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Grouchy
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3,0
Publiée le 6 mars 2016
Faut-il voir de la part de Gilliam un retour aux sources ou une sorte de clin d'oeil à son film le plus acclamé ? Plus simpliste dans sa forme, le film, dès le début, ne cherche pas à se faire comprendre par le spectateur. Les machines étranges que pilote Waltz ne sont discernables, la quête du 100% dont l'histoire semble tourner autour ne suscite pas d'attirance particulière, à part pour le héros schizophrène, et la fin nous laisse à nos propres interprétations. L'intrigue n'a pas d'importance ; ce sont seulement les idées que transmet Gilliam : critique de la publicité envahissante, de la manipulation de l'être humain par les signes urbains et informatiques, avec un poil d'humour absurde et une formidable inventivité du cinéaste et de son équipe artistique pour créer un univers bordélique mais cohérent.
Un film assez particulier qui mérite d'être regardé avec attention pour comprendre les moindres détails.En dehors de ça, le réalisateur à voulu nous emmener dans un univers complexe alors qu'au final, ça n'est rien de tout cela. De fausses énigmes, une Mélanie Thierry qui ne sait toujours pas jouer l'actrice et une intrigue sans intérêt.
Le monde bureaucratique de Brazil a laissé place au totalitarisme des réseaux. L'exubérance et la désespérance délicieusement allumées de Gilliam sont toujours là, mais la fragilité des personnages a cédé le pas à l'incommunicabilité qui se perd en bavardages métaphysiques abscons, et nous perd à notre tour. Malgré quelques belles scènes de bravoure.
Putain, je sais que ça ne se fait pas de brûler ses idoles, je n'en ai pas vraiment envie, en plus, mais là, Terry Gilliam est difficilement défendable. On le sait, entre la distribution chaotique de "Brazil", le tournage avorté de son Don Quichotte ou la mort d'Heath Ledger pendant le tournage de "L'Imaginarium du Docteur Parnassus", la filmographie du Monty Python américain n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un long fleuve tranquille. Pourtant, si les costards-cravates de l'industrie l'ont apparemment mis au rancart pour de bon ("Zero Theorem" a été filmé en Roumanie pour un budget dérisoire), il semble encore bénéficier d'une certaine aura parmi les artistes vu le nombre d'acteurs connus venus faire une caméo éclair (avec au passage encore un numéro horripilant de Tilda Swinton, ras-le-bol !) et peut compter sur un noyau de fans fidèles au sein du public. Et puis, artistiquement, Gilliam a presque toujours réussi à rebondir et à transformer ses déboires en atouts ("Brazil" qui devient avec le temps un chef-d'œuvre culte, l'échec de Don Quichotte qui se transforme en une brillante réflexion sur la création dans le documentaire "Lost in la Mancha" ou le tour de passe-passe qui fait interpréter à plusieurs acteurs le personnage d'Heath Ledger dans "Parnassus"). Qu'a-t-il bien pu alors se passer ici ? Comment passe-t-on d'un "Parnassus" joyeusement foutraque et foisonnant à un "Zero Theorem" tristement terne et vide ? Est-ce le fait d'avoir abandonné l'écriture du scénario à l'inconnu Pat Rushin ? Sur la page IMDb du bonhomme, il est indiqué qu'il a été prof en "écriture créative". Je voudrais bien qu'on m'explique ce qu'il y a de créatif à pomper sans vergogne la trame et les personnages de "Brazil". Alors oui, la dictature de la bureaucratie a laissé la place à la marchandisation des abstractions, le rêve à la réalité virtuelle... mais c'est exactement la même chose ! Les personnages se font écho d'une façon tellement évidente qu'elle en est presque gênante : Sam Lowry/Qohen Leth, Jill/Bainsley, Jack/Joby... même les deux techniciens de Central Services ont été "customisés" en clones de Management ! Tout le problème est là : c'est comme "Brazil" mais en beaucoup, beaucoup moins bien. La fantaisie paraît forcée, le production design est très moche, à des années-lumière des trouvailles de "Brazil", quant à la chanson récurrente du film (là encore, un emprunt à "Brazil"), une version easy listening du "Creep" de Radiohead, elle est à l'image de ce "Zero Theorem", toute pourrie. Grosse déception aussi au niveau de l'interprétation avec un Christoph Waltz (Christoph Waltz, merde !) absolument transparent et un David Thewlis hors-jeu. Seuls le jeune Lukas Hedges et (surtout) Mélanie Thierry donnent satisfaction. Et puis, comme si cela ne suffisait pas de voir Terry Gilliam s'auto-parodier sans sembler trop y croire au niveau de la forme, "Zero Theorem" se contente en plus d'empiler les banalités, les lieux communs et les références galvaudées sur la vie et la mort, l'être et le néant, le réel et le virtuel, l'âme et la chair... Finalement, la seule question existentielle qu'on se pose après avoir vu "Zero Theorem", c'est : "mais où est donc passé le "The" du titre original ?"
