Le Charme discret de la bourgeoisie
Note moyenne
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96 critiques spectateurs

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Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 mai 2013
Aucun intérêt. Les acteurs surjouent, les personnages sont insipides, il n'y a pas vraiment de scénario : juste des situations toutes plus ennuyantes les unes que les autres. Comme à son habitude, Luis Bunuel ne raconte rien d'intéressant. Un gros fainéant de la pellicule. Aucun intérêt. Un film c'est censé raconter quelque chose ou au moins censé nous procurer des émotions, dans ce film rien, on ne rit pas une seule fois (censé être une comédie dramatique). Si vous voulez une critique acerbe de la bourgeoisie tournez-vous plutôt vers La grande bouffe ; les personnages ont de la gueule et l'humour est plus prononcé. Après c'est mon avis.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2008
Sur le thème du repas toujours manqué, Bunuel s'amuse entre realité et reves comme toujours et nous offre un joli jeu de massacre, bourgeoisie, religion, militaires toujours au premier rang des victimes du grand Bunuel.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 février 2009
Les bourgeois ne sont pas épargnés dans ce film acerbe et magistralement mis en scène par Bunuel, avec parfois des notes de surréalisme comme le cinéaste espagnol sait les faire!
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 janvier 2021
De banalité en banalité pour quelques personnes qui cherchent, sans y parvenir, à dîner ensemble. Plusieurs personnages inintéressants passent, les situations banales et de tous les jours sont présentes dans le film mais ne présentent pas de réel intérêt. Comme le film, pour moi. Aucun intérêt. Des personnages qui débarquent pour raconter leurs vie sans intérêt.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 février 2007
Mélange ludique entre la réalité et le rêve, «Le charme discret de la bourgeoisie» (France, 1972) est le premier film de Luis Bunuel sur la trilogie des bourgeois et du désir. Le cinéaste s’amuse, comme l’a aussi fait Tom DiCillo dans «Living in Oblivion» (USA, 1995), à encastrer les rêves. Au final, un tel a rêvé qu’un tel à rêvé qu’un tel à rêvé, etc… Bref, si cette narration où les poupées russes sont des rêves donne au film une dynamique plaisante, elle nous dévoile aussi les désirs refoulés des bourgeois coincés. Délicieux pour le spectateur moyen, grinçant pour le bourgeois cinéphile. D’autant plus que les ce sont les désirs inachevés les plus cocasses qui prennent vie au sein même de la bienséance huppée bourgeoise, ceci pour mieux la tourner au ridicule. Car c’est là toute l’essence du film : mettre en exergue le ridicule singulier du milieu bourgeois, d’autant plus ridicule que son orgueil l’en aveugle. Le film est très souvent drôle. On y ri des bourgeois, parce que Bunuel le veut bien, mais on ri aussi de l’incohérence des rêves. En conclusion, «Le charme discret de la bourgeoisie» est, à l’habitude de Luis Bunuel, une satire sur la religion ( incarné par Julien Bertheau ) et la bourgeoisie ( notamment incarné par le trio Rey-Cassel-Frankeur ). Encore une fois mais cette fois-ci avec un décalage hilarant, Bunuel trahit sa condition première et égratigne efficacement.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 août 2008
A partir d'une réalisation se fondant sur la répétition et la rime, Bunuel fabrique un étonnant objet filmique, très satirique, empreint d'une certaine poésie. Décrire la classe bourgeoise à travers ses obsessions et ses frustrations les plus profondes est le pari réussi de cette oeuvre iconoclaste et lucide, à la mise en scène admirable (comme toujours chez Bunuel), aux mouvements de caméra fluide et au montage précis. Le cinéaste ne semble jamais régler ses comptes avec les sujets qu'il filme, même s'il peut se montrer très virulent à leur égard. L'excellente direction des acteurs accompagne une gestion très poussée des corps dans l'espace, et permet au cinéaste de développer un discours implacable sur ce monde constamment castré par l'intrusion du réel dans l'irréel. Frustrés dans leur désir (ici, manger), les personnages se créent leur monde dans le but d'échapper au réel, sans jamais pourtant parvenir à y accomplir leur objectif. Sans arrêt repoussé, le désir devient alors une quête sans fin, que Bunuel filme d'une manière puissamment évocatrice, image récurrente des protagonistes marchant le long d'une route, errant sans but. Magnifique.
WardStradlater
WardStradlater

70 abonnés 469 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2008
Ha ! Enfin un magnifique film majestueusement mis en scène. Tout est parfait. L'aspect déjanté de la chose est un met exquis à déguster très lentement. Bunuel met en scène des bourgeois qui n'arrivent pas à communiquer, ni à organiser un simple diner. Le vrai cinéma est là, il ne faut surtout pas passer à côté de la perle rare.
