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Cadreum
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3,5
Publiée le 14 avril 2026
Après les emballements amoureux et les cavalcades burlesques, Pierre Salvadori opère un mouvement (presque) inverse et referme son film sur une cour d’immeuble parisienne. Le monde se contracte. Antoine, ancien musicien vidé de tout élan, accepte un poste de gardien. Mathilde, retraitée attentive, croit discerner une fissure inquiétante sur un mur. Ce qui aurait pu n’être qu’un détail devient un point de fixation, et la comédie, imperceptiblement, ralentit, se densifie, jusqu’à glisser vers l'inquiétude.
La mise en scène accompagne ce resserrement. La cour devient une coupe verticale du social, un petit théâtre où chaque fenêtre cadre, isole, entend et observe. Les plans souvent fixes assignent les corps à une géographie étroite qui produit un étouffement cotonneux. Quant à la fissure, jamais dramatisée, elle demeure ambiguë, réelle ou fantasmée, peu importe au fond. Ce qui importe, c’est l’espace mental qu’elle ouvre. Salvadori fait de cette indétermination sa matière même et laisse le doute circuler.
Le burlesque, signature du cinéaste, se transforme. Avec Gustave Kervern, Antoine n’est plus un moteur comique mais un corps en suspens, ralenti, presque absent à lui-même. Les gags sont ténus. Les gags se raréfient, se dessèchent, et cet humour atone devient la traduction sensible d’une dépression ordinaire que le film refuse de surligner ou d’expliquer. En face, Catherine Deneuve, délestée de toute aura, accepte une fragilité rare, loin des figures féminines vieillissantes habituellement figées dans la dignité ou la caricature.
Les scènes de copropriété, où la parole circule sans résoudre quoi que ce soit, donnent à voir un collectif sincère mais impuissant. Personne n’est tourné en ridicule. Le film capte plutôt l’embarras d’une communauté qui parle pour conjurer la peur sans parvenir à produire une certitude commune. L’enjeu se déplace alors : moins la possible chute des murs que la manière dont l’angoisse reconfigure les liens. Dans un cinéma souvent obsédé par la résolution, la véritable résistance tient peut-être à tout cela.
“Dans la cour” est une comédie douce-amère empreinte d’humanité. Gustave Kervern et Catherine Deneuve forment un duo touchant de personnages mélancoliques qui malgré leurs différences, trouvent une compréhension mutuelle. La quasi-totalité du film se déroule dans cet immeuble et la cour que tous les habitants traversent, créant une atmosphère intimiste.
Les différents personnages sont tous plus pittoresques les uns que les autres, apportant une touche de couleur à cette histoire. Bien que le film se laisse regarder, il ne m’a pas vraiment transporté. À noter : si vous recherchez une histoire légère pour vous remonter le moral, il serait peut-être préférable de passer votre chemin. 6/10
Un film à la fois léger et empreint de tendresse pour ses deux personnages principaux, Antoine, devenu récemment gardien d'immeuble, quadragénaire au caractère à fois faible et généreux et Mathilde, sexagénaire, jeune retraitée, angoissée et obsessionnelle, personnages qui vont se rapprocher avant de diverger, l'un vers la déchéance, l'autre vers la renaissance... Superbe interprétation de Catherine Deneuve, jolie description de la vie d'une copropriété ordinaire
Avec Dans la cour, Pierre Salvadori signe une œuvre délicate portée par un duo d’acteurs inattendu et attachant : Catherine Deneuve et Gustave Kervern. Leur rencontre, à la fois fragile et émouvante, donne au film une humanité singulière. La mise en scène intimiste, centrée sur la vie d’un immeuble, installe un univers familier où chaque détail prend sens. Salvadori aborde avec subtilité des thèmes universels comme la solitude, la dépression ou la peur de vieillir, et parvient à le faire avec un mélange rare d’humour discret et de mélancolie. Cette atmosphère particulière, à la fois douce et grave, rend l’expérience plaisante à suivre.
