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chrisbal
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3,0
Publiée le 28 août 2024
Une très belle photographie et les magnifiques paysages des Rocheuses font de ce film d'aventure (plus qu'un western), un plaisant divertissement porté par Robert Redford et quelques très bons seconds rôles (notamment Will Geer en trappeur initiateur et Stefan Gierash en chasseur extravagant). Les 3 parties sont inégales avec une préférence pour la première (la découverte et l'adaptation à cette nature sauvage) qui met le spectateur en totale immersion alors que la dernière (la vengeance) est plutôt vite expédiée malgré de bonnes scènes d'action. L'ensemble se laisse regarder sans trop d'ennui, à condition de faire un effort minimum de contemplation.
Que nous dit Pollack exactement ? Il s'attarde donc sur trois points : La société américaine – La Religion – la Guerre. La société américaine donc : JJ la rejette au point de déserter, de s'enfuir dans un nouveau monde, un monde qui n'est pas le sien (on le voit bien au début, il y est mauvais chasseur, mauvais pêcheur, et même les indiens (vrais maîtres des lieux) le considèrent comme quantité négligeable...) et donc il ne possède pas les clés pour s'y intégrer. La question alors est pourquoi préférer ce monde " sauvage " à la civilisation ? je l'ai dit la conception de civilisation de JJ n'est pas celle de l'Amérique en guerre. Ni celle d'une Amérique religieuse... Ensuite le film nous montre finalement que c'est par la Guerre que JJ parvient finalement à s'intégrer, à faire partir de ce monde et à gagner le respect des Indiens. A ce titre le plan final est représentatif, lorsque enfin l'indien qui l'ignorait au début le salut avec respect alors que la chanson nous dit " et on raconte, qu'il y est encore "... Le vrai JJ lui n'y est pas resté. On ne parle donc pas vraiment de Johnson à ce moment là, sinon peut-être de sa légende... Doit-on comprendre que l'Amérique doit continuer à se battre ? Peut-être pas, mais doit-elle revenir de là-bas : non... un western de toute beauté où la nature partage le haut de l'affiche avec un grand Robert Redford. Biographie quelque peu remaniée, Jeremiah Johnson fascine par cette volonté farouche d'isolement de la part du héros. Une fuite de la société et de sa violence qui le fera passer de vie à survie et du statut de simple déserteur à celui de légende vivante au milieu de montagnes peu hospitalières.
Un homme visiblement ancien militaire ayant pris part à des combats fuit la « civilisation » pour vivre dans la nature et les montagnes rocheuses. Seulement même au cœur d’une nature à la fois dure et florissante il va retrouver cette violence qui semble être au cœur de cette conquête de l’Amérique. Jeremiah Johnson est un très beau film naturaliste qui utilise parfaitement ses merveilleux décors naturelles. Robert Redford illumine le film de sa présence et à sûrement beaucoup influencé Leonardo Di Caprio pour The Revenant avec celui ci. C’est du grand spectacle parfaitement maîtrisé, cela traverse le temps sans dommages.
Quasiment la même chose que "Danse avec les loups", mais en beaucoup moins bien. Le défaut majeur du film réside dans sa lenteur. On s'endort. L'absence de voix off, au contraire de "Danse avec les loups", renforce l'ennui. La musique ne vaut pas un clou, c'est ce qu'écoutent les vieux avant de dormir la nuit. "David Crocket", alias Robert Redford, a moins la classe que d'habitude, c'est du moins mon sentiment.
Un film assez intimiste du fait de progresser au plus près avec un Redford toujours aussi charismatique et pudique à la fois. Cette partie de vie d'un homme face à ses nombreuses émotions comme ses déceptions, son espoir dans l'humain ou sa haine dans un décor grandiose mais violent et cruel donne à réfléchir. Un film abouti mais difficile à aborder.
