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Frédéric M.
245 abonnés
2 200 critiques
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3,5
Publiée le 20 juillet 2017
Très beau film esthétiquement et très bien joué. Les personnages captivants. Très belle mise en scène, le mari n'est jamais filmé en gros plan, il parait secondaire.
Un bon film au côté plastique irréprochable, la réalisation classique est très bien faite et le scénario bien ficelé. Le film est profond mais j'ai eu du mal à trouver un réel enthousiasme à le regarder; je ne le considère pas comme un chef-d'oeuvre mais une belle pièce du cinéma chinois.
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1,0
Publiée le 15 avril 2021
Qui est ce demande la douce et innocente cinquième maîtresse à la fin du film. La gouvernante répond c'est notre quatrième maîtresse et elle est devenue folle (la pauvre a dû regarder ce film). Je ne peux pas dire que c'est un film terrible mais dès le début il n'a pas réussi à me toucher. Il m'a paru bizarre comme un feuilleton entre les différentes maîtresses et servantes du Maître. Elles sont toutes jalouses les uns des autres et complotent les unes contre les autres et il n'y a pas une seule graine d'amitié ou de loyauté à trouver elles. Je suppose que d'une certaine manière si vous avez en vous un petit côté sadique caché et c'est probablement le cas de la plupart des gens puisque les histoires de tromperie et de trahison se vendent toujours bien faisant manifestement appel aux désirs inavoués qui sommeillent en chacun de nous ce film aura quelque chose de fascinant et c'est assez amusant de voir ces femmes se battre entre elles. Cela dit j'ai quand même trouvé mon attention errante tout au long du film et je me même suis endormi plusieurs fois...
Gong Li était alors la "plus belle femme du monde",Zhang Yimou était reconnu par les critiques... mais déjà pas trop par le grand (??) public. Vous voulez découvrir d'autres façons de faire du cinéma, d'autres cultures et d'autres visages de (magnifiques) acteurs/trices et... vous avez un peu de patience? Ce film est pour vous!
Très bon film, malgré certaines longueurs. Ce film est d'une tristesse totale. Celle de la vie de ces femmes condammnées à vivre enfermées, à attendre un signe et obligées de respecter les codes de la maison. Beau sujet pour un drame qui parait d'une autre époque (mais l'est-il réellement ??).
Que c'est prenant!! La mise en scène est exceptionnelle. On entre avec cette jeune fille dans une maison, et on découvre vraiment les conditions de la femme en chine et les émotions de cette grande actrice..
Au sein d'une ambiance feutrée malsaine où les désirs d'un homme rythment la vie d'un gynécée se tissent des stratégies sentimentales dictées par la jalousie, la cupidité ou l'ennui que la froide mise en scène souligne par ses plans larges emplis de mélancolie et de solitude tandis que s'illuminent les lanternes dont le rouge n'augure nullement de passion amoureuse mais bien de tourments funestes. Illustrant parfaitement le respect désincarné dû aux coutumes ancestrales ainsi que la pudeur émotionnelle asiatique les dialogues incrustés de persifleries élégantes et de manipulations stratégiques s'accordent au jeu contenu d'un impeccable casting. Une peinture saisissante de la rage sous la glace!
Un film sur le fil du rasoir qui passionne par ses enjeux moraux et son suspense et éblouit par sa splendeur formelle. Zhang Yimou nous offre donc une véritable oeuvre d'art dans ce huis-clos étouffant : la précision des cadres, la lumière, les couleurs, la subtilité de la caméra nous emportent dans une joie esthétique de chaque instant. La dramaturgie est d'ailleurs à la hauteur, le tout servi par des actrices au top. Un vrai beau moment à ne pas louper.
Un film envoutant, presque hypnotique, de par la beauté des images décrivant avec minutie l’univers clos du harem à la mode chinoise il y a un siècle. La haine et les trahisons qui naissent de la compétition entre les différentes épouses et de leurs servantes attitrées pourra en rebuter certain(e)s. Yimou décrit un monde disparu, il ne juge pas. La lenteur n’est pas innocente pour décrire un monde figé, sans avenir, dans lequel quatre femmes n’ont rien à faire qu’attendre la bonne volonté du maitre tout-puissant. Yimou ne s’intéresse pas à lui d’ailleurs et ne le filme jamais de près. Seul le bal vénéneux des épouses enfermées nous sera conté, avec un luxe de couleurs vives et un sens du visuel idéniable. Gong li, la quatrième épouse, est éblouissante comme d’habitude, dans sa capacité à entrer dans la peau de personnages très différents (voir Qiu ju, une femme chinoise). Il y a de quoi l’aimer à la folie… DVD 2 - aout 2017.
