Une oeuvre d'étude des comportements. Un travail de laborantin. Intéressante comme sur les bancs nous nous passionnons des cours mais pas du contenu, nous nous enthousiasmons pour la méthode mais nous comprenons qu'il n'y a pas d'usage à le retenir. Un film qui s'observe mais ne s'apprécie pas ou très peu. Une oeuvre donc totalement à part dans sa filmographie.
Un film passionnant, lorgnant du côté du docu fiction, où l'intrigue sert ici le propos passionnant du scientifique Henri Laborit, dont la recherche porte sur l'analyse biologique des comportements humains. Alain Resnais propose donc dans sa narration d'illustrer le propos de Laborit et celui ci, comme toujours, invente un nouveau style sans ne jamais se perdre, toujours aussi juste et subtil, le tout servi par un casting remarquable.
En bref, au delà de l'oeuvre cinématographique qui est excellente, le film est important car il permet d'introduire à la science d'Henri Laborit de la plus belle et accessible des manières.
Eh oui....je viens juste de visionner ce film sorti il y a plus de trente ans. Il a bien vieilli....surtout en çe qui concerne les théories qu'il défend... La mise en scène un peu trop théâtrale , c'est long ...mais ce film a le mérite d'être original..
Alain Resnais a toujours été in cinéaste à part et inventif. L'originalité de ce film est de montrer l'histoire de 3 personnes en proie au déterminisme de leurs relations sociales, comme illustration des théories de Henry Laborit le célèbre neurobiologiste qui fait la voie off et présente des illustrations expérimentales du comportement des rats de laboratoire en parallèle avec les difficultés de la vie des personnages.; Pour agrémenter le tout, le film est coupé de petites scènes d'anciens films où apparaissent les héros cinématographiques des personnages ( Jean Gabon, Jean Marais, Danièle Darrieux), scènes dans lequel les émotions des héros du film de Resnais sont exprimées par leurs acteurs fétiches. C'est original, mais pas toujours clair ni convaincant, et du coup le film traîne un peu en longueur
Dans ce film expérimental, Alain Resnais illustre la pensée et les théories du neurobiologiste Henri Laborit à travers les destins croisés de personnages interprétés par Nicole Garcia, Gérard Depardieu et Roger Pierre. Il mêle en cela parfois de manière complexe documentaire et fiction. Il rend aussi un hommage appuyé au cinéma en intégrant des extraits d'œuvres jouées par Danielle Darrieux, Jean Gabin et Jean Marais. C'est souvent brillant, parfois un peu abscons, toujours perspicace sur les comportements humains ainsi que sur l'atmosphère de la France du début des années 80 et ses premières désillusions.
Avant tout, je dois admettre ne pas aimé le cinéma d'Alain Resnais dont je trouve la forme et le fond de ses oeuvres généralement vide d'intérêt. Ce n'est pas "Mon oncle d'Amérique" qui va me réconcilier avec lui. Le long métrage se présente comme un film bâtard, entre documentaire et fiction. Dans celui-ci, le neurobiologiste Henri Laborit explique ses thèses sur le comportement humain qu'il rapproche de celui des animaux. Ses théories sont illustrées par trois personnages aux destins croisés. Après un démarrage laborieux et confus dans lequel s'enchaîne les voix off et des brèves séquences présentant les personnages, "Mon oncle d'Amérique" nous dévoile un scénario inintéressant supporté par une mise en scène paresseuse et un propos prétentieux. L'ennuie s'impose rapidement et sera constant d'un bout à l'autre du film. Cette tentative de vulgarisation du travail du professeur Laborit est, à mon sens, un échec.
Un film très enrichissant je dois le reconnaître, malgré quelques longueurs vite oubliées. Une expérience très différente de d'habitude mais qui permet de mieux cerner certain comportement. Les expèriences de Laborit sont sublimement représenter et expliquer. Une bonne surprise pour un film dont je n'attendais absolument rien.
S'appuyant sur les travaux d'Henry Laborit, médecin chirurgien et neurobiologiste, Alain Resnais dresse le portrait de 3 personnages de manière assez décousue. Le premier, à l'aide de rats, décrit le conditionnement et y développe le concept d'inhibition de l'action que peuvent provoquer le stress et la frustration. Hélas, le réalisateur peine à adapter ces recherches à l'écran. Mon Oncle d'Amérique ressemble à une sorte de documentaire romancé, le parallèle entre les dires du professeur et la vie de ces 3 personnages n'est pas ce qui se fait de mieux dans le genre. Là où un film comme "I comme Icare" offre une longue séquence qui décrit parfaitement l'expérience de Milgram (au point d'être une référence dans l'enseignement), l'oeuvre qui nous concerne ne parvient jamais à trouver son style, l'alchimie n'existe tout simplement pas.
Ou comment conjuguer la forme la plus expérimentale (une illustration virevoltante des théories de Laborie) avec l’émotion pure du souffle romanesque (une galerie de personnages bouleversants, des histoires croisées à forte intensité dramatique). Une fois de plus, Resnais fait se rencontrer les extrêmes pour créer une œuvre unique, ludique et réflexive, grave et onirique, théorique et fictionnelle. Plus que jamais, l’inconscient trouve ici à s’exprimer dans la structure même du récit (le montage est toujours mental chez le cinéaste) autant que dans les enjeux narratifs. C’est l’adéquation ultime de la forme et du fond, l’alliance de l’émotion et du discursif, dont on sort à la fois bouleversé et profondément questionné. Resnais est l’un des seuls cinéastes capable de créer avec autant d’audace et d’intensité de l’émotion qui fait réfléchir.