En 1972, Sydney Pollack livre un western naturaliste inspiré de la vie d’un homme ayant fui la civilisation pour vivre seul dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXème siècle. A la fois chasseur et explorateur, ce trappeur (Robert Redford) doit affronter les nombreux dangers qui règnent dans ces régions inhospitalières. Même si le récit contient une histoire de vengeance, on a plutôt le droit à une œuvre contemplative évoquant la difficile harmonie entre l’homme et la nature. On peut regretter que les passages où l’action pointe le bout de son nez (l’attaque du grizzli, celle des loups ou bien les combats avec les Indiens), soient mis en scène de manière peu réaliste, tranchant clairement avec le caractère quasi documentaire du reste du film. Bref, une aventure humaine où la vie ne tient qu’à un fil.
C'est finalement plus un film d'aventure qu' un western. Paysages somptueux des Grandes rocheuses des États-Unis, le film vaut surtout pour son rapport à la nature et à l'homme immergé dedans. Redford est impeccable en trapper amateur au grand cœur mais le film aurait a mon avis mérité plus de longueur et plus de forme dans sa photo et sa mise en scène. C'est tout de même très honorable !
Beau film et belle histoire, même si certaines scènes sont quelque peu téléphonées. Les 30 dernières minutes prêtent tout de même à sourire (et que je te les tue un à un..) Belles images.
« Jeremiah Johnson » est un film magnifique signé de Sidney Pollack, réalisateur, entre autres, de : On achève bien les chevaux, Yakuza, Les trois jour du Condor, Out of Africa…
L’histoire est celle (légèrement expurgée) d’un « mountain man » ayant réellement existé et devenu légendaire…
Ce récit est servi par un scénario très sobre rehaussé par une photographie remarquable due à Duke Callaghan qui nous offre les paysages magnifiques des Rocheuses (le film fut tourné en partie dans l’Utah).
C’est d’ailleurs une des grandes réussites de ce film que de faire percevoir l’aspect sauvage, difficile à vivre de ces montagnes. On ressent le climat, le froid coupant comme un couteau. La grandeur pure et rude de la nature, ses rocailles, ses animaux et ses immenses forêts…
Au milieu de cet espace sombre et grandiose, l’homme. Les trappeurs et les indiens. On découvre leur quotidien : se déplacer dans un environnement dangereux, survivre plutôt que vivre… Surtout pour les trappeurs !
La Nature, Jeremiah Jonhnson s’y réfugie pour échapper au monde dit civilisé… La quête de la pureté… Il va devoir apprendre la survie… Se confronter aux autres trappeurs et aux indiens… Et déchanter…
Tout cela est montré sans idéalisation… Pollack s’est attaché à ne pas tomber dans le manichéisme. Le milieu naturel rude et imprévisible n’est ni bon, ni mauvais… Il exige une initiation pour y survivre. Et du respect ! Les indiens ne sont ni bons ni méchants globalement. Ils sont divers, tantôt accueillants, tantôt dangereux… Et surtout les connaisseurs affirment qu’ils sont représentés de façon très réaliste… Grande qualité du film…
Formellement, le film vaut surtout par la qualité de son scénario (signé Jonh Milnius) découpé en deux parties. La première que l’on pourrait définir comme ascendante, la seconde illustrant le retour vers les démons de l’homme la transgression, la vengeance, la violence… Le film en VO est ponctué de très belles ballades… Qui deviennent, me dit-on, ridicules dans la VF… Le jeu de tous les acteurs est simplement parfait… A commencer évidemment par Robert Redford… Le récit se déroule lentement, prend le temps de la contemplation au milieu ces espaces magnifiques, en soutenant avec efficacité, HUMOUR et honnêteté le long parcours quasi initiatique de Jeremiah Jonhson…
UN WESTERN VRAIMENT ATYPIQUE A VOIR, NON PAS PARCEQU’IL S’AGIT D’UN FILM CULTE… MAIS POUR RESPIRER !
