Avis : Le Charme discret de la bourgeoisie - Page 4
Le Charme discret de la bourgeoisie
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Nicolas L.
117 abonnés
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2,0
Publiée le 14 décembre 2018
Un regard acerbe sur la bourgeoiserie mais dont la forme ne parle qu'à certains intellectuels pour qui chaque scène est métaphorique à une idée politico-social. Moi je n'y ai vu qu'un film sympathique mais sans plus, un peu prétentieux sur les bords et dont on en ressort un peu lessivé de n'y avoir pas tout compris. Une impression un peu désagréable de passer pour un abruti...
spoiler: Le film nous présente le charme discret de la bourgeoisie. Tout en ironie et antiphrase. Les personnages sont hypocrites, menteurs, phallocrates, racistes, condescendants, égoïstes, médiocres, prétentieux. Ils sont effectivement charmants !
Et ceci tout en se faisant des sourires, des courbettes, des amabilités de facades. Lorsque l'on voit comment ils boivent et fument, cela rassure sur leur mortalité prochaine. Un vrai catalogue de suffisance et de vide. Tout ce qu'ils entreprennent est interrompu en permanence. Luis Bunuel et Jean-Claude Carrière, son aidant au scénario, enfilent les scènes où ces personnages pleutres ne sont jamais là où ils devraient être : ils s'invitent, ils vont chez l'un deux, chez l'autre, mais n'arrivent jamais au bon moment, diners chez l'un d'eux ou au restaurant, réception, ou alors rendez-vous galant. Ils sont toujours interrompus et ne peuvent jamais terminer. Un vrai bréviaire de la fatuité et de la médiocrité.
Mais ils sont interprétés par une distribution sublime où la distribution féminine en particulier fait la concurrence à une pléthore de personnages masculin : Stéphane Audran, Delphine Seyrig, Bulle Ogier.
Luis Bunuel excelle à dépeindre ce monde d'incompétences, d'égoïsmes, de suffisances d'une certaine bourgeoisie. Il s'agit d'un film inclassable, qui contient beaucoup d'humour à base d'ironie, donc une comédie, mais aussi du drame car ces pauvres bourgeois sont toujours stoppés dans ce qu'ils entreprennent.
Une critique très féroce et acerbe de la bourgeoisie comme seul Luis Bunuel pouvait les réaliser. La galerie de personnages bourgeois est interpretée par des acteurs épatants de justesse. La charge est très virulente mais toujours juste. Parfois on est ecoeuré mais souvent on rigole au dépend de ces personnages pas du tout attachants. Un des meilleurs et un des plus originaux films de Luis Bunuel.
En six ou sept ans d'intérêt certain pour le cinéma, jamais je n'avais un film de Luis Bunuel. Alors je m'étais dit que dés que l'occasion se présenterai, je la saisirai en vol. Chose faite et mes yeux ce sont posés sur ce « Charme discret de la bourgeoisie » un des films les plus connus du cinéaste espagnol. Et que ma déception fut grande face à un objet aussi mal fichu. D'accord, Bunuel fustige les mœurs des grands bourgeois et se plaît à les tourner en ridicule, mais que c'est mal fait. Ce film n'est sauvé que par son casting au diapason : de Paul Frankeur à Fernando Rey en passant par Jean-Pierre Cassel. Des comédiens ; aussi bons soient-ils ne peuvent pas faire grand chose s'il n'y a pas de matière gravitant autour de leurs personnages. Bunuel a t-il fait de meilleurs films que celui-ci ? Sans doute, et je l'espère même... Me voilà assez refroidi...
Ce film a bientôt cinquante ans !! Il n'a pas vieilli d'un cil. Absurde, incroyablement drôle et désinvolte (bunuel se fout totalement des règles narratives) le film réjouit sans cesse. Ce qui est le plus génial c'est qu'on a même pas besoin de chercher de sens au récit. Casting : quasi tous les meilleurs acteurs de l'époque. Indispensables.
