Derniers Avis : Journal d’une femme de chambre - Page 12
Journal d’une femme de chambre
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Jonathan M
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2,0
Publiée le 2 avril 2015
Récit assez clinique d'une jeune servante volage. Benoît Jacquot, bien qu'étonnant dans "Les Adieux à la reine", manque de souffle dans ce dernier. Bien que des efforts de cadrage et de mise en scène tout à fait louable, monsieur n'ai pas le dernier venu. Et après une bonne vingtaine de films, on se doit d'être plus exigent. Même topo avec Léa Seydoux, qui après son moment de grâce, ne doit pas se contenter du cynisme. Une forme de simplicité dans son jeu, eu été égard par le passé, serait plus qu'enthousiasmant.
Benoit Jacquot désirait adapter ce film car les thèmes abordés sont aujourd'hui encore d'actualité, soit la misère salariale, l'antisémitisme (racisme !) et le sexisme. D'où un scénario particulièrement soigné sur ces points sans pour autant oublier que Célestine n'est pas une soumise. Jacquot signe là justement un film d'un classicisme qui ne manque nullement de modernité. Si ce film est bien différent des deux autres il est également complémentaire, offrant un angle qui montre encore toute la richesse du roman de Mirbeau.
Je me suis précipitée à la première séance, le jour de la sortie. La première rencontre entre Benoît Jacquot et Lea Seydoux -Les adieux à la Reine- avait été magique.
Aujourd'hui? Impression mitigée. Impossible d'oublier la Célestine de Jeanne Moreau, cette insolente sûre d'elle. Le côté provocateur d'Octave Mirbeau était là, et bien là! L'œil de Célestine sur les misérables turpitudes de la bourgeoisie était plus lucide que victimaire. Il est vrai que l'action avait été translatée d'un demi siècle.... Chez Jacquot, nous avons une héroïne beaucoup plus opaque, insolente aussi certes -elle grommelle beaucoup entre ses dents!- instable: elle refuse les employeurs qui lui déplaisent, part sur un coup de tête, change de place sans raison, mais dont on cerne mal les motivations. Elle regarde sans indulgence ses semblables qui ont l'esprit de servage dans le sang; mais elle même partira avec une brute malhonnête (voire pire) et antisémite qui la mettra au tapin. Alors?
Des flashs back nous ramènent dans les souvenirs de Célestine, avant son placement chez les Lanlaire (elle, Clotilde Mollet, une mégère mal baisée, lui, Hervé Pierre, un vieux cochon), comme dans le roman, que Bunuel avait écartés. L'attachement de Célestine pour un jeune maitre tuberculeux au dernier degré donne d'elle une image plus sentimentale qui, sans doute, ne correspondait pas avec celle que Bunuel avait privilégiée.
A part cela, Lea Seydoux est une merveille. (Je l'adore depuis l'Enfant d'en haut). C'est, et de loin, la plus fascinante de nos jeunes actrices. Elle a ce charme un peu mystérieux qu'avait Romy Schneider, et un jeu d'une sobriété extrême. Face à elle, incarnant le jardinier Joseph, Vincent Lindon a la solidité qu'on lui connait, mais aussi un côté bête sexuée qu'on lui connait moins. Ils ont en commun une sorte d'opacité qui donne beaucoup de force à leurs personnages.
Et il y a naturellement la qualité Jacquot, le classicisme au plus haut point de perfection, qu'il exerce aussi dans ses mises en scène d'opéras, et malgré tout, je pense que ce film sera oubliable. Et vite oublié.
Très beau film (photo, lumière, décor, costume) assez fidèle au roman. Les acteurs sont tous très bien, Léa Seydoux en tête. Elle excelle dans ce rôle et s'empare fortement de ce personnage en quête de liberté, têtue, forte, sensible ou impertinente. Benoit Jacquot réussi ce film par la beauté, la lumière ou la douceur des images qui viennent contre balancer la cruauté du contexte. Ce réalisateur est également un grand directeur d'acteur et surtout des femmes. Films très réussi à tous les niveaux.
