demi-teinte, dont les enjeux techniques – notamment le filmage de la course de voitures – font pâle figure à côté des innovations géniale de Jean Epstein, entre autres, et sa Glace à trois faces (1927). Preuve que la qualité souvent médiocre des comédies populaires ne date pas d’hier…
Un vendeur à la sauvette est confondu avec un champion de course automobile. Le scénario reste assez limité et Raymond Cordy en vedette en fait des tonnes ce qui finit par devenir pénible. L'intérêt du film se trouve plutôt dans les plans extérieurs avec en particulier les voitures de courses et les vues de Paris. on retrouve ainsi l'ambiance de l'époque. Il y a aussi la présence de Pierre Dac plutôt a l'aise pour son premier long métrage