Si l'idée de départ était excellente et promettait une comédie grinçante (un père de famille, lâche, s'enfuit devant une avalanche en laissant derrière lui femme et enfant), le scénario tombe dans le travers de l'analyse sociologique extrêmement plombante, à la limite du documentaire, oubliant ses personnages et le public en chemin. Les scènes tirent en longueur pour installer le malaise, et aucune petite touche d'humour ne vient jamais équilibrer cette ambiance lourde qui finit par devenir ridicule et perdre tout son réalisme. Simplement raté.
NUL .. longuet - très longuet .. les décors : si vous aimez le blanc... vous êtes servis... Des avalanches, des questions, des re-questions ... des pseudos dialogues interminables .... A FUIR .... ( juste un passage de glisse sur poudreuse extrêmement sympa..... (c'est le seul moment- il ne faut pas le manquer...........!!! ) Je ne mets pas 0 juste pour ce passage !! **
Le film est loin d'être parfait dans sa construction. Les personnages secondaires en particulier prennent trop de place, ou pas assez, et même s'ils servent effectivement de catalyseur, ils ruinent la belle unité dramatique construite autour de ce huis-clos familial. Snow Therapy reste néanmoins un film extrêmement efficace. L'homme moderne, l'homme occidental, qui n'est plus que l'ombre de lui-même, se le prend en plein dans la gueule. Quelle sera notre réaction face à la peur, face au danger ? De quel côté serons-nous quand le monde chavirera ? Peut-être est-il difficile de prédire. Il y a de bonnes chances quand même que nous soyons nous aussi des Tomas. Mais tant mieux si ça se termine aussi bien que dans Snow Therapy.
Fin pas du tout crédible... Je n'ai pas cru une minute que la famille puisse partir skier alors que l'on ne voit rien avec le brouillard. C'est d'autant moins crédible que la mère s'étant égaré, le père part à sa recherche tout en abandonnant ses enfants à eux mêmes sans être sûrs de pouvoir tous les retrouver dans ces conditions climatiques. Débile ! Un peu de bon sens... Qui ferait un truc pareil ? On n'y croit pas un instant, la happy end est du coup ridicule. Dommage, l'idée de départ était intéressante.
Un rythme lent qui laisse la parole au questionnement et aux doutes. Peu à peu le malaise devient palpable. La tension monte et le silence devient pesant. Tout est remis en question mais la thérapie de groupe, nécessaire et intéressante au niveau de la psychanalyse de l'instinct de survie apporte un apaisement salvateur à l'homme même si certaines scènes du film sont un peu "forcées"
On retrouve dans ce film un gimmick du cinéma de Robert Ostlund à savoir un petit événement qui va et c est le cas de le dire ici faire boule de neige. On assiste à la remise en question du mâle occidental qui s avère bien en dessous des attentes et ceci avec un humour à froid et une acidité diablement efficace. Dommage que le film ne contienne quelques longueurs et redites car c est pour le coup le film que j ai le plus apprécié de son auteur moins prétentieux que dans The Square ou Sans filtre.
Face à des situations extrêmes que ferions nous? Que ferions nous vraiment, sincèrement, honnêtement??? Difficile voire impossible de répondre à ces questions, mais souvent facile de critiquer ou de donner son avis sur les actions des autres. Ici nous avons une situation de danger mortel, le choix d'un homme, l'instinct de survie, l'abandon de tout pour sauver sa peau... Mais là, personne ne meurt et tout le monde se retrouve face à ses choix. On se concentre sur une personne, mais qui nous dit que d'autres, ou nous même, nous n'aurions pas agit de la sorte, difficile à dire comme je le disais. Bref, une introspection intéressante mais qui manque un peu de profondeur tout de même et qui se termine un peu en eau de boudin. A découvrir malgré tout.
Ce drame se construit en cinq parties rythmées par Vivaldi et des paysages enneigés symboliques pour illustrer l'incursion du malaise dans une famille banale suite à la lâcheté soudaine du père. Le mal-être indicible s'exprime évidemment au troisième jour, poussant le couple d'amis à adopter le questionnement attendu du spectateur: "qu'aurais-je/tu fait?" sans atteindre la seule libertaire du film, épanouie en-dehors des canons traditionnels et surtout d'une aura masculine protectrice -spoiler: elle sera d'ailleurs la seule à rester dans le vertigineux autobus sans qu'il soit indiqué qu'elle ait à le regretter . Au sein d'un récit absolument maîtrisé, fait de sourde tension, la fin spoiler: pourra décevoir puisqu'elle semble ne rien résoudre ni recoudre: le retour apparent au cocon neigeux peut sonner comme une normalisation des rapports ou au contraire comme une lésion inguérissable . Le début d'une thérapie peut-être!
Un évènement presque mineur va s'insinuer dans le quotidien d'une famille suédoise (en vacances dans les Alpes) et provoquer une avalanche d'émotions. Cette entreprise de destruction de la cellule est savoureuse, mais s'étire beaucoup trop.
