Cinq ans après "L'Imaginarium du Docteur Parnassus", Terry Gilliam se faisait attendre, il revient avec ce "Zero Theorem" qu'il qualifie lui même comme le dernier opus de son triptyque orwellien avec "Brazil" et "L'armée des 12 singes".
En effet on reconnaît de manière distinctive la patte Gilliam et son univers rétro-futuriste, on plonge volontiers sans aucune réticence dans ce Londres froid mais coloré, un informaticien psychotique ne vie que pour son travail, se barricadant dans l'obscurité d'une vieille chapelle en parlant de lui à la première personne du pluriel tel Gollum dans ses Monts Brumeux. Son but est de trouver le sens de son existence en exécutant un projet secret appelé Zero Theorem visant à décrypter des algorithmes où la valeur change continuellement, le fils de son supérieur ainsi qu'une mystérieuse jeune femme vont venir le perturber dans sa tâche.
Au final c'est une semi déception, intéressant visuellement mais disposant d'une trame qui ne va nulle part, et c'est inévitablement usant, de plus le final paraît comme un immense gâchis, Qohen semble tracer un chemin évolutif pour arriver à sa révélation (attente du coup de téléphone), mais aucun résultat, aucune réponse, il n'aura fait que du sur-place (un peu comme nous en regardant le film), juste une fuite de l'esprit par rapport à sa condition d'homme machine au service des machines, au moins on fait le rapprochement à "Brazil", mais la puissance du film est moindre, malheureusement.
Cependant le casting répond aux attentes, Waltz dans un registre bien moins excentrique que chez Tarantino arrive à convaincre, de même pour la malicieuse Mélanie Thierry qui signe là son premier long métrage étranger, on retrouve également Matt Damon, Tilda Swinton, Peter Stormare ou encore Ben Whishaw.
"Zero Theorem" est un assez bon film d'anticipation plastique et déjanté avec un univers propre à Gilliam mais le scénario ne suit malheureusement pas, partant comme ambitieux la finalité déçoit et on oublie aussitôt les 107 minutes passées une fois le générique conclue, dommage.