Yannickcinéphile

2 880 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2024
Bunuel ausculte avec humour et une pointe d’acidité les travers d’une certaine bourgeoisie proprette sur elle en façade et qui derrière… Pour ça, il s’entoure d’un beau casting international avec une belle floppée d’acteurs français, l’italienne Milena Vukotic, l’espagnol Fernando Rey. Tous sont excellents dans leurs rôles, hauts en couleurs, détestables pour la plupart mais sympathiques malgré tout, avec, pour ma part, une mention spéciale pour Stéphane Audran, Milena Vukotic (laquelle tire son épingle du jeu avec un simple second rôle) et Fernando Rey, qui s’amuse avec gourmandise en ambassadeur corrompu d’une dictature bananière. Même les seconds rôles ont une vraie folie qui leur permet d’exister. Cette galerie de personnages apportent tout le sel d’un film qui par ailleurs est souvent drôle, quoiqu’assez décousu. En réalité, on est presque plus dans un film à sketch, enchainant des situations qui vont explorer les travers de ce groupe d’amis très douteux en vrai ! Leurs mœurs sont décortiquées le long d’un fil conducteur autour d’un repas qu’ils n’arrivent jamais prendre. C’est amusant, léger, un peu fantastique, souvent pertinent. On passe un bon moment. Maintenant, faut avouer que ça manque un peu de fluidité, que la narration imbriquée avec des films dans le film complique un peu les choses et c’est sans parler de l’intervention de l’absurde à plusieurs reprises. Le film est un peu foutraque, et on pourra parfois se trouver un peu lasser des flash-backs qui reviennent de plus en plus souvent au fil du film.
Formellement, c’est très efficace. Les décors sont beaux, variés, on plonge aisément dans ce petit monde bourgeois. C’est beaucoup filmé en intérieur, mais ça ne pose pas souci. Bunuel s’amuse avec gourmandise du côté vaudevillesque de certaines scènes, et apporte tout son savoir faire en la matière. En revanche, il faut reconnaître que la bande son ne retient pas l’attention.
En conclusion, je dirais que ce film très sympathique s’appuie quand même beaucoup sur sa galerie de personnages pour convaincre. On appréciera de même son humour, sa dénonciation légère des mœurs bourgeoises, son ton satirique qui font du film un objet divertissant. Maintenant, on ne peut s’empêcher de voir une certaine légèreté dans l’écriture générale, de voir parfois les procédés amusants tomber dans la redondance facile, avec une multiplication de scènes inutiles qui, relevant d’un théâtre de l’absurde rigolo au début, semble, à la longue, être là pour faire durer le film plus de 90 mn. 3.5
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2023
Réalisé par Luis Buñuel en 1972, au cours de la dernière partie de sa riche carrière, Le charme discret de la bourgeoisie est un film drôle, élégant, absurde et inquiétant qui raconte l’histoire d’un dîner entre gens de bonnes familles sans cesse reporté pour des raisons diverses et variées, au fur et à mesure que le long-métrage prend une tournure onirique de plus en plus marquée. Égratignant les mœurs des bourgeois et des gens de pouvoir, le film est aussi un conte métaphysique sur l’absurdité de nos existences réduites à la répétition et à la représentation. Avec un panel de comédiens et de comédiennes éblouissant, dont il faut citer Stéphane Audran, Delphine Seyrig, Bulle Augier, Fernando Rey, Paul Frankeur, Jean-Pierre Cassel, Julien Bertheau et Claude Piéplu. Si l’on en doutait encore, : non, le génial Quentin Dupieux n’a rien inventé.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juin 2021
« Le charme discret de la bourgeoisie » est une dissection entomologiste de la bourgeoisie, ses rites et ses castes associées que sont l’église et l’armée. Suivant la tentative de tenir un repas entre amis, annulé à chaque fois pour des raisons ou évènements plus ou moins absurdes, Luis Buñuel et Jean-Claude Carrère livrent une suite de séquences d’une drôlerie parfois irrésistible, le sommet étant la scène du théâtre avec le chapeau de Napoléon, le rideau qui s’ouvre sur la salle, se terminant avec Henri Sénéchal (Jean-Pierre Cassel) soufflant et suant : « Je ne connais pas le texte ». Non seulement le propos est constamment pertinent dans son ironie mordante, mais le film est remarquablement inventif, poétique dans l’onirisme, drôle, enlevé et parfaitement maîtrisé. Cette construction très méticuleuse et très travaillée du script s’accompagne d’une mise en scène au minutage parfait. Mélangeant le fantastique (la mort, les fantômes, le décor) à la réalité du quotidien avec une soudaineté surprenante, il n’hésite pas à aborder hypocrisies et paradoxes. Ainsi sa galerie comprend l’ambassadeur trafiquant de drogue, la nymphomane et son mari catalogue vivant de truismes, la femme adultère et son monsieur je sais tout de mari, la sœur intellectuelle donneuse de leçon, le prêtre-jardinier, le militaire épicurien et le ministre gardant l’entre soi du pouvoir. Ils sont interprétés par un casting haut de gamme (Fernando Rey, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Delphine Seyrig, Paul Frankeur, Bulle Ogier, Julien Bertheau, Claude Piéplu, Michel Piccoli) parfaitement dirigé par le réalisateur. Sur le principe de la répétition cher au cartoons et plus tard à Blake Edwards dans les Pink Panther, le cinéaste n’hésite pas a mélanger tous les genres : politique, social, sociétal, militaire, érotisme, théâtre filmé, comédie, fantastique, film noir, onirisme, poésie et enfin road movie, errance à pied au milieu de nulle part. Le tout dans un dosage qui frise la perfection. Ce chef d’œuvre n’amène qu’un seul regret : au bout des 102 minutes nous en voulions encore.
