(...) À l’instar de n’importe quel found-footage à la mode, un personnage suit et filme en permanence. Mais loin d’être un procédé purement scénaristique et inexplicable, il s’agit plutôt d’un moyen d’aborder la vision métaphysique qu’a l’auteur de lui-même.
Ce garçon – en apparence le plus jeune – qui filme tous ces ébats, ces prises de drogues, ces moments vides, ces humiliations… C’est Larry Clark. Un Larry Clark de 14 ans omniprésent qui renseigne sur le rapport de l’auteur à la jeunesse, et nous renvoie plusieurs facette de lui-même, dans les personnages adultes. C’est ce qu’est pour moi, THE SMELL OF US :
Un autoportrait d’un vampire dont l’immortalité résiderait dans ce besoin de capter, d’absorber l’énergie et l’essence juvénile.
Larry Clark ce vampire, absorbe plusieurs énergies différentes, et est montré sous plusieurs formes.
– ce vieux gay solitaire qui doit sucer cette énergie physique, quitte à se retrouvé dépouillé, blessé, humilié
– ce prédateur qui assume son attirance immorale, et ainsi vole l’estime de soi de ces jeunes faibles
– celui qui, repéré, fuit, voleur d’innocence qui ne s’assume pas. (le conducteur)
– cette vieille dame, ces parents, qui tout en cherchant à transmettre un héritage culturel et construire ainsi, indirectement la jeunesse, aspirent toute envie de se construire par soi même.
– La mère de Mat Folle, obsédée et compulsive, droguée (à l’affection, aux substances, eu sexe)… Irrémédiablement attirée par sa progéniture, son engeance (ironiquement, la mère de Mat) Elle consume l’espoir d’une identification en une présence parentale.
– ce jeune ado asexué et passif, qui tente de capter l’essence juvénile. Pour en faire quoi lui demandent ses amis… Un film comme THE SMELL OF US, Bully, Kids, Another day In Paradise ou Ken Park, me dis-je.
Larry Clark se montre également sous deux autres formes fusionnées, moins nocives, plus passives
– Rockstar. Le vrai Larry Clark, celui qui vit ouvertement au milieu de cette jeunesse, et est accepté en tant que tel. Un personnage somme de ceux-précédemment citées, épuisé et conscient de son impact, vivant une forme de purgatoire au milieu de ses victimes.
– Michael Pitt (un des jeunes de Bully) enfin, qui incarne le devenir d’une « victime » de Larry Clark. Une fusion abstraite du metteur-en-scène et de ceux qu’il filme. Un terrifiant reflet de ce jeune montré dans THE SMELL OF US, lui – ayant existé par le passé, l’espace d’un instant, avant de ne devenir qu’une ombre de lui-même (...
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