Un des plus grands films français qui rend formidablement bien la vision socio-animalière de nos sociétés dites moderne. Malgré une approche scientifique peu subtile notamment en terme de psychologie, le film à l'avantage de sa singularité novatrice pour l'époque. Un bocal sur grand écran.
Une démonstration aussi étonnante que révoltante dans laquelle les 3 personnages principaux sont observés cyniquement depuis l'extérieur d'une cage. Si l'efficacité est au rendez vous, les ficelles sont parfois un peu grosses. Et même si les acteurs se démènent avec talent, on se noie dans le monologue sans fin du conteur-réalisateur qui a vouloir trop en dire, en fait trop.
Décidément, le cinéma d'Alain Resnais n'est (pour l'instant j'espère) vraiment pas ma tasse de thé. Réalisé en 1980, "Mon Oncle d'Amérique" commence plutôt d'une façon intéressante avec ces discours entremêlés, ces trois personnages présentés un à un à la façon d'un portrait, et puis cette voix du professeur Laborit exposant ses conceptions de l'humain. Seulement voilà, ce démarrage prometteur ne tiendra pas plus de quelques minutes. Resnais s'engouffre ensuite dans un gros fouillis soporifique, ponctué de surcroit d'un grand et inévitable côté "masturbation intellectuelle", à mon sens en contradiction complète avec l'essence du septième art. Cela n'enlève rien à la justesse des théories de Laborit, tout comme à ses phrases d'une grande poésie philosophique. Cependant, elles ne trouvent jamais une adéquation totale avec les images livrées par le cinéaste, tant la photographie est laide et son intrigue inintéressante au possible. On notera malgré tout la première apparition de l'un de ses acteurs fétiches, Pierre Arditi. L'interprétation est d'ailleurs très inégale ; si Depardieu et Roger Pierre s'en sortent bien, Nicole Garcia quant à elle, est d'une platitude incroyable. Et puis, le spectateur, dans un acte de bonne foi, aura beau chercher incessamment les qualités mêmes infimes d'un opus présenté au demeurant comme un chef d'oeuvre, il n'y retiendra que ces deux (très longues) heures d'ennui.
Je m'attendais à voir un film long, ennuyeux, théorique, formel, imbuvable et j'ai été en fait positivement surpris. J'ai trouvé ce film en effet captivant malgré son postulat scientifique et ses coupures "laboritiennes". Certains passages sont même particulièrement émouvants car on finit par s'attacher vraiment au destin de ces personnages prisonniers de leur déterminisme, mais autrement plus libres de leur destin que des rats de laboratoire... Alain Resnais était fasciné par la contradiction de l'Homme pris entre deux feux entre le déterminisme, le destin, la fatalité et la liberté absolue. Son film ne tranche pas et laisse en fait profiter de leur liberté désespérée. Les "herbes folles" ne meurent jamais vraiment, comme l'art, la poésie, la vie...
Un grand moment et un grand classique du cinéma français. Au moment de sa sortie il a vraiment apporté quelque chose de nouveau, c'était un événement fort, dont tout le monde parlait . Analyser la psychologie de l' être humain, faire intervenir le professeur Laborit en live, commentant ce qui se passait à l'écran , pour argumenter et appuyer son propos , puis présenter des expériences de comportement sur les rats . Tout cela était vraiment "révolutionnaire" . Tout le monde en parlait , beaucoup de spectateurs ont enfin pu comprendre ce qu'était les maladies psycho somatiques, c'est un film qui vous donnait la sensation d'être plus intelligent. C'était aussi les prémisses de la psychologie du couple qui fleurira et s'épanouira , par la suite à la Tv et dans les magazines féminins , jusqu' à nos jours. Une des forces du film était aussi d'avoir choisit des acteurs déjà célèbres mais à contre- emploi. Depardieu , habitué aux rôle de loubard , était là un businessman autodidacte, romantique. Roger Pierre ( célèbre pour son duo de cabaret avec Jean Marc Thibaut, à l'humour parfois un peu lourdeau) était là complètement à contre emploi , anachronique, Pierrot lunaire , traditionaliste , qui ne sait pas choisir entre ses femmes, le meilleur rôle de sa carrière. Et Nicole Garcia , en jeune fille passionnée, enthousiaste . Le scénario était solide et crédible , mais servait surtout de support à une démonstration théorique mais remplie d'humour. Le film n' a pas trop vieillit et reste complètement d'actualité sur le fonds, même si tout cela est maintenant bien connu de tous . C'est un monument du cinéma français et probablement un des tous meilleurs films de Resnais, si ce n'est le meilleur.
Intéressant et audacieux essai du créatif Alain Resnais de mélanger, dans un long-métrage, propos scientifiques comportementaux et jeux de trois acteurs principaux (Depardieu, Garcia et Pierre). Ce film fascine par son haut niveau intellectuel et sa réalisation qui n'a pas encore trop vieilli. Nonobstant, celle-ci aurait pu être plus dynamique et le montage plus harmonieux. Pour le reste, c'est une incontestable réussite.