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Laurent C.
296 abonnés
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4,0
Publiée le 12 avril 2015
B. Jacquot est sans doute l'un des plus grands cinéastes français. Son art tient de la subtilité, de la précision autant dans la photographie que la mise en scène. Tout est sobre, profond et soigné.
C’est la troisième fois que le roman d’Octave Mirabeau est porté à l’écran, autant dire que le réalisateur prêtait le flanc à la comparaison et que le sujet en lui-même n’est plus vraiment original. Personnellement, je n’ai vu aucun des deux premiers longs-métrages, je n’avais donc pas de point de comparaison et ai donc vu ce film vierge de tous a priori. Ce film est une chronique d’un monde aujourd’hui disparu, celui de la société du début du XXème siècle, celle d’avant la Première Guerre Mondiale avec ces différences de statuts sociaux très marqués qui étaient presque des castes. On regarde cette société française à travers les yeux d’une femme et, qui plus est, employée de maison. Femme de caractère, elle regarde ces maîtres et les autres employés avec un regard aigu presque, parfois, cruel. On voit ainsi défilé tous les petits travers de cette société : patronnes cruelles et désœuvrées, patrons pratiquant le droit de cuissage, ragots de cuisines, mais aussi les travers de la société : antisémitisme, inégalités très fortes, sexisme… Le film est, sur ce plan, très intéressant. Malheureusement cette auscultation de la société de ce début de XXème siècle n’est pas non plus outrageusement passionnante et si on regarde le film avec intérêt, c’est quand même sans beaucoup enthousiasme. Pourtant, l’interprétation est vraiment bonne, surtout de la part de Léa Seydoux, que j’ai personnellement rarement trouvée aussi bonne, et la reconstitution de l’époque (décors et costumes) très vivante, on ne sombre pas dans la naphtaline, ni dans le classicisme un peu engoncé. Le film reste malheureusement très froid et s’il offre une vision pénétrante de la France juste avant la Première Guerre Mondiale, il n’affiche pas une histoire autrement plus captivante. Un long-métrage intéressant, mais qui par son œil observateur ne donne pas une histoire à laquelle on peut s’attacher. À voir néanmoins.
C'est un plongeon dans les siècles passés, celui des maîtres et des servants. Ce sont deux mondes qui se croisent et qui se mêlent peu. On finit par ne plus rien ignorer de la servitude, de la condition du bas peuple. Benoit Jacquot nous fait vivre Célestine au quotidien, ses humeurs, ses malheurs et ses joies. La disribution est parfaite, Clothilde Mollet en tête, Vincent Lacoste en queue. Ce dernier incarne un jeune tuberculeux de la pire des façons. Sinon la mise en scène est enlevée, aboutie et nombres détails sont pertinents.
Bon j'avoue m'être un peu ennuyée non pas que le film soit mauvais mais il manque ce petit quelques chose pour en faire un très bon film Léa Seydoux joue toujours sur le même registre et Vincent Lindon était par moment inaudible
Je me suis précipitée à la première séance, le jour de la sortie. La première rencontre entre Benoît Jacquot et Lea Seydoux -Les adieux à la Reine- avait été magique.
Aujourd'hui? Impression mitigée. Impossible d'oublier la Célestine de Jeanne Moreau, cette insolente sûre d'elle. Le côté provocateur d'Octave Mirbeau était là, et bien là! L'œil de Célestine sur les misérables turpitudes de la bourgeoisie était plus lucide que victimaire. Il est vrai que l'action avait été translatée d'un demi siècle.... Chez Jacquot, nous avons une héroïne beaucoup plus opaque, insolente aussi certes -elle grommelle beaucoup entre ses dents!- instable: elle refuse les employeurs qui lui déplaisent, part sur un coup de tête, change de place sans raison, mais dont on cerne mal les motivations. Elle regarde sans indulgence ses semblables qui ont l'esprit de servage dans le sang; mais elle même partira avec une brute malhonnête (voire pire) et antisémite qui la mettra au tapin. Alors?