Bien que regardant beaucoup de films je vais rarement les voir en salles mais je ne pouvais pas faire l'impasse sur le tout nouveau Gilliam car c'est l'un de mes réalisateurs préférés dont j'adore l'univers si particuliers. Et de suite dès les premières minutes on constate avec plaisir que Zero Theorem est bien de Gilliam cependant on ne peut pas dire que ce soit une véritable réussite, c'est du en grande partie à une histoire assez absconse sur le sens de la vie avec des passages parfois inutilement complexes (comme la fin qui laisse perplexe et sur laquelle j'ai eu la flemme de réfléchir) ; Zero Theorem rappelle aussi l'ambiance de Brazil mais sans l'égaler. Visuellement c'est riche bien que cela ne sera pas au goût de tous car Zero Theorem ne correspond pas aux critères habituelles, ici pas d'effets numériques à outrance ; on peut regretter que les scènes en extérieur soient peu nombreuses car elles sont plutôt belles avec un style proche de Bilal ; niveau acteurs c'est du bon, l'Autrichien Christoph Waltz nous joue un personnage étrange avec son talent habituel, la Française Mélanie Thierry est à l'aise dans cet univers décalé et apporte une touche de sensualité à Zero Theorem. Ceux qui n'aiment pas les œuvres de Gilliam resteront de marbre mais ses fans sans être pleinement satisfait seront par contre joyeux de profiter pendant presque 2 heures d'un film original et sortant du carcan blockbuster de SF fade.
Partisan d'une dystopie fictionnelle aiguë, Terry Gilliam en a fait sa pellicule de noblesse, signant trois grand film dont Brazil, Twelve Monkeys et ...surtout pas celui là. A l’extrême opposé de toute anticipation, c'est ici parfaitement suranné. Un retour infécond en tout point malgré l’interprétation et quelques thèmes musicaux.
un univers très original avec de bonnes idées qui forme un bel ensemble... mais pour autant je n'ai pas réussi à rentrer réellement dans le film et j'ai l'impression que les bizarreries deviennent une fin en soi et rendent le film confus
La déception est d'autant plus grande quant au sujet abordé qui aurait pu être vraiment intéressant par une certaine réflexion. A la fois dans son contenu brouillon et très décalé mais aussi (et surtout?) dans son approche du sujet et à la finalité du film. A moins que la finalité spoiler: de l'existence ne soit justement que le néant quand à cette question existentielle . Je n'ai pas accroché à l'univers mi futuriste mi glauque dans un espèce de grand huit clos. Je retiendrai surtout les excellentes prestations de et t avec un accent anglais aussi séduisant qu'elle.
On s'abstiendra de toute blague sur le titre, ça serait trop facile ... Entre un personnage principal particulièrement crétin, un Christoph Waltz dans le cabotinage permanent, et un discours simpliste digne d'une mauvaise BD, le film accumule les tares rédhibitoires.
Un pur chef d'oeuvre ! A voir deux fois pour en saisir toutes les subtilités. Gilliam offre une fois de plus une vision des plus pessimistes quant à l'avenir de l'humanité, devenue ultra connectée. Un humour loufoque, déjanté, un ton décalé, et un visuel marqué aux couleurs criardes attachant : un tout sublimé par la performance certaine des acteurs. Ce "Zero Theorem" recèle beaucoup plus de profondeur qu'il n'y paraît.
