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mazou31
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2,5
Publiée le 15 août 2013
C’est Buñuel, alors on lui pardonne beaucoup mais il n’empêche qu’il a été meilleur ! Ce film reste très surfait et démodé. Critique débridée et loufoque de la bourgeoisie, de ses conventions et ses lourdeurs sociales — mais fallait-il imposer ces lourdeurs au film et à la mise en scène —, le film s’étire péniblement dans des situations, réelles ou oniriques, à peine drôles et des jeux d’acteurs cabotins. Buñuel y flingue toutes ses obsessions (l’Église, l’armée, le fascisme, le sexe) sans grand brio et la satire tombe dans l’ennui. Comme on dit dans le Sud-Ouest, « ça eut plu » !
Un film curieux et terriblement prétentieux, mais qui ne manque pas d'intérêt. Sans jamais perdre de vue son objectif principal, qui est de n'en avoir aucun, Bunuel réalise un film sans aucun sens, qui erre et se perd, sans tenue et constamment déroutant. Tout cela est fait avec une certaine lourdeur, et souvent de façon maladroite. Cette lourdeur est-elle le reflet de la bourgeoisie dont les conventions et l'ignorance sont ici acidement dénoncées ? Est-ce une volonté du cinéaste ?... bah, on s'en fout et lui aussi.... ou plutôt non, il met un point d'honneur à ce qu'on y comprenne rien, ce qui relève d'un narcissisme éprouvant. Je préfère quand Bunuel explore la névrose et la déviance en laissant la part belle à ses personnages. Au final, le film se contente ici de son dispositif,plutôt intéressant il est vrai, mais assez vain.
Une œuvre corrosive et totalement surréaliste,qui intervint dans la fin de carrière en France de Luis Bunuel. Michel Piccoli,Bulle Ogier et Stéphane Audran par exemple,sont présents dans "Le Charme discret de la bourgeoisie"(1972). Trois couples n'arrivent jamais à dîner ensemble pour des raisons plus absurdes les unes que les autres. Des personnages prennent la parole à des moments incongrues. Des images perturbantes sortent de nulle part. Bunuel semble dire qu'il ne s'agit que d'une pièce de théâtre grandeur nature. Il n'y a pas grand chose à comprendre. Cette abstraction n'est clairement pas pour moi la garantie d'un grand film.
Venu dans l'Hexagone finir sa filmographie (après un retour d'exil du Mexique et alors que Franco, dirigeant de sa patrie, était à l'agonie), Luis Bunuel réalisa en 1972 "Le charme discret de la bourgeoisie", satire décapante des moeurs de personnages hautement placés dans la société, le tout teinté d'un surréalisme inspiré. Tout commence comme une comédie noire et grinçante un peu théâtrale où les dialogues remarquablement écrits s'enchaînent à un rythme élevé. La mise en scène se veut prudente au premier abord, reculée jusqu'à revendiquer un académisme à l'ancienne, celui des films bavards des années 40. On peut trouver cela sommaire tout en appréciant à leur juste valeur des situations croustillantes servant un propos anti-bourgeois virulent et cynique dont beaucoup se délecteront (moi le premier). Puis, les cibles se diversifieront et comme d'habitude, l'Eglise comme l'armée prendront quelques savoureux bons coups derrière les oreilles. Ce qui ne devait être qu'une comédie sociale devient tout à coup une formidable fable surréaliste narrant une succession de rêves tous plus absurdes et savoureux les uns que les autres. Pas effrayé par l'excès ni les redondances (bien lui en a pris, autant s'assumer tel que l'on est), Bunuel parsème son récit d'ellipses et retours en arrières troublants, quitte à tomber (pour ceux qui ne seraient pas fans) dans la lassitude. Idem en ce qui concerne quelques révélations masquées par un "truc" primaire et utilisé trop facilement. "Le charme discret de la bourgeoisie" traîne sans aucun doute de petites lacunes. Il n'empêche qu'il demeure l'un des films les plus réussis et les plus emblématiques de son auteur, ne serait-ce que par la finesse des flèches tranchantes qu'il distribue sans arrêt ou par la beauté de ses images donnant une poésie touchante et honnête à d'intelligentes séquences maniant enjeux esthétiques et psychologie un peu tordue avec un brio indéniable. Idéal pour se lancer dans la riche filmo du grand L. Bunuel.
Voici un veritable OFNI dans lequel je n'ai strictement rien compris si ce n'est que 6 bourgeois n'arrivent jamais a diner ensemble : si c'est ca la critique ascerbe de Bunuel envers cette classe sociale bah soit je suis un vrai debile qui n'a aucune education ni la moindre connaissance sur la vie ou alors il ne sait pas transmettre ses idees.Quel gachis tous ces bons acteurs qui se retrouvent dans des roles raides a debiter un texte sans interet.Peut etre que dans le contexte de l'epoque (1972) ce film a eu une portée + grande et une certaine puissance contestataire mais franchement aujourd'hui voir un militaire fumé un joint n'a plus rien de choquant.Aucun humour,pas de rythme et ce repas qui se repete sans cesse ,a oublier tres vite.
