1555 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
122 critiques spectateurs
5
30 critiques
4
51 critiques
3
36 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Patjob
45 abonnés
772 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 28 septembre 2022
Clouzot n’est pas tendre avec le dénouement de son histoire, en faisant dire à l’un des policiers « On pensait que ce serait une belle histoire, mais c’est comme d’habitude, ça finit en pipi de chat » ! C’est que dans ce film, l’important n’est pas dans le dénouement, et qu’ici le chemin a beaucoup plus d’intérêt que l’endroit où l’on va. Ce chemin, précisément, est admirable, frisant la perfection. Les différents milieux, celui du music-hall ou celui de la police sont formidablement décrits, tout comme les personnages qui les peuplent (celui d’Antoine prenant le pas sur les autres avec l’incroyable charisme de Louis Jouvet). La photo en noir et blanc est magnifique, et la narration exemplaire ; les rebondissements et découvertes apparaissent à un rythme parfait, et certaines séquences sont d’anthologie (la pipe allumée avec le morceau de papier compromettant). Au sein de l’enquête proprement dite s’ouvrent de belles parenthèses emplies d’humanité, qui font poindre une vraie émotion. Peut-être que l’élément qui contribue le plus à l’esprit et à l’excellence du film, ce sont les dialogues, à la fois très incisifs et ponctués d’allusions, de sous-entendus, de tendresse pudique dissimulée sous des propos bourrus. Tout le film est un véritable régal, qui donne une superbe image de ce que fût le défunt Grand Cinéma Français. Dans le genre, un chef d’œuvre.
"Quai des Orfèvres" est un de ces rares films français de l'après-guerre relevant à la fois du divertissement (une intrigue policière solide, une ironie sombre mais plaisante, des dialogues efficaces, de grands acteurs) et de l'art (Clouzot fait du cinéma et se distingue totalement de la Qualité française), un peu à la manière d'un Hitchcock, réalisateur auquel Clouzot a souvent été comparé. Les deux réalisateurs partagent en effet des points communs, à commencer par un certain mépris envers les personnages. Dans "Quai des Orfèvres", tous les personnages sont abjects : le trio principal s'enlise dans le mensonge, l'un ayant souhaité commettre un meurtre, l'une pensant l'avoir commis et ne le vivant pas trop mal et la dernière ayant dissimulé les preuves. Un homme faible et colérique, une femme dévorée par l'ambition, l'autre par la jalousie, auxquels s'ajoutent le personnage de l'inspecteur Antoine (le grand Louis Jouvet), cassant et cynique à souhait. Le vrai meurtrier est à chercher ailleurs, ce qui révèle bien les ambitions de Clouzot : sous ses aspects, tout à fait respectés, de film policier, "Quai des orfèvres" dresse en réalité le portrait de la société de l'époque, traduisant parfaitement la misanthropie de son auteur. Excellent scénariste, Clouzot est également un grand metteur en scène : pensons notamment à ce formidable jeu de miroir (littéralement et métaphoriquement) à l'Eden ; ou à cette scène de suspense, pour le coup très hitchcockienne, où Clouzot nous montre un petit bout de papier depuis le point de vue du personnage de Bernard Blier ; ou encore à la scène tonitruante d'interrogatoire, puis de dispute, durant laquelle les musiciens de Jenny Lamour se déchaînent. Malgré une fin un peu trop heureuse détonant avec le cynisme du reste du film, "Quai des Orfèvres" est un des polars français les plus marquants et les plus influents... à côté d'autres films du même Clouzot ("Les Diaboliques").
Henrie-Georges Clouzot, le réalisateur des "Diaboliques" signe ici un polar assez intéressant mais pas son meilleur. La mise en scène du film est au top, les acteurs le sont également, tout particulièrement Louis Jouvet dans son rôle d'inspecteur à l'humour quelque peu sarcastique. Basé sur un scénario assez banal, le film remporta le prix international de la mise en scène au Festival de Venise en 1947! En partant d'un scénario assez simpliste à première angle, Clouzot arrivera à en faire tout simplement un film marquant pour l'histoire du cinéma française! A voir amis cinéphiles!
