Scénario original, acteurs très touchants et excellents, on prend plaisir à suivre ces personnages dévastés. La paire d'acteurs comme dans tous les films de Pierre Salvadori fonctionne à merveille. PLV : un bon moment de cinéma
Cette comédie dépressive devient très rapidement ennuyeuse. Deneuve et Kervern ne déméritent pas pour autant dans leur jeu. Mais on a connu Salvadori bien mieux inspiré. Décevant.
Dans la cour est un film superbe, à la fois drôle, émouvant et aussi anxiogène. Pierre Salvadori bénéficie d'un beau casting. Catherine Deneuve trouve un de ses plus beaux rôles dans le rôle d'une femme qui glisse progressivement, dont la personnalité se fissure. Le personnage est superbement bien écrit, réfléchi. Gustave Kerven trouve son grand rôle, un homme à bout de course bon et généreux. N'oublions pas tous ces superbes seconds rôles (Féodor Atkine et autres...). Triste le film l'est sûrement à l'image de sa conclusion inoubliable à pleurer. Dans la cour est aussi drôle, regorgeant de scène hilarantes (le chien dévorant la maquette, la démonstration de l'architecte et son croquis, la séance de diapositives.) Nous sommes là dans le vrai humour noir, teinté de surréalisme. Il y a une certaine tension dans le film, la peur que le concierge soit critiqué, que la femme soit empêchée dans sa quête absurde.... Eh puis il y a la mise en scène dans un lieu clos d'un immeuble du 11ème, étouffement ressenti mais les scènes en extérieures sont bien filmées. Le début du film, d'entrée plait avec ce départ sur scène en valise. Une musique discrète mais, la scène spoiler: de délire du toxico où il voit un chien géant qui dévore la ville a quelque chose de magique du registre du fantastique. Même si le film patine vers son milieu par certaines hésitations scénaristiques, Dans la cour est le meilleur film français de ce début d'année.
cette fissure comme pour rappeler les fêlures de ses personnages, l'usure du temps... mais le résultat est assez décevant : une réalisation classique sur un rythme lent et linéaire ; le film ne décolle jamais vraiment. une mention évidente à la composition saisissante de C. Deneuve!
Difficile de classer ce film dans une catégorie bien précise. Il est tour à tour très drôle, très grave, sérieux, dramatique, tragique, tragi-comique, compliqué et même délirant. C'est la chronique d'un petit immeuble en copropriété qui embauche comme gardien-concierge-"homme à tout faire" Antoine, un paumé, ex-chanteur à la dérive et dépressif chronique. Dans l'immeuble, il y a un peu de tout, entre autres : un ancien footballeur raté devenu junkie et receleur de vélos volés, un architecte obsessionnel et un couple, Serge et Mathilde. Cette dernière est elle aussi dépressive et obnubilée par l'apparition de fissures dans l'immeuble. Serge est rapidement dépassé par les évènements, ce qui rapproche Mathilde d'Antoine, mais ces deux "cas mentaux" vont ensemble faire pire que mieux l'un pour l'autre... Malgré un scénario assez sombre et apparemment peu réjouissant, tournant autour de la dépression ou de l'obsession et de ses effets destructeurs, ce film est d'une rare drôlerie par ses dialogues, les situations qu'il présente, les mimiques des acteurs et quelques scènes à la limite du burlesque. C'est globalement excellent, même si j'aurais préféré une fin un peu plus positive que celle choisie par scénariste et réalisateur. Une fois encore, je trouve que la Catherine Deneuve dans ses rôles de femmes mûres est excellente (je ne l'aime guère dans ses premiers rôles). Les autres acteurs sont vraiment très bons, en particulier Gustave Kervern et Féodor Atkine (respectivement Antoine et Serge).
Franchement, je pense que c'est l'un des meilleurs Salvadori avec Les Apprentis et Après vous...le réalisateur retrouve cette teinte douce-amère qu'il manie si bien..c'est précisément sur cet aller-retour entre profonde tristesse et décalage burlesque que le charme du film opère...Deneuve en contre-emploi y est excellente, se jouant d'elle-même et de son côté "star/histoire du cinéma français"...Kervern est juste dans sa mélancolie bonhomme et placide...après Eastern Boys, on assiste-là à un renouveau (enfin) du cinéma français qui nous fait (enfin) oublier toutes les daubes récentes (qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu, avis de mistral, salaud on t'aime, etc) et à venir (barbecue)...pour un peu, on avait oublié qu'il n'y avait pas que Kad Merad, Dubosc et cie...A la fois bouleversant et comique, une ode à la folie et à la solitude qui n'est pas sans rappeler les beaux jours du cinéma italien...merci monsieur Salvadori !! merci, merci...
Un grand film totalement dans l'ère du temps. Pierre Salvadori réussit à nous faire sourire malgré la morosité de l'histoire de ce musicien dépressif et de cette femme paumée qui se cherche une occupation pour justement éviter de tomber elle aussi dans cette déprime. Malgré tout, elle s'y enfonce progressivement aussi, un peu par la faute ,involontaire, du personnage de Gustave Kervern qu'elle côtoie tous les jours parce qu'elle l'a embauché, sans doute parce qu'il ne débordait pas de confiance, qu'il était fébrile, cela lui a fait probablement moins peur mais peu à peu, comme le dit justement son nouveau compagnon, elle s'est engouffrée dans ce mal-être avec lui, il ne l'a pas aidé au final... Savoir s'entourer de positif quand ca va mal est la meilleure thérapie à mon avis. Une bien triste histoire sur le papier et pourtant qui m'a fait sourire voire rire plusieurs fois par ses dialogues tordants et décalés et des situations rocambolesques avec des personnages qui le sont tout autant et pourtant très authentiques. Le film m'a confirmé qu'il faut savoir s'intéresser mais aussi s'ouvrir aux autres. Chaque destin est unique, original à partir du moment où l'on s'y intéresse. C'est le message positif spoiler: (malgré son dénouement triste) que je ressortirai de ce film qui m'a beaucoup touché. Notamment grâce à une superbe interprétation de TOUS les comédiens. Bravo à Gustave Kervern, une confirmation de très bon acteur.
