Signé Blake Edwards (oui oui !), un polar noir très stylisé, à l'atmosphère angoissante, mais terni par une intrigue qui manque de souffle. Tellement dommage ! 2,75
Blake Edwards n'était pas qu'un spécialiste de la comédie. Il l'a prouvé dans différents genres comme ici, où le suspens est à son comble, grâce, notamment, à la performance géniale de Ross Martin, futur Artemus Gordon dans une série devenue culte. Face à lui, la jeune Lee Remick est remarquable de fragilité et d'audace mêlées. Nombre de scènes frappent la rétine durablement. Pour ma part, j'adore celle qui ouvre le long-métrage, qui voit l'héroïne conduire sa décapotable sur le Bay Bridge pour rejoindre son domicile à San Francisco. Accompagnée d'une musique menaçante d'Henry Mancini, la séquence, d'une merveilleuse fluidité cinématographique, plonge le spectateur dans le mystère de la nuit et l'écrin d'une ville unique.
Les codes du film noir sont là, et assez maitrisé à bien des égards, mais le film porte des faiblesses qui ne le feront jamais rentrer au Panthéon des films noirs. La scène d'introduction est admirable, très peu de plans et une utilisation des noirs et blancs admirable, la construction comme un thriller, et la course poursuite dans un embouteillage humain, il fallait y penser. Le méchant, est plutôt bien campé et donne une vrai dimension à ce psychopathe. Ce qui pêche, ce sont quelques longueurs, l'héroïne arrive à joindre un agent du FBI et celui-ci, rien qu'avec un nom, court pour secourir cette femme en danger, tout cela parait bien peu réaliste, et enfin, que ce soit Glenn Ford, ou Lee Remick, ils sont sous-exploités, ils devraient camper des personnages dont le profil serait plus construit. Ici, il y a le mieux qui côtois le moins bien.
Je suis terriblement désappointé de mettre seulement la moyenne à l'oeuvre de Black Edwards qui se lance après avoir travaillé dans le registre de la comédie, dans un polar bien noir sur fond de terreur et de phobie. En effet, la première demi-heure joue avec les nerfs du spectateur interpellant chez celui-ci la peur qu'un inconnu nous observe, nous espionne (Ross Martin dans le rôle du psychopathe est parfait). Le scénario bien qu'une nouvelle fois assez classique permet grâce aux innombrables effets de lumières de nous plonger à Twin Peaks dans un isolement pourtant pas évident, car on se trouve dans San Francisco, des plus total. C'est frissonnant, angoissant et pourtant cet atmosphère des plus inquiétants va vite laisser place à une enquête policière banal, sans grand plongeon et surprise même si l'inspecteur Ripley joué par Glenn Ford reste des plus convaincants. Mention spécial à la bande sonore qui participe à l'écoulement et au développement de cet atmosphère. C'est réussis sans être un pur chef d'oeuvre.
Bien filmé, bien adapté, bien interprété (Ford et Remick parfaits) avec une bonne musique et une belle photographie (c'est plus facile à San Francisco qu'à Sarcelles), ça se laisse voir.
Le film sait nous mettre dans une ambiance pesante et la musique est astucieusement utilisé comme un déclencheur. Malheureusement, à chaque moments clés ou on veut connaitre le dénouement une idiotie nous ai pondu, la crédibilité ne tient pas la route dans ce triller qui se veut sérieux. De plus la lenteur du rythme est de plus en plus dur à encaisser au fil du temps car notre confiance étant bafoué par ces absurdités scénaristiques nous sommes moins amène à sacrifier notre temps.
Ce film est frustrant de part ses choix scénaristiques ridicules.
Pour moi c'est le meilleur film de Blake Edwards et l'un des meilleurs films noirs US. Avec un Glenn Ford fantastique, une Lee Remick hitchcockienne, un Ross Martin terrifiant et une musique d'enfer de Mancini. Bref un très grand film noir à la limite de l'horreur. On se dit que Blake Edwards aurait dû faire beaucoup plus de films noirs.
Blake Edwards est surtout réputé pour ses films comiques, notamment sur le thème de la panthère rose mais il a aussi réussi quelques policiers dont le fameux « Allo Brigade spéciale » avec un plateau de choix : Glenn Ford, Lee Remick et la jeune Stephanie Powers. Homme touche à tout, il a été acteur, producteur, réalisateur, assistant … Il parvient à nous captiver dans ce policier à mi-chemin entre le film noir et le thriller. Les jeux de caméra sont parfaitement maîtrisés et le noir et blanc contribue à rendre l’atmosphère presque hitchcockienne. Le suspense est total et va crescendo tenant le spectateur en haleine. Je recommande ce film.