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stanley
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4,5
Publiée le 29 novembre 2020
Assez atypique, Quai des Orfèvres s'éloigne des classiques films noirs français et s'inspire plutôt du cinéma noir américain. Un climat poisseux et oppressant où le Paris du juste après guerre est parfaitement reconstitué, une histoire aux personnages ambivalents et très bien écrits, où leur tendresse se mêle parfois à la dureté. Une histoire d'amour qui passe par tout ses états. Finalement c'est une histoire passionnante où l'étrange atmosphère prédomine sur la résolution de l'énigme. Clouzot, dans son meilleur film, est moins intéressé par le côté policier que par le rapport trouble entre tous ces personnages fragiles au coeur tendre. Tout du grand film passionné. La mise en scène est remarquable, sertie de très beaux mouvements de caméra, aux plans soignés et à la musique originale et pétrie de tension. Clouzot, qui a pris bien des distances avec le roman de Steeman, s'intéresse bien plus aux rapports ambigüs entre les deux femmes, l'allusion saphique est manifeste, de même que la sexualité où des allusions sont fréquentes. La première heure du film frôle le chef d'oeuvre, le rythme est alors tendu et la photographie brillante. La partie policière n'en reste pas moins bien rendu en partie de par la façon dont le cinéaste gère les plans où se trouvent de nombreux personnages, parfois mutiques et mystérieux. Le film noir de référence est bien Quai des Orfèvres. La sexualité est bien là, de même que la tendresse qui finit par tout emporter. Suzy Delair, sexy et qui frôle la vulgarité sans réellement l'être, Simone Renant belle et à double jeu, sont remarquables. Quant à Louis Jouvet, dont la voix est pénible, recèle dans son jeu toute la fébrilité et la faiblesse d'un homme fatigué et lassé. Mais son rapport au fils a quelque chose de merveilleux. Un grand film.
Revu pour la première fois au cinéma, après l'avoir vu plusieurs fois à la télé. À la fois film policier et comédie, peinture du milieu du spectacle parisien populaire, servi par une distribution parfaite, c'est du cinéma populaire de haute facture.
Avec Quai des Orfèvres, Clouzot nous embarque dans une enquête policière dans le milieu du music-hall. Et comme toujours avec Clouzot, c'est d'une maîtrise irréprochable. Les acteurs sont excellents, les dialogues sont aux petits oignons et la réalisation est au millimètre près. Le scénario est bien ficelé et nous tient en halène jusqu'au bout et j'ai adoré la répartie de Louis Jouvet, absolument géniale. Bref, un excellent Clouzot qui montre, avec ce troisième film, que le réalisateur avait tout d'un grand.
Tout est bon dans ce film : la réalisation, les acteurs - Jouvet toujours formidable et surprenant -, un solide scénario. Mais au final il n'y a pas ce petit plus qui permet de dire que c'est mieux que bien, peut-être parce que l'ensemble manque un peu de tonus et de rugosité.
