Avis : Le Charme discret de la bourgeoisie - Page 5
Le Charme discret de la bourgeoisie
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Gerard M
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4,5
Publiée le 18 août 2017
toute la force de Bunuel est de se moquer de TOUT , y compris des spectateurs incapables de saisir le ton exact et les symboles de son Cinéma effectivement surréaliste . Corrosif , volontairement traité sur un fond désuet , mais avec des effets de caméra d'une élégance et d'une volupté incomparables . Combien d'auteurs , depuis ( Almodovar le premier) ont été imprégnés des audaces de Bunuel . Comique absurde qui déroute , intelligence du texte , et bien sur un casting incroyable . Quelle élégance dans le verbe et quelle intelligence dans le regard sur le monde !
Malgré ses récompenses [prix Méliès en 1972 et Oscar du meilleur film étranger (sous la bannière de la France alors que le réalisateur, né en Espagne, a acquis la nationalité mexicaine en 1951) en 1973 (mais face à 4 films, soviétique, israélien, espagnol et suédois peu connus), le film est décevant car le scénario cède à la facilité du surréalisme [qui était la marque de fabrique de ses 2 premiers films, « Un chien andalou » (1929) et « L’âge d’or » (1930) mais plus de 40 ans auparavant] en abusant des scènes de rêves pour les situations les plus outrancières ou fantasques et qui, malgré tout, sont de pâles critiques de l’armée, de la police, du clergé et des riches. Cela relève de la farce potache, pas vraiment drôle, caricaturale et même ennuyeuse car trop longue (le film dure 1h42) avec beaucoup de scènes « gratuites » (spoiler: restaurant dont le patron vient de mourir, les rêves des militaires, le salon de thé dépourvu de café, de thé et de lait, le brigadier sanglant, les 6 personnages principaux marchant sur une route de campagne 3 fois de suite, recette du dry Martini, découpe du gigot d’agneau ) qui ne font pas avancer la narration ; cette dernière n’existe pas vraiment puisque le film se contente de montrer 3 amis (magouilleurs dont l’ambassadeur de Miranda, pays prototype de la république sud-américaine autocratique) et leurs femmes (spoiler: une femme adultère, une alcoolique et une nymphomane ) qui tentent de dîner ensemble, en vain, succession de scènes sans vraiment de logique. Etonnant que l’excellent Jean-Claude CARRIERE (1931-2021) ait participé au scénario qui n’a, ni queue, ni tête pour être franc. Un film surestimé alors qu’à l’époque, d’autres cinéastes étaient beaucoup plus critiques vis-à-vis de la société, malgré un mode de narration plus classique : Yves Boisset avec « Un condé » (1970) sur la police, « L’attentat » (1972) sur l’affaire Ben Barka et l’implication des services secrets, Costa-Gavras avec « Section spéciale » (1975) sur la création d’une cour spéciale par le gouvernement de Vichy, Henri Verneuil avec « I… comme Icare » (1979) sur l’assassinat d’un homme d’état ou « Mille milliards de dollars » (1982) sur les relations entre multinationales et IIIe Reich, sans oublier les films de Claude Chabrol et sa critique de la bourgeoisie sous la présidence (1969-1974) de Georges Pompidou (1911-1974). Seule la qualité de la photographie en 35 mm, due à Edmond RICHARD (dont c’est la 1ère collaboration, sur 3, avec le réalisateur) et les mouvements fluides de caméra sauvent le film du nanar, malgré la présence d’acteurs connus (Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Jean-Pierre Cassel et Stéphane Audran). De nos jours, le sujet aurait été traité sous forme de saynètes façon « Kameloot » (2005-2009) d’Alexandre Astier et Alain Kappauf, format plus efficace.
Ce film est étrange, atypique, il se regarde facilement, pourtant on sent bien que le réalisateur veut faire passer quelque chose... que j'ai peut-être pas toujours saisi ou ressenti. Les acteurs sont magnifiques, ce sont les "poids-lourds" du cinéma français des années 70. S. Audran est toujours aussi magnifique. Et elle joue son rôle de bourgeoise à la perfection. L'absurde du film est léger car c'est subtil, pourtant on sent que les critiques que veut porter le réalisateur sont fortes.
Bourgeois trafiquant, dégustateur sélectif de Dry Martini, consommateur de relations sexuelles sous abri, évêque pique assiette à vocation jardinière, lieutenant de cavalerie en manque de confidences, Dîners maniérés constamment interrompus par des manœuvres militaires, des veillées mortuaires ou des malfaiteurs déterminés.
Les trois composants de nos sociétés bien pensantes sont sévèrement ballottés entre rêves et réalités. Les pistes réelles et cauchemardesques s’entrecroisent dans des temps virtuels appartenant aux revenants ensanglantés, livides et muets.
Dans les salons, la fumette du gradé se juxtapose avec le whisky de l’homme d’église. Des tables se retrouvent soudainement sur des salles de théâtres, le bourgeois contraint de réciter devant un public impatient sa propre panoplie existentielle.
Luis Bunuel n’émeut pas outre mesure en filmant les délires verbaux de ces nantis calfeutrés dans des salons capitonnés mêlant fantasmes nuiteux et dîners perturbés.