Autant l’annoncer direct, j’ai un profond respect pour Terry Gilliam…C’est un cinéaste généreux, honnête qui croit en ce qu’il fait. Un homme tellement passionné et touchant…Je l’adore ! De « L’armée des douze singes », à « Tideland » (assurément mon préféré), en passant par « les aventures du Baron de Munchausen », « Les frères Grimm », « Brazil », « L’imaginarium du Dr Parnassus » et j’en passe…Un visionnaire à l’imaginaire inépuisable… Comme à chaque sortie de l’un de ses films je me suis dis « c’est Terry Gilliam, on verra bien… », j’ai lu quelques critiques mauvaises, j’ai découvert une salle vide en pleine fête du cinéma….Et une fois encore j’ai été complétement séduit ! Je me suis vraiment amusé, le sourire ne m’a jamais quitté…La magie opère une fois encore ! Un film barré, drôle avec un humour que je partage. Un esthétisme qui m’hypnotise, une musique qui m’emporte… Ce « Zéro Théorème » ne dénote pas dans la filmographie de Gilliam. Sa signature est bien présente, aucun doute à ce sujet. Un conte burlesque retro-futuriste proche de son « Brazil » sous LSD. Un génie informatique excentrique et asocial, souffrant de névroses (Psychose ?!?) existentielles, cherche à découvrir les raisons de l'existence de l'Homme. En réalité, c’est l’absence de finalité de l’existence qu’il finira par découvrir….Et si le monde n’est rien d’autre qu’un simple hasard ?!? C’est grâce au théorème zéro qu’il va démontrer que la vie n’a aucun sens. Sa seule échappatoire reste alors le virtuel. Un regard critique sur l’évolution de notre société de consommation…Clin d’œil à cette pub qui suit sans relâche le passant lambda. Ce monde futuriste abject, à peine exagéré, qui suit la dictature de Dieu Publicité ! Et notre personnage principal, victime de cette société malsaine, qui est le seul à ne pas avoir perdu le sentiment humain qu'est l'angoisse du vide, du néant, de l'existence, du sens de la vie. Un film que j’ai hâte d’acquérir en blu ray !
Les films de Gilliam depuis "l'Armée des 12 singes" sont souvent qualifiés par la presse de "grands films malades" et si j'accorde volontiers ce statut à 'L'imaginarium..." et aux "Frères Grimm" deux gros foutoirs visuellement riches mais bancals. Parfois je me demande si Gilliam ne serait pas un parfait en directeur artistique de ses propres films, laissant la réalisation et la direction des acteurs (souvent en roue libre) à un autre... Ici on échappe pas à ses défauts, sauf que le cadeau est tellement bien emballé, que même si la boîte est un peu grande pour ce qu'elle contient, je n'ai pas boudé mon plaisir. Waltz, Swinton et Thierry cabotinent avec plaisir, l'univers visuel à la pré-Brazil m'a convaincu, et même si la fin semble un peu bâclée, j'ai vraiment passé un bon moment !
C'est du Gilliam un peu décousu (pardon, encore plus décousu), mais franchement j'ai apprécié. Le film a déjà le mérite d'être vraiment original en cette dure période d'été ou les "Blockbuster" affluent, et on retrouve avec bonheur un univers à la Brazil où les nouvelles technologies font office de dictateur. C. Waltz et M. Thierry sont justes et attachants et, contrairement aux mauvaises langues qui rodent chez les critiques, le film ne fait pas "cheap" (j'ai trouvé la critique de Télérama particulièrement odieuse) et j'ai même cru que les images de synthèse utilisées pour les scènes fantasmées faisaient volontairement un peu faux pour renforcer le contraste avec la vie réelle (bon après ce n'est que mon interprétation). Gilliam transmet son message, nous fait rire et réfléchir et reste un réalisateur sincère dans sa démarche. Et ça vaut de l'or actuellement.