L'affiche de ce film est purement magnifique, elle est le condensé graphique de tous les sujets du film. Une réussite comme il n'en existe guère aujourd'hui. Henri Georges Clouzot revient au cinéma avec ce film après avoir été mis au banc de la profession à la libération suite au très contesté « Le corbeau ». Avec ce film, il conclura sa trilogie de polars criminels et sociaux débuté par « Le corbeau » et poursuivi par l’excellent « L’assassin habite au 21 ». Lors de sa projection au festival de Venise, il trouvera son cinéma trop bavard, trop dialogué et prendra un virage duquel naitront d’autres chefs d’œuvre : « Les diaboliques », « Le salaire de la peur », « L’enfer »,… Tous ces films qui font de Clouzot un des metteurs en scène majeur du cinéma français. Dans ce film tiré d’un roman noir, Clouzot exploite le triangle amoureux criminel ; une des affiches du film le symbolise à merveille. Un homme dévoré par sa jalousie, sa femme séduisante ambitieuse jouant de ses atours avec les autres hommes même si elle aime son homme ; et une amie des deux secrètement amoureuse de l’homme mais bien décidé à ne pas perturber leur amour, un modèle d’abnégation qui l’amènera à se mettre en danger pour eux. Un triangle amoureux un peu original et loin des vaudevilles classiques de l’époque : mari, femme, amant. Le fond criminel du scénario se révèle par contre un prétexte à un traitement des rapports sociaux tout d’abord entre ce trio qui s’aime, a du mal à se le dire et se ment pour se protéger ; mais aussi avec tous les personnages secondaires creusés dont l’inspecteur mais nous reviendront sur ce dernier plus tard. Ce fond proche du cinéma noir américain offre une intrigue peu limpide, les articulations coincent aux entournures, et la résolution est évacuée. Sur ce plan, le film est bien décevant, « L’assassin habite au 21 » est plus percutant ; il ne s’agit pas donc du meilleur polar de Clouzot selon moi. Heureusement que l’arrivée tardive de Louis Jouvet (le fameux inspecteur) fait basculer le film dans une autre dimension et sort le film du plan-plan ronronnant. Bizarre et intriguant, petit à petit il cannibalise le film par son omniprésence autoritaire. On finit par avoir l’impression que la police est partout et est au courant de tout, une sorte de Big Brother d’une ère hors data. Enfin le traitement graphique jouant avec les lumières et les ombres apporte beaucoup au climat tendu du film. Humaniste mais souffrant de carences scénaristiques qui n’en font pas le meilleur Clouzot première période. tout-un-cinema.blogspot.com
Voilà un type d'enquête policière qui mène son spectateur par le bout du nez, emmené par une série d'acteur au top de leur art. On croit se qu'on voit, et on a bien tort. Pourtant, tout les éléments sont amenés (enfin, sauf un) et on y voit que du feu. On y côtoie également les mauvais rôles des policiers, mais aussi leur bon. A savourer sans vergogne. A voir par les amateurs d'enquête policière et de grands acteurs
Quai des Orfèvres est un bon film policier d'Henri-Georges Clouzot. Le film est porté par de très bons acteurs : Louis Jouvet (excellent), Bernard Blier, Suzy Delair. L'intrigue policière est bien avec de nombreux rebondissants et un dénouement de plus en plus complexe. Le film marche par une panoplie de personnages aux personnalités parfaitement adéquates pour ce registre cinématographique : le mari jaloux, l'épouse usant de ses charmes, l'enquêteur froid et déterminé, le témoin trouble …. Bon film.
Après deux années de mise au placard forcé à la libération, Clouzot fait son retour sur grand écran avec Quai Des Orfèvres. Le réalisateur s’empare d’un sujet qui lui tient particulièrement à cœur, la jalousie, et en fait l’axe central de ce polar cynique d’après-guerre. L’interprétation solide du quatuor principal (Louis Jouvet, Bernard Blier, Suzy Delair et Simone Renant) et la mise en scène magnifique font oublier le coté un peu mou et gentillet de l’intrigue. Une fois de plus Clouzot aborde en toute décontraction des sujets pourtant tabous à l’époque (homosexualité, métissage…).
Quai des orfèvres de H.G. CLouzot qui ne cesse de m'éblouir avec le temps. Remarquable scénario et brillants dialogues, excellence du jeu des acteurs, Jouvet en tête. Bernard Blier y est bouleversant, mais aussi Suzy Delair dont les chansons nous font frémir, Simone Renant, remarquable en amoureuse transie de Jenny, et, dans les seconds rôles, Pierre Larquey, Charles Dullin, Robert Dalban, Raymond Bussières, tous d'une confondante justesse. Ce film brille de par son intelligence et sa lucidité. Je n'échangerai aucun film américain, aussi bien fait soit-il, contre ce modèle du genre empreint d'une poésie tragique n'excluant pas l'humour et que l'on peut revoir inlassablement...
