Avis : Le Charme discret de la bourgeoisie - Page 7
Le Charme discret de la bourgeoisie
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5,0
Publiée le 20 mai 2026
Avec Le Charme discret de la bourgeoisie, Buñuel dynamite les conventions sociales avec une élégance narquoise absolument jubilatoire, transformant chaque repas interrompu en cauchemar absurde et raffiné. Le film avance comme un rêve dont les règles changeraient constamment, où la frontière entre réalité, fantasme et satire devient délicieusement impossible à saisir. Derrière l’humour surréaliste et les dialogues feutrés, Buñuel filme surtout la vacuité morale d’une bourgeoisie incapable de percevoir le monde autrement qu’à travers ses privilèges et ses rituels. La mise en scène paraît d’une simplicité presque anodine, mais cette neutralité apparente rend chaque intrusion de l’irrationnel encore plus déstabilisante et brillante. Une œuvre libre, insolente et inépuisable, dont l’ironie continue de frapper avec une modernité stupéfiante.
Le Charme discret de la bourgeoisie, sorti dix ans après L’Ange exterminateur, en est presque l’exact opposé.
Toutes les qualités de ce dernier semblent ici perdues : les sous-entendus, la profondeur et la subtilité sont mises à nu, exposées de manière trop directe. Cela donne un film maladroit, porté par une mise en scène peu inspirée et des acteurs qui en font trop.
Au final, il me semble que l’on à la un mauvais film.
Il dégage une certaine classe de ce film, un réel charme ( sans jeu de mot). Les acteurs sont merveilleux, et l'histoire bien que simple est totalement loufoque. Que du bonheur !
En bon vagabond, Bunuel s'amuse avec le trafic de la bourgeoisie. Aucun acteur n'a une identité propre (certainement pour dévaluer les valeurs de cette haute société où les problèmes s'implantent à chaque instant). Sauf pour le gangster, symbole de la pagaille absolue. Fernando Rey me régale avec ses mimiques hilarantes. Pas un moment de répit pour déjeuner tranquillement. Des cauchemars en guise de regret, d'esprit fautif. Une envie sexuelle débordante, et un repas en moins ! La moquerie n'est que plus belle. L'ensemble convainc.
La charge antibourgeoise est convenue mais pas plus que dans les autres films de Buñuel. On pourra en rire ou s'en agacer, les qualités du film sont comme toujours ailleurs, c'est-à-dire dans le jeu avec les conventions narratives (les pastiches, les hommages multiples, l'emboîtement des récits, bref le jeu constant sur les artifices de la fiction ). Salutaire, comme tous les films de Buñuel.
Cette critique surréaliste et symbolique de la bourgoisie est menée grâce à un humour décalé qui la rende accessible au plus grand nombre. Le spectateur en vient à s’amuser des jeux de l’auteur qui pétrit à loisir une matière certes desctructurée mais qui renvoit de manière subtile à une réalité finement obervée. Cette observation poussée d’un univers par un auteur étranger et l’absurdité des situtations en fait un classique du genre. La critique est en effet aserbe : un mileu clos et replié sur lui-même, des individus autosatisafaits qui croient tout connaître et passent leur temps à se donner rendez-vous pour manger, un repas n’a jamais lieu à cause de l’égoïsme ambiant dans une bonhommomie et une vacuité déconcertante. Les cauchemards des convives à la fin du film permettent à l’auteur de réglér définitivement leur compte à tous ces nigauds de manière lofoque et jouissive à la fois, même si l’auteur ne se prive pas de trainer parfois en longueur et d’être répétitif à foison.