Barge comme nous tous , drôle , acidulé , mais surtout avec une infinie tendresse . J'adhère total même si c'est lourd à porter et Catherine me touche particulièrement dans ces choix .
La cour des mirages Le potentiel dramatique de Gustave Kervern, l'ambiance rock de départ, le beau rôle annoncé pour Deneuve. Le nouveau film de Pierre Salvadori s'ouvre avec plein de promesses. Dans une veste bleu-roi claquante, Antoine refuse de suivre les notes musicales. Il s'enferme dans sa loge laissant derrière lui sa vie d'artiste. Mathilde aussi plaque un quotidien plein de vie. Son engagement associatif remplissant ses longues journées de retraite est admirable. Mais au moment précis de leur rencontre ils abandonnent pleinement et définitivement leurs propre passions. Tout juste aperçue, la vivacité s’éteint. Alors quand le ciel s'assombrit, que l'atmosphère devient terne, il y a avant tout de la frustration. "Dans la cour" se rythme malgré tout sur un humour absurde. Mais dans ce ton grisonnant les plaisanteries ne sont pas toujours éloquentes. Le propos aurait certainement été mieux défendu avec un scénario purement réaliste. Ce qui n'aurait pas affecté la drôlerie des personnages, au contraire. La simplicité d'Antoine et la folie de Mathilde se marient drôlement bien. Gustave Kervern donne une maladresse et une béatitude à la fois touchante et amusante. Ça n'est pas toujours dans l'excessif que c'est le plus drôle. Pas besoin de surenchérir et de grossir les traits des personnages jusqu'à être dans le surréaliste. Et puis le ciel gris se dégage avec encore de la grisaille mais bien plus de clarté. L'épilogue de Catherine Deneuve met concrètement en avant la tragique destinée d'Antoine. Elle nous transmet son recul dans la lecture que son personnage fait de sa rencontre avec celui de Kervern. On comprend donc mieux tout l’intérêt de mettre en contraste le passé exaltant et le présent déchu d'Antoine et Mathilde. "Dans la cour" se croisent deux personnes débordés par un trop plein de vie. Ou plutôt une immense générosité qui ne trouve jamais de répondant. Si ce n'est justement l'un envers l'autre. C'est en cela que la présence d'Antoine apaise Mathilde. Il se complètent dans leur différence bien-sûr mais aussi dans cette même bonté et entrain. "Dans la cour" est un film touchant dans son histoire de vie. Dommage cependant qu'il ne soit pas plus pragmatique dans son écriture. Le mélange de tragique et d'humour n'est pas à la hauteur du potentiel que dégage la parfaite simplicité du récit, des personnages et des acteurs
Des personnages fragiles qui fuient pour mieux se retrouver, ici à travers un immeuble et sa cour. Gustave Kervern dans un très beau rôle touchant qui est happé par les habitants de cet immeuble. Et c'est aussi ça qui le maintien en pleine vie jusqu'à un certain point. Catherine Deneuve de plus en plus touchante, abordable, sympathique à travers ses rôles. Et celui ci nous prouve encore une fois qu'elle mène une très belle carrière. Les seconds rôles sont aussi touchant. Des situations qui nous font rire, sourire et nous émeuvent.
un film sombre, réaliste et comique à la fois. Un duo intéressant entre L'acteur KERVEN (que je ne connaissais pas ) et DENEUVE. Dans cette cour d'immeuble aux allures d'un autre temps, se côtoient toute une galerie de personnages fragiles et déséquilibrés . Des situations cocasses certes, mais qui nous font glisser dans la pente de la dépression et des fêlures de la vie. J'ai trouvé l'acteur KERVEN d'une grande sensibilité et d'un charisme fou, DENEUVE excellente dans ce rôle de femme dépressive . Par Pio MARMAI un peu en dessous dans ce film.
Un vrai moment de bonheur. Pas parce qu'on a la banane en sortant, mais parce qu'on aura croisé des gens simples comme nos voisins. Les situations, les dialogues sont parfaits, jamais moralistes. L'un s'en sort pas l'autre. Des comédiens exceptionnels et bravo à Catherine Deneuve et Gustave Kerven. Il faut y aller rien que pour eux.
Au départ je suis allé voir ce film conseillé par un ami sans trop y croie ni savoir de quoi ça parlait. Ensuite, une fois dans la salle, je me suis dit: mais que-ce-qu'est ce que cette connerie?...et finalement je l'ai trouvé plutôt sympathique. C'est un particulier portrait de société d'une grande ville et pas de n'importe laquelle, mais Paris et plus précisément on devine un quartier du nord-est parisien où se côtoient toute une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres et néanmoins très réalistes. Du gardien d'immeuble avec son chien, venu d'un pays de l'est qui "s'incruste" dans LA COUR, en passant par le jeune acro de vélos et d'autres drogues, sans oublier les protagonistes: la "jeune" retraitée C. Deneuve, obsédée par la peur-panique de l'effondrement de l'immeuble, voir du quartier tout entier qui alterne phases maniacodépressives et activisme citoyen et le gardien dépressif (musicien à l'origine) qui y atterri presque par hasard orienté par une conseillère de pôle emploi qui est elle aussi un drôle de personnage ....et ainssi de suite.... Un film de mœurs très parisien. Ça vaut le détour quand même.