Un des derniers film de Buñuel, dans la tradition surréaliste ou plutôt celle de « l’absurde » , qui lui était cher . Mais l’effet de surprise n’est plus là, et la faiblesse du scénario nous donne une sensation de « déjà vu », voire une odeur de naphtaline. Un groupe de bourgeois un peu déluré cherche à organiser un dîner ensemble, mais les occasions seront manquées ou souvent rêvées et elles partent alors en délire, sensées nous surprendre ou nous choquer. Avec en apothéose un des dîners où la grande table fait face à un grand rideau rouge, que l’hôtesse va soudain ouvrir et qui dévoilera une scène de théâtre , où les invités font face à un public : probablement la meilleure scène du film, devenue culte. Les hommes semblent bien sous tous rapports mais sont en fait des grand trafiquants de cocaïne, et ainsi de suite. Satire de la bourgeoisie, de l’église, un archevêque ouvrier /paysan ridicule, de la bienpensance , mais tout cela ne parait pas bien méchant, un peu mollasson , avec un air de « déjà vu ». Les acteurs sont tous excellents, prouvant la grande capacité de directeur d’acteur de Buñuel ; on a plaisir à retrouver les excellentes actrices : Stéphane Audran , Bulle Ogier et Delphine Seyrig un peu oubliées aujourd’hui, formidables dans leur posture de fausse rigidité. Piccoli et surtout Pieplu et Jean -Pierre Cassel (quel grand acteur, son fils à de qui tenir) , sont excellents et tous les seconds rôles sont formidables. Pas un des meilleurs Buñuel, mais typique et représentatif de sa personnalité.
J'ai vraiment l'impression d'avoir perdu mon temps en visionnant ce film. La mise en scène est belle, le casting l'est aussi, le ton cynique et absurde est plaisant, mais le scénario sonne creux et vide de sens. J'ai dû malheureusement passer à côté.
Luis Bunuel nous sort un film comme il en existe peu, sorte de satire bourgeoise réel ou irréel? On ne sait pas trop sur quel pied danser. En effet, les aller et retour entre réalité et chimère sont incessants et nous perdent littéralement mais que c'est amusant!! Enormément d'humour jalonne de nombreuses scènes du film, j'ai vraiment passé de bons moments. De plus, nous avons une production de rêve avec des acteurs renommés tels que Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Michel Piccoli et l'excellent Claude Piéplu. Ce long métrage de Bunuel est empli d'une inventivité incroyable, c'est vraiment rafraichissant car vraiment novateur. Une très belle oeuvre signé Bunuel
Plusieurs bourgeois tentent d'organiser un repas ensemble mais les événements viennent toujours les interrompre... Difficile de parler de ce film de Luis Bunuel sans l'avoir vu tant il déroule une succession de saynètes de plus en plus improbables au fil de son récit, mettant en scène des bourgeois qui s'ennuient, un évêque qui veut devenir jardinier et des militaires qui aiment raconter des histoires. Cadavre dans un restaurant, repas sur une scène de théâtre, assassinat durant un dîner, Bunuel place ici ses personnages dans des situations savoureusement absurdes et ne cesse de nous couper l'herbe sous le pied dès qu'on commence à essayer de comprendre le tout. Très assagi dans sa mise en scène qui fait presque penser à du théâtre (certaines scènes en ont les ressorts), Bunuel n'en ressort pas moins l'une de ses grandes thématiques et s'en prend violemment à une bourgeoisie oisive qui n'a rien d'autre à faire que de manger, de forniquer et de magouiller, l'ambassadeur d'un pays sud-américain allant même jusqu'à mentir sans complaisance sur tout ce qui se passe dans son pays. Porté par une sacrée distribution (Fernando Rey, Delphine Seyrig, Stéphane Audran, Paul Frankeur, Jean-Pierre Cassel, Bulle Ogier, Claude Piéplu), "Le charme discret de la bourgeoisie" peut également se targuer d'être une belle porte d'entrée dans l'univers de Bunuel, se montrant délicieusement absurde mais pas trop décalé non plus.
Une critique curieuse de la grande bourgeoisie, avec ce « charme discret » Bunuel signe un film tantôt acide, tantôt absurde, tantôt surréaliste. J’ai eu l’impression qu’il y avait une forme de retenue dans sa critique, comme s’il n’osait pas dire à tel point point il méprisait voir détestait les personnages qu’il décrit. Des personnages vides à l’intérieur, qui ne pense qu’à boire et à manger et encore ceci non comme un art de vivre mais comme des actes prétentieux et pour combler le vide de leurs existences et leurs conversations plates. Dans la troupe d’acteur Stéphane Audran sort particulièrement du lot tant elle arrive à donner du naturel à son rôle. C’est un film par moment déstabilisant qui n’arrive pas selon moi à tenir tout du long l’intérêt qu’il suscite dans son ouverture.
