Le concept est intriguant : une femme qui perd la mémoire chaque nuit, condamnée à se réinventer tous les jours. Une idée forte, presque parfaite pour un thriller psychologique. Sur le papier, ça promet une plongée vertigineuse dans l’identité, la confiance, la trahison.
Mais à l’écran, ça coince un peu. Le film se perd dans un labyrinthe trop balisé, où les révélations tombent comme des notes trop évidentes. Le suspense s’effrite parce que l’histoire ne surprend pas vraiment, et les twists sont un peu forcés.
Nicole Kidman fait le boulot avec cette fragilité retenue qui convient parfaitement au rôle, mais le personnage manque de nuances : elle oscille entre confusion et détermination, sans jamais vraiment bousculer le récit.
Colin Firth, lui, campe un mari ambigu, mais là encore, la psychologie reste en surface, pas assez fouillée pour vraiment troubler. Quant au Dr Nasch, incarnant une figure d’espoir et de soutien, il manque un vrai relief dramatique.
Le film a le mérite d’explorer la mémoire et la manipulation, mais il s’embourbe dans une mécanique trop mécanique. L’ambiance est tendue, la mise en scène propre, mais on sent que le scénario aurait pu creuser plus profond, aller plus loin dans les zones d’ombre, au lieu de se contenter d’une tension policée.
Au final, Avant d’aller dormir reste un thriller honnête, qui tient la route, mais dont on sort sans ce vertige qu’un tel sujet aurait pu générer. Un film à voir pour son concept et son ambiance, mais pas pour son audace.