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John Henry
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2,0
Publiée le 16 mai 2013
Il manque sans doute à ce film très ancré culturellement des codes d'universalité pour vraiment comprendre cette fille ou ce poids qu'on lui fait peser sur les épaules. Surtout que selon moi la fin est complètement invraisemblable et ampute le film de toute sa force narrative. Dommage.
Pour les profanes (dont je suis), les rites de la religion juive orthodoxe relèvent du mystère et d'une incompréhension qui n'est pas loin, il faut l'avouer, du rejet, sinon de l'opprobre. Ce qu'on voit ici, le dilemme moral et physique d'une jeune femme mise dans une situation ubuesque et rocambolesque, ne prédispose certes pas à plus de tolérance et d'ouverture d'esprit. La position de la femme au sein de la communauté hassidique semble bien se résumer à l'objet de tractations en vue de mariages où la place de l'amour, donc du cœur, est réduite à la portion congrue. Et si d'aventure il y a interférence du désir, fût-il trouble et mal dégrossi, les choses peuvent se compliquer pour Shira prise en quelque sorte entre le marteau et l'enclume, entre les manœuvres de sa mère (qui agit d'abord pour son propre compte de récente grand-mère s'accaparant son petit-fils) et l'attirance inédite pour son beau-frère nouvellement veuf. Pas facile pour Shira de choisir, tiraillée entre le respect des préceptes, l'autorité conjuguée du grand rabbin et des parents, et l'attitude rigide de Yochay qui s'évertue insidieusement à la pousser dans ses retranchements. L'atmosphère générale du film n'est donc pas à la fête. Ici tout est raide et engoncé dans des traditions et des rites auxquels il n'est pas envisageable de se soustraire, donnant ainsi l'impression d'être transporté dans des temps anciens et révolus - impression renforcée par l'austérité des lieux souvent sombres et des vêtements. Derrière ces façades rigoureuses et hermétiques, où les cris et les débordements ne sont pas non plus la règle, il est malaisé de percevoir la jeunesse et la fougue amoureuse qui y est habituellement associée. On en ressort davantage ennuyés et circonspects que conquis, même si ce premier long-métrage révèle indubitablement des talents de mise en scène et de construction du récit.
Voici un film d'une grande élégance, où la pudeur a le premier rôle mais également un rôle ingrat car il cache les sentiments qui ne s'avouent pas et plongent leurs propriétaires dans les affres d'une vie qui s'étouffe de non-dits. C'est admirablement bien joué. Cette histoire, qui demandait une grande retenue et donc un travail difficile pour défendre les raisons du coeur, est délicatement interprétée et mérite de s'y arrêter et de poser la réflexion sur le mariage, son sens, les sentiments, le devoir, la sensualité. Et comme c'est le premier film de Rama Burshtein je considère que cette cinéaste a un talent époustouflant tant pour trouver l'art de traiter un sujet aussi peu connu et délicat que dans la façon qu'elle a eu de le mettre en scène. J'ai hâte de voir un prochain film d'elle ! תודה רבה ולהתראות
Film 100% casher pour Paris Match...immersion documentaire et culturelle dans le milieu des ultras religieux. Tout ou presque se déroule dans le huis clos de la maison familiale, décor intime, calfeutré, qui donne un sentiment de confinement, mais constitue aussi un refuge contre l'agitation du dehors. Le temps ne semble pas avoir de prise, .. Touchants, tout en émotions rentrées, les héros, malmenés par le deuil et le chagrin, suivent les règles et les rites qu'on leur impose, et y puisent une forme de sérénité, voire d'exaltation. Hadas Yaron a reçu le prix d'interprétation féminine à Venise pour ce rôle. Différent des Voisins de Dieu...comparable aux films récents sur la condition de la femme musulmane... beau film mais que la religion peut être oppressante et étouffante...surprise, je ne savais pas que ces religieux savaient aussi bien lever le coude...à Pourim et autres occasions...
Que l'on ait aimé ou non ce film, il est une chose que l'on ne peut lui retirer c'est sa manière d'être filmé, très originale, on voit que certains plans ont été finement travaillés. Pour ma part j'ai adoré, et je le recommande en particulier pour cette raison et en général pour le sujet, assez peu connu. Filmer les orthodoxes est une chose assez rare, alors ne passez pas à côté. De plus c'est très bien joué. Quatre étoiles.
Le titre de ce film israélien ne doit pas être pris au pied de la lettre. On n'est pas chez Rohmer mais dans la communauté hassidique de Tel Aviv Shira, 18 ans, sait que son mariage sera arrangé. Et elle ne s'en offusque pas. Mais voilà que sa sœur aînée meurt en couches laissant un mari éploré que sa famille décide de lui faire épouser. La réalisatrice de "Le cœur a ses raisons" est elle-même juive orthodoxe. Elle peint une communauté qu'elle connaît, sans en faire ni l'éloge ni le procès. Du coup, son film est à la fois très exotique et très familier. Très familier car il s'agit, encore et toujours, de décrire les affres de l'amour. Très exotique car les règles qui régissent cette communauté diffèrent de celles dont nous avons l'habitude. Sans doute le film pâlit-il de la concurrence que lui fait "Kadosh" d'Amos Gitai (1998). Il n'en reste pas moins pour autant une curiosité qui mérite le coup d'œil.
