Un grand film. Huis-clos qui se teinte de suspense. Le film monte en intensité dans la deuxième partie, les décors sont très beaux aussi avec la prédominance de la couleur rouge, quatres femmes sont soumises au désir d"un maitre qu' on ne verra qu' en plan large, dans une demeure qui est aussi leurs prison... leurs rapports seront faits de méfiance, de ruse, de ressentiments et de vrais moments d'humanité. Mais chacun doit porter des masque...la franchise est dangereuse. Voila c'est finement dépeint, ca pourrait s'accommoder avec pas mal de situations de notre quotidien, je trouve "Je préfère etre morte que vivre sans espoirs " dit aussi Gong Li, ça méritait d'être dit. Avec un final impressionnant.
Quand la perfection de l'image rejoint l'intelligence du scénario... C'est un film profond, esthétiquement splendide, une guerre psychologique entres des femmes recluses pour le plaisir d'un seul homme. On contemple le film comme une oeuvre d'art de bout en bout. Un énorme chef d'oeuvre.
Un pur chef d'oeuvre de Yimou où l'asservissement de la femme est dévoilé avec justesse et intelligence. Gong Li tient là le rôle de sa vie et excelle comme jamais. C'est un véritable scandale qu'une telle perle n'ai toujours pas eu le droit à être édité en DVD! A bon entendeur...
"Epouses et concubines" se distingue par la profondeur de son scénario, par les questions qu'il soulève et par la qualité de son interprétation (Gong Li y est, n'ayons pas peur des mots, merveilleuse...). Seules quelques lenteurs pourront paraître disproportionnées et entacher légèrement l'ensemble. Une superbe peinture sans concession de la Chine féodale...
Un magnifique film asiatique, a la mise en scene exceptionnelle, c'est filmé merveilleusement bien, dans des décors splendides et avec un style tres intéressant... et ce choix de ne pas montrer le visage du maitre afin de le rendre plus mystérieux... Une réelle ambiance est créée et ce passionnant rythme lent, presque sensuel, ne s'estompera pas un instant ! Les acteurs sont bons, tres naturels, mais pas du tout mous... Un film unique, plein de qualités, avec un scenario simple mais correctement mené, un œuvre intéressante et envoutante.
Epouses et concubines est une oeuvre à part, tant par son histoire enblématique que part sa mise en scène. Le cinéaste a nommé son film comme un "microcosme de l'existence humaine", et ça on veut bien le croire. Cette histoire de quatres concubines qui se livrent une guerre sans merci pour s'accaparer tous les soins du maître est à l'image de la chine communiste. Et dire que tout cela se déroule dans les années 20! On se rend compte que le film peut être perçu comme une parabole politique et sociale de ce pays si longtemps opprimé par ses dirigeants. Au niveau esthétique, Zang Yimou filme avec volupté en nous donnant à voir des images d'une beauté à couper le souffle. Une mise en scène certes sobre, mais très subjective. La caméra n'est jamais centré sur le maître de la maison, on ne voit jamais son visage sur un gros plan, comme s'il était totalement impersonnel mais pourtant tellement menaçant. L'objectif se concentre sur les épouses et les domestiques et plus particulièrement sur Gong Li, actrice à ses débuts à l'époque et qui montrait déjà toute l'étendue de son jeu: glaciale et sensuelle. Autre point intéressant: les décors. L'architecture sévère détermine la construction de nombreux plans. Ce qui fait que le spectateur se sent autant enfermé et reclus de la société comme ces héroïnes déchues. L'impertubable logique des lanternes rouges réprésente l'horrible déterminisme des coutumes de la maison et nous montrera plus tard quelle fatalité elle met en place. On a encore dans la tête les chants de cantatrice de la troisième épouse, unique échappatoire de cette cage dorée. Ainsi Zhang Yimou signe l'une de ses plus belles oeuvres, à la fois poétique et terriblement austère.
Très beau drame intime au sein d'une communauté d'épouses. Il y a une formidable recherche sur l'esthétisme qui ne laisse pas indifférent. Les couleurs et surtout ces lanternes rouges, symbole qui reste le plus flagrant de ce beau film
Film en huis clos qui nous confine dans cet univers d’intrigues et de rivalités où épouses et servantes passent leur vie à comploter les unes contre les autres. Superbe chronique historique de la Chine des années 20.
Outre la réflexion sur la tradition et le sort réservé aux femmes, "Raise the Red Lantern" (titre autrement mieux choisi que celui en français) parle de la nature du pouvoir et de l'enfermement. Métaphore sur la Chine actuelle plus encore que dénonciation de la Chine d'hier? Probablement. D'une grande subtilité, d'une beauté formelle aboutie et parfaitement fondue dans la narration, illuminé par une Gong-Li au sommet, voilà bien le chef d'oeuvre d'un réalisateur qui s'est un peu perdu par la suite.
Zhang Yimou met ici en scène le parcours de la quatrième femme d'un homme puissant dans la Chine des années 20. Âgée seulement de 19 ans, Songlian doit s'attirer les faveurs du maître et faire face à la rivalité des autres épouses, jalouses et parfois manipulatrices. Construit en huis-clos et s'étalant sur quatre saisons, "Épouses et concubines" est un film envoûtant par les choix assumés de son réalisateur (mise en scène statique, le personnage du maître dont on ne voit jamais le visage) qui nous immerge sans problèmes (aidé par des décors et costumes superbes) dans cet univers très spécial qu'est celui de l'endroit où se trouvent toutes les femmes du maître, avec ses rituels bien spécifiques et rigoureux. En plus de bénéficier d'une esthétique impeccable, le film se révèle passionnant par son scénario qui nous réserve de nombreuses surprises, le tout emmené avec talent par Gong Li.