J'ai vu un film... un film de ma jeunesse... Dire que j'ai vu ce film, lorsque j'avais tout au plus 12 ans... Et à l'époque, je n'y ai tellement rien compris que j'ai mis un sacré bazar dans le cinéma... En même temps, à l'époque, j'avais hésité avec "Dingo aux Jeux Olympiques" :)... Ceci étant dit, qq décennies après, cette charge contre la "bourgeoisie" (ce terme fait désuet) n'a pas perdu de sa superbe... mais malgré tout, la réalisation de ce "théâtre filmé" fait vraiment daté... On oscille entre l'onirisme, la réalité glaciale et la dénonciation d'une caste fat, engluée dans des histoires de bouffes, de drogue et de sexe... J'ai particulièrement apprécié les comédiens qui sont vraiment à la hauteur de la médiocrité de leurs personnages. Fernando Rey, Jean-Pierre Cassel, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Stèphane Audran... jouent juste ce qu'il faut pour faire faux dans leurs intérêts pour les autres... Les relations aux domestiques est vraiment intéressant, au clergé également...Cette comédie grinçante est assez enlevée... On y prend un certain plaisir... Mais que le temps a passé.
A l'instar d'Un Chien andalou (1928) et de L'Âge d'or (1930), le titre du Charme discret de la bourgeoisie se construit sur une improbable association de mots discordants. Cela participe, selon les termes de Luis Buñuel, d'une démarche surréaliste Luis Buñuel écrit un scénario conjointement avec Jean-Claude Carrière Pas moins de cinq versions différentes ont même été écrites. La première séquence du Charme discret de la bourgeoisie reprend une situation qu'a véritablement vécu Serge Silberman, le producteur du film ni la première ni la dernière fois que Luis Buñuel centre son intrigue autour d'un banquet qui réunit différents protagonistes Luis Buñuel a été sollicité pour diriger un remake de La Chienne, le célèbre film de Jean Renoir avec Michel Simon Le Charme discret de la bourgeoisie marque la cinquième collaboration entre Luis Buñuel et Michel Piccoli, après La Mort en ce jardin (1956), Le Journal d'une femme de chambre (1964), Belle de Jour (1966) et La Voie lactée (1969) Fidèle à son esthétique surréaliste, Luis Buñuel ne cesse d'explorer les puissances du rêve et de l'imagination. Depuis Un Chien andalou (1928), le cinéaste élabore des univers aux frontières du réel et de l'onirique, de façon à ce que le spectateur ne sache plus dans quelle dimension il se situe Le Charme Discret de la Bourgeoisie a décroché l'Oscar du Meilleur Film Étranger en 1972 un grand film a redecouvrir
Une oeuvre atypique par son mélange réussi de comédie sociale aux influences dramaturgiques et d'absurdité surréaliste revendiquée. Certaines lourdeurs dans la mise en scène et des redites scénaristiques néanmoins.
Somme toute, il n'est peut-être pas nécessaire de décrypter complètement les signes et autres symboles surréalistes qui alimentent cette malicieuse satire de la bourgeoisie pour en savourer toute l'ironie. Car les personnages que filme Bunuel, avec élégance et fluidité, sont manifestement des figures ridicules et médiocres, et le spectateur les perçoit aisément comme telles. Bunuel renoue ici avec la forme la plus classique et la plus caustique du surréalisme. Les corps constitués (diplomates, militaires, clergé) et la bourgeoisie dans son ensemble sont les sujets d'une satire où l'on devine moins de virulence que de raillerie bon enfant. Encore que les uns et les autres, bien habillés par Bunuel, apparaissent corrompus, vaniteux, avides, concupiscents et la liste n'est pas close! Ils sont des parasites et des jouisseurs qui n'envisagent aucune autre activité, dans le film de Bunuel, que de se mettre à table! Ce à quoi il ne parviennent jamais, en dépit d'invitations réciproques répétées, toujours empêchés au dernier moment par quelque incident incongru. Parfaitement satisfait d'eux-mêmes, il n'est que leurs cauchemars, heureusement fugitifs, pour démasquer leur hypocrisie et leur révéler douloureusement leur vraie nature. Le film est tout simplement une comédie dont on prend plaisir, malgré quelques aspects obscurs (en particulier deux ou trois scènes oniriques), à décoder les effets comiques et à découvrir le caractère grotesque des personnages. Ils sont bien punis par Bunuel qui les prive de se gaver...