Je suis allée voir ce film pour le duo d'acteurs... J'ai été très décue, j'ai trouvé ce duo très moyen et l'histoire sans intérets .. Une vraie déception .. Un film que je ne conseillerai pas du tout ..
Symbolisé par la fissure dans un appartement, un immeuble réunit une série de fêlés. Projet sympathique dans cette époque où triomphe un « libéralisme » particulièrement mortifère. Mais si on n’entre pas dans le film, au bout d’un quart d’heure on s’emmerde, et tandis qu’on s’enfonce dans l’ennui vient une furieuse envie de quitter la salle. Un peu maso j’ai tenu jusqu’au bout. La fin s’en tire à bon compte. Fallait-il 97 minutes pour en arriver jusque là ?
Grosse surprise : au lieu d'une comédie légère, comme la bande annonce le suggérait, ce film est fait un drame plutôt grave. Ainsi, si quelques moments comiques sont à signaler au début du film, plus on avance et plus le côté dramatique se fait jour pour finir vraiment mal. La surprise passée, ce film est quand même plutôt bon et aborde de manière intéressante les thèmes de la déprime, de la folie et du malheur plus généralement. On se rend compte que chacun des personnages est plus ou moins fou, et que cette folie est responsable de son malheur. Pas besoin de grand chose pour basculer dans la parano, dans la psychose au point que quelque chose d'anodin peut finalement avoir des effets mentaux très profonds. Le duo Deneuve/Kerven fonctionne bien et le personnage de Deneuve la change un peu de ses rôles habituels. En bref, un film à conseiller mais plus pour son aspect "philosophique" que pour l'humour, très rare que l'on y trouve.
Pierre Salvadori sort d'une trilogie où il se rêvait fils spirituel d'Ernst Lubitsch. Aimer Lubitsch, c'est intelligent. Tenter de l'imiter, un peu moins… Un peu kamikaze disons. Pierre Salvadori décide de refaire enfin un film de Pierre Salvadori. Grand bien lui en a pris, sa comédie dramatique est mieux que ses trois comédies sophistiquées réunies. C'est toujours un grand plaisir de retrouver Catherine Deneuve. Je ne loupe aucun film avec son nom au générique. J'ai même vu Elle s'en va! Catherine Deneuve est la star du cinéma mondial. Dès qu'elle apparaît à l'écran, mon destin est joué d'avance, je ne peux pas lutter. Le film a beau parfois être une bouse sans âme du style L'homme qui voulait vivre sa vie avec un Romain Duris gonflant, je suis quand même ravi. Deneuve nous éblouit une fois de plus. Dans le cour raconte la rencontre entre un musicien camé au bout du roul' et une retraitée névrosée sympathique. Gustave Kervern (Antoine) est surprenant de sensibilité et de délicatesse. Il est bien meilleur comédien que cinéaste lui! Après un gros coup de mou lors d'un concert, Antoine largue tout pour se reconvertir en concierge. Bon… Pourquoi pas… On est au cinéma… Le film s'emballe à partir d'un entretien d'embauche rigolo. On commence à s'amuser. Les dialogues sont fins, les situations légères, les acteurs remarquables. La fameuse fissure est une belle idée de cinéma. Antoine souffre dans sa nouvelle vie: déprim', picole, héroïne… Mais il s'accroche, jongle entre les petits services et apporte son aide à Mathilde. Petit à petit, il remonte la pente. Le film n'est alors pas loin d'être superbe. Malheureusement, il ne tient pas ses promesses jusqu'au bout. Salvadori imagine une histoire forte mais l'affaiblit avec des personnages secondaires redondants. Les apparitions de l'ange déchu du foot joué par Pio Marmaï, de l'emmerdeur insupportable de l'immeuble et du missionnaire envahissant d'une secte louche, divertissantes au début deviennent lassantes à la longue. La santé mentale de Mathilde régresse ce qui plombe Antoine. Le film finit par être pesant. Le huis clos étouffe à force, le tempo s'enlise, l'ennui n'est pas loin… La fin est d'une dureté révoltante. Je suis sorti furieux du cinéma. Pour info… Quand je rentre dans un grand état de colère, je baisse les yeux, je parle tout seul et je marche super vite, longtemps… Ça doit rarement être beau à voir.
Fausse comédie,vrai portrait de plusieurs solitudes qui se côtoient sans jamais vraiment se croiser,quelques scènes de pure poésie(magnifique scène où G.Kervern dit ses sentiments à C.Deneuve assoupie),on n'a cependant connu Salvadori plus inspiré.
Mine de rien, cette histoire tient bien la route. Cette comédie dramatique met en relation des personnages plus écorchés, déchirés les uns que les autres.