Sublime, raffiné, élégant, comme la mise en scène qui est d'une grâce sans égal, et les décors lumineux et saisonniers de saisons qui s'écoulent avec beauté et taciturnité (la neige habille de son plus beau manteau ce palais austère mais où la liberté de paroles et de mouvements n'est pas interdite malgré les traditions – seul le devoir de fidélité l'est). Et contradictoirement, entre coutumes ancestrales se mêle traditionalisme rigoureux ne laissant que peu de place à la femme de s'émanciper en ces périodes chinoises (je n'ose imaginer que de telles modes de pensées perdurent...). C'est justement le destin de ces quatre femmes, et plus particulièrement d'une femme, le personnage principal, qui nous est narré dans ce huit clos raffiné. Le plus troublant est que jamais on ne met la main sur le visage de leur maître et tant mieux, le charme aurait été rompu...
Je n'ai jamais trop compris le haut degré d'admiration que suscite le cinéma de Zhang Yimou que je trouve bancal, confus, et sans émotion. Épouses et Concubines, sûrement son film le plus célèbre et le plus réputé, est froid, sans émotion, la protagoniste, avec ses changements d'humeur constants qui la feraient presque passer pour une bipolaire, est agaçante et donc ne provoque aucun attachement. Mais en étant distant, et donc en provoquant froideur et absence d'émotion, et en restreignant l'ensemble de sa réalisation à des cadrages fixes, cadrages très savamment composés où couleurs froides et couleurs vives, en particulier le rouge, donnent un esthétisme particulièrement marquant pour la rétine du spectateur, le cinéaste évite le bancal et la confusion. Les règles de réalisation et scénaristiques sont ici aussi strictes que l'est l'archaïsme et la cruauté du mode de vie des personnages dans le film. Je parle d'esthétisme de couleurs froides et des couleurs vives, dont principalement le rouge, mais il ne faudrait pas oublier une présence qui vaut tous les esthétismes du monde à savoir celle de l'exceptionnellement cinégénique Gong Li, d'une beauté, d'un charisme et d'un talent fascinants. Sans elle, et malgré ses quelques qualités, surtout esthétiques, le film n'aurait pratiquement aucun intérêt et son personnage serait totalement imbuvable. Pour moi, et de très loin, le meilleur Yimou que j'ai vu.
Dans la chine de l’entre deux guerres, une jeune fille de 19 ans instruite et très jolie va devenir la 4ème épouse du maître local. Elle intègre un palais immense aux murs d’enceinte carcéraux et divisé en 4 parties chacune destinées à une épouse et sa servante. Elle intègre un clan de femmes où chacune s’évertue bassement à obtenir les faveurs du maître ; non par amour, mais pour afficher sa suprématie. En effet, le maître choisit tous les soirs celle qui va partager ses nuits en faisant éclairer des lanternes rouges autour de sa maison ; d’où le titre original du roman et du film « Raise the red lanterns ». Dans cette quête aux faveurs du maître, tous les coups sont permis ; et la dernière épouse, instruite et franche, éprouve de grandes difficultés à intégrer les règles du jeu. Là où l’union de ces femmes feraient leur force ; ici, prisonnières du carcan social et éducatif, elles se livrent un combat sans merci. Zhang Yimou condamne avec force dans ce film les traditions ancestrales qui poussent ces femmes à ce haïr ; mais aussi un système phallocrate totalitaire broyant les femmes, la polygamie,… Pour montrer l’universalité du propos Yimou décide de nous montrer le maître que de loin et jamais de face, il incarne l’homme chinois puissant et masochiste de cette société. Zhang Yimou réalisa par la suite deux monuments esthétique à la gloire de la Chine éternelle avec « Hero » mais surtout le monumental « Secret des poignards volants ». On pouvait craindre ici, le film prenant le temps de la mise en place, que la narration soit oublié au profit de la beauté des plans comme ce fût le cas dans « Hero ». Mais que nenni. Chaque plan est ultra travaillé afin de ressentir l’enfermement de ces femmes qui n’ont d’autres choix que la soumission, la mort et la folie. La demeure possède des murs gigantesques et des couloirs labyrinthiques ; chaque personnage est vu de loin, prisonnier d’une porte ou d’une fenêtre l’encadrant : aucune échappatoire possible pour l’œil du spectateur mais surtout pour ces pauvres femmes. Dans ce circuit fermé où j’ai personnellement une heure à trouver mes repères ; on va apprendre qu’une des femmes est sortie de ce palais-prison pour vivre une vraie relation affective et le prix à payer sera à la mesure de sa faute. Yimou aussi utilise le personnage de la servante de l’héroïne pour aborder la lutte des classes. Cette jeune femme mal née rêvant d’ascension sociale essaie de s’attirer les faveurs du maître, mais le statut de concubine lui est interdit. Elle aussi va payer cher l’outrecuidance de convoiter un impossible graal ; la jalousie des 4 épouses ne laisse pas de place à une 5ème rivale, surtout illégitime. Ce film, dans lequel on ne voie au début que l’esthétisme et un gentil combat de femmes, empreinte les voies de la cruauté presque inhumaine. C’est une vraie tragédie classique en définitive. A voir impérativement… Un grand film chinois auréolé du Lion d’Argent à Venise en 1991. « Sorgho rouge » est un bon complément : une séance de rattrapage à prévoir pour moi-même