Ostlund propose un scenario pour gratter où cela fait mal, avec la limite que, peut-être, le rapport homme-femme en Suède n'est pas celui de nos pays latins. L'homme semble accusé, mais la femme au final pas innocentée tant que cela. Chacun pourra piocher des bribes de vérité dans ce récit, qui souligne les travers de notre individualisme croissant confronté au tout sécuritaire. Les skieurs casqués, caméra sur le côté sont prêts pour jouer à se faire peur. Il y a ici un vrai savoir-faire à rendre oppressant le joli décor neigeux, à rendre mystérieuses des pistes étrangement vides. Ostlund n'est plus dans le documentaire, mais esquisse un portrait acide, entrecoupé de silences gênés, de nos sociétés satisfaites de leurs addictions faussement consenties: le portable, les vacances de luxe en famille, la liberté de mœurs des adultes…Le couple est au centre, mais pas ce n'est pas seulement lui que l'on scrute avec attention. J'ai regretté le manque de gros plans sur les protagonistes, les sentiments des acteurs nordiques ne se caractérisant pas par une exubérance et, petit détail, suis resté perplexe devant la soit disante vidéo prise pendant l'avalanche. Mais enfin, c'était pour faire monter la tension…. La fin spoiler: aurait être plus violente, elle reste ouverte avant le retour vers la vallée du quotidien. Fin du huis-clos thérapeutique, astucieusement organisé dans un appart familial de montagne. DVD vo décembre 2023
"Snow Therapy" m'a fait une impression finale plutôt étrange; l'impression qu'il ne s'y passse pas grand-chose tout en lui reconnaissant une certaine force artistique et émotionnelle. Ce faux-sentiment de vide est accentué par la lenteur et la redondance rythmant l'histoire et par une intrigue pouvant se résumer en une phrase. Pourtant, celle-ci est intelligemment écrite et nous soumet plusieurs réflexions sur la vie de couple et familiale parfois avec sérieux, parfois avec humour. Notons également la beauté de la photographie et de cette mise en scène soignée. Malgré ses défauts et ses longueurs, ce drame sort assurément de l'ordinaire.
Le ton est donnée dès la première scènes : des photos de famille idéale que le réalisateur fraichement couronné, Ruben Ostlund va creuser pour atteindre une autre forme de vérité et à travers elle une critique du mâle occidental contemporain, égoiste et immature, et accessoirement l'acharnement féminin. Montrer l'indicible est une bonne chose, et c'est aussi le rôle de l'art... le problème c'est que le regard du réalisateur se complait à humilier ses personnages. On ne trouve pas d'empathie une fois la première demi-heure passé et ce film devient alors démonstratif, écueil dans lequel ne tombe pas un Haneke référence de Ruben Ostlund qui, lui, sait élargir son propos et ne se cache pas derrière une ironie facile.
J'ai beaucoup aimé la scène de l'avalanche, sa rapidité, la façon dont elle s'inscrit dans l'histoire, sans s'annoncer ni en faire des tonnes. Un événement à priori sans conséquence mais qui est en réalité l'origine du drame qui va se nouer et s'étendre au-delà même du couple. La propagation du questionnement au couple d'ami est d'ailleurs la principale bonne idée de la seconde partie du film. Comme eux on s'interroge de ce qu'aurait été notre réaction et de ce qu'il traduirait vraiment de nous mêmes. Cette réaction intime et soudaine est elle pertinente et signifiante dans un monde moderne fait de choix réfléchis où les situations de vie ou de mort seront pour beaucoup jamais vécu ou est-elle un révélateur inconscients de non-dits structurants la relation de couple ? Le thème de Force majeure est donc intéressant mais c'est un peu court pour un film de deux heures qui tourne au ralenti. Certains plans sont très réussi (le plan fixe sur le dîner) mais c'est très formel et surtout trop lent. L'installation progressive de mon ennui a également été précipitée par certaines réactions assez incompréhensibles (pourquoi le couple rit il après sa dispute avec ses enfants, pourquoi le réalisateur coupe-t-il sa caméra à chaque fois que Tomas semble être forcé à prendre une décision ? pourquoi systématiquement lui laisser une échappatoire lorsqu'il doit s'expliquer ?). La fin ne résout rien car notre héro ne parvient qu'à prendre une demie action. Pour être honnête on ne s'attendait pas à autre chose.
Un film que je conseille aux amateurs de symbolisme montagnard, et surtout à ceux qui ne sont pas trop allergiques aux crises psychologiques nordiques à la Haneke ou Von Trier ! On est dans les Alpes, mais avec cette famille suédoise, c’est bien une atmosphère scandinave qui se présentera à nous. Ce qui s’apparentait à des sports d’hiver on ne peut plus paisible pour une famille occidentale moderne deviendra une épreuve, au sens physique un peu, psychologique surtout. A travers un événement déclencheur (l’avalanche), le cinéaste déconstruit petit à petit la cellule familiale, et interroge sur tous les non-dits, les lâchetés, les dénis, les rôles désignés au père et à a la mère, etc… Des questions intéressantes, certes, mais on reste un peu trop en surface à mon gout. On comprend assez vite où le réalisateur va aller, et du coup les deux heures paraissent trop peu remplies. Pour ce qui est de la forme, il y a du bon et du mauvais. Le bon, c’est le cadre montagnard, filmé avec intelligence. Il symbolise tour à tour l’épreuve à passer, la peur, la solitude, mais aussi le lieu de vacances moderne et paisible en apparence. Des montagnes métaphoriques, donc. Par après, il y a aussi une certaine artificialité dans la mise en scène, avec beaucoup de blabla et de personnages à la fonction purement symbolique (les autres couples qui ne sont là que pour écouter le couple principal) ; je ne suis pas sûr que cette artificialité soit voulue, et ça casse quelque peu la tension selon moi. En bref, un film moyen, dont j’ai plus apprécié la partie Snow que la partie Therapy.