Un superbe film noir du cinéma français. Louis Jouvet, le policier déterminé, et Bernard Blier, l'assassin, dominent ce film avec excellence. La version avec Daniel Auteuil et Gérard Depardieu est une pâle copie à côté de ce chef-d'œuvre. Les acteurs principaux sont sublimes et impriment toute leur force à cette solide intrigue. Ce métrage est un pur chef-d’œuvre du grand cinéaste qu'était Henri-Georges Clouzot.
Clouzot porte une fois de plus un regard amer et cynique sur l'être humain à travers cette intrigue policière assez banale mais qui permet à Louis Jouvet de trouver un savoureux rôle de policier.
A l'époque où il réalise ce film, Henri-Georges Clouzot venait de voir la levée de suspension. Ce dernier avait été banni à vie du milieu du cinéma suite à son film « Le Corbeau » qui déclencha une vive polémique au point de s'attirer les foudres de la presse communiste et de la Résistance et de se voir interdit de diffusion. Fort heureusement, la sanction fut annulée. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions été privés de ces chefs-d'oeuvres que sont « Le salaire de la peur » et « Les diaboliques ». « Quai des Orfèvres » signe donc le retour aux affaires du père Clouzot. Un retour un peu mitigé pour ma part car il ne s'agit pas du meilleur polar du cinéaste. D'ailleurs, ça commence pas bien. Le début est assez long et entrecoupé de scènes de chant assez désagréables. En fait, concrètement, il faut attendre l'entrée en scène de Louis Jouvet pour que le film bascule dans une autre « dimension ». A titre personnel, j'ai toujours été épaté par ces acteurs qui, par leur seule présence, modifiaient du tout au tout l'apparence d'un film. Et ceux qui sont capables de faire ça se comptent sur les doigts d'une main. D'ailleurs, si le film se regarde agréablement, c'est en grande partie grâce à Jouvet, tout bonnement brillant dans son rôle de flic je m'en foutiste mais rusé. Personne n'est en mesure de lui tenir la dragée haute. Pas même le grand Bernard Blier, encore jeune à l'époque. La mise en scène vive et les dialogues incisifs masquent certaines faiblesses, comme une enquête conventionnelle menée et résolue d'une manière un peu simplette pour ne pas dire un peu fantaisiste sur la fin. Le niveau global est correct, mais Clouzot a fait bien mieux. Il se rattrapera dans les années suivantes.
La force de ce "Quai des orfèvres" tient dans son scénario et ses acteurs. On a même l'impression que le scénario a plus été écrit pour ses personnages que l'intrigue, intrigue correcte qui ne pète pas plus haut que son cul. Je parlais des acteurs et là je leur à tous 21/20 et particulièrement à Louis Jouvet. On les regarde et on se tait, on n'ose à peine s'incliner ou applaudir la performance. A noter certains sujets tabous à l'époque évoquer subtilement: la photographe lesbienne, l'adoption d'un enfant noir. Après le chef d'oeuvre "Le corbeau" Clouzot revient en forme dans ce film noir, même si pour moi il n'a pas frappé aussi fort.
Quai Des Orfèvres est le troisième film de Clouzot en tant que réalisateur. Il confirme ici son talent déjà montré dans L'Assassin Habite Au 21 (que j'ai préféré). Si Quai Des Orfèvres est un film policier plutôt classique il parvient tout de même à nous surprendre avec un joli twist-ending. Ce qui ma frappé c'est la maîtrise des effets de lumière, des contrastes noir/blanc qui nous offrent un tas de très beau plans. Ma critique va au début du film que je trouve lent, l'histoire peine à trouver son rythme mais ensuite on passe un bon moment avec notre ami Bernard Blier qui joue déjà très bien.
Un bon polar, une réalisation soignée et une belle distribution, Blier est excellent. Rien d'extraordinaire mais c'est du solide avec une atmosphère bien particulière.