Des flashs back nous ramènent dans les souvenirs de Célestine, avant son placement chez les Lanlaire (elle, Clotilde Mollet, une mégère mal baisée, lui, Hervé Pierre, un vieux cochon), comme dans le roman, que Bunuel avait écartés. L'attachement de Célestine pour un jeune maitre tuberculeux au dernier degré donne d'elle une image plus sentimentale qui, sans doute, ne correspondait pas avec celle que Bunuel avait privilégiée.
A part cela, Lea Seydoux est une merveille. (Je l'adore depuis l'Enfant d'en haut). C'est, et de loin, la plus fascinante de nos jeunes actrices. Elle a ce charme un peu mystérieux qu'avait Romy Schneider, et un jeu d'une sobriété extrême. Face à elle, incarnant le jardinier Joseph, Vincent Lindon a la solidité qu'on lui connait, mais aussi un côté bête sexuée qu'on lui connait moins. Ils ont en commun une sorte d'opacité qui donne beaucoup de force à leurs personnages.
Et il y a naturellement la qualité Jacquot, le classicisme au plus haut point de perfection, qu'il exerce aussi dans ses mises en scène d'opéras, et malgré tout, je pense que ce film sera oubliable. Et vite oublié.
On perçoit rapidement l'approche voulue par le cinéaste et l'angle d'observation privilégié. Le réalisateur met en évidence la volonté d'émancipation inconsciente de l'héroïne dans une époque et une société structurée en quasi caste. Une femme seule, sans aucune éducation, ni soutien affectif, et malgré toute sa bonne volonté, n'a aucune chance d'émerger de sa condition sociale et tombe malgré tout sous la coupe rassurante et sentimentale d'un homme qui n'hésitera pas à l'exploiter. Le conditionnement reçu depuis son enfance, (femme, dominée, domestique etc..) prends le dessus pour un peu d'amour.. La réalisation est de haute volée avec une mise en scène travaillée au service du récit et des acteurs impeccables valorisant et justifiant cette version contemporaine. Léa Seydoux et Vincent Lindon impriment un bonus supplémentaire certain. Une belle réussite
Je suis sortie comme envoûtée de ce film, j’ai trouvé l’histoire et le personnage passionnants. Il ne se passe pourtant pas énormément de choses mais ça reste captivant : Célestine (Léa Seydoux) est une femme de chambre qui vient de prendre son emploi dans une maison à la campagne, et dont la propriétaire ne l’apprécie guère, contrairement à son mari qui l’apprécie… trop. Léa Seydoux donne une dimension forte et intéressante à son personnage, son caractère, son histoire, sa personnalité présentent des aspérités qu’on a envie de découvrir. Il y a plusieurs flashbacks (pas très nets d’ailleurs au début) qui donnent du rythme au film et permettent de mieux comprendre le parcours de Célestine. Les dialogues sont percutants, c’est globalement très bien interprété. Ce qui est fou c’est qu’on utilise un langage d’autrefois mais ça fait extrêmement naturel, pas forcé. Que ce soit au niveau du “parler”, des décors, des costumes, on est transporté dans l’époque du film, tout en étant ancré dans la modernité. J’ai vraiment beaucoup aimé ce film que j’ai trouvé palpitant.
Je crois que j'en ai entendu parler toute ma vie, mais c'est la première fois que j'ai enfin l'occasion de me plonger dans ce fameux "Journal d'une femme de chambre". Merci donc à ce film de me faire, de nous faire, découvrir cette œuvre du dénommé Octave Mirbeau, d'autant qu'elle est plutôt intéressante à parcourir. Notamment grâce à Léa Seydoux qui retrouve Benoît Jacquot après "Les adieux à la reine". Si (helas) cette dernière ne nous montre pas ici sa délicate poitrine, la pauvre a malheureusement fort à faire face à cette bourgeoisie dévoyée qui la maltraite et la saute à tout bout de champ. Et si cette évocation d'une certaine époque et des rapports entre maîtres et valets et pleine de charme et d'ironie, je regrette toutefois, même si je ne connais pas l'œuvre originale, une fin elliptique qui me laisse dubitatif et me donne l'impression qu'il manque certains éléments. Mais bon, c'est la règle du jeu.