VodkaMartini
VodkaMartini

63 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Alors bien entendu, les bourgeois en prennent plein la tronche, les militaires sont des atrophiés du bulbe, et le clergé est d'une hypocrisie sans nom. Des lieux communs me direz-vous. Mais que voulez-vous, Bunuel a du mordant et son surréalisme, qui ferait presque penser à un Beckett euphorique (impensable, me direz-vous!), permet de lever la pesanteur potentielle qui frappe souvent les critiques sociales. Une vraie réussite.
DarioFulci
DarioFulci

130 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 septembre 2017
Drôle de satire, qui a largement influencé "le sens de la vie" des Monty Python, où d'insupportables bourgeois tentent de dîner malgré divers imprévus.
Au début c'est amusant mais le principe devient rébarbatif et ennuyeux. Critiquer les bourges ok, sans raconter de réelle histoire pourquoi pas. Mais en noyant le spectateur dans d'incompréhensibles méandres anti-tout, c'est finalement pénible. Dommage.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 janvier 2018
Ce film de Bunuel est très français,par ces acteurs et des lieux de filmage très banlieue ouest de Paris des années 70. La réputation d'être un pamphlet corrosif contre la bourgeoisie, et pourquoi pas au passage contre l'armée et l'église, n'est plus justifiée aujourd'hui. D'autres films ont attaqué de manière beaucoup plus frontale ces institutions depuis cette époque. Il reste donc une comédie agréable, avec quelques trouvailles hilarantes (l'aubergiste récemment décédé, Pieplu expliquant l'usage de la marijuana dans ses troupes), et un traitement habile des frontières floues entre le rêve et la réalité. Il y a même un rêve dans le rêve, ce n'est toutefois pas Inception de Nolan, avec trois niveaux de rêves imbriqués les uns dans les autres! Comparaison n'est pas raison, mais la même année, sortait Le Parrain... Le nouvel Hollywwood avait pris un train d'avance sur le cinéma européen post-soixante huitard. Cinéclub - janvier 18
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2017
Au tournant des années soixante-dix, Luis Buñuel qui n'est pas sans ignorer que le temps lui est compté de pouvoir parachever son œuvre, profite à plein de son retour en France et de sa collaboration avec Jean-Claude Carrière pour laisser libre cours à l'inspiration surréaliste qui lui avait permis d'éclore au monde en 1929 avec "Un chien andalou". Si le réalisateur ne s'en est jamais vraiment laissé compter, il a toujours admirablement su se fondre dans les cinémas que son nomadisme l'a amené à côtoyer. En France justement, la Nouvelle Vague et mai 68 ont laissé la place avec l'arrivée de Pompidou au pouvoir à une bourgeoisie certes à nouveau légitimée mais tout de même encore un peu chancelante. Le cinéma n'est bien sûr pas en reste pour humer et retranscrire l'air du temps. C'est la grande époque de deux cinéastes très concernés par les tourments de cette classe sociale malaimée à laquelle personne n'admet vraiment appartenir. Claude Sautet venu de l'assistanat et passé à côté de la Nouvelle Vague met parfaitement en scène ses états d'âmes tandis que Claude Chabrol issu du mouvement précité auquel il a activement contribué avec Truffaut, Godard et Rohmer, ausculte de manière caustique et souvent féroce les petites perversions de la bourgeoisie provinciale qu'il connaît bien. Buñuel qui outre ses obsessions liées à l'onirisme et au fétichisme s'est constamment dressé en pourfendeur de la bourgeoisie qu'il associe étroitement au pouvoir dans sa volonté de museler l'expression des classes populaires, ne peut que se retrouver dans le cinéma des deux hommes. Il va donc en épouser les contours pour faire éclore une trilogie, fruit d'un cinéaste en pleine maturité qui se libère de toute contrainte. Pour être complet, il faut rappeler qu'au même moment l'Italie n'est pas en reste avec des cinéastes comme Elio Petri ("Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon" en 1970) ou Marco Ferreri ("L'audience" en 1971, "La grande bouffe" en 1973) qui livrent des pamphlets incendiaires sur la corruption, la morgue et l'inanité des institutions de leur pays. C'est le producteur Serge Silberman qui donne au réalisateur une