Lorsqu'un long-métrage ambitionne à ce point le chef d'œuvre, ses faux-pas paraissent d'autant plus décevant. Et "Quai des Orfèvres" ne fait que confirmer cela. Toutefois, Clouzot parvient à livrer un film d'un grande qualité, tout en provoquant une frustration certaine.
En effet, dans ce récit, celui d'un meurtre menant à une succession d'accusations, est marqué par la maitrise de son auteur. Film sur la culpabilité, il surprend tout d'abord grâce à sa galerie de personnages, quatuor infernal pourtant dépeint avec une grande tendresse, notamment l'inspecteur Antoine (immense Louis Jouvet) apparaissant comme une figure policière classique dans un premier temps, avant de dévoiler une douceur et une portée mélancolique bien plus forte.
Clouzot met en scène cette enquête avec dynamisme et tension, à l'image de la fuite du music-hall, jouée par deux fois, mais dont le renouvellement - peur d'être attrapé d'abord, puis que la fuite soit découverte ensuite - fait de cette scène miroir un double pivot dramatique. Ensuite, le cinéaste parvient à donner vie à des microcosmes évoluant simultanément : celui de la troupe évidemment, mais aussi du fameux quai des Orfèvres, deux lieux d'effervescence et de communauté que Clouzot parvient à capter afin de les inscrire au sein de l'œuvre, pourtant intimiste, en faisant le théâtre de tragédies du quotidien.
Les rebondissements s'enchainent, les protagonistes se dévoilent davantage et les thématiques se complexifient, le tout jusqu'à un point d'orgue tragiquespoiler: : Maurice, pourtant innocent, se suicide en prison pour sauver sa femme . Cependant, ce que l'on pensait comme étant la conclusion, en accord avec la douce noirceur du film, est rattrapée par un dernier retournement de situation qui, si il n'est pas non plus grotesque, vient se poser en contradiction avec une évolution dramatique menée avec brio. Le long-métrage déçoit donc par son final, faisant de "Quai des Orfèvres" une œuvre immense, tant d'un point de vue formel que thématique, mais inaboutie.
Hommage aux petites gens de cabaret, le film constitue une charnière dans l’histoire du cinéma français par la peinture de mœurs qu’il propose. Au sortir de la grisaille des années de l’Occupation, contemporain de Sartre et Camus, il développe une certaine vision de l’homme et de l’humanité que l’on a pu qualifier de « noire » : homme sans dieu, fasciné par ses propres zones d’ombre, jeté dans un monde absurde, et souvent victime d’une organisation sociale qui fait de lui une victime, et que seul l’amour — quelle qu’en soit la forme —, peut justifier.
Ce drame de la jalousie débute sur les répétitions et le succès éclatant de Jenny, chanteuse. Ce succès attire les hommes déjà conquis, Martineau, son mari, est réduit au rôle d’observateur inquiet de voir filer son épouse entre ses doigts. Peu à peu, cette jalousie se transforme en enquête criminelle dont le suspect numéro 1 est Martineau.
Ce qui frappe dans le quai des Orfèvres, c’est le montage fragmenté. Clouzot suit une même action dans plusieurs espace-temps. En complément de la photographie d’Armand Thirard et du casting, le film est une claque visuelle.
L'un des plus grands films de l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma francais, Henri-Georges Clouzot ! Avec un casting superbe, Bernard Blier, génial comme toujours, Louis Jouvet, légendaire comme toujours et la sublime Suzy Delair, qui interprètent tous avec justesse leurs personnages plus fascinants les uns que les autres ! Une photographie magnifique, et un scenario parfaitement écrit ... ca c'est ce qui s'appelle du cinéma ! Un grand moment de plaisir, un vrai chef d'oeuvre ! Sans oublier une bande-originale envoutante, avec quelques chansons tres entrainantes ...
Un très bon film de très bons acteurs une intrigue intéressante bref du très grand cinéma qui n à pas pris une ride et que l on ne sait plus faire.....