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Un visiteur
1,0
Publiée le 10 mai 2013
Film lent, pesant, atmosphère étouffante, où l'on comprend que le libre arbitre apparent de l'héroïne va être étouffé par les intérêts de son entourage (son père ne tient pas à la voir partir, donc il ne veut pas se presser de s'occuper de la marier, et sa mère ne veut pas voir partir son petit-fils), elle va donc se rendre à la raison et épouser son beau-frère veuf et jeune père. Le spectateur est pris en otage dans un scénario où il lui faudra bien reconnaître que c'est la meilleure solution, tout le monde se réjouit et la belle mariée pleure. Il n'y a ni distance, ni de réflexion, tout se passe dans l'affectif, et l'on est englué dans ces mouvements, où le mot liberté est utilisé de façon fallacieuse.
un beau film, émouvant, juste. un beau portrait d'un mode de vie, d'un petit bout de l'humanité qui a choisi sa voie, très morale, très humaine. un spectateur trop "moderne" pourrait tiquer sur l'enfermement dans les obligations sociales, le rôle des parents dans les mariages - et c'est vrai que ces choix de mode de vie ferment clairement d'autres portes, d'autres avenues possibles. Mais s'arrêter à ce constat serait passer à côté du film, de ce qu'il a à nous apporter, et de sa force émotionnelle.
Plastiquement, l'usage du flou est particulièrement adroit, comme s'il voulait accompagner le tatonnement des personnages dans leurs questionnements moraux et émotionnels.
Quant au jeu, c'est simplement magistral. l'émotion, la retenue, l'incroyable justesse des personnages. les visages parlent, les regards, c'est tellement adroitement fait que l'on ressent le rapport à la fois retenu et fort, sincère et entier des hassidim avec l'émotion. c'est toute la réussite du film. un portrait important.
Superbe magnifiques actrices acteurs bravo a la réalisatrice appartenant à la communauté ultra orthodoxe de réaliser un film aussi sensible dans ses traditions religieuses et de montrer dans son propre camps le refus d'une jeune fille d'accepter l'arrangement d'un mariage non voulu et ensuite sur sa propre initiative ses propres choix et convictions de renverser les choses .....
Pas un film sur le milieu juif ultra-orthodoxe vu par les autres, mais un film sur le milieu juif-ultra orthodoxe vu par une juive orthodoxe. La démarche a de quoi surprendre voire rebuter et peut aisément paraitre ethnocentrique. Mais passé ce cap:
A travers la problématique du (re)mariage et de la responsabilité familiale, la réalisatrice expose le "quotidien" de sa communauté. Mais le film hésite, du début à la fin et à force de répétition passe peut-être à côté de l'essentiel: sa dimension spirituelle. L'interprétation est cependant juste.
Pour les profanes (dont je suis), les rites de la religion juive orthodoxe relèvent du mystère et d'une incompréhension qui n'est pas loin, il faut l'avouer, du rejet, sinon de l'opprobre. Ce qu'on voit ici, le dilemme moral et physique d'une jeune femme mise dans une situation ubuesque et rocambolesque, ne prédispose certes pas à plus de tolérance et d'ouverture d'esprit. La position de la femme au sein de la communauté hassidique semble bien se résumer à l'objet de tractations en vue de mariages où la place de l'amour, donc du cœur, est réduite à la portion congrue. Et si d'aventure il y a interférence du désir, fût-il trouble et mal dégrossi, les choses peuvent se compliquer pour Shira prise en quelque sorte entre le marteau et l'enclume, entre les manœuvres de sa mère (qui agit d'abord pour son propre compte de récente grand-mère s'accaparant son petit-fils) et l'attirance inédite pour son beau-frère nouvellement veuf. Pas facile pour Shira de choisir, tiraillée entre le respect des préceptes, l'autorité conjuguée du grand rabbin et des parents, et l'attitude rigide de Yochay qui s'évertue insidieusement à la pousser dans ses retranchements. L'atmosphère générale du film n'est donc pas à la fête. Ici tout est raide et engoncé dans des traditions et des rites auxquels il n'est pas envisageable de se soustraire, donnant ainsi l'impression d'être transporté dans des temps anciens et révolus - impression renforcée par l'austérité des lieux souvent sombres et des vêtements. Derrière ces façades rigoureuses et hermétiques, où les cris et les débordements ne sont pas non plus la règle, il est malaisé de percevoir la jeunesse et la fougue amoureuse qui y est habituellement associée. On en ressort davantage ennuyés et circonspects que conquis, même si ce premier long-métrage révèle indubitablement des talents de mise en scène et de construction du récit.
