A l'image de l'apparition d'Hitchcock dans le film, inhabituellement peu discrète, le film souffre de plusieurs erreurs qui nuisent à l'histoire. On a beaucoup parlé du flash back du début qui, en fait, était un mensonge. La plupart du temps, les flash back servent au cinéma à rétablir la vérité : cette audace d'Hitchcock n'a pas l'effet escompté et gêne plus qu'elle ne surprend. L'interprétation est, quand à elle, disparate, avec Marlène Dietrich dans un rôle qui devrait lui aller comme un gant mais elle semble un peu lasse, est ce le fait qu'elle doive partager l'affiche avec Jane Wyman ? Celle ci, qui a été très critiquée par Hitchcock pour son attitude au cours du tournage (elle voulait être "aussi belle" que Marlène), rentre assez bien dans l'univers hitchcockien. C'est sur elle que reposent pratiquement toutes les scènes de suspens, car elle joue un double jeu pour aider un homme qui, pourtant, ne l'aime pas. Quand aux acteurs anglais (le père de l'héroine et le policier), ils dénotent par leur diction choisie et leur jeu un peu forcé. Tant est si bien qu'on a quelque peu décroché quand arrive le rebondissement final, amusant mais pas véritablement excitant.
Un classique que j'ai tardé à visionner, et pourtant quel grand film, l'intrigue et la réalisation sont superbes, grâce à HITCHCOCK le maître incontestable du suspense. Beau casting, Wilding est d'une beauté incroyable, Dietrich et Wyman sont sublimes.
Le Grand Alibi est surtout connu pour son astuce narrativespoiler: (un flashback mensonger) qui avait dérangé une grande partie du publicspoiler: (il sera pourtant moins choqué quelques mois plus tard par le Rashōmon d’Akira Kurosawa qui se rapprochera de cette technique) . Si le public a été gêné par cette façon de raconter son histoire, cela est peut-être dû au fait que la résolution de l’intrigue est assez faible notamment à cause d’une révélation mal amenéespoiler: (le fait que Jonathan soit un meurtrier récidiviste n’est aucunement amené dans le récit) . Nous ne sommes donc pas face à une œuvre majeure du Maître du suspense. Pourtant, l’ensemble reste très divertissant : si on n’est aucunement effrayé comme on pourrait l’espérer de la part du cinéaste, l’intrigue, portée par l’excellente Jane Wyman (pourtant très différente des canons de beauté habituels des héroïnes hitchcockiennes) et la star Marlene Dietrichspoiler: (qui use de ses talents d’actrice et de chanteuse à travers l’interprétation de The Laziest Gal in Town, dans une séquence qui semble un peu gratuite et filmée essentiellement pour exploiter commercialement les dons musicaux de la comédienne, et La Vie en Rose) ,est agréable à suivre. En outre, la mise en scène d’Hitchcock est toujours aussi brillante et inventivespoiler: (dans une séquence, il semble utiliser la rétroprojection pour créer un effet de demi-bonnette…) et le récit fait preuve de l’humour typique du réalisateur. En somme, en plus de marquer l’unique collaboration entre Alfred Hitchcock et Marlene Dietrich, Le Grand Alibi est une intrigue policière plaisante même si il est un whodunit (principe narratif peu apprécié du cinéaste) et s'il ne peut pas être considéré comme une des grandes œuvres de son réalisateur.
Voilà un film déroutant, car, dès les premières images ont se retrouve dans l'univers de Hitchcock, la musique qui accompagne le lever de rideau est ressemblante à celles qui ont accompagnées le film du maitre du suspense, le rythme du début, l'intrigue, l'histoire qui nous est, semble-t-il raconté par un flash-back, qui s'avère ne pas en être un, idée géniale pour casser les codes et puis, et puis, cela s'étiole. On a parfois des moments de pure comédie, puis de pure romance, on joue la carte glamour avec Marlène qui chante et qui surjoue la femme fatale, un mélange qui détonne, et surprend, pour finir sur un vrai retournement rebondissement et un tombé de rideau final qui clôt l'histoire comme elle a commencé, de manière théâtrale. Donc, on peut voir beaucoup de qualité à ce film, de par sa mise en scène, les éclairages, la distribution, mais, cela n'empêche pas quelques longueurs, le film dirait-on est construit de scénettes, qui parfois ralentissent le sujet et font retomber le rythme. Mais, sans les défauts de certains films, Hitch, n'aurait pas réalisé des œuvres grandioses. Film méconnu, qu'il faut redécouvrir pour voir, si vous en doutiez encore, la palette sans fin de ce réalisateur.