La réalisation est d'une grande sobriété. Le scénario s'appuie avec fidélité sur l'œuvre d'Octave Mirbeau, "une chronique ponctuée de réminiscences" déclare le réalisateur. Il nous renvoie habilement à quelques points de notre triste actualité, tout en survolant trop rapidement quelques passages. Le crime dans la forêt, l'entretien avec la tenancière du bordel, par exemple. Quant aux dialogues ils offrent quelques répliquent savoureuses.
Les décors et les costumes sont somptueux et raffinés à la fois.
La peinture de la bourgeoisie de l'époque correspond parfaitement à l'image que l'on peut en retenir au travers des différents écrits la définissant.
Clotilde Mollet, grande comédienne, excellait il y a peu sur les planches, dans le "Square" de Marguerite Duras. Un beau souvenir de théâtre. Elle est ici une savoureuse Madame Lanlaire, aux côtés de l'excellent, Hervé Pierre. Judicieuse idée d'avoir reformé dans ce film le couple qu'ils forment dans la vie.
Un autre grand nom de la scène, du grand et du petit écran, Dominique Reymond, déjà présente, elle aussi, dans les Adieux à La Reine. Grâce à son talent, sa présence et son élocution, son personnage prend un relief tout particulier dans ce film. Les face-à-face avec la toute jeune Célestine sont assez jubilatoires.
À noter également la belle prestation de Patrick d’Assumçao, irrésistible dans ce rôle de capitaine, drôle et monstrueux à la fois.
Vincent Lindon maugréant sans cesse, inquiétant à souhait offre une composition inhabituelle et parfaitement réussie. Quant à Léa Seydoux, le réalisateur a déclaré lui avoir confié le film. Elle est étonnante et convaincante.
Un seul bémol, en voulant rester au plus près du roman, ce nouvel opus du roman de Mirbeau donne une impression de lenteur et de situations souvent trop attendues.
Film un peu lent qui nous fait revenir au début du siècle d'avant !! Léa Seydoux se démarque dans le terne d'époque, en manque de couleur, dans un environnement triste, des mots et phrases qui surprendront plus d'un ado plus habitués à du verlan ou équivalent....Vincent Lindon en bucheron - je veux dire taillé à la serpe - le rude dans sa splendeur....Beaucoup de retenue, sauf dans les dernières scènes. Il manque quelque chose à ce film pour décoller..... dommage - plaisant sans plus !! **
Ce film est tout simplement excellent, superbe, j'ai vraiment tout adoré. C'est une chronique sociale et provinciale du tout début du XXè siècle. De temps à autres, cela est très agréable de voir ce genre de très de bons films. Je vais aller le revoir une seconde fois avec grand plaisir prochainement.
Très mauvais car demander à des acteurs d'articuler n'est tout de même pas un luxe ! Les paroles sont inaudibles tandis que les autres bruits, sons et musiques sont au contraire trop présents. Dialogues indigestes, présence de la traditionnelle scène torride dont on soupçonne qu'elle est imposée par des producteurs en mal d'inspiration... Cette scène est d'ailleurs très mauvaise, une des pires du film avec un V. Lindon totalement incompréhensible. L'histoire, telle que scénarisée, paraît abracadabrante et illogique à bien des égards. Une étoile, c'est un peu dur mais je me suis rarement autant demandé ce que je faisais dans une salle de cinéma, et quand "ça" allait se terminer, et si "ça" valait la peine de rester... Le bandeau final tombe comme un cheveu sur la soupe et on est alors interloqué que le film, auquel on a rien compris, soit "déjà" fini !
Le film pour le coup donne vraiment le sentiment de voir le journal intime d'une femme de chambre de l'époque; et ce sans s'obliger un classique chapitrage, ou marque de dates, ou voix-off permanente. Jacquot fait une belle utilisation du zoom et du travelling pour rendre compte de la perception des personnages, du mouvement des gens les uns par rapport aux autres et finalement nous donner l'impression de faire partie de ces maisons. La reconstitution de l'époque à tous les niveaux est très bon, le casting est impeccable. On feuillette ce film agréablement jusqu'à une fin qui peut honnêtement nous laisser circonspect; tant pour cette fin en elle-même que finalement ce que le film devait nous raconter.
