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Cinematraque
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5,0
Publiée le 1 mai 2013
Le Cœur a ses Raisons – puisque c’est ainsi que le titre du film a été traduit en français – s’adresse à ceux qui sont prêts à ouvrir les yeux sur un monde très particulier, ultra fermé, voire secret ; dont les Israéliens eux-mêmes ne connaissent souvent que l’apparence extérieure. C’est l’histoire a priori sordide d’une jeune fille dont la sœur vient de mourir en mettant un bébé au monde, et à qui l’on propose d’épouser le mari endeuillé. Tout juste âgée de 18 ans, Shira qui a déjà été promise à un mariage arrangé qui semble la réjouir, doit choisir entre l’insouciance de sa jeunesse et ce projet de devenir simultanément la femme de son beau-frère et la mère de son neveu. .... ....
...
La sensualité sous-jacente à certaines scènes, où l’extrême pudeur est pourtant le mot d’ordre dominant, est saisissante. Elle est l’expression de tout ce qui émerge dans les silences et les non-dits d’un monde où les passions n’ont leur expression qu’en état d’ivresse, ou de détresse. Le déplacement du devoir sur le désir n’a pu se faire que parce que les circonstances exceptionnelles qui suggèrent le transfert du deuil sur le mariage en donnaient la «permission». Les dernières scènes du film vibrent de cette intensité qui jaillit des émotions, lorsque celles-ci se confondent pour dire l’unité recréée du sujet, qui renaît à lui-même pour se dire librement.
Si plusieurs films ont déjà été consacrés aux ultra orthodoxes juifs, c'est la première fois qu'une réalisatrice appartenant à cette communauté particulière s'empare du sujet. Dans Le coeur a ses raisons, tout tourne autour du mariage lequel, s'il n'est pas imposé aux jeunes femmes, est une obligation pour trouver sa place et accéder au respect des autres. L'intrigue du film de Rama Burshtein est minimaliste et intimiste, se déplaçant de fêtes traditionnelles en rencontres avec des candidats aux épousailles. C'est un regard intérieur, presque documentaire, sur un groupe de citoyens à l'écart du monde, en aucun cas critique mais sincère et honnête. Au spectateur de se forger une opinion sur la condition féminine dans cette communauté. Il ne s'agit pas ici de rébellion mais d'acceptation d'un compromis dans la politique du moins pire. Un constat édifiant qui à défaut de donner des réponses ou même de proposer une analyse, pose question. La mise en scène froide et quasi dénuée d'empathie concourt à donner un véritable sentiment d'étouffement.
Un des films les plus délicats, les plus fins les plus élégants que j'aie vue ces dernières années. Il nous demande de nous ouvrir avec une curiosité bienveillante sur un monde peu ou mal connu; celui du monde juif orthodoxe. C'est un monde où les sentiments ne s'expriment pas par l'excès mais par la pudeur. Leur expression est montrée par la sincérité d'un sourire ou par une respiration un peu haletante. La mise en scène est intelligente, l'image est sublime. Nous découvrons ce monde comme si on nous offrait un cadeau. Ah, au fait, l'histoire est d'une très grande beauté et d'une grande profondeur.
Un film unique en émotions particulières, d'une finesse sans égale. Digne d'un roman de Jane AUSTIN, ou d'un drame Cornélien, le dilemme de Shira n'aura que Pascal pour la sauver: le coeur a ses raisons que le raison ne connait pas toujours, mais que même la religion se doit de ne pas ignorer. Du devoir au désir, le chemin est des fois tortueux et doit prendre la route que le deuil a pris pour aller jusqu'au mariage...
J'ai adoré ce film les images sont magnifiques, la lumière, le son, les acteurs.... Hadass Yaron est extraordinnaire et tellement juste, bouleversante. Le résultat : une explosion d'émotions dans cet univers de pudeur.