Un film indigne de Hithcock. Le maitre nous avait habitué à beaucoup mieux que ce petit film noir, efficace et malin, mais incomparablement inférieur à sueurs froides ou encore Psychose. Seules quelques scènes sont très réussies. De plus, Marlene Dietrich semble éteinte. Déception.
"Le grand alibi" passe pour un Hitchcock mineur; le film n'en demeure pas moins une comédie policière très honorable qui trouve complètement sa place dans l'oeuvre de son auteur. On retrouvera ici la disposition la plus classique des énigmes hitchcockiennes: un faux coupable, par jeune femme amoureuse interposée, doit faire la preuve de son innocence; et un suspense moins attaché au sens global de l'intrigue qu'aux détails les plus prosaïques qui peuvent permettre ou empêcher sa résolution. Avec humour, Hitchcock raconte les efforts d'une jeune femme pour disculper l'homme qu'elle aime. Les tentatives d'Eve (Jane Wyman) pour faire porter l'attention de la police sur la vraie coupable oblige l'héroïne à jouer la comédie. L'art de la comédie est d'ailleurs un thème majeur du film en ce que le réalisateur l'assimile à l'art du mensonge. Dès lors, la lutte semble inégale entre l'actrice débutante qu'est Eve et la comédienne confirmée et expérimentée qu'interprète Marlene Dietrich. Dans ce registre, le dénouement de l'intrigue ne sera pas sans nous surprendre, révélant a posteriori la malice et l'originalité de la mise en scène. Un film habile et intelligent.
Deuxième titre réalisé ( 1950) après son bref retour en Angleterre et " les amants du capricorne", " le grand alibi" ne fut pas particulièrement bien accueilli à sa sortie, ni par le public, ni par la critique.
Un jeune homme va voir une amie et lui demande de le cacher. Il aurait été victime d'une manipulation de sa maîtresse, une actrice qui tente de lui faire endosser le meurtre de son mari.
Un mot sur son titre " stage fright" ( autrement dit " le trac" mais surtout un jeu de mot mêlant la peur et la scène). Le titre français ne rend pas compte du déroulement de l'action : il n'est jamais question d'alibi dans le scénario si ce n'est plutôt de manipulation.
C'est bien en effet de manipulation qu'il s'agit ici ( le spectateur l'est d'ailleurs aussi, on lui fait vivre cette expérience dans sa propre chair). Les personnages ont tous un côté dissimulé, le rôle du comédien constitue la métaphore de la manipulation, du mensonge.
Les détracteurs du titre relèveront (à juste titre) que " le grand alibi" a pour défaut de perdre de son effet de surprise à sa deuxième vision. Mais est-ce ici un défaut ? je ne le pense pas du tout, je dirais même "au contraire".
On notera la prestation de Marlène Dietrich qui coiffe toute la distribution, de son charisme, de sa beauté et rend la vision du titre indispensable pour l'amateur de l'actrice et de la filmographie du metteur en scène.
La documentation fait part des problèmes que posa à Hitchcock, Jane Wyman (ex épouse de Ronald Reagan).
L'ego de l'actrice, son statut de star de l'époque, la poussaient à ne pas respecter les indications du maître.
Son tropisme de caractère la poussait aussi à vouloir se hisser ( la tâche lui était malheureusement pour elle impossible et de très loin) à la hauteur de Dietrich (Wyman exigea que son nom soit au même niveau que celui de Dietrich sur l'affiche et cité en premier).
Le titre mérite largement d'être vu, bien qu'il ne figure pas dans la longue liste des titres les plus connus du cinéaste. Le premier quart d'heure est particulièrement excellent.