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1,0
Publiée le 26 février 2014
Qu'il semble loin le temps où la camèra de Luis Bunuel ètait en ce sens impitoyable! Dans "Le charme discret de la bourgeoisie", les situations classiques du thèâtre bourgeois, les conversations de salon et l'adultère nous sont montrès dans leur « naturel » , avec une fèrocitè tranquille! Reste que ce film inclassable de 1972 paraît bien surestimè! Comme quoi un immense metteur en scène et un casting prestigieux (Fernando Rey, Jean-Pierre Cassel, Michel Piccoli, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Stèphane Audran...) ne font pas toujours un grand film car derrière les civilitès de bourgeois attablès se cachent la froideur, l'ègoïsme, la mèchancetè...et la dèception! Mais où classer cette oeuvre et ces incessants va-et-vient dans l'imaginaire que reprèsente ce pètard mouillè ? Peut-on donc, dans ces conditions, ignorer Bunuel au chapitre de l'humour noir, de la comèdie grinçante espagnole ? Certes pas depuis ses deux derniers films que sont "Le charme discret de la bourgeoisie" et "Le fantôme de la libertè" qui rèvèlent un Bunuel toujours iconoclaste mais dont les armes ont malheureusement changè! A la fureur provocante de jeune surrèaliste en colère du "Chien andalou" et de "L'âge d'or" en 1928-1929, aux convulsions morbides et fantastiques d'une sociètè en agonie dans "L'ange exterminateur", "Le charme discret de la bourgeoisie" substitue le registre familier du thèâtre de Boulevard, en situant la bourgeoisie et sa morale de bazar dans leur perspective et en choisissant d'en faire rire! Mouais [...] Rèel, irrèel, surrèel se mêlent ici et ne font pas bon mènage, comme pour montrer que tout ce petit monde ne doit finalement pas être pris plus au sèrieux qu'il ne convient, et qu'avec ses rites, ses codes, ses lieux privilègiès, son fonctionnement autocaricatural dans la non-action, la non-conversation et la non pensèe, il se dètruit lui-même par le ridicule...
Inspiré du surréalisme et du culte de l'absurde, Bunuel réalise un film choral nettement supérieur aux semblables du genre, qui plus est dans un huit clos constant ( dans plusieurs salles à manger ) ; il dresse une moquerie des classes bourgeoises, reprochant l'hypocrisie ( la dispute entre Piéplu et Ray ), le mauvais goût ( le chapeau de Napoléon ). Il brise les séparations entre le réel et le rêve, où finalement, à la fin, nous ne savons plus quelle situation s'est vraiment déroulée. Il use également du son comme élément perturbateur, dont il se sert pour cacher l'absence de raisons aux actes. Au delà des dialogues et gags farfelus, il y a une critique de l'armée et des comportements snobs. Le film n'a pas d'histoire à raconter, il n y a que ce charme de la critique, du rabaissage des hautes classes et une réalisation efficace.
Étrange film.... Pourtant on se plaît à suivre le déroulé de leur vie. C'est un mélange assez baroque de fantastique, d'humour britannique et de comédie bouffonne. Il y a certainement des messages cachés qu'il faut décrypter: par exemple lorsque le groupe des 6 marche sur la route sans un mot, d'un pas décidé. Assez incompréhensible mais loufoque.
Certes, "Le charme discret de la bourgeoisie" est une caricature de la bourgeoisie, de l’armée et de l’église. A cet égard, le film est moins réussi que ne pouvait l’être "L’ange exterminateur": la caricature y est souvent simpliste et l’on y retrouve pas la finesse de ton et d’esprit du film mexicain. On sent bien que c’est autre chose, au-delà de la satire, que veut exprimer le cinéaste. Malgré que les personnages soient détestables (trafiquants, méprisant envers les couches sociales plus modestes, assassins même), Buñuel les filme avec empathie, ce qui nous les rend malgré tout assez sympathiques. Plus le film avance, plus les situations cocasses se succèdent: les rêves s’enchaînent (qu’ils soient racontés ou directement transposés à l’écran), et un motif récurent semble se dessiner nettement: la mort. La mort hante "Le charme discret de la bourgeoisie", elle est de chaque séquence, si bien que tout le film peut se voir comme le passage dans la mort d’un groupe d’amis bourgeois, peut-être assassinés (comme la dernière scène du film le laisse penser). Un plan "hors contexte" qui apparaît à 3 reprises, et qui montre les 6 personnages marchant sur une route de campagne serait alors représentatif de ce passage vers la mort. Ces personnages n’auraient pas tout à fait conscience de leur mort et habiteraient une sphère mentale commune dans laquelle ils tenteraient désespérément de vivre, ce qui se matérialiserait par cette obsession de se nourrir. L’omniprésence de la mort s’accompagne de la volonté des personnages de s’alimenter, de boire, de baiser même. Ce rapport nourriture/mort évoque un autre film italien, "La grande bouffe" de Marco Ferreri. Mais là où le film de Ferreri était une vaste métaphore sociale, très virulente, le film de Buñuel se veut onirique, si bien que la dimension artistique, surréaliste et même poétique de l’œuvre devient largement prépondérante, pour notre plus grand plaisir. A mon sens, le meilleur film de la période française de Buñuel.