Western contemplatif et bucolique dans sa première heure, Jeremiah Johnson bascule dans un récit de vengeance dans un deuxième temps. Enfin, basculer est un bien grand mot, tellement les choses coulent d'elles-mêmes tout au long du film. Pollack multiplie les plans de paysages à la fois superbes et dangereux, et sinon la caméra est tout entière centrée sur Redford qui fait passer toutes les nuances de son personnage avec peu de mots et beaucoup de regards. Beaucoup de mélancolie dans ce récit (encore accentuée par les chansons qui viennent s'y glisser, à ce sujet la VF est pitoyable, désolé de le dire), et un parcours initiatique plutôt bien mené mais pas spécialement bouleversant. Ce n'est pas un sommet du genre mais ça reste agréable, en dépit d'une fin un peu sèche.
Synthèse des romans "Mountain Man" de Vadis Fisher et "Crow Killer" de Raymond W. Thorp et Robert Bunker, "Jeremiah Johnson" est assurément LE chef-d'oeuvre d'un Sydney Pollack magnifiant les superbes montagnes de l'Utah, hymne contemplatif d'une beauté fracassante à la nature âpre et sauvage mettant l'homme face à ses propres limites et à son instinct de survie. Dans le rôle titre, Robert Redford est éblouissant et trouve le plus beau rôle de sa carrière.
"Some say you're dead on account of this. Others say you never will be on account of this."
Trajet initiatique à travers les montagnes encore sauvages de l'Ouest, l'histoire de Jeremiah Johnson
D'abord réalisateur de télévision, Sidney Pollack livre ici son 7ème long métrage, 2ème collaboration (sur 7) avec Robert Redford, scénarisé par John Milius (scénariste et réalisateur éclectique) et le double oscarisé Edward Anhalt. Long chemin initiatique avec une narration exclusivement objective, l'oeuvre peut presque s'apparenter, parfois, à une sorte de docufiction sur la vie dans les Rocheuses au milieu du XIXème siècle, territoire de tribus aux moeurs parfois complexes et des trappeurs solitaires.
Si les paysages sont grandioses, certaines scènes intéressantes sur un plan ethnographiques, il faut reconnaître au film pas mal de lenteur et un manque de contextualisation à certains moments.
Enfin, il faut souligner quelques plans originaux et la parfaite interprétation de Robert Redford qui incarne, de la naïveté à la fatalité en passant par la sauvagerie, un personnage historique hors normes, une sorte de Perceval moderne suivant son chemin comme s'il avait oublié son but premier, croisant d'autres personnages comme autant de facettes de la diversité humaine en ces lieux retirés, jusqu'aux plus prophétiques.
Il convient de souligner très vite à quel point ce western est atypique. Rien de caricatural ou de déja vu ici : le protagoniste ( campé par un Robert Redford flamboyant) est capable de la pire cruauté comme de la plus touchante tendresse envers ceux qu’il rencontre en chemin. Il en est tout autant ( pour le caractère singulier du film) de la mise en scène et du scénario, très cynique et à contre courant des western dits « classiques » où plans statiques et héroïsation du personnage principal sont légion. S’amorçant très vite comme un voyage initiatique en pleines montagnes hostiles et enneigées, on en viendrait à croire que la routine est inévitable et que Robert finira par trouver ce qu’il recherche ( la paix, la gloire, l’aventure ?). Que nenni. Comme le chantonne la jolie et entraînante BO, « Il cherche en vain, sans trouver » - ma traduction est pathétique oui-. Et le spectateur lui même n’est plus sur de ce qu’il recherche. Ce projet déroute par de nombreux aspects : ses allers retours, ses paysages vastes et inhospitaliers, ses scènes de combat intenses et crues, ses êtres humains vils, sauvages, débrouillards et parfois fous à lier, qui vont se heurter à un américain pur sang prêt à tout pour goûter à l’inconnu, son ironie qui n’est pas sans rappeler un certain courant italien de la même époque... Et c’est sans compter sur ce cher Redford qui rayonne en trappeur de l’extrême, auquel la vie ne fait aucun cadeau... d’où peut être la plus grande force du film : son pouvoir d’identification. Toute personne sur terre poursuit un ou plusieurs buts, à un moment au moins dans une vie. Jeremiah Johnson désire s’évader. Mais à chaque occasion qu’il a de s’épanouir, il est rattrapé par la réalité. Mariage, vol, meurtre, interdictions, aléas, la nature entière semble s’effondrer sur le protagoniste, lequel parvient à garder ( le plus souvent ) la tête froide et à surpasser sa condition d’homme traqué/maudit. Cette même nature qui est filmé avec tant de délicatesse et paraît si somptueuse, quand elle est en fait terriblement hargneuse envers celui qui pénètre sur son territoire sans prévenir et sur un apparent coup de tête. Rajoutez à toutes ces considérations une mise en scène à la fois rigolote, curieuse et brutale, ainsi qu’un sound mix/editing travaillé, et vous obtenez ce bijou inclassable qui n’a rien à envier à des Leone ou Corbucci.
