Encore une comédie française, et avec Franck Dubosc et Kev Adams qui plus est !! J'avoue, j’ai un peu de mal avec les deux depuis un petit moment du fait qu’ils font un peu toujours la même chose : le séducteur un peu bancal pour le premier et l’adolescent légèrement teubé pour le second. Pour "Fiston", ils ont été réunis pour jouer les rôles de…un séducteur et un adolescent !! Ô quelle surprise !! Le picth : depuis l’école primaire, Alex n’a qu’une obsession : Sandra Valenti, la plus jolie fille d’Aix-en-Provence dont il est éperdument amoureux. Malheureusement pour lui, Sandra ne sait même pas qu’il existe et il n’arrive pas à l’aborder parce qu’elle l’intimide énormément. Il décide alors de demander l’aide d’Antoine, celui qui a réussit à séduire par le passé Monica, la mère de Sandra, qui était comme elle, inabordable…Et bien, je vais mettre de côté mes opinions car ce film m’a vraiment plu ! On reproche souvent à la comédie française d’être trop souvent goulue, lourde avec une surenchère de gags patauds, et bien Pascal Bourdiaux (le très sympathique "Le Mac") nous prouve avec "Fiston" qu’on est capable de faire bien mieux que ça : grâce notamment à une narration ingénieuse, il détourne les codes de la comédie romantique américaine, mais il y intègre une chose inattendue qui va être le ciment de tout le film, l’émotion. En effet, là où "Fiston" se révèle finalement beaucoup plus finaud que d’autres pellicules, c’est dans le fait qu’il cherche plus à nous faire sourire qu’à nous faire rire tout en étant touchant en distillant tout du long du récit une certaine sensibilité. Et là, les personnages ont été particulièrement bien travaillés : si Alex est un djeun type gaffeur qui ne rêve que de sortir avec la fille qui l’obsède, il n’en demeure pas moins un garçon possédant de véritables sentiments sincères et purs et dépourvu de toutes intentions malhonnêtes ; quand à Antoine, ancien séducteur invétéré semblant avoir perdu la passion qui l’habitait, c’est au final quelqu’un de complexe et abîmé par sa solitude mais qui finit par retrouver en Alex sa jeunesse perdue. Et le film parvient même à nous surprendre quand il aborde un sujet très réaliste et fondamentalement humain lorsqu’il nous fait comprendre qu’il existe une réelle différence entre être amoureux et aimer quelqu’un. Je vous rassure tout de même : si l’émotion et le sentimentalisme est très présent, le film demeure tout de même drôle par moments, nous proposant même de très sympathiques séquences comme le passage de la banque (notamment le « placage » ), l’épique enchaînement de baffes ou encore Antoine tentant désespérément d’obtenir des croissants gratuits à la boulangerie ! Par contre, il est évident que si vous êtes adeptes de gros gags successifs qui tâchent, vous risquez d’être déçu par "Fiston". Outre la surprise d’un développement plus intelligent qu’il n’y paraît, je fus tout simplement conquis par les prestations des deux têtes d’affiches : Kev Adams est très convaincant dans son rôle d’amoureux transi prêt à tout pour séduire sa belle et prouve qu’il peut jouer autre chose que le petit teubé de service ; mais LA surprise du film, c’est bien Franck Dubosc car, bien loin de son excentrique Patrick Chirac de "Camping", il incarne en toute retenue un personnage à la fois vieux bourru et solitaire touchant qui nous permet enfin de le voir en tant que comédien et non plus en tant que comique. On notera aussi la sympathique dernière prestation de Valérie Benguigui, parfaite en maman célibataire un peu dépassé par le comportement de son fils ; ainsi que, dans le rôle de la petite guichetière de la banque, celle de la jeune et jolie Alice Isaaz que j’espère revoir bientôt au cinéma.
"Fiston" est donc un film très intéressant qui parvient à nous faire rire et à nous émouvoir sans pour autant sombrer dans la mièvrerie la plus abjecte. Une petite bobine qui trouvera sans problème son public parmi les fans de Franck Dubosc et Kev Adams , mais aussi parmi les autres.