Buñuel présente ici avec cynisme et non sans succès les derrières de la bourgeoisie. Il manie très bien le comique de situation en créant une histoire sans queue ni tête qui réussi plus ou moins à faire perdre pied au spectateur. Les tréfonds des âmes de ces bourgeois coincés, révélé par leur rêve le plus fou. On sourit de nombreuses fois. Le film est plaisant et passe comme une lettre à la poste. Ni plus ni moins.
Quelle moquette a donc fumé Buñuel pour nous infliger un tel ratage ? Buñuel se trompe de cible en critiquant la bourgeoisie, ce n'est pas la bourgeoisie qui est exaspérante, c'est le genre humain dans son ensemble, mais on lui aurait volontiers pardonné ce parti pris si cela avait été fait avec efficacité, or ce n'est pas le cas. C'est bavard, lourd (voire lourdingue et le recours au rêve comme procédé de narration est pénible), ça ne va nulle part et on a aucune empathie pour les protagonistes (même si c'est fait exprès), et certaines scènes sont carrément aussi inutiles qu'ennuyeuses (les rêves des militaires). Un film qui n'apporte rien. A sauver la scène de galipettes entre Audran et Cassel et juste un doigt d'humour surréaliste (ce qui ne fait pas grand-chose)
Avec cette satire acerbe envers la bourgeoisie vue comme un milieu clos et replié sur lui-même, qui passe son temps à se donner rendez-vous pour dîner (pour un repas qui n’aura jamais l'occasion de se dérouler), Buñuel réalise une œuvre mystérieuse qui commence de manière assez classique mais tourne progressivement au surréalisme en oscillant entre rêve et réalité. Si bien qu'au final, on arrive pas à cerner complètement le sens du film.
"Le charme discret de la bourgeoisie" est un excellent Buñuel constituant une belle critique des habitudes bourgeoises et d'une certaine frustration. Le film est parfois difficile à cerner tant l'intrigue peut apparaître comme étant insensée mais c'est le surréalisme qu'il balade dans sa filmographie qui fait le charme du réalisateur, avec une réalisation minutieuse.
Sorti sur les écrans en 1972, Le Charme discret de la bourgeoisie se situe en plein milieu de la période française de Bunuel, sa dernière et aussi l'une de ses plus intéressantes. L'âge n'a jamais été le signe d'un quelconque assagissement, ses derniers films étant tout aussi virulents et violents que ses premiers manifestes Un Chien andalou ou L'Age d'or. L'idée de départ du Charme discret de la bourgeoisie lui vient de son producteur de l'époque, Silberman, qui lui raconta une anecdote savoureuse. " Il invita des gens à dîner chez lui, un mardi par exemple, oublia d'en parler à sa femme et oublia qu'il avait un dîner hors de chez lui ce même mardi. Les invités arrivèrent vers neuf heures chargés de fleurs. Silberman n'était pas là. Ils trouvèrent sa femme en robe de chambre, ignorant tout, ayant déjà dîné et disposée à se mettre au lit. Cette scène devint la première du Charme discret de la bourgeoisie. Il ne restait qu'à poursuivre, qu'à imaginer diverses situations où, sans trop brutaliser la vraisemblance, un groupe d'amis cherche à dîner ensemble et n'y parvient pas ", écrit Bunuel dans Mon dernier soupir. Ayant toujours été " attiré par les actions et les paroles qui se répètent ", Bunuel construit son film comme une boucle sans fin où six bourgeois essayent, en vain, de dîner ensemble. Ce qu'il vaut voir derrière ce semblant de trame narrative, c'est bien entendu le malaise bourgeois, et son incapacité à communiquer comme à jouir du moindre plaisir, ici nutritif. Bavarder, parler pour ne rien dire ou au mieux évoquer la recette exacte du Dry Martini sont les seules occupations des protagonistes. Mais manger, non, c'est impossible. Ils se trompent de jour, débarquent dans une auberge où le personnel veille le cadavre du patron, sont interrompus par des manoeuvres militaires, se retrouvent acteurs malgré eux d'une pièce de théâtre ou tués par la police... sans jamais avoir pu mener un repas à terme.
Souvent dans le viseur du cinéma décalé de Luis Buñuel, les conventions sociales de la bourgeoisie sont ici traitées à travers une série de saynètes où l’on retrouve à chaque fois trois couples de nantis sur le point de passer à table. Des situations toutes plus abracadabrantes les unes que les autres vont donc empêcher ces six individus antipathiques, tous interprétés par des acteurs habitués aux extravagances du réalisateur espagnol, de commencer à manger. Un concept singulier et une mise en scène à la fois surréaliste et théâtrale qui font de cette comédie une curiosité qui semble intéressante à découvrir mais qui, malheureusement, ne tient pas ses promesses en matière d’humour. Aussi surprenantes soient-elles, aucune des histoires n’est réellement drôle et seuls les quelques dialogues qui soulignent l’hypocrisie des personnages donnent un peu de mordant à cette chronique sociale où l'on se perd entre rêve et réalité.