Pas de rythme, histoire sans intérêt, une galerie de personnages "allumés" pour compenser, des dialogues indigents, un jeu d'acteur réduit au minimum, de l'ennui au final...grosse déception car j'avais apprécié l'émission qui lui était consacrée sur France culture ("Pojection privée"). Malheureusement ce film n'est pas à la hauteur des références cinématographiques de Pierre Salvadori. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un passage à vide et souhaitons une bonne surprise pour le prochain...Merci pour le plaisir de "retrouver" Catherine Deneuve...
"Dans la cour" est un film doux et triste, une œuvre mélancolique d'une grande beauté. La trame est classique mais ce qu'en font Pierre Salvadori et ses acteurs est magnifique. L'immeuble est représenté comme un microcosme composé d'appartements dans lesquels chacun vit seul – même lorsque les copropriétaires sont en couple, ils semblent en vérité bien solitaires – mais la cour est le lieu de leurs rencontres et Antoine le lien qui les unit, alors qu'en choisissant d'être concierge il n'aspire qu'à la tranquillité et à la discrétion. Son déphasage au sein de ce monde fait de personnalités très différentes est savoureux et émouvant et donne lieu à de belles scènes de dialogues. Voir ces personnages gagnés par la dépression ou la paranoïa tenter de se reconstruire et vivre des choses en commun est tout simplement magnifique. La séquence où Mathilde se rend dans la maison de son enfance est admirable car elle renvoie le spectateur à sa propre réaction s'il était confronté à cette situation, et on sait tous qu'elle serait identique à la sienne, un mélange d'émotion due aux réminiscences surgissant du passé et de déception voire de colère face aux changements ayant eu lieu. Et à côté de cette ambiance dépressive, un penchant pour des situations décalées redonne un peu d'optimisme, un peu de joie dans ce portrait somme toute assez sombre. Le gouffre entre ce chef-d’œuvre et les productions télévisuelles basées sur le même fond qu'on trouve sur toutes les chaînes – "Nos chers voisins" et ce genre de pastilles insipides – est insondable : d'un côté, on a un éloge du conformisme et la simplification angélique des différences humaines tandis que de l'autre, on a juste du beau, du vrai, du sincère.
On est bien loin des bons film que ce réalisateur a fait dans le passe. Celui la est ennuyeux au possible avec une galerie de nevroses ni amusant , ni dramatique mais chiant malgres de bons acteurs pourtant.
Beaucoup de tendresse de nostalgie et de qualité des rapports humain dans ce petit film magnifiquement interprété par un couple impossible, belle image de cette nouvelle société de paumes sans avenir qui se contente de son quotidien.
Une plongée dans la noirceur de la dépression mélancolique. Pour l'une, l'univers familier se fissure, pour l'autre, la drogue estourbit son désespoir. Un très beau film. Les modalités de fleurissement de la cour sont savoureuses. Le regard porté par le héros sur le monde est plein de tendresse, l'excursion dans la maison d'enfance de Catherine Deneuve est elle aussi savoureuse. Le sadisme ou la haine dépressive sont rendus perceptibles.
Dans la cour s’annonce comme une comédie dépressive, ou un drame comique. Il joue donc sur deux tableaux, nécessairement distincts : l’enfer de la dépression d’une part, et la drôlerie du quotidien partagé, de l’autre.
Sur le second volet, le film est relativement admirable. Tous ceux qui vivent dans un immeuble se reconnaitront dans les querelles et les joies de cette cour parisienne de la rue Bichat. C’est admirablement écrit, et à la portée d’un public intergénérationnel venu au cinéma pour se distraire en famille. On le sait, faire rire un public varié est un défi ambitieux.
Par contre, sur la dépression, le film est beaucoup plus ambigu, voire contestable. Les dépressifs sont dépeints comme des personnes au destin unique : un chanteur renommé, un ancien footballeur professionnel, et… Catherine Deneuve qui reste Catherine Deneuve, dont on soupçonne le personnage d’avoir été relativement célèbre. Ces êtres à la sensibilité supérieure s’élèvent clairement au-delà d’une masse informe de beaufs qui vivent dans des pavillons, passent une existence banale dénuée de sens, et s’accommodent du quotidien sans vraiment savoir pourquoi. S’ils ne comprennent pas la dépression, c’est parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Ils n’ont pas cette sensibilité hors du commun, et se laissent enfermer dans ce carcan qui leur permet de vivre une existence supportable.
Certes, la photographie est très belle. Mais même la magnifique scène d’ouverture, qui joue sur le contraste entre un Gustave Kervern semi-clochard amorphe et de gigantesques bulles de savon aux formes aléatoires et aux reflets colorés, est parasitée par un figurant qui hurle sur son comparse. D’entrée, on est prévenu : soit vous être heureux, stupide et bestial, soit vous êtes condamné à la plus passionnante des mélancolies.