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Un visiteur
2,0
Publiée le 20 juillet 2015
Les début du film sont à l’image d’une randonnée pédestre dans un paysage morne et plat, le tout avec un ciel bien gris. Pas de quoi décourager, cependant, le cinéphile qui peut se réfugier dans le jeu des acteurs, en attendant des horizons meilleurs et ce malgré une asthénie contagieuse de Gustave Kervern. Mais cet espoir s’évapore bien vite : cette marche est en fait un cercle vicieux et le ciel gris persiste.
"Dans la Cour", de Pierre Salvadori, est une comédie dramatique sociétale montrant la vie d'un immeuble à travers le point de vue de son nouveau concierge - un peu perdu -, interprété de manière sensible par Gustave de Kervern. Mais la grande figure de ce film n'est autre que Catherine Deneuve, incarnant une femme angoissée jusqu'à la dépression... et l'hystérie. Le film est réaliste, tendance cinéma d'auteur, et des seconds rôles comme ceux de Pio Marmaï ou de Feodor Atkin apportent encore un peu plus de folie et de désespoir à l'ensemble... C'est d'ailleurs le souci principal de ce film que d'être relativement plombant, malgré les touches d'humour que les dialogues et les situations distillent. Au final, "Dans la Cour" se révèle être une tranche de vie aussi réaliste qu'originale.
Même si les acteurs sont bons, le film ne décolle pas vraiment, ressassant à l'envi les mêmes épisodes (entre le gardien et l'homme au chien, notamment). On a beaucoup de mal, au final, à s'intéresser à des personnages aussi éteints, amorphes. Seul moment de pur rock'n'roll : la destruction de la maquette par le chien avec les Cramps en fond musical.
CIBLE EMOUVANTE. Comme toujours, le cinéma de Pierre Salvadori et intelligent et beau. Dans la cour des grands pour ce réalisateur discret mais très convaincant. Cette fois ci ses fêlures ont les traits de Droopy Kervern et de la névrosé Deneuve. Une rencontre originale dans un drôle d'endroit. I'm happy.
J'ai vu un film... particulièrement touchant par les portraits présentés par Pierre Salvadori qui crée un Buddy Movie entre Catherine Deneuve et Gustave Kerver... On est touché par la justesse des personnages, par leurs failles et leurs fêlures... Les dialogues sont touchants et sincères, et les situations oscillent entre burlesques et tragiques. C'est un film qui nous touche et nous emporte dans le quotidien pas si banal de ces personnages. Alors bien sûr, parfois son "faux rythme" le dessert, mais dans l'ensemble, on passe un excellent moment.Et ce qui est intéressant dans ce film, c'est qu'on ne rentre pas par la case "passé" des personnages qui explique le "présent"... Non, on les prend à un instant T, et on les suit dans leurs parcours et dans l'histoire qu'ils se créent entre eux... Et rien que ça, c'est original.
Faire un film sur un sujet aussi peu glamour, voire carrément plombant, que la dépression était un pari un peu risqué et il faut saluer le très grand talent de Pierre Salvadori qui a réussi à en faire une oeuvre délicate et touchante, mais surtout et il faut le souligner drôle. Bien que le film mette en scène deux personnages dépressifs le film n’est jamais noir ou morose, mais au contraire distille une drôlerie vraiment efficace dont bien des comédies plus traditionnelles pourraient s’inspirer. Tout d’abord, les deux personnages malgré leur maladie ne sont jamais tristounets et ils arrivent même souvent à être drôles. Les deux acteurs qui les incarnent sont pour beaucoup dans la réussite de leurs personnages. D’abord, Catherine Deneuve incroyablement convaincante en retraitée pimpante et hyperactive qui sombre inexorablement dans la dépression. Ensuite, Gustave Kerverm, la bonne surprise de ce film, qui avec ce premier rôle d’importance, fait montre d’un talent exceptionnel et plein de subtilité pour camper ce quadra en pleine dépression qui ne survit que grâce à la drogue. Les seconds rôles sont aussi bien écrits : l’agent de sécurité de l’Est SDF envahissant, l’ex-footballeur chômeur et junky et enfin le voisin borné et chiant. Servi par des dialogues et des situations très bien écrits le film se laisse regarder avec beaucoup empathie pour ces deux adultes à la dérive qui ne trouve d’appuis que chez l’autre. Une comédie dramatique très réussie qui arrive au juste équilibre entre drame et comédie. Un vrai enchantement qu’il faut absolument voir.