Je mets 0,5/5 car Allocine refuse toujours de donner la possibilité de mettre 0/5. Ce film est extrêmement désagréable voire malsain. On entre de force dans l'extrémité juif et on en sort pas. Point d'amour ni de sentiments. On fait tout pour sauver les apparences et la communauté. L'atmosphère est étouffante . On suffoque tellement on se sent pris au piège comme ces fanatiques. Décidément les religions ne savent pas se vendre... Mais en-ont elles besoin ? Film à fuir....
Film extraordinaire où les acteurs jouent avec justesse. Film d'une sensibilité et qui devrait se voir plusieurs fois. Tout se passe dans les regards d'une intensité rare. A voir
Dans la mesure du possible, je vais voir les films israéliens qui sortent sur les écrans parisiens. On est rarement déçu. Un peu à l’instar de Wadjda en Arabie Saoudite, voici le premier film réalisé en Israël par une femme juive ultra-orthodoxe. Un drame familial et amoureux dans la communauté hassidique de Tel Aviv. Par conséquent le film est plein de danse et de chant (particularité de la communauté), ce qui procure au film une atmosphère particulière, plus joyeuse et lyrique que dans d'autres films du genre beaucoup plus austère. Mais la religion n'est pas le thème principale du film...
Au-delà de l'aspect dépaysant et de la découverte de ce monde et de ces règles, on suit avec plaisir les membres de cette famille entre deuil, morale, amour, religion. Des personnages touchants et bien interprétés qui font de ce premier film, une œuvre délicate et envoûtante.
Un des films les plus délicats, les plus fins les plus élégants que j'aie vue ces dernières années. Il nous demande de nous ouvrir avec une curiosité bienveillante sur un monde peu ou mal connu; celui du monde juif orthodoxe. C'est un monde où les sentiments ne s'expriment pas par l'excès mais par la pudeur. Leur expression est montrée par la sincérité d'un sourire ou par une respiration un peu haletante. La mise en scène est intelligente, l'image est sublime. Nous découvrons ce monde comme si on nous offrait un cadeau. Ah, au fait, l'histoire est d'une très grande beauté et d'une grande profondeur.
Le Cœur a ses Raisons – puisque c’est ainsi que le titre du film a été traduit en français – s’adresse à ceux qui sont prêts à ouvrir les yeux sur un monde très particulier, ultra fermé, voire secret ; dont les Israéliens eux-mêmes ne connaissent souvent que l’apparence extérieure. C’est l’histoire a priori sordide d’une jeune fille dont la sœur vient de mourir en mettant un bébé au monde, et à qui l’on propose d’épouser le mari endeuillé. Tout juste âgée de 18 ans, Shira qui a déjà été promise à un mariage arrangé qui semble la réjouir, doit choisir entre l’insouciance de sa jeunesse et ce projet de devenir simultanément la femme de son beau-frère et la mère de son neveu. .... ....
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La sensualité sous-jacente à certaines scènes, où l’extrême pudeur est pourtant le mot d’ordre dominant, est saisissante. Elle est l’expression de tout ce qui émerge dans les silences et les non-dits d’un monde où les passions n’ont leur expression qu’en état d’ivresse, ou de détresse. Le déplacement du devoir sur le désir n’a pu se faire que parce que les circonstances exceptionnelles qui suggèrent le transfert du deuil sur le mariage en donnaient la «permission». Les dernières scènes du film vibrent de cette intensité qui jaillit des émotions, lorsque celles-ci se confondent pour dire l’unité recréée du sujet, qui renaît à lui-même pour se dire librement.
Si plusieurs films ont déjà été consacrés aux ultra orthodoxes juifs, c'est la première fois qu'une réalisatrice appartenant à cette communauté particulière s'empare du sujet. Dans Le coeur a ses raisons, tout tourne autour du mariage lequel, s'il n'est pas imposé aux jeunes femmes, est une obligation pour trouver sa place et accéder au respect des autres. L'intrigue du film de Rama Burshtein est minimaliste et intimiste, se déplaçant de fêtes traditionnelles en rencontres avec des candidats aux épousailles. C'est un regard intérieur, presque documentaire, sur un groupe de citoyens à l'écart du monde, en aucun cas critique mais sincère et honnête. Au spectateur de se forger une opinion sur la condition féminine dans cette communauté. Il ne s'agit pas ici de rébellion mais d'acceptation d'un compromis dans la politique du moins pire. Un constat édifiant qui à défaut de donner des réponses ou même de proposer une analyse, pose question. La mise en scène froide et quasi dénuée d'empathie concourt à donner un véritable sentiment d'étouffement.
Je pensais être surprise par ce film vu à Venise... il n'en est rien... une histoire prévisible de traditions familiales déjà vue mille fois, c'est lent et sans intérêt