En définitive j'ai préféré cette version à celle de Bunuel, toutefois j'ai quand même envie de lire le livre pour me faire mon avis et ma propre interprétation de l'oeuvre originale. Parce que les films sont presque aux antipodes l'un de l'autre. Seulement j'ai trouvé la fin trop abrupte ici, j'ai l'impression que le film n'est pas réellement fini, j'aurais voulu plus, j'étais prêt à embarquer pour une heure de plus facilement tant j'étais pris dans l'univers du film. La mise en scène est excellente, les musiques envoutantes et apportent un caractère étrange à l'univers du film. Bref, j'ai beaucoup aimé même si je reste encore sur ma faim.
Un gouffre. C'est ce qui sépare l'hystérie incohérente des critiques presse du supplice enduré par le spectateur pendant une heure trente : un gouffre gigantesque à la profondeur abyssale. Porté par un Vincent Lindon toujours et encore et toujours et encore et toujours aussi fidèle à lui-même (bourru, mystérieux et incapable de faire le moindre effort d'articulation) et par une Léa Seydoux passable, cette adaptation du roman d'Octave Mirbeau ne frôle pas la catastrophe, elle nage dedans. Je suis pour la critique constructive, mais parfois, il n'y a rien à construire, il y a plutôt tout à déconstruire et dans ce cas-là, une seule observation est possible : le film est laid. Certains seconds rôles livrent des prestations lamentables (Patrick d'Assumçao et Rosette sont au-delà de la caricature et de la fausseté) ; d'autres scènes transpirent le ridicule (en particulier la scène de jouissance de Vincent Lacoste et le dialogue entre Léa et Patrick, le capitaine, sur la bouffe) ; la musique, agaçante au possible, dessert le film par sa redondance et son aspect démonstratif ; les plans sont en majorité bien moches (surtout les larges qui se fondent en un zoom des plus grossiers)... Après visionnage, on se dit que le cinéma français peine à retranscrire une époque avec crédibilité, surtout dès qu'on commence à s'intéresser à des époques inférieures au vingtième siècle. Exemple tout à fait aléatoire, nos amis anglais n'ont pourtant aucun mal à faire revivre un siècle à l'écran. Alors pourquoi le cinéma français peine tant que ça? That is the question...
je crois après avoir vu le film que le roman d'Octave Mirbeau paru dans la dernière décennie du 19ème siècle ne devrait pas souffrir de la comparaison.....Le film suit les grandes lignes, mais de façon succincte je trouve.......Ne mettons pas en cause le jeu de Léa Seydoux (il est excellent sauf dans la scène du testament à la limite du ridicule), ni celui ce Vincent Lindon, paradoxalement rare dans le film mais qui joue un rôle majeur......On pourra peut être reprocher un manque de fluidité et d'élégance dans la façon de filmer et de traiter l'image et le son.....Le style trop épuré se rapproche malheureusement du téléfilm, et les dialogues ne sont pas toujours des plus accrocheurs, il faut savoir sans doute s'éloigner d'une œuvre littéraire pour édulcorer un film , le cinéma ne souffre pas d'approximations, mais doit se démarquer, sinon, patatras, je pense...... On reprochera donc une mauvaise distance avec le livre, une certaine facilité et négligence stylistique (souvent chez Jacquot qui a pourtant un grand souci des décors et des costumes,), un manque de peps dans la direction d'acteurs et une histoire qui peut être n'était pas après tout si passionnante (je n'ai pas lu le livre mais c'est l'impression que cela donne) Attention donc à une certaine mollesse dans la mise en scène.......
Décevant! Le film, les acteurs...je m'attendais à tellement mieux. Vincent Lindon devrait apprendre à articuler. C'est franchement désagréable de devoir deviner ce qu'il dit. Ou alors faudrait des sous-titres.