Dans cette œuvre de Paolo Sorrentino on peut distinguer 2 choses très marquantes, le fond et la forme. Concernant le fond, rien à dire, on ne peut qu'être subjuguer par l'esthétisme de ce film qui repose entièrement sur la grandiose ville de Rome. Ainsi, on se laisse facilement bercer par cette ville d'une beauté rare magnifiquement mise en avant par le réalisateur. Pour ce qui est de la forme, je suis moins convaincu tant les références artistiques s'accumulent tout au long du récit devenant trop pesantes sur l'ensemble de l’œuvre ! Pour certains donc, ce film paraitra trop "perché" et pour d'autres habillement mis en scène... A titre personnel je regrette cette lourdeur artistique car si elle avait été allégé, elle aurait sans doute été plus digeste pour la plupart des spectateurs.
C'est une fresque romaine qui montre du doigt la décadence de cette ville et des mondains qui l'a font. Cela commence comme un opéra, rock, pour se finir comme une fable mélancolique sans cynisme, avec le seul regard de l'homme qui ne maîtrise rien, ni son passé, ni son présent, ni son futur... Les acteurs y sont tous remarquables, la caméra est utilisée parfaitement pour sublimer cette ville presque décatie, l'ambiance sonore est à tomber, comment dire autrement que j'ai adoré !!!!!
Complètement inutile et d'une prétention insupportable. Le protagoniste, que le réalisateur voudrait intelligent et cynique, ne dit que des banalités sans nom et fait des réflexions aussi profondes qu'une coquille d'oeuf. Les clichés abondent et l'usage excessif des citations littéraires (Proust, Flaubert, Dostoievski, Céline et j'en passe) agacent. Elles semblent être placées pour tenter de sauver maladroitement des dialogues mal écrits. Le scénario est plat, d'ailleurs on pourrait même dire qu'il n'y a pas de scénario. Sorrentino semble simplement avoir voulu faire se succéder les images, certes très jolies, qu'il avait en tête. Et encore ! La beauté de certains plans était bien souvent gâchée par des effets de style grotesque (ex: les travellings à outrance, la girafe en image de synthèse...) ou bien des placements de produit franchement grossiers comme ce panneau lumineux MARTINI qui est revenu 3 fois dans le film et a même pris la moitié de l'écran dans une séquence, WTF?! En fait, voilà, en regardant La grande Bellezza, j'ai eu l'impression de mater une pub quelconque. C'était vide. On ne pourrait même pas dire qu'il s'agissait d'une réflexion sur le néant, ce serait lui faire trop d'honneur. C'était juste superficiel. En fait Sorrentino n'avait rien à raconter et c'est pourquoi on s'emm... en regardant son film.
Malgré la belle musique, le reste laisse tout de même à désirer. Le film raconte une histoire qui ne prend jamais le spectateur et qui laisse tout en suspens. Bien que les personnages soient assez intéressants, le scénario est trop simplet et répétitif. Tout le long, on demande au personnage principal pourquoi il n'écrit plus et on tourne toujours autour du pot. Même la fin n'apporte rien de plus par rapport au début. On tourne en rond, heureusement que la BO est sympa.
C'est sûr, il a vu et revu Fellini, comme chez le maître, c'est une déambulation dans des lieux sublimes, des connivences avec les princesses et les nobles, des fêtes branchées avec les bourgeois de la culture ou des médias, les monsignori, les putes, les starlettes... Comme chez le maître, il y a un journaliste ami du jet-set, et ses interrogations au hasard de ses déambulations, rencontres etc. C'est un beau film pour voir Rome et ses jardins secrets, un film élégant et désenchanté pour voir un intello chic se poser des questions sur la vie, le vide et la spiritualité, une balade nostalgique à l'heure du bilan d'un Vitelloni (un vitellono ?) : la vie n'a pas tenu ses promesses, à moins que ce ne soit lui qui n'ait pas tenu ses promesses.
Magnifique ! (et un peu long c'est vrai) Le sourire et le regard de Jep, à la fois cynique et bienveillant m'a profondément émue, comme tant de choses évoquées ou suggérées dans ce film à revoir.