Un très bon Hitchcock avec toujours une finesse de réalisation, une certaine facilité d'ailleurs, des acteurs convaincants et une intrigue certes moins dynamique que certaines de ses œuvres mais assez passionnante.
"Le grand alibi" (Stage Fright) (1951) TCM Cinéma le 17.03.2017
De tous les films que j'ai alors vus d'Hitchcock, ce n'est pas ce grand alibi de 1951 (Stage Fright) qui m'ait fait la plus forte impression. En outre, la diva de l'époque censée attirer les foules a plutôt eu un effet répulsif sur moi plutôt qu'autre chose ! Elle n'ajoute rien, mais alors rien à l'histoire. Quant au casting, il est très très moyen à l'image du reste du film. La seule qui m'ait fait sourire c'est la rombière du stand de tirs aux canards à la kermesse...C'est toutefois un bon polar, sans plus, qui a permis au grand Alfred de se rôder ! Il est vrai que quand on a eu droit au meilleur du maître, la comparaison avec des films moins prestigieux et moins aboutis, est plus sévère. Néanmoins, la réussite populaire n'a pas non plus été au rendez-vous avec un peu plus de 500 000 entrées. En 1951, c'était loin d'être un plébiscite ! willycopresto
Thriller assez méconnu du maître, "Le Grand Alibi" est pourtant d'un bon niveau. Reprenant le scénario d'un innocent qui doit le prouver, comme "le Faux Coupable", le film se permet un final bien différent avec un twist bien amené. Comme toujours, Hitchcock maîtrise toujours aussi bien sa réalisation et son rythme et rend son film captivant jusqu'à la fin. Un bon thriller bien ficelé, bien réalisé et bien joué, digne de son réalisateur !
Le Grand Alibi, 1950, d’Alfred Hitchcock, avec Marlène Dietrich. Pour une fois, voici un Hitchcock qu’on oubliera assez vite. Marlene ne correspond pas du tout à la « blonde » hitchcockienne, et elle joue faux, comme si elle se demandait ce qu’elle fait là, et nous avec ! L’histoire est plutôt bien ficelée, avec ce flash back au début du film, qui nous égare astucieusement, mais elle traîne en longueur dans la deuxième partie, jusqu’à l’ennui. Un homme, dont on est certain de l’innocence, se comporte en coupable et tente de sauver son improbable amoureuse (une artiste, chanteuse), dont il est certain qu’elle a tué son mari. L’une de ses jeunes camarades (une apprentie comédienne), amoureuse de lui, va tenter de le disculper avec l’aide complice d’un père adorable et d’une mère un peu « à l’ouest », mais la jeune fille va s’éprendre de l’inspecteur chargé de l’enquête, style gendre idéal….Marlene a beau jouer quelques numéros d’ensorceleuse, avec sa voix inimitable, on n’arrive pas à entrer dans le récit, ou alors, on est trop content d’en sortir !
Parmi les films peu connus dAlfred Hitchcock figurent pourtant quelques très bons métrages. "Stage Fright" se suit sans réel engouement mais avec plaisir, grâce notamment à quelques personnages attachants. Il y a bien sûr Eve la jeune comédienne qui na pas froid aux yeux, mais aussi Wilfred le gentil détective, sans oublier le père dEve, drôle, débrouillard et aimant. La palme de lantipathie revient au contraire à la chanteuse vedette Charlotte Inwood, incarnée par Marlene Dietrich. Celle-ci fait de lun de ses courtisans le suspect parfait suite à lassassinat de son mari. Contraint à la cavale, Jonathan Cooper trouve des alliés pour enquêter et établir la culpabilité dInwood. Le rythme global nest pas particulièrement soutenu, lintrigue ne semble pas en mesure de nous offrir des masses de rebondissements, et pourtant Voilà un film policier plutôt futé, tantôt grave, tantôt plus léger avec de jolis moments de comédie bien dialogués et joués (scène où Eve présente Cooper et la situation à son père ; scène où ce même père rend visite à sa fille chez son ex-femme). Le traditionnel caméo du Hitch nest pas spécialement discret, ce qui déroge à son habitude. Si le titre original savère moins vague que ce "grand alibi", mention est à accorder au doublage français dépoque, très réussi.