L’une des missions primordiales du Nouvel Hollywood est de recomposer l’imagerie des Etats-Unis et de son territoire. Un cinéaste comme Scorsese réévalue le cliché commun de la ville en en reconstituant la nature perverse ou traumatique. Avec «Jeremiah Johnson» (USA, 1972), Sydney Pollack reconstitue l’Ouest américain, non plus comme le bastion de la Nature que la Culture doit à tout prix dominer, mais comme une figure dominant l’homme. Jeremiah Johnson fuit la ville et sa cohue pour intégrer la nature et l’y habiter. Le film se découpe en deux parties, l’entrée profonde dans la nature, instaurant une lutte entre la civilisation et la sauvagerie, et l’assimilation des lois de la nature. Dans le premier temps, Jeremiah fait la rencontre des quelques hommes qui habitent ces lieux désertiques. Dans un second temps, il les revoie mais sous l’angle du nouvel homme qu’il est devenu, celui que la providence naturelle a transformé en «homme sauvage». La sagesse de Pollack n’est pas disposer une énième lutte entre la culture et la nature mais d’éclairer l’un à la lumière de l’autre. Sans prise de position, bien que l’époque et le mouvement hippie appel un retour à plus de candeur, «Jeremiah Johnson» reprend les héritages du cinéma sur l’Ouest américain et en réajuste la représentation. La grande considération apportée aux traditions indiennes, à la mesure de la dignité des foyers occidentaux implantés en terre indienne, prouve la justesse avec laquelle Pollack considère les deux entités de la culture américaine (indienne et européenne). L’égalité dont Pollack fait montre en filmant de même les indiens et les colons élude tout colonialisme. Le renouveau du cinéma américain, tel que l’accomplit Pollack, va outre de la simple ingéniosité formelle, il atteint le domaine du politique par l’Histoire. En posant un nouveau point de vue, équilibré, sur les populations fondatrices des Etats-Unis, Pollack destine le nouvel Hollywood à plus de conscience et de moral historique.
Malgré son âge ( 43 ans en 2015) cette histoire reste un beau grand film d'un grand monsieur du cinéma : Sydney Pollack, mort à 73 ans. Il a été acteur, producteur au cinéma et il a réalisé 21 films dont certains connus comme celui-ci : Tootsie, Out of Africa, On achève bien les chevaux (...) Il nous présente ici un western atypique où il n'y a pas de saloon, de pillage de banque (...) et dans lequel un homme fuyant la civilisation,devient un "pélerin" dans les Montagnes Rocheuses.Il devra affronter les indiens mais aussi une nature hostile. Par exemple de pêcher la truite à main nue dans une rivière presque gelée. Son courage sera même récompensé par un chef indien qui lui donnera sa fille ! Dans ce rôle, Redford est admirable, tout comme les prises de vues. On se laisse charmer durant presque deux heures. Très beau !