totale liberté pour ces trois films foisonnants aux retombées commerciales plus qu'incertaines et parfaitement inenvisageables dans le système de production actuel. "Le charme discret de la bourgeoisie" est le deuxième de la trilogie et sans aucun doute le plus célèbre grâce à l'Oscar du film étranger qu'il récolta en 1973. Toujours fidèle à sa marotte d'observer la frustration à travers un homme ou un groupe "N'arrivant pas à ....", Buñuel à partir d'une anecdote livrée par Serge Silberman imagine trois couples de bourgeois incapables de mener à son terme un repas toujours empêché ou interrompu par un évènement aussi impromptu qu'iconoclaste. Ici ce sera le couple d'hôtes pris d'une irrésistible envie de faire l'amour qui provoque le départ des deux autres couples, là ce sera un militaire en campagne qui débarque à l'improviste dans le salon, ailleurs ce sera un restaurant où le cadavre du patron qui vient de mourir trône à côté de la salle de réception. Entouré de toute la garde rapprochée de Chabrol et Sautet que sont les Piccoli, Audran et Cassel, de son acteur fétiche Fernando Rey ou de Paul Frankeur le vieux complice de Gabin, Buñuel en profite pour moquer gentiment ses trois institutions favorites que sont l'église, l'armée et la police. Le ton franchouillard au possible, reflet du mauvais goût vestimentaire et décoratif de l'époque révèle un Buñuel caméléon, capable de s'approprier tous les univers cinématographiques ambiants allant de Mocky à Fellini en passant par Chabrol, Sautet jusqu'à Oury ou même Jacques Besnard et Jean Girault, pour faire éclore un feu d'artifice typiquement bunuélien qui brave le temps. En effet, Nombre d'émissions télévisuelles de divertissement actuelles ne nous montrent-elles pas ces anciens bourgeois devenus "bobo", livrant des anecdotes croustillantes sur leurs vies libérées de toute contrainte tout en se restaurant, contribuant ainsi à faire monter la rancœur d'une frange de la population condamnée à rester derrière la vitrine ? Une morgue tellement consubstantielle à cette classe dominante qu'elle en devient inconsciente au point de prendre le risque de générer par elle-même une lutte des classes qu'elle redoute tant. Buñuel n'aura eu de cesse sous tous les auspices et sous tous les horizons de dénoncer ce comportement qu'il exécrait. Comme des canards sans tête, les six bourgeois du "Charme discret de la bourgeoisie" marchent comme de pauvres hères perdus sur une route de campagne à la fin du film de Buñuel. Quarante cinq ans plus tard, ils ne semblent toujours pas avoir trouvé leur chemin.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2021
C’est le bréviaire surréaliste et anarchiste de la critique de la bourgeoisie au cinéma. D’une liberté absolue, d’une audace folle. Totalement déroutant et pas toujours saisissable. Luis Buñuel (accompagné au scénario par Jean-Claude Carrière) opte pour une forme de radicalité narrative qui a ses fulgurances géniales et ses écueils. Pas de psychologie, pas de sociologie, pas de vraisemblance, pas de frontière nette entre rêve et réalité. Les personnages sont sans consistance, simples pantins ridicules, manipulés dans le cadre d’une satire caustique voire féroce des conventions et mœurs bourgeoises. Pas de progression dramatique classique, mais une suite d’épisodes qui répondent à différentes formules : répétitions (le rituel du dîner mondain), récits à tiroirs… L’anarchie de la narration vient déstructurer un ordre social qui existe sans fondement véritable. Et le surréalisme vient mettre à nu par l’absurde des codes sociaux qui ne sont que vanité et vacuité, représentation et hypocrisie. Et qui cachent bien des petitesses. Cette mise à nu donne des scènes mémorables (notamment celle où les bourgeois se retrouvent sur une scène de théâtre) mais tourne aussi parfois au jeu de massacre gratuit. Quant à l’intrusion de récits de rêves, elle est d’un impact certain, souvent sidérant de violence, mais renforce aussi le côté décousu et fourre-tout du film. Cela dit, l’ensemble demeure absolument cohérent dans la filmographie du réalisateur, plus précisément dans le sillage artistique et thématique de L’Âge d’or et de L’Ange exterminateur.
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