Dans un milieu israélien très orthodoxe, la pratique du mariage est une institution que les hommes règlent dans le confinement de leurs traditions .Dans la quiétude de cette religion, les codes plutôt hermétiques , ne donnent pas forcément les clés du récit . Il s’ordonne autour de dissensions familiales de plus en plus affirmées, au fur et à mesure que les tractations en vue d’un mariage sont compromises. Rama Burshtein, le réalisateur épouse totalement la cause de son histoire, en y soulignant par une mise en scène plutôt classique, voire bancale (les réunions familiales), son aspect le plus sectaire. Du pathétique, on passe au larmoyant… Pour en savoir plus
Au-delà de l'aspect dépaysant et de la découverte de ce monde et de ces règles, on suit avec plaisir les membres de cette famille entre deuil, morale, amour, religion. Des personnages touchants et bien interprétés qui font de ce premier film, une œuvre délicate et envoûtante.
Il est vrai qu'il y a peu de film traitant non seulement des ultra orthodoxes juifs et (à plus forte raison) du mariage au sein de leur communauté. Le sujet est intéressant mais l'approche est critiquable.
A quoi bon nous mener dans une fiction qui aborde ce seul et unique thème alors qu'on en sait si peu sur la vie que ces personnes mènent? Si l'on veut avoir un avis objectif sur ce sujet, il convient dans ce cas d'offrir un documentaire traitant de cette seule question et ne pas laisser le spectateur s'en forger une puisqu'il n'a pas les outils pour comprendre pleinement cette communauté.
Il en résulte donc un film lent, qui n'apprend pas grand chose au spectateur lambda et qui le laissera de marbre lorsque le générique s'affichera. Dommage.
Excellent portrait de cette société passablement recluse sur ses principes, mais néanmoins travaillée par ... la force du réel !
Approche très sensible des personnages, pas de militantisme ni de volonté de juger, cette absence de parti-pris étonne de la part d'une réalisatrice précisément issue de cette communauté.
Superbe magnifiques actrices acteurs bravo a la réalisatrice appartenant à la communauté ultra orthodoxe de réaliser un film aussi sensible dans ses traditions religieuses et de montrer dans son propre camps le refus d'une jeune fille d'accepter l'arrangement d'un mariage non voulu et ensuite sur sa propre initiative ses propres choix et convictions de renverser les choses .....
Pas un film sur le milieu juif ultra-orthodoxe vu par les autres, mais un film sur le milieu juif-ultra orthodoxe vu par une juive orthodoxe. La démarche a de quoi surprendre voire rebuter et peut aisément paraitre ethnocentrique. Mais passé ce cap:
A travers la problématique du (re)mariage et de la responsabilité familiale, la réalisatrice expose le "quotidien" de sa communauté. Mais le film hésite, du début à la fin et à force de répétition passe peut-être à côté de l'essentiel: sa dimension spirituelle. L'interprétation est cependant juste.
Film malsain voire pervers pathétiquement rétrograde nous invitant à défendre l'idée du mariage arrangé, pour ne pas dire forcé . Il nous montre comment conduire quelqu'un à se sacrifier pour sa famille quitte à lui mentir et lui briser le coeur en lui enlevant sa faculté de pensée.C'est peu de dire que l'on prône ici le fait que la fin justifie les moyens. Je ne sais pas si cela est très interéssant de nos jours. En tout cas la pilule n'est pas passée. J'ai trouvé l'actrice principale fade sous couvert de à fuir.
Un film lent et oppressant à la morale pernicieuse qui nous démontre que dans cette communauté juive ultra orthodoxe tout est finalement pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quelle tragique reddition que celle qui se pare de l'illusion du désir et s'accomplit dans un simulacre de liberté! Rien ne transparaît de la vie intérieure de l'héroïne, une jeune fille de 18 ans, qui ne fait visiblement pas d'études (sans doute n'a-t-elle pas lu Pascal auquel le titre français renvoie) ne fréquente pas d'amis, n'écoute pas de musique de son âge (elle joue de l'accordéon), ne surfe pas sur internet, et ne semble connaître que le monde étriqué dans lequel elle vit. Bref, au XXI°siècle, la voilà affrontée à cette archaïque et seule alternative: se marier avec le veuf de sa sœur ou subir la désaffection des siens, notamment de sa mère qui ne veut pas être séparée de son petit-fils. Avec pour seul horizon le mariage et la maternité, les femmes se transforment en tyrans de leurs propres filles qui entrent, par sacrifice, dans la servitude volontaire. Madame du Châtelet, Olympe de Gouges au secours!
un beau film, émouvant, juste. un beau portrait d'un mode de vie, d'un petit bout de l'humanité qui a choisi sa voie, très morale, très humaine. un spectateur trop "moderne" pourrait tiquer sur l'enfermement dans les obligations sociales, le rôle des parents dans les mariages - et c'est vrai que ces choix de mode de vie ferment clairement d'autres portes, d'autres avenues possibles. Mais s'arrêter à ce constat serait passer à côté du film, de ce qu'il a à nous apporter, et de sa force émotionnelle.
Plastiquement, l'usage du flou est particulièrement adroit, comme s'il voulait accompagner le tatonnement des personnages dans leurs questionnements moraux et émotionnels.
Quant au jeu, c'est simplement magistral. l'émotion, la retenue, l'incroyable justesse des personnages. les visages parlent, les regards, c'est tellement adroitement fait que l'on ressent le rapport à la fois retenu et fort, sincère et entier des hassidim avec l'émotion. c'est toute la réussite du film. un portrait important.