Je pensais être surprise par ce film vu à Venise... il n'en est rien... une histoire prévisible de traditions familiales déjà vue mille fois, c'est lent et sans intérêt
Je mets 0,5/5 car Allocine refuse toujours de donner la possibilité de mettre 0/5. Ce film est extrêmement désagréable voire malsain. On entre de force dans l'extrémité juif et on en sort pas. Point d'amour ni de sentiments. On fait tout pour sauver les apparences et la communauté. L'atmosphère est étouffante . On suffoque tellement on se sent pris au piège comme ces fanatiques. Décidément les religions ne savent pas se vendre... Mais en-ont elles besoin ? Film à fuir....
Plusieurs angles à ce film que je note différemment. La description du milieu Loubawitch. C'est parfait et passer de shabbath aux fêtes, du grand rabbin au quotidien. Tout cela est remarquablement filmé, décrit. Le sujet de la femme et de son mariage organisé est bien tracé. Le sujet de l'héroïne, Shira, et du rapport avec son beau-frère, Yochai, est mal traité. Or c'est le sujet du film. Il mélange les sentiments non dits de la fille particulièrement ambigus comme de son beau-frère. Cette ambiguïté pèse sur le film et obtient une réponse en toute fin de celui-ci, réponse partielle et peu compréhensible. Et de plus oublie la loi juive orthodoxe qui oblige une sœur à épouser son beau-frère veuf. Au final donc cette note mitigée liée au scénario du film mais non aux metteur en scène et aux acteurs.
A part sa lenteur excessive, remplie de silences qui y signifient probablement beaucoup de choses, voici un film intéressant qui nous plonge dans le monde et la culture des Juifs orthodoxes. Je connais très mal ses us et coutumes, mais le poids de la religion semble y être énorme, ainsi que la place prépondérante des hommes, les femmes n'étant grosso modo que tolérées et seulement valorisées par le mariage et la maternité. Tout le monde semble coincé et les sentiments ne s'expriment pas : l'amour semble bien absent des mariages arrangés entre familles. Dans ce cadre, la jeune Shira épousera-t-elle "par raison" son beau-frère devenu veuf suite à la naissance de son fils ? La dernière image du film nous laisse entrevoir une vie de couple débutante qui ne sera certainement des plus divertissantes...
film très touchant. l'histoire peu sembler fade aux premiers abord mais l'intrigue se passe à l'intérieur du coeur du personnage principal. Nous vivons avec elle tout ses doutes et toutes ses angoisses. je recommande.
Dans la mesure du possible, je vais voir les films israéliens qui sortent sur les écrans parisiens. On est rarement déçu. Un peu à l’instar de Wadjda en Arabie Saoudite, voici le premier film réalisé en Israël par une femme juive ultra-orthodoxe. Un drame familial et amoureux dans la communauté hassidique de Tel Aviv. Par conséquent le film est plein de danse et de chant (particularité de la communauté), ce qui procure au film une atmosphère particulière, plus joyeuse et lyrique que dans d'autres films du genre beaucoup plus austère. Mais la religion n'est pas le thème principale du film...
Pour son premier film, la réalisatrice israélienne Rama Burshtein a fait le choix de mélanger documentaire et fiction. C'est dans une communauté de juifs orthodoxes de Tel Aviv que se déroule l'action. Le film nous apprend beaucoup de choses sur ces véritables agités du bocal qui ne perdent pas une occasion pour chanter et danser : comment se déroule une fête du Pourim, une circoncision, un mariage, l'importance de se marier pour les femmes. La partie fiction nous vaut un quasi marivaudage lorsqu'il s'agit de remarier un jeune veuf afin d'éviter pour une grand-mère que son petit fils parte en Belgique. La photo du film est très réussie, avec de très beaux gros plans sur les visages des protagonistes et une scène de circoncision très bien filmée, de haut en bas, verticalement. On apprend aussi qu'un grand rabbin, dans une telle communauté, fait parfois office de revue style "Que Choisir" : scène hilarante qui voit débarquer quasiment de force une vieille femme qui dit n'avoir aucun parent et aucun ami pour la conseiller et qui exige du rabbin qu'il l'aide à choisir son nouveau four ! Dommage, finalement, que la réalisation soit bien trop molle au niveau du montage !