Une oeuvre célèbre du cinéma chinois,primée à Venise en 1991.Zhang Yimou a l'époque,où il privilégiait les drames feutrés aux wu xia pian,et où son égérie Gong Li sublimait chacun de ses plans,livrait là un petit bijou de huis clos tragique,révélateur des moeurs en Chine dans les années 20.La situation paraît totalement ubuesque avec un maître(qu'on ne verra jamais de près),qui vit avec ses 4 épouses,dans une sorte de palais,engoncé dans des rituels ancestraux.Au delà de la cruauté de cette polygamie malsaine,Yimou dresse le portrait de la 4ème épouse,jeune femme de 19 ans,qui perd pied devant les intrigues de cour,les trahisons,les coutumes étouffantes et les bassesses dont sont capables ces femmes pour s'attirer les faveurs de leur maître.Esthétiquement,le film est splendide,avec la dominante de la couleur rouge et le rituel de ces lanternes allumées ou éteintes.Le cadre géométrique et les longs plans fixes participent à la sensation d'étouffement,d'où ne peut réchapper Songlian.Il est quand même dommageable qu'une barrière s'installe avec les émotions.Yimou confond intériorité et froideur.Et il est difficile d'entrer en empathie avec Songlian,son personnage étant trop inaccessible et d'humeur changeante.Cependant,on reste charmé par "Epouses et concubines",par son côté terriblement désespéré,condamnant sans appel les traditions féodales,et la soumission féminine.
De Zhang Yimou, je ne connaissais jusqu'à Epouses & concubines que sa triple exploration assez inégale du Wuxa Pian, le genre du film de sabre chinois (Hero, House of flying Daggers, La cité Interdite). Je savais donc déjà du cinéaste qu'il est un esthète accompli, d'autant que sa collaboration avec une toute jeune Gong Li, muse inspirante s'il en est, présageait du meilleur, et que je connais mal mes classiques du cinéma chinois. Voilà donc que j'ai lancé Epouses & concubines, huit-clos qui voit l'entrée d'une jeune femme en mal d'alternatives (première pique sociale) pénétrer dans le petit palais de son nouveau mari, polygame de son état. Extrêmement intriguant, ce pitch confirme rapidement toutes ses promesses par un développement intelligent, bien dosé et très riche. A travers cette histoire d'intrigues entre concubines cherchant à s'attirer les faveurs d'un maître qui ne leur manifeste qu'un vague intérêt (la caméra ne le montre qu'en plans larges et éloignés, sans l'impliquer dans un récit dont la dureté ne le concerne pas puisqu'il ne la subit pas), on peut en effet voir bien des arc narratifs et interprétatifs se recouper. La critique sur les pratiques féodales encore en vigueur dans certaines des mœurs ainsi que la soumission de la femme paraît évidente, mais il n'est pas interdit de croire, plus largement, à l'étalage très didactique d'un schéma général sur le rapport dominant/dominés qu'on retrouve dans bien des interactions humaines. A partir d'un exemple, Zhang Yimou (qui adapte ici une nouvelle, à laquelle une part du mérite revient sans doute) parvient à dresser un inventaire général de toute l'humanité et à parler avec précision d'un large spectre de situations. Et ça, c'est fort ! Aussi fort que l'emprise technique du film ; si le réalisateur de Hero ne se foule pas avec la kyrielle de plans fixes qu'il adopte, le choix me paraît judicieux et justifié par l'immobilité de la vie des quatre femmes. Les cadrages anguleux renchérissent, rappelant l'idée de verrouillage, d'entrave. Des extérieurs grisâtres à la texture carcérale contrastent avec une très bonne utilisation du jaune et du rouge, surtout en intérieur, permettant d'exprimer des idées géniales (ah, les fameuses lanternes !). Bref, j'aime autant la forme que le propos. Maintenant, j'ai toujours autant de mal avec la posture adoptée par le cinéma de Zhang Yimou, un peu trop solennel, et son manque d'amour pour des personnages qu'il ne paraît pas suivre jusqu'au bout. La mise en abyme émotionnelle est impossible, sans que l'on puisse trop savoir pourquoi. Sans doute est-ce la froideur du réalisateur devant des situations difficiles, qu'il refuse d'appuyer, ou alors qu'il appuie de manière plus sentencieuse qu'empathique. Résultat, j'ai à chaque fois vraiment conscience de regarder un film, pas de le vivre. Alors je commence à tenter par moi même le travail qui devrait incomber à l'oeuvre, à grands coups de "Allez Kloden, rentre dedans". Et là, c'est déjà perdu. Cette fois cependant, et contrairement à La Cité Interdite, vraiment trop artificiel, on sent un certain désespoir et quelque chose de plus naturel. Donc vraiment un bon film, qui je pense fera des ravages chez quiconque il emportera avec lui. Solide et travaillé.