Antoine, la quarantaine, est à la croisée des chemins. Musicien, il décide de prendre sa retraite artistique pour un job purement alimentaire ; gardien d’immeuble. Il fait la rencontre d’une jeune retraitée qui comme lui est un peu dépressive. Pire elle commence à sombrer peu à peu dans la folie. Une fissure dans le mur de son appartement lui fait croire que l’immeuble va s’effondrer. Elle part en guerre avec à ses côtés un Antoine désabusée mais à l’écoute. Une fissure dans un mur qui symbolise la lente descente vers la folie de Catherine Deneuve ; çà a déjà été fait et avec beaucoup plus de talent. C’est « Répulsion » de Polanski 50 ans plus tard, mais pour un résultat qui restera moins dans les annales. Tout d’abord le scénario aussi fin qu’une feuille à cigarette porte un rythme sous anxiolytique. Parallèlement, c’est peut être un des seul mérite du film ; nous faire toucher, par immersion, la vie de ces dépressifs et de leur mal être. Si ce n’est qu’il n’y a aucune issue dans cette copropriété où tous souffrent de névroses ou de pathologies plus ou moins aigus ; quel tableau chargé tout comme les 15 premières minutes navrantes tellement truffés de clichés et de raccourcis. Même si çà tourne très vite en rond, le duo improbable Deneuve / Kervern offre quelques scènes d’un humour mélancolique atypique. Bilan des opérations : difficile de comprendre les critiques dithyrambiques pour un film mollasson très peu créatif.
Un beau film sur le mal être, la dépression et l'isolement. Catherine Deneuve est formidable (comme d'habitude !) et Gustave Kervern étonnant. Certaines scènes sont fortes et restent ancrées dans votre mémoire.
Un film qui m'a rappelé l'ambiance de Chacun cherche son chat de Klapish où l'on ressent l'âme des personnages dans leur profondeur, leur noirceur, leur solitude, sans masque, sans artifices. La dépression, la névrose sont ici très bien dépeintes. Un film au rythme lent, à apprécier comme tel. Un film sur la solitude, la détresse intérieure. Des personnages assez touchants. L'errance humaine...
un film sombre, réaliste et comique à la fois. Un duo intéressant entre L'acteur KERVEN (que je ne connaissais pas ) et DENEUVE. Dans cette cour d'immeuble aux allures d'un autre temps, se côtoient toute une galerie de personnages fragiles et déséquilibrés . Des situations cocasses certes, mais qui nous font glisser dans la pente de la dépression et des fêlures de la vie. J'ai trouvé l'acteur KERVEN d'une grande sensibilité et d'un charisme fou, DENEUVE excellente dans ce rôle de femme dépressive . Par Pio MARMAI un peu en dessous dans ce film.
Généralement pas fan de ce genre de films, j'ai, comme souvent, essayé d'en regarder un. Et rarement, j'ai été aussi agréablement surpris. Faut avouer qu'avec un duo pareil en tête de liste des comédiens, ça aide pour l'appréciation. Le scénario moins quand même. Un peu poussif, il tarde à démarrer ou s'embourbe par moments dans des histoires secondaires peu passionnantes. Cependant, la majeure partie du temps, on s'attache, on vit avec les personnages et la morosité ambiante ne dérange pas. Honnêtement, ça m'a plu !!
Petit florilège qui dit tout le bien que je pense que ce petit "mélo colis" livré dans une charmante cour d'immeuble : "Chronique tendre sur le mal-être, les fêlures du quotidien. Intelligent, vif, mélancolique et par-dessus tout marqué du sceau de l’authenticité, Dans la cour passe du rire aux larmes avec une aisance de tous les instants en s’appuyant sur des comédiens d’une humanité formidable… Beau et désespéré ! Une réussite que cette noire et drôle chronique de la dépression ordinaire. Un film infiniment aimable. Miroir de notre époque angoissée, ronde joliment désuète de nos solitudes contemporaines, "Dans la cour" a la politesse du désespoir : celle de l’un de nos meilleurs dialoguistes et directeurs d’acteurs. Salvadori se plaît à filmer des scènes complexes où l'apparente légèreté est sans cesse contredite par le mal-être, réel, des deux personnages principaux. En résulte l'impression troublante de se noyer le sourire aux lèvres. Une beauté aérienne, funambule, irradiante, que le film finit par libérer, on ne sait comment." C'est juste. Car comme ils sont touchants !
Pierre Salvadori aime bien les duos et pour "dans la cour" il en écrit un très joli. La relation d amitié entraînante qui va se lier entre le personnage de Catherine Deneuve qui cherche à tout prix à tromper l ennui de sa vieillesse et qui fini par se créer des angoisses et perd pied petit à petit et un formidable Gustave Kervern, parfait dans un rôle de gros ours paumé qui donne plus d énergie aux autres qu il ne s en donne à lui même, fait plaisir à voir à l écran. Salvadori réussit le joli coup de maître de faire un Feel Good Movie en montrant des dépressifs et des personnages tous plus ou moins paumés
La réussite de "Dans la cour" tient à la rencontre Deneuve-Kervern, qui incarnent ici des personnages à la fois fragiles et attachants. Si le film commence avec un ton relativement optimiste, marqué par des situations cocasses et un comique réjouissant, il tombe lentement dans une atmosphère plus sombre qui s'incarne dans le destin de ses personnages (et pas seulement son duo principal). Le film devient moins original dans son second mouvement mais réussit à ne pas tomber dans un conventionnalisme que l'on retrouve souvent dans des petits films français sans grandes idées. L'ensemble est touchant, juste et sait mettre en valeur ses qualités en même temps que de faire oublier ses quelques maladresses.