HGC réalise encore un chef d'oeuvre du cinéma français. Tous les acteurs (Jouvet,Blier, Delair...) sont impeccables, chacun dessiné selon des caractères différents. Les dialogues c'est un régal (ça change d'aujourd'hui). Le scénario est parfait, rappellons que le titre du livre dont c'est adapté est "legitime defense" pour comprendre l'intrigue principal qui amènera l'enquête. Dans les rues, dans les cabarets, dans le commissariat Clouzot nous emmène et captive, par sa réalisation et mise en scène irréprochable. Une histoire somme toute simple mais qui prend des allures grandioses dans les mains d'un de nos plus grands réalisateurs.
Une des œuvres les plus marquantes de H.G. Clouzot, Quai des Orfèvres mélange monde du spectacle et enquête policière autour d'un meurtre avec brio. Il bénéficie surtout d'une écriture fantastique qui rend le film particulièrement jouissif malgré son grand âge. L'excellence atteinte par les différents aspects du film en fait un incontournable du cinéma français : ses qualités intemporelles et sa liberté de ton devraient en surprendre plus d'un !
Tout accuse Martineau du meurtre du vieux et libidineux Brignon: sa jalousie à l'egard de sa femme -légère il est vrai- les menaces proférées à Brignon juste avant la mort brutale de celui-ci et surtout sa présence sur les lieux du crime. "Quai des orfèvres" est un drame criminel sombre, conforme à la vision sociale de son auteur et à la noirceur qu'il prête à l'âme humaine. A l'arrivée -tardive- de l'inspecteur de police Antoine, Clouzot semble d'ailleurs affirmer que nul n'est mieux placé qu'un policier pour assister au triste spectacle des turpitudes humaines. De fait, l'enquête que mène Antoine (Louis Jouvet), vieux de la vieille désabusé, stigmatise les mensonges autant que les rapports sociaux brutaux. Ainsi rencontre-t-on, dans cette intrigue policière dont la nature de l'énigme n'est pas l'argument le plus déterminant, des personnages qui dépasse le cadre strict du cinéma policier de l'époque: le vicieux Brignon (Dullin), Dora, la bonne "amie" de Madame Martineau et d'autres, parmi lesquels l'assassin présumé, le trop tendre Martineau (superbement interprété par Bernard Blier), fait figure de victime expiatoire d'une humanité sordide. Cependant , le film ne reflète pas complètement la noirceur que revendique Clouzot. En effet, l'ironie et les sentences malicieuses, et même la bienveillance, du bourru inspecteur Antoine -admirable Jouvet- introduisent de savoureuses scènes d'humour à froid.
"c'est un faussaire qui m'a appris l'alphabet et c'est un escroc qui m'a appris la comptabilité" Quai des Orfèvres vieillit bien et continue de séduire 60 ans après sa sortie, par sa description du Paris de l'après-guerre, d'un monde du spectacle vénéneux et sa fine galerie de personnages noirs et attachants, en proie à la jalousie, à l'arrivisme mais aussi capables de nobles sentiments... Le noir et blanc est très beau, le découpage est précis, Louis Jouvet apporte ses bons mots, et Henri-Georges Clouzot a bien mérité sa réputation d'Hitchcock Français.
Un très bon polar français de l'après-guerre, où Clouzot dépeint avec précision le milieu des nuits parisiennes, avec sa gouaille et ses grandes gueules, ses petites pépées et ses intrigues amoureuses. La mécanique est connue mais elle est troussée ici avec suffisamment de savoir-faire pour ne jamais ennuyer, les comédiens rivalisant avec un réel talent dans une atmosphère sombre à souhait. Jouvet est impayable, Blier égal à lui-même (déjà) et Suzy Delair tient la dragée haute sans difficulté. De la belle ouvrage, messieurs-dames, avec ce qu'il faut de fausses pistes et de machiavélisme pour tenir le spectateur en haleine.
Film vu facilement 10 fois, et c'est toujours un régal. Un grand classique, merveilleusement joué, avec des dialogues savoureux, une mise en scène diabolique (du reste primée). Tout est parfait. Certes le scénario est un peu basique, mais quel talent ! Un vieux film qui ne vieillit pas.