Il est conseillé de remonter en amont de la carrière de ce cinéaste surréaliste pour en humer un parfum plus fort
ce film de 1972 n'a pris aucunes rides, certaines scènes pourraient bien se passer de nos jours, comme la scène où l'on parle du cannabis, comme à chaque fois Bunuel se moque avec beaucoup d'humour de la religion ; cet évêque qui donne les derniers sacrements à un homme et puis le flingue car il vient d'apprendre que le mourant avait tué ses parents; entre scènes réelles et scènes oniriques ; Bunuel et Jean-Claude Carrère mélangent le tout pour faire un film anticonformiste comme presque tous les films de Bunuel qui reste un des plus grands metteurs en scène du cinéma international ; tous les thèmes chers au maître sont là: la bourgeoisie hypocrite, le clergé aux pouvoirs trop étendus et l'obscurantisme qu'il génère, on ne peut pas rester insensible aux films de Bunuel ou alors on a rien compris
Le film commence de manière assez classique mais progressivement tourne au surréalisme (comme souvent avec ce cinéaste). Buñuel s'attaque une nouvelle fois à la bourgeoisie, militaire et au clergé. Côté mise en scène rien de génial mais les interprétations sont convaincantes.
Un film plutôt atypique et assez décalé. J'ai vraiment bien aimé. Il est vrai qu'on peut se demander dans quelle mesure son film reflète une certaine réalité, ou si au contraire il ne fait que reprendre des vieux clichés, ou exagérer certaines réalités ? Quoiqu'il en soit, son film reste divertissant et sympathique. Tous les dîners entre les bourgeois qui s'annulent, c'est vraiment marrant à voir, tout bête mais vraiment divertissant. Le film est complètement décalé, avec parfois certaines scènes on se demande où on est. Dommage que vers la fin, le film semble trouver ses limites, et tombe dans une surenchère.
Une uvre féroce, cynique et caricaturale sur la bourgeoisie où Luis Buñuel népargne rien ni personne, en passant notamment par les militaires et les évêques. A travers une mise en scène loin de toute stylisation visuelle et une troupe dacteurs formidable (Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Jean-Pierre Cassel, Julien Bertheau, Claude Piéplu et Michel Piccoli), Le Charme Discret De La Bourgeoisie saffirme comme étant un film surréaliste oscillant entre rêve et réalité, dont certains passages sont totalement marquants (la scène du théâtre, le dialogue entre lévêque et le vieux jardinier mourrant, le final, ). Un film à voir !
En plus d’être le cinéaste surréaliste, Luis Buñuel, est connu aussi pour ses films antibourgeois et anti catholique. Une de ses œuvres les plus reconnue est le charme discret de la bourgeoisie qui a d’ailleurs été récompensé par l’oscar du meilleur film étranger en 1972. On retrouve les influence surréaliste du célèbre réalisateur espagnol dans la construction du film qui répète toujours le même schéma du dîné manqué car l’histoire tourne autour d’un repas entre bourgeois sans cesse perturbé ou remis au lendemain en raison d'événements dénués de sens ou insolites. Dans Le charme discret de la bourgeoisie, les bourgeois sont montrés comme des individus prétentieux, oisifs et peu recommandable et leur incapacité à venir à bout de leur repas serait le symbole de leur fatuité. J’ai aimé dans ce film sa capacité à faire croire à chaque fois à une hypothétique réalité car le scénario insère à plusieurs reprises des passages oniriques dans une narration déstructurée qui fait qu’on se réveille en même temps que le personnage qui vient de rêver ou de cauchemarder. En ce qui concerne le fond, Le charme discret de la bourgeoisie est volontairement excessif dans son propos ce qui rend l’histoire drôle et la farce peut être sympa à voir si on n’aime pas les bourgeois, le clergé, la police et les militaires sinon le film reste une curiosité.
Une charge épaisse contre la haute bourgeoisie, ses mœurs dépravées, ses collusions avec l’Etat, l’armée, le clergé… Malgré une distribution de haut niveau, un film répétitif (les repas) qui n’arrive pas à nous surprendre et sent la grosse tête à plein nez…
Entre scènes absurdes, rêves surréalistes, fantastique, comédie, comédie dramatique et même, à certaines occasions, horreur, Luis Bunuel signe un OVNI traitant de la bourgeoisie. Le film dépeint des personnages avec des caractères et des personnalités bien délimités et en joue pour les mettre dans des situations assez cocasses sans pour autant, ce n'est que mon avis, se moquer de leurs manière si ce n'est à quelques occasions. Ce qui est certain, c'est que le réalisateur dépasse ce constant en jouant avec ses personnages de la plus maligne des manières en installant des scènes absurdes autant dans la réalité que dans les rêves des personnages ce qui permet une multiplicité de lecture qui me fera, un jour ou l'autre, revenir vers lui.
Il est bien difficile de saisir ce que Luis Buñuel a souhaité transmettre comme message. On ne peut pas dire que son film, sorti en 1972, soit désagréable à suivre, mais il n’existe pas véritablement de trame consistante et aucune issue. Le seul fil conducteur étant la répétition de scènes autour d’un repas inachevé entre six amis issus de la bourgeoisie. La critique de ce milieu est constante mais ne présente rien d’acerbe. Bref, quelques moments chargés d’humour loufoque et des acteurs convenables (notamment Fernando Rey) mais pour le reste, il faut vraiment être un inconditionnel du réalisateur espagnol pour apprécier !
Le charme discret de la bourgeoisie fait partie des films les plus maîtrisés de la période française de son auteur. D’ailleurs, c’est avec ce film que Luis Buñuel remporta l’unique Oscar de sa carrière, celui du Meilleur film étranger en 1973. Comme sur tous ses films français depuis Le journal d’une femme de chambre, Luis Buñuel coécrit avec Jean-Claude Carrière un scénario articulé autour de six personnages bourgeois et amis échouant à diner ensemble. Critique complète sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com