Je ne vais pas le cacher, ce film m’a plutôt déçu en dépit de son casting attrayant. Pour moi, le souci majeur de ce film c’est l’écriture. Sur un scénario prometteur à la base, le film n’arrive malheureusement pas à vraiment bien doser ses éléments. L’aspect comique est assez trainard, malgré quelques running gag amusants, la dimension romantique est ténue et tient à quelques petits échanges timides mais pas forcément très naturels, sans doute car Cagney ne fait pas dans son éléments, et l’aspect dramatique est carrément très adouci, mais à la limite pourquoi pas, c’est une comédie romantique. Non, le scénario est assez mou, l’histoire en forme de flashback n'était pas forcément le choix le plus heureux et dans l’ensemble ça manque de peps, de verve, le film semblant trop s’appuyer sur le seul attrait de ses comédiens. Alors oui, Rita Hayworth est clairement dans son élément et crève l’écran dans son rôle de femme glamour et un peu fatale quand même ! Elle est excellente et éclipse sans grande difficulté une Olivia de Havilland un peu en dedans, mais son personnage aussi, plus timide et discret, veut cela. Pour moi c’est surtout Cagney qui ne va pas trop. L’acteur avec sa gueule burinée ne semble pas à l’aise dans ce rôle à contre-emploi. On ne croit pas à ses amours, que ce soit avec Hayworth ou Havilland. Quant à Jack Carson il est quand même très fade et ne m’a pas marqué plus que ça. On pourra en revanche apprécier quelques seconds rôles hauts en couleurs avec George Tobias et Alan Hale.
Sur la forme, la photographie est belle, il y a un certain raffinement des décors, des costumes surtout, c’est un film élégant et chic, assurément, avec un certain budget, je n’en doute pas. De ce point de vue le film ne déçoit pas, en revanche Raoul Walsh livre une mise en scène un peu impersonnelle et sans grande idée. Le réalisateur a énormément tourné, et pour ma part on sent ici le côté routinier du réalisateur en mode travail à la chaine, notamment dans les quelques gags visuels qui sont mis en scène avec une certaine paresse.
A noter côté bande son qu’il y a des passages chantés heureusement courts et pas trop nombreux, j’ai vraiment eu peur car ça m’agace généralement assez !
Ma conclusion c’est que sans être un mauvais film, La Blonde framboise relève de la comédie romantique routinière des années 1940, un film assez paresseux réhaussé heureusement par la présence magnétique de Rita Hayworth qui illumine le métrage d’un glamour bienvenue. C’est fonctionnel et parfois distrayant, mais mineur.