Cependant, le film souffre de quelques limites. Son rythme volontairement lent risque d’en désarçonner certains, et l’équilibre fragile entre comédie et drame bascule souvent vers une tonalité trop morose. L’intrigue manque d’événements marquants et repose presque exclusivement sur l’intériorité des personnages, au point de donner parfois une impression de stagnation. Quelques situations ou dialogues reviennent de manière répétitive, accentuant ce sentiment d’immobilisme.
En définitive, Dans la cour se regarde avec un certain plaisir, grâce à ses interprètes et à son ambiance singulière. Mais au-delà de cette douceur mélancolique, on en garde surtout l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose.
Drôle et tragique je n'avais pas vu la fin C'est le cinema que j'aime avec de grands comediens émotions rire et pleurs très profond finalement ... la musique très belle ... Deveuve bouleversante et Kervern toujours aussi puissant
Avec sa galerie de personnages gentiment décalés « Dans la cour » aurait pu être une comédie sympathique mais le film de Pierre Salvodari s’embourbe au final dans le conventionnel et piétine dans une histoire qui avance à reculons.
6 216 abonnés
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1,5
Publiée le 17 septembre 2020
Il y a certainement des références comme une fissure dans le mur, mais la fissure va dans une direction complètement différente. Dans Répulsion Deneuve a un jeu d'actrice exagéré c'est un simulacre de folie. Ici elle est une patiente régulière il n'y a pas de folie sauvage c'est un film plus qu'ordinaire. Mais tout le monde dans ce film est un peu fou dans une sorte de comédie noire. La fin n'est pas bonne et j'ai perdu l'intrigue. Il manque définitivement quelque chose a l'histoire. C'est trop faible trop court et n'y a pas de véritable fin. Dans la cour est le seul film avec Catherine Deneuve que je n'aime pas du tout...
Ça commence comme un petit feel-good movie réaliste, un gentil film à thèse (le dépressif ne serait qu’un hypersensible en mal de compagnie) qui déroule sa démonstration de manière plaisante mais parfois un peu lourde et prévisible. Salvadori, qui est tout sauf naïf, redresse la barre avant de sombrer dans l’optimisme béat façon Anna Gavalda et choisit d’aller jusqu’au bout de son sujet, quitte à en embrasser la noirceur irréversible. Malheureusement, on y perd l’identité première du film, qui de toute façon ne démarrait pas sur des bases assez solides pour supporter ce genre de sortie de piste. Avec en plus une réalisation moyenne et un montage qui pose des problèmes de rythme, Dans la cour laisse un petit sentiment de raté, malgré des qualités certaines et un personnage principal touchant et bien interprété. On appréciera l’écho avec le rôle de Deneuve dans Répulsion, où elle était déjà fascinée par les fissures.
Une Comédie dramatique de Pierre Salvadori un peu décevante. Le coté social est intéressant mais le rythme est trop lent et l'ambiance horriblement mélancolique. Le Scénario de Pierre Salvadori, (coécrit avec David Léotard déjà présent pour "Après vous... "), se révèle assez peu palpitant, nous servant une histoire déprimante peuplée de personnages cafardeux à souhait. Dommage, car les interprétations sont parfaites avec une bonne prestation du charismatique Féodor Atkine et une Catherine Deneuve comme toujours très classe dans un rôle pourtant délicat. Quant à Gustave Kervern, il est tout simplement excellent dans son rôle social de brave type qui recueille toute la souffrance du monde.
Bien écrite, à la fois tendre, drôle et triste, cette tragi-comédie se déroule autour de la cour d’une copropriété parisienne avec des habitants des lieux qui sont autant d’énergumènes. Le film de Pierre Salvadori s’appuie surtout sur un incroyable duo de dépressifs qui fonctionne à merveille : Catherine Deneuve, retraitée qui sombre progressivement dans la folie suite à l’apparition d’une fissure dans le mur de son appartement, et Gustave Kervern, ancien chanteur neurasthénique et camé reconverti dans le gardiennage d’immeuble. Tous les deux, ils incarnent à merveille et avec beaucoup d’humour deux êtres inadaptés, qui s’éloignent inexorablement des attendus de leur entourage et du monde. Les seconds rôles sont également tous excellents (Pio Marmaï, Féodor Atkine, Nicolas Bouchaud, Michèle Moretti, Carole Franck,...). Attachant et intelligent.