film pas trop mal mais sur lequel je le divise en deux. la première partie je l'ai trouvé excellente mais la seconde partie l'est trouvé moins bien faite cela devient un peu long et par moments ennuyeux et touche finale un peu mieux.il y a deux très bon acteurs, " léa seydoux " qui est sublime en femme de chambre ainsi que celle qui dirige la maison est pas mal en femme autoritaire par contre les autres personnages sont quelconques avec un " vincent london" qui tient un rôle inutile banal en homme presque muet parle très peu. je lui attribue quand même une note de 3 étoiles pour la bonne performance de " léa seydoux " qui nous fait vivre un bon moment durant la projection du film pas si mauvais que ça.
On est bien loin de l'intensité et de la satire de l’œuvre poignante de Mirbeau. Les scènes se succèdent mollement, avec une musique pénible qui voudrait donner de l'épaisseur et qui n'en devient que superflue. L'humour noir du livre n'est jamais présent, c'est juste lourd et c'est souvent ridicule. C'est un film esthétisant qui s'échine à faire la part belle à Léa Seydoux, et non à son personnage. Le jeu de l'actrice est d'une mollesse agaçante et on est loin de la Célestine acerbe, expérimentée et cassante de l’œuvre originale. Les autres acteurs sont une catastrophe: Vincent Lindon est inaudible, Hervé Pierre et Vincent Lacoste sont juste ridicules tant leur prestation est mauvaise, sans parler de Rosette qui n'est pas crédible une seconde. Les dialogues, bien que fidèles au livre, sonnent faux et sont déclamés comme dans une kermesse de fin d'année. Un vrai gâchis.
Une satire sociale féroce des Années 1900 merveilleusement interprété.... J'adore aussi la dimension que donne B Jacquot à ses personnages.... Surtout féminin !
À découvrir pour les amateurs de la complexité de l'âme humaine ! Film aussi esthétique par de bonnes prises d'images.
Le rythme du film est très lent. Il ne faut pas être venu pour voir de l'action. Ceci dit, beaucoup de sujet se croisent: La tension entre les classes, l'antisémitisme, la vengeance... Ce film est très fin dans le rapport aux personnages, il rentre bien dans la complexité des rôles.
C'est Léa Seydoux qui, à elle seule, mérite qu'on s'attarde sur ce "Journal d'une femme de chambre". Son caractère bien trempé sert le film, présentant une servante qui ne s'en laisse pas compter, à la limite de l'irrévérence. Le grand intérêt du film réside dans les diverses interactions qu'elle peut avoir avec les autres personnages. Pas grand chose à dire de plus, le film étant une adaptation de plus d'un roman du début XXème.
2 étoiles pas plus pour la reconstitution de l'époque grâce aux magnifiques toilettes de léa seydoux et aux intérieurs bourgeois. Sinon le film reste froid, sans entrain, avec un manque de rythme . Gros défaut également, les dialogues sont souvent inaudibles notamment ceux de vincent lindon et de léa seydoux. A part cela le sujet de la discrimination nous explose en pleine tête ainsi que les rapports de la bourgeoise et leurs employés de maison. Je me suis ennuyé fermement malgré l'interprétation impeccable de Léa Seydoux. Vincent lindon m'a paru plus en dessous peut être
J y suis allé un peu pat hasard et n en ressors pas déçu du tout. Léa Seydoux était l actrice parfaite pour ce rôle de femme de chambre antipathique, froide et très fière (elle n'a qu'à être naturelle!!!) A côté d elle, les seconds rôles sont tout aussi bons et convaincants particulièrement Lindon, je dirai comme d habitude. L ambiance de l époque est bien retranscrite avec toute l animosité qu on pou ait ressentir envers les étrangers, le changement etc... Le scénario n est pas plus compliqué mais se suit agréablement mis à part certains choix de mise en scène et ces quelques flashbacks qui certes aident a mieux cerner la femme de chambre en revenant sur certains moments de son parcours mais qui, en se pointant n importe quand ont fini par m embrouiller plus qu autre chose. Un film qui se regarde plutôt facilement grâce aux très bonnes interprétations de tous les comédiens et ce malgré